‹ Guerre et civilisationChapitre 5 sur 17 · PREFACE IX · texte numérisé non relu

PREFACE IX

Son infirmité n'a pu le retenir d'aller faire des conférences à travers tout le Danemark et jusqu'en Suède. Elles palpitent d'une affection ardente, d'une ardente admiration pour notre pays. Elles ont paru en brochure, brochure que tout Français devrait avoir lue : France.

Quant aux articles de journaux où il a exprimé son indignation, ses douleurs, ses sympathies, ses espoirs, sa foi, il vient d'en réunir une partie en volume : Guerre et Civilisation.

Cet amant de la vie en déteste âprement la brutale destructrice : la guerre. Encore y a-t-il pour lui guerre et guerre. Il pense comme Leconte de Lisle :

0 barbarie ! ô soif du meurtre ! acharnement Horrible ! odeur des morts qui suffoques et navres ! Soyez maudits devant ces cent mille cadavres Et la stupide horreur de cet égorgement.

Mais, sous l'ardent soleil ou sