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Guerre du sud-africain, contingents canadiens [microforme]

M. HENRI BOURASSA (Labelle) : Je n'ai Mon excuse, c’est que j'ai voulu que la as l'intention de suivre l'honorable député | Chambre se prononeñt sur le principe énoncé M. Charlton) dans tous les détails qu’il dans ma proposition avec toute la largeur nous a exposés, Je n'ai pas non plus l’in- | d'idées que l'honorable préopinant nous a detention de m'opposer à la motion de l’hono- | mandé d'apporter à l'étude de cette question. rable ministre des Finances (M. Fielding) | Je puis, sans gloriole, dire que c'est dans proposant que la Chambre se forme en|cette disposition d'esprit que j'ai abordé la comité des voies et moyens pour adopter la | question depuis le jour où j'ai cru devoir, résolution proposée, La Chambre sait qu’il | au détriment de l'amitié personnelle et poliy a quelques jours, j'ai donné avis que je tique, de me démettre de mon mandat et proposerais la résolution suivante la pre- | me soumettre de nouveau au verdict de mes mière fois que la Chambre se formera en | électeurs. comité des subsides : Le débat sur l'adresse en réponse au dis- Que cette Chambre insiste sur le principe de | Cours de trône, au conmencement de chaque la souveraineté et de l'indépendance du parle- | Session, se ressent toujours de l'esprit de ment comme étant la base des institutions bri- | parti, et peut-être de l’üigreur des rancunes tanniques et la sauvegarde des libertés civiles et | politiques. politiques des citoyens britanniques, et refuse, | Les harangues des ‘“ hustings,” les articise pu pes gr ME À TT ur 4 sou | de Journaux, les élections partiolles—-tout conafricain comme un précédeit qui doive en- tribue à donner à ce premier debat ro tourgager ce pays dans toute action À venir. nure et un ton que je ne voulais pas Que cette Chambre déclare, de plus, qu'elle | introduire dans cette question, Et si je s'oppose à tout changement dans les relations | né pr'opose pas ma résolution aujourd'hui, politiques et militaires qui existent actuellement | c'est que—si je suis bien renselgné — entre le Canada et la Grande-Bretagne, À moins | «a présentation immédiate signifierait que qu'un tel changement ne soit décrété par la|je m'oppose à la résolution du ministre volonté souveraine du parlement et sanctionné | finances: ot, je le répète, telle n'.st par le pouple du Canada, {pas mon intention, J'ai encore une autre On pourra trouver étrange que je n'aie pas | raison et je la donne franchement: je déproposé cette résolution comme amendement | sire que les représentants de ce pays libre à l'Adresse ou que je ne l'aie pas proposée se prononcent librement sur ln question ; je comme amendement à la présente résolu- |ne veux pas que ma proposition soit modition, En ne proposant aucun amendement à |fiée ou défigurée de manière À couvrir toutes l'Adresse, j'ai peut-être failli aux règles ri- |les nuances multiples d'opinion, goureuses de la. procédure parlementaire ; | Comme dans toutes les questions mails en ces jours de programmes nouveaux | humaines, il y a dans cette question sudet d'orientation nouvelle, un léger écart | africaine, deux points de vue, Il y a la ques- | gt au moment précis où un principe doit tion générale, ou de droit; 11 y n aussi posé, n'est peut-être pas aussi im- | la question de faîts, ou la question concrète. portant l'opinion que les représentants | Parln question générale, J'entends le droit hi l du = ge 2 devraient avoir sur le mérite de l'exécutif d'escompter d'avance le senti- t A TES ) la question, mont populaire êt la sanction du parlement ; RH

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de se baser sur les exprssions plus ou moirs régulières de l'opinion publique pour préparer une innovation constitutionnelle ou prendre une décision politique importante, LH y a pour nous la question générale de notre participation aux guerres de l'empire ; l'introduction dans ce paisible pays de In peste du militarisme qui ronge les pays européens, qui menace de s'attaquer à nos voisins du sud, et dont le virus commence à empoisonner notre sang. Sur la proposition dont je viens de donner lecture à la Chambre, je me propose d'étudier jusqu'à quel point l'attitude que vient de prendre le gouvernement, pose les différents problèmes que je viens d’énumérer. | Les questions de fait sont : la guerre du!

Transvaal, ses causes, ses mérites, ses conséquences, notre participation à cette guerre, et—question moins importante-—-les deniers engagés par le gouvernement à cette fin, Dès le début de ma campagne électorale, je me suis expliqué clairement sur tous ces points. J'ai toujours fait cette distinction, et j'ai toujours dit que la question d'argent était très peu importante comparée aux questions constitutionnelles que j'ai fndiquées, Je crains d’ennuyer mes collègues, mais, dans la position particulière où je me | trouve, je suis obligé de me défendre : on me permettra de lre quelques extraits des comptes rendus des assemblées tenues dans le comté de Labelle et publiés par les journaux, Za Patrie na publié le compte rendu de la première assemblée tenue deux jours | après ma démission, et volci ce qu'elle disait: | M. Bourassa ne s'inquiète pas tant des dépenses que cette campagne militaire va entraîner pour le pays que du principe en jeu, Le peys |

le

est assez prospère pour subir une dépense de $100,000 à $200,000——

11 va sans dire de la réalité.

—Mais pourquoi aller prendre part à uue guerre | qui n'intéresse nullement le Canada, et dont l'issue sera infalliblement favorable à l'Angle-| terre? L'Angleterre a une puissante flotte, qu'elle peut envoyer sur les côtes sud-africaines; elle a une puissante armée, qu’elle est en train! d'y débarquer, armée dont le chiffre est aussi considérable que la totalité de Ia population boer, Pourquoi donc envoyer des milliers de Canadiens servir de cibles dans ces pays lointains? C'est tellement inutile que le ‘ Star’ «| dernièrement publié une dfpêche de Londres disant que l'Angleterre n'avait besoin que de 500 Canadiens pour prendre part à cette guerre, Ce n'est donc pas de nos soldats que M, Chamberlain «& besoin, mais de notre adhésion morale, de façon à être en mesure un jour ou l'autre, de prétendre qu'en principe les colonies | doivent participer aux guerres de l'empire.

que j'étais bien au-dessous |

Le même journal rapporte ainsi mes paroles À une autre réunion :

M. Bourassa dit que ln seule question en jeu dans l'élection actuelle est l'envoi de troupes canadiennes au Transvaal, ou plutôt la question plus importante de la participatica du Ca- Lada aux guerres de l'empire, La présente expédition n'est que le premier pas vers la fédération impériale,

Le Star, un journal qui m'était hostile, rend compte en ces termes d’une assemblée tenue à Buckingham :

Ce n'est pas pour protester contre l'envoi de soldats au Transvaal qu'il a pris cette attitude. C’est une question de peu d'importance comparée à la grande question constitutionnelle en jeu, et dans deux ou trois ans d'ici, il ne sera pas insulté comme il l’est à présent.

J'ai publié, dans un journal de Buckingham, une lettre, où se trouvait le passage suivant :

J'ai dit et répété que j'ai donné ma démission non parce que le gouvernement avait envoyé des soldats au Transvaal, mais parce que cet acte constitue un changement radical dans nos relations avec l'Angleterre.

Quant à la justice de cette guerre, je déclare franchement que, quelques semaines avant de commencer cette “campagne, je n'avais aucune opinion arrêtée sur ce point.

Ma prétention était que le Cañada, comme nation ou comme colonie, n'était pas obligé de combattre en dehors de son propre territoire,—à moins, comme l'a expliqué l'honorable premier ministre dans une déclaration

souvent citée, que le Canada ne fût indirecte-

ment menacé.

Je n'avais pas alors étudié le problème Sud-africain plus que la plupart de mes collègues ou que la généralité des Canadiens qui s'occupent des questions publiques. Je ne lui avais donné aucune attertion spéciale avant l'adoption de la résolution par laquelle cette Chambre a approuvé la politique du gouvernement anglais ou plutôt la politique

{de M. Chamberlain au Sud-africain.

Je dois dire, en passant, que j'étais absent lorsque cette résolution a été adoptée ; lorsque cette Chambre a résolu, en deux jours, un problème que des hommes d'Atat anglais éminents ont étudié durant des années, ét sur laquelle ils ne sont pas encore d'accord, bien qu’ils aient sur la question beaucoup

| plus de renseignements que nous.

Lorsque je constatai que nous aïllionus être môlés à cette affaire, je me mis à l'étude du problème, Je me prétends certes pas en avoir saisi toutes les données—encore moins en avoir trouvé la solution. Ce serait absurde, en présence des divergences d'opi-

{nions qui existent chez des hommes 6mi-

nents qui ont consacré des années à l’approfondir, Beaucoup de prophéties se sont trouvées fausses, beaucoup d'hypothèses ne se sont pas réalisées ; et encore aujourd'hui qui peut dire ce que l’avenir réserve au Sud-africain? Cet avenir, ainsi que le sort des braves qui combattent des deux côtés, sont entre les mains de Dieu. Celui qui prétend connaître À fond le problème Sud-africain, qui prétend savoir quelle politique l'Angleterre doit adopter, est beaucoup plus avancé que moi,

Dès le début, deux idées m'ont guidé dans cette étude, J'ai constaté d'abord que ni mes compatriotes ai moi n'avions de sy mpathies de race puur les Boers, Je trouve,

avec plaisir dans lu Gazette de Montréal, um

resumé de ce que j'ai dit au Club National à Montréal, avant l'arrêté ministériel décrétant l'envoi de troupes canadiennes au Transvaal, Voici le passage en question :

Parlant de la question du Transvaal, il dit : Elle doit être étudiée avec calme et nous ne devons pas nous laisser emporter par ce que certaines gens considérent faussement être du patriotisme. Dieu merci, la question de race n'a rien à faire ici. Les Boers ne sont pas de notre race et nous ne pouvons pas avoir beaucoup de sympathies pour eux. Nous serions indignes de ia liberté dont nous jouissons sous le drapeau britannique, si nous manquions de donner À cette question l'attention sérieuse et exempte de préjugés qu'elle mérite,

Comme question de race, je crois que l'élément boer a plus d’affinité avec nos

amis, les Anglo-saxons, qu'avec nous. Quel-|

qu’un me disait l’autre jour : pourquoi ne vous levez-vous pas à la Chambre et ne

dites-vous pas à M. Wallace que le roi | tuillaume était un Boer? J'admets, cepen- | dant, qu'il y a certaines relations entre les |

Boers et nous, par suite de l'union entre les

Hollandais d'Afrique et les Huguenots de | “ | gleterre et la République du Transvaal, et

France. Mais on admettra, je crois, que

deux cents ans de vie africaine et d'assimila- | |vernement anglais a reconnu fa complète

tion hollandaise, joints à la différence de religion, sont suffisants pour démontrer que les Canadiens-françcais ne peuvent avoir aucune sympathie de race pour les Boers.

Je veux être sincère d’ailleurs: j'admets que nos compatriotes ont de l'admiration et de la sympathie pour ce petit peuple qui lutte pour son indépendance, Je ne nie pas cela, maïs j'affirme que ce sentiment s'allie dans leur cœur à la loyauté la plus complète et la plus sincère au drapeau et aux institutions d'Angleterre.

En outre, j'étais convaincu dès le début, et je le suis encore, qu'il y a deux côtés à cette question, qu'il y a du pour et du contre dans les prétentions du Transvaal comme dans celles du gouvernement anglais. Dans cette circonstance, comme dans beaucoup d'autres, la dernière goutte qui a fait déborder le vase, provient plutôt d'un malentendu diplomatique que de la nature même de la question en jeu. Jene me propose pas d’aileurs de me livrer à de longues dissertations sur le problôme Sud-africain, Je ne veux pas marcher sur les traces de l'honorable député qui

L Du D * » fi ] ÿ1 Q U 0 m'a précédé ; fl a rappelé des faits et cité | qu'ette n'envenime pour toujours les relations

des chiffres qui pourront nous être très utiles, mais il a oublié un point important, Il a parlé des Boers comme étant en révolte contre l'Angleterre ; il a parlé des habitants de l'Etat Libre d'Orange et du Transvaal

| souvernineté du Transvaal,

puté : le Bechuanaland, le Basutoland, la Rhodesie et autres nouvelles colonies— le gouvernement anglais reconnut l'indépendance absolue des républiques Sudafricaines appelées le Transvaal et l'Etat Libre d'Orange. Avant que le drapeau anglais eût été planté au nord de la colonie du Cap, une convention fut signée, le 17 janvier 1852, par le Haut-Commissaire de Sa Majesté et par les représentants des immigrants boers, reconnaissant que les immigrants qui avaient traversé la rivière Vaal, ‘avaient droit d'administrer leurs propres affaires et de se gouverner sans aucune intervention de la part du gouvernement de Sa Majesté.” Cette convention fut proclamée

par le Haut-Commissaire de Sa Majesté, le 15

avril 1852, dans la colonie du Cap de Bonne Espérance, et, en 1858, le Transvaal devint la République Sud-africaine. Inutile de mentionner tous les traités intervenus entre l’Angleterre et la République Sud-Africaine relativement à la question des frontières ; qu'il suftise de dire que, de 1852 à 1877, ila été signé trois ou quatre traités entre l’An-

que, par conséquent, jusqu'en 1877, le gou-

Le ler avril

11877, à la suite de querelles survenues entre

citer ici l'opinion d'un

les Boers et les indigènes, sir Theophilus

| Shepstone réclama le Transvaal à titre de

colonie anglaise. La Chambre se souvient encore des événements subséquents : la guerre de 1881, Majuba Hill et Ja paix signée par les représentants du cabinet #ladstone, Sans doute, nombre de gens ont depuis prétendu que Gladstone avait commis une bévue et que sa politique était détestable Je l'avoue franchement, je ue me sens pas de taille À m'ériger en juge de la politique de M, Gladstone ; mais je puis home qui a scruté le problème Sud-africain beaucoup plus profondément que je ne l'ai fait, et

| qui en possède, si je ne me trompe, une con-

naissance plus pratique que celle du député

| de Norfolk-nord, Au cours d'un article qu'il

a publié, l'automne dernier, M. James Bryce

| dit :

comme s'ils eussent été des sujets britan- |

viques, ingrats envers la Couronne d’Angleterre, et luttant contre leur souveraine,

Je crois que je pourrais ajouter un chapltre au cours d'histoire que l'honorable député vient de nous faire, Après que l’Angleterre eut pris possession de la colonie du Cap et avant qu'elle n'eut conquis par ses capitalistes et pur ses missionnaires, ces pays nouveaux décrits par l'honorable dé-

l'ersonne ne nie que la guerre d'où l'Angleterre, cela va sans dire, sortira victorieuse, ne soit une terrible calamité pour l'Afrique-sud et

des Hollandais et des Anglais de ce pays. Aux yuux de quelques-uns, cette guerre est aussi une calamité pour l'Angleterre, puisqu'elle est de nature À lui aliôner, peut-être pour plusieurs générations À venir, la masse de la population hoïlandaise dans l'une de ses plus importantes colonies autonomes, De fait, 11 est fort possible qu'il en résulte finalement pour l'Angleterre la perte de l'Afrique-suû,

Entre la politique de M. Gladstone, politique qui compte parmi ses adhérents en Angleterre M, John Morley, sir Wiillam Vernon Harcourt, sir Henry-Uampbel-Bannermnn et des conservateurs comme sir Edward CJarke, sir Robert Reld et M. Me- Lean ; entre cette politique, dis-je, et celle

ne me sens pas de force À me prononcer.

Il me semble, tortefois, qu’il faudrait attendre un peu, avant de condamner la poiitique du parti libéral anglais, Cette politique ne s’uppuie pas seulement comme on l'a prétendu, sur une poétique magnarimité, mais elle est fondée sur l’un des principes qui ont fait de l'Angleterre la plus grande puissance coloniale du monde : le respect profond et intelligent des sentiments nationaux et religieux des colons qui, sujets anglais, ne sont pas d'origine anglosaxonne ou ne professent pas le culte de la majorité du peuple anglais. Je le répète, on aurait pu hésiter davantage avant de condamner un système qui a donné tant de gloire à l'Angleterre, système qui lui a attaché tant de peaples étrangers, rebelles au début \ son ancienne politique d’oppression.

On aurait pu hésiter à vouer le parti libéral canadien à la glorification de la politique de M. Chamberlain.

Je n’entends nullement fuire le récit détaillé des différends survenus entre Îles deux pays ; je me contenterni d'en signaler les principaux.

que c'est la question du cens électoral qui constitue le plus grave de ces différends, et il est également manifeste que le gouvernement de la république Sud-africaine « fait preuve de beaucoup d’entêtement rt d'exclusivisme, et qu'il n’a pas saisi la véritable situation. J’ahonde volontiers

dans le sens des honorables députés des |

deux côtés de In Chambre à cet égard.

Toutefois, me réclamant d’une race à laquelle on ne reconnaît pas toujours la même liberté de pensée, force m'est bien, en exposant mes opinions, do m'appuyer sur celles d'autrni. Citons l'opinion d'un écrivain qui a publié un article favorable à la politique de M. Chamberlain, M. Sydney Brooks, Voici ce qu’il dit des sentiments de la république Sud-africaine au sujet du cens électoral. À

Les Uitlanders étaient venus au paye sans

qu'on les ÿ invitât et sans que l’on desirât leur |

préseñce, se vouant uniquement à la recherche

de l'or, et sachant parfaitement que c'était dans |

une république boer qu'ils venaient s'établir. A quel titre ces étangers d'hier pouvaient-ils prétendre être admis sur un pied d'égalité avec les vieux ‘‘burghers ”’ qui avaient combattu et versé leur sang pour soustraire le pays À la domination étrangère. Ht je le demande, lequel d'entre les Boers, se rappelant les difficultés qui avaient surgi dans le passé entre ce peuple et les Anglais, aurait pu garantir que la conquête du âroit de suffrage ne serait pas l'acheminement vers la conquête de l'état lui-même, et que la république ne deviendrait pas une république anglaise, avec un président anglais, tandis que les fondateurs du pays deviendraieuc üne minorité méprisée et opprimée ?

J'ai parcouru très . attentivement le compte rendu officiel de In conférence de Bloemfontein, à laquelle sir Alfred Milner, représentant du gouvernement anglais, et le président Kruger, disvutôrent la situntion tout entière, C'est un document

D'abord, il est évident |

fort intéressant, et si les honorables députés l’avaient lu, la session dernière, avant de se prononcer si catégoriquement en fuveur de la politique de M. Chamberlain, peutêtre anraient-ils hésité quelque peu. M.

Kruger pose immédiatement la question sur son véritable terrain. 11 demande au commissaire anglais s’il est venu à cette conférence pour donner des ordres au nom du gouvernement anglais, où s'il s’y est rendu pour faire des propositions amicales au sujet du traitement des Uitlanders dans la république Sud-africaine. C'était Ià poser nettement au commissaire la question de souveraineté et de suzeraineté, et quelle fut la réponse du rejrésentant de l'Angleterre ? Sa réponse fut qu’il {était venu à Ia conférence pour offrir un avis amical au président de la république de l’'Afrique-sud. Puis, abordant la question du cens électoral, le président de ln république Sud-africaine expose la question avec franchise : ‘Si vous êtes venu ici, dit-il, pour me demander d'accorder immédiatement les mêmes droits électoraux à tous les Uitlanders, à ceux qui sont venus s'établir dans ce pays pour y devenir citoyens, et À ceux qui n’y sont venus que pour faire fortune et retourner dans leur pays, sans intention de se fixer au milieu de nous, je ne saurais accéder à cette demande, Tout désireux que je sois de faire droit aux justes réclamations, je tiens en même temps à conserver l'indépendance de mon pays.

Que répond à cela le commissaire ? Que le gouvernement anglais ne tient pas à demander d'accorder immédiatement le droit de suffrage à tous les Uitlanders, mais qu'il veut soumettre à un tribunal d'arbitrage la question de savoir à quelles conditions la chose se pourrait faire.

On a dit que les lois relatives au cens électoral dans la république du Transvaal avaient été abolies et qu'on avait édicté une nouvelle loi du cens électoral rendant impossible aux Uitlanders l'acquisition de ! droits quelconques qui les missent en mesure de s'emparer de la direction des affalres publiques,

D'abord, il y a un petit fait qu'il ne faut pas mettre en oubli : c'est que le denxième volksrand a été créé pour les Uitlanders, et que pour avoir ‘droit de voter à l'élection des députés À cette Chambre, il suffit aux | Uitlanders d'avoir résidé deux années au pays, sans qu'il leur faille renoncer À leur allégeance, Le deuxième volksraad a l’initiative des impôts et de toutes les lois relatives aux mines d'or, Toutefois, comme cette Chambre est sous la direction du premier volksrand, je convieus que relativement aux droits des Ultlanders, son influence est plus ou moins problématique, | Il ne faut pas oublier soutout que les Uit: | landers qui se rendent dans l'Afrique-sud ne | vont s'y établir nl pour cultiver la terre, ni | pour y acquérir de propriétés, sauf des pro- | prlétés minières, Corme le dit M. Brooks, ils y sont allés sans qu'on les invitñt, et sans

qu'on désirât leur présence. Ils ont droit, j'en conviens, à demander qu’on leur donne voix au chapitre dans la confection des lois du pays, du moment qu’on les oblige à contribuer au mainten des institutions du pays.

Il est un fait qui n’est peut-être pas connu de tous les députés ici, c'est que les taxes qui atteignent les Uitlanders sont en principe, les mêmes que celles que paie le burgher. Du moment qu'un Français, un Anglais, un Turc ou un Russe acquiert une propriété minière, il est soumis précisément à la même taxe que le burgher. Cette taxe v’est pas si élevée, après tout. La taxe est d’une couronne par mois pour un “ claim ‘ de prospecteur, et d’un louis sterling pour uu claim de franc-mineur, taxe dont une moitié revient au gouvernement et l’autre moitié au propriétaire, de sorte que si le franc-mineur est propriétaire, il recouvre sa part. Donc, la taxe la plus élevée qui puisse frapper le mineur est de douze louis sterling par année, et À mon avis, ce n'est pas là une taxe trop onéreuse. On me dira sans doute que la masse des taxes dans la république Sud-afri-

caîne est acquittée par les Uitlanders. J'en |

conviens. Mais pourquoi? Parce que les Uitlanders possèdent les plus riches propriétés. Ainsi que l’a déclaré à bon droit le premier

ministre à Sherbrooke : la population hol- | landaise est, dans une certaine mesure, une | Ces Hollandais constituent | le seul type existant des peuples du seizième |

race primitive.

siècle. Ils méprisent l'or, les diamants : ils veulent mener une existence pastorale, À l'exemple des pionniers de tous les pays. Is tiennent à mener la même vie que les premiers colons de la Nouvelle-France, ou les pionniers de la Nouvelle-Angleterre, Leurs chevaux, leurs bestiaux et leurs troupeaux de moutons leur suffisent ; ils se contentent de leur part du «sol et quant aux mines, ils n'en ont cure, St Jl'on tient compte du fait que ces mines produisent des centaines de millions de dollars, et qu'elles donnent à leur propriétaires en une semaine ce que les Boers retirent pentêtre en un an de tout le sol de l'Afrique-sud, —@st-il étonnant que l'Etat retire de ces mines d’or un revenu supérieur À celui provenant de tous les troupeaux de chevaux, de bestiaux et de moutons des Boers? Je le demande aux représentants des Territoires du Nord-Ouest : serait-il juste de prétendre qu'ils n'acquittent pas un impôt assez élevé, parce que la population du Kilondike verse au trésor public plus de recettes que ne le font les populations du Manitobn et des Territoires Au Ncrd-Ouest? Hst-ce parce qu'il n'existe pas de mines d'or dans leurs prairies que les populations de l'ouest devraient être surchargées d'impôts, de facon à rétablir l'équilibre entre leurs impôts et ae qui frappent la population du Klonde ?

Voyons maintenant jusqu'à quel point on a exagéré les persécutions dont les Uitinnders ont eu à se plaindre, au point de vue de la religion et de l'éducation, Comme le pre-

l'autre chose à considérer.

nier ministre l'a fort bien déclaré à Sherbrooke, toute population qui vit dans l’isolement et sans moyens de communication avec le monde industriel et commercial, est une population primitive. Sans doute, les Boers ont les défauts inuérents à leur époque et au milieu où ils vivent. C'est un peuple primitif, un peuple de fanatiques, j'en conviens. Ils croient en ce qui est juste à leurs yeux et ils sont prêts à mourir pour ce qui leur paraît vrai. Nous en avons la preuve.

Mais, M. le Frésident, c’est une doctrine nouvelle pour moi, que sous le drapeau anglais et sous le drapeau canadien, il faille ailer ouvrir l'esprit des populations, avec des boulets et des balles dum-dum. En tout ceci, on a perdu de vue la question d’arbitrage.

Admetions, je le veux bien, que les griefs des Uïitlanders soient bien fondés et que le gouvernement du Transvaal n'ait pas fait droit à leurs réclamations ; il reste, toutefois, Il y a près de trois ans, le 7 mai 1897, M. Krüger offrit au gouveruement anglais de soumettre à l'arbitrage tous les différends existants eutre les deux pays. Cinq mois plus tard, M. Chamberlain lui notifin son refus d'accéder à la proposition d'arbitrage, en raison de la suzeratneté que Sa Majesté, disait-il, possédait sur la République Sud-africaine. C'était la première fois depuis treize ans qu'un gouvernement anglais soulevait la question de suzernineté, Comme on le sait, en 1881, après Majuba Ilill-abstraction faite de ce que l’on peut penser de la politique alors poursuivie par le gouvernement anglais— il intervint une convention entre les représentants de l'Angleterre er veux du Transvaal, convention qui reconaaissait l'indépendance de la République Sud-africaine sous la suzeraineté de Sa Majesté. Il fut porté à cette convention plusieurs articles donnant effet à cette suzeraineté. ‘Ainsi, le résident anglais à Prétivia fut mis sur un pied différent de celui

des représentants des antres nations, et l'on inscrivit à cette convention plusieurs clauses phnvant que l'Angleterre enten-

dait maintenir sn suzeraineté sur le Transvaul, Ce fut chose fort difficile de faire r4tifier cette convention par le volksraad, parce que, je le répète, le but suprême des Boers était l'indépendance complète, Ils avaient quitté jadis leurs foyers, leurs terres et un pays plus attrayant, la Colonie du Cap, pour émigrer et s'établir au Transvaal, et rester maîtres dans leur pays. L'agitation se poursuivit trois années durant, puis une nouvelle convention fut signée le 3 mars 1884 On rétablit l’ancien nom de la République Sud-africaine et la suzeraineté de Sa Majesté fut abolle.

Tous les articles qui, dans la convention de 1881 sanctionnalent cette suzeraineté, disparurent de la convention de 1884 et la seule restriction apportée à la

. souveraineté absolue de la république fut son

iuhabileté à conclure des traités avec les puissances étrangères sans la sanction de l'Angleterre ; ou plutôt, elle était libre de négocier des traités avec les puissances étraugères, mais l'Angleterre pourrait imposer son veto sur ces traités, dans l’intervallée de six mois: sauf, toutefois, pour l'Etat libre d'Orange, avec lequel la république du Transvaal pourrait toujours négocier des traités,

Depuis cette époque, comme M. Morley l'a dit dans la Chambre des communes en Angleterre, comme l'ont déclaré sir William Vernon Harcourt, et sir Edward Clarke, lors-

que celui-ci se sépara de son parti sur cette |

question : nul ministre des affaires étrangères, nul ministre des colonies en Angleterre

n'a jamais songé, de 1884 à 1897, à soulever la |

question de suzeraineté. Voici, du reste, une déclaration faite à la Chambre des Lords, à l'époque du débat sur la nouvelle convention, déclaration qui éclaircit par:faitement ce point. La convention fut siguée le 3 de mars Quatorze jours plus tard, dans la Chambre des Lords, le comte de Cadogan, au cours de ses observations À ce sujet, prononçca les paroles que voici :

Sir Hercules Robinson, qui convention au nom de Sa Majesté, vient d’expli-

quer la nature de cet acte en disant qu’il ac- |

corde au Transvaal pour les affaires de l’intérieur, une indépendance aussi absolue que celle dont. jouit l'Etat libre d'Orange ; et que, au sujet de ses relations avec les puissances étrangères, il n'a été réservé au gouvernement de Sa Majesté que le pouvoir du veto. De fait, d'après

son interprétation de la question, la suzeraineté |

de la Reine est virtuellement abolie,

Il est possible que la politique de M. Chamberlain soit 1n meilleure tant pour l'Angleterre que pour l'empire en général ; mais, lorsque treize années après qu'un ministre de la C: :ronne a déclaré que la suzeraineté de ja reine sur le Transvaal était virtuellement abolie, M. Chamberlain vient invoquer cette suzeraineté, il me semble que pareil acte de sa part n’est pas de nature à inspirer à la république boer confiance dans la Couronne anglaise,

Après que M. Chamberlain eût refusé l’arbitrage, la république hoer fit une nouvelle offre dans ce sens, et finalement M. Chamberlain l’accepta, 11 fit connaître son acceptation par un document qui fut transmis à sir Alfred Milner, À la colonie du Cap où la dépêche demeura près de trois mois, Avant cela, la conférence de Bloemfontein avait eu lieu, et IA la république du Transyaal réitéra l'offre de réduire de cinq années le délai fixé avant l'exercice An suffrage électoral, et de soumettre tout le différend à l'arbitrage, Plus tard, après que la conférence eût été rompue, le Tranvaal enleva encore deux années et offrit un délai de sept ans, se déclarant prêt à soumettre le reste de la question à l'arbitrage, Le document exprimant l'acquiescement À cette offre fut transmis, je le répète, à sir Alfred Milner, À la colonie du Cap et demeura IA, Après cela, la République du Transvaal transmit une dé-

avait signé la |

pêche contenant une nouvelle proposition d'un délai de cinq ans, avec nes conditions s'y rattachant; pourvu, toutefois que l'ont ne tfînt pas pour non-avei “ue son offre antérieure faite au gouverne- ! ment anglais, comportant un délai de sept ans et l'arbitrage. La république reçut une réponse aflirmative. Subséquemment, l'offre du déla! conditionnel de cinq années fut re- | fusée et la république da Transvaal revint À {sa première proposition ; mais le gouvernement anglais l'informa qu'il tenait l'offre | pour non-avenue et toutes communications | furont rompues.

Les documents officiels établissent seuff- |Samment que si les réclamations des Uit- |tanders sont légitimes—chose qui ne saurait faire doute, À mon avis—et que si ces ré- {clamations ont abouti À l’insuccès, et si |V'Angleterre se trouve aujourd'hui engagée {dans une des guerres les plus sanglantes du siècle, le blâme., dans une large mesure, doit en retomber sur les manœuvres diploma:i- | ques de M. Chamberlain.

| Je ne veux pas m'étendre davantage sur | ces questions et je reviens à celle de l'arbitrage. Je ne veux pas débattre À nouveau une question qui nous a jadis intéressés. Les | comparaisons, je le sais, sont odieuses, mais quelquefois elles sont vraies. Notre pays a 6t6 agité par une question intéressant Jes droits de certains sujets britanniques et reposant sur le principe même qui se trouve au fond de cette affaire-ci: j'entends los droits de la minorité française du Manitoba.

La différence consiste en ce que la minorité du Manitoba se compose de sujets britanniques qui ont fondé ce pays, sous la protection du drapeau britannique. Ce sont là les premiers habitants du pays et les autres sujets anglais ne sont venus s'y fixer que plus tard. Un document fut rédigé et reconnu par le gouvernement fédéral et le gouvernement anglais, et ce document servit de base à l’entente intervenue entre les colons francais et les colons anglais du Manitoba. ‘“nutile de refaire ici l'histoire de cette question scolaire. Elle a été trop souvent rebattue dans cette Chambre, Mais qu'arriva-t-l? Il fut adopté certaines lois qui, aux yeux de la miuorité francaise, constituaient un attentat à ses droits, La minorité s’adressa au gouvernement fédéral. Le gouvernement soumit la question à l'arbitrage. Les arbitres décidèrent qu'en droit, les nouvelles lois du Manitoba étaient constitutionnelles ; mais qu'en équité et en justice les réclamations de ces sujets britanniques éta'ent bien fondées, Le parti conservateur vroposa de régler Ja question pat la loi et par la force. Le parti libéral proposa de la régler par la conciliation, J'ai donné mon appui À Ja politique libérale, non pas dans la conviction que la minorité francaise n'avait pas de titres à faire valoir, mais bien dans la pensée que la paix du Manitoba et de tout le pays demandait que la question se règlat par vole de conciliaton. Or, l'attitude que j'ai prise sur la question scolaire

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du Manitoba est celle-li même que je tiens sur la question Sud-africaine ; et je regrette profondément que le gouvernement libéral

qui est arrivé au pouvoir en proclamant le |

principe de la conciliation et de l’arbitrage, lorsque les droits de sujets britanniques sont attaqués au pays, fasse usage de son pouvoir et de son influence, et demande à la Chambre de voter un crédit, pour arracher par la force des armes certains droits qui ne sont certainement pas aussi bien consacrés en droit et en fait, que l’étaient ceux de la minorité du Manit ba. Donc, quand j'affirme que cette guerre est injuste, je demeure conséquent avec moi-mêmeet avec les principes du vrai libéralisme, principes que j'ai proclamés au cours de la campagne électorale de 1896.

Toutefois. monsieur le Président, quelles que soient les causes de la guerre, quelque coupables que soient ceux qui, par leur détestauble diplomatie et leur politiqne condnmvable, ont précipité l'Angleterre dans les horreurs de la guvrre, et malgré qu'à mon avis.

nous ayons tort de prendre part à cette guerre, sans avoir le droit de nous prononcer sur ses causes, je répète que je ne m'oppose pus À ces résolutions, pour la raison que je vais donner à l'instant, Je crois devoir adopter sur cette question l'attitude prise par les libéraux d'Angleterre, On a dit, dans cette Chambre, qu'il ne fallait pas discuter, aujourd'hui, la justice ou l'injustice de cette guerre. puisque l'heure est passée de le faire, Quand done aurait-il

fallu débattre cette question, et quand vien- | dra J» moment Je le faire ? En Angleterre, | dans les colonies australiennes, dans tous |

les pays constitutionnels anglais, sauf au

Canada, on a convoqué les représentants du |

peuple pour leur permettre d'exprimer leur avis et de voter sur la question constitutionnelle ainsi que sur la justice ou l'injustice de la guerre.

Au Canada, toutefois, on nous a trai- 168 autrement, J'affirme donc que nous

avons droit de nous prononcer sur la |

justice de la guerre. On a aussi demandé à sir Henry Bannerman et aux libéraux d'Angleterre de donner au gouvernement anglais ses franches coudées, Qu'ont-ils répondu?

‘ Nous avons droit de discuter les causes de la guerre.” Et c'est ce qu'ils ont fait au cours (le la session tenue en octobre dernier, ainsi que pendant la session actuelle, Ils ont blñmé la politique du gouvernement,

qu'ils accusent d'avoir lancé l'Angleterre |

dans cette guerre, Pendant la session actuelle, ils ont critiqué la conduite de la guerre, mais fils n'ont pas refusé à Sn Majesté les crédits nécessaires aux opérations militaires.

Il existe, j'en conviens, une double différence entre l'attitude prise par les libéraux d'Angleterre et celle que je tiens actuellement, et voici en quoi consiste ces différences, L'une est à mon détriment et l’autre à mon avantage, La première différence est que l'Angleterre est en guerre avec la Républiqne Sud-Africaine et que nous ne le

représentant du peuple ait exyrimé sor, avis à ce sujet.

L'autre différence, toutefvis, milite en faveur de ma thèse. On pourrait prétendre qu'en censurant le gouvernement anglais et en lui votant ensuite les crédits voulus, les libéraux anglais ont fourni au gouvernement les moyens de poursuivre une guerre qu’ils ont condamnée. ‘Telle n’est pas mon attitude, M. le Président, et je prétends que c'est là une considération qui mérite d'être sérieusement inéditée par ceux qui sont prêts à | nous jeter en plein impérialisme et à nous | faire participer À des guerres qui échappent entièrement à notre contrôle, soit dans leurs causes, soit dans leur direction, soit dans | leurs conséquences.

| Comment mon vote contre ces résolutions |

| pourrait-il atteindre les hommes que je tiens

responsables de cette guerre? Supposons— | ce qui, sans doute, n’est pas le cas—que la | majorité de ce parlement, condamnAt la po- | litique de M. Chamberlain, comme le font les | libéraux en Angleterre, et qu'elle fût d'avis | que cette politique est la cause réelle de la guerre, comment le parlement canadien pour- |'rait-il atteindre ceux qu'il déclarerait cou- | pables ? Je le répète, c'est là une question {qui s'impose à l'étude des représentants du peuple qui sont d'avis que le moment est venu de partir en guerre, mais qui ne son- | gent pas à donner aux représentants du peuple les armes nécessaires pour approuver ou blâmer la conduite de ceux qui sont responsables de la guerre même et de sa direction.

La raison qui me porte à laisser adopter ces résolutions s'appuie sur un fait que | nous ne saurions oublier. Deux mille Cana- |diens de nationalités et de cultes divers,

sont allés au Sud-africain prendre part

à une guerre dont ils ne portent nullement | la responsabilité, Ils n'ont point étudié les causes de cette guerre, ils se sont laissés [entraîner par l'enthousiasme et l'ardeur de ! leur patriotisme, Nous savons combien il en est parti ; mais combien il en reviendra, nous | l'ignorons. Que leur sang, que les larmes de | leurs mères, que l'angoisse de leurs familles | retombent sur ceux qui ont exploité leur en-

thousiasme et leur loyauté! Quant à moi, je |ne me sens pas disposé à m'opposer au Con- |trat passé entre eux et le gouvernement.

M. le Président, je suis heureux de pouvoir | repasse avjourd’hui l'accusation lancée |contre moi, non pas dans cette Chambre, mais à différents endroits du pays. A | l'époque du départ du premier contingent de

Québec, me trouvant sur les lieux, je ren-

contrai plusieurs citoyens qui m’accusèrent

de déloyauté, me disant que j'étais là pour me moquer des braves soldats qui partaient pour l'Afrique-sud. Non, M. le Président, ja- |! mals je ne les al ui blñmés ni tournés en ridicule ; au contraire, je les admire, bien plus que je n’admire ceux qui sont la cause

\ sommes pas, Je n’admets pas que le Oana- | de leur départ, mails qui sont restés au pays.

UE Te

tte guerre !

Se. gr système, c'est an re de journaux que les af:

üues dévront s'administrer dans rés. Certes, 11 y PRLPENT canadien, trop du Hbéral de ln pour admettre que la populaun pays puisse être légitimement di- 8 ne gp À onu dote d'articles $ gravüres sur bois.

Tout jus même, si faut À mit qu'on trouve à Ces sources de renselgnements de saisissantés. images. J'ai précisément sous ci AE TS yeux une de ces gravures du Sfar de "| CRC le grand organe des impérialistes

A outrarce et ir “ jingoïste.”’ D'un côté, | ‘on voit une gravure, représeutant un "homme cb sad assis dans un

"1 moËlleux fauteuil, fumant un bon cigare, bu- :, “want un Le vÿ de ‘vin et entouré de boîtes de | ‘conserves de viandes, et la légende au bas porte: ‘ Cecil Rhodes, dans sa chambre

gmentation

jour, soit $15,000 par mois et aunée, Si nous S 1e ont à comme le voudrait le

(M. Sutherlatd) ainsi l'air à ne à se an jour à Montréal, cela

par année, Au cas où LA 28 ns mt:

hommes—et le pp gg A de “+ LA Pécheries a déclaré serait trop heureux Agen vor par ce ce chire de volontaires—cela représenterait 00 de lus par année. fi nous envoyons 100,000 iomines,—chiffre que le général Hntton avait décidé que nous enverrions à IR prochaine guerre--cela représenterait neuf mitl- Hons de dollars de plus. Ou bien, s!, suivant l'avis du premier ministre de l'Ontario, nous hi envoyons à la guerre tous les hommes va- Lars lides du pays, cette dépense s'élèverait à des iv centaines de milions de dollars. Et, qu'on le remarque bien, il ne s’agit ici que de cette solde supplémentaire de 25 cents par Jour,

Mais, me direz-vous, ce sont là d'éloquentes exagérations et de la fiction toute pure. M.

le Président, en ces jours où la presse ‘“ jia-

souterraine de la mine de Kimbherley, où il | goïste ” est en train de formuler une Des titi tp défie les obus et les balles des Boers.'' De! politique pour le pays, tout est possible, et #4 l'avtre c0t6 de la page, je trouve une gra- | surtout l'impossible. Cependant, je le ré- SEA . '‘yuré représentant un jeune soldat, anglais | pète, à mes yeux, la question financière est ue ou canadien, mourant sur un.kopje ; un Boer | rejetée dans l’ombre par la question de prin- En is robuste, au regard féroce, se dresse devant | cipe. Je suis hostile au militarisme, je suis

* | Mui, tenant à la main l'arme avec la- | partisan d’un système qui porte nos jeunes AE quelle fl vient de tuer son ennemi. Cette | gens.vers l’agricutture ou vers l'exercice pal-

gravure ne porte pas d'inscription, de sorte qu'il n’est impossible de dire si ce fusil sort de la fabrique d'armes dont le frère de

stble des travaux intellectuels ou mécaniques ; mais je m'oppose à ce que l'on pousse notre à embrasse

jeu n est le directeur, Inutile la carrière militaire. Nous La agé vs fe Ke | d'insister, J* le répète, M. le Président, je | millions pour amener au r NO :» suis prêt à aider À ratifier le contrat inter- | migrants Strangers, et c'est un per Pt , venu entre le gouvernement et les volontali- que j'approuve. Aïllons-nous maintenant. “de res. Mais, le gouyernement a ajouté à ce | innugurer un système qui consiste à dépencontrat une clause, la dernière, qui stipule ser autant de millions d'arracher

ES une solde supplémentaire, l'écart entre la

“ solde mere et la solde coloniale, Nos vone s'attendaient pas à cela. Une fois

ne és en Afrique,—et c'est là l’une des RAS raisons alléguées par le premier ministre pour Bu n'avoir pas convoqué les Chambres afin de régler cette question—une fois débarqués sur le sol de l'Afrique nos volontaires sont incorporés dans l'armée anglaise ; ils partagent la tente du soldat anglais ; ils manë le nes do , 118 reço vent” la même e, Nos vo fontairos, si Je Je ne me trompe, usement accepté ces conditions,

& n ne s'attendalent à rien de plus.

on nous demande d'ajouter À cela une es ‘supplémentaire, fort minime en 8of, puisqu' s'élève À 25 cents par

jt une totalité de +500 par jour,

au pays la fleur de notre jeunesse,

| 108 descendants de ces. deux ge

nations qui ont colonisé le pays, pour

envoyer, comme le dit le Star, en PT

que, en Océanie ou en Asie? Je m'oppose à

|cette politique. J'accorderai donc mon ap-

| pi au gouvernement dans l'exécution de l'engagement intervenu entre lui et les vo-

lontaires et dans l’accomplissement des eti- | EN pulations convenues entre. le cabinet fédéral HA

et le gouvernement anglais, faisant, toute:

fois, mes réserves nu & ‘des titutionnels de la question, que pose d'aborder, quand aur ma motion, lutions actuelles eeront À Fete je proposera de biffer | pour des motifs que j'ai

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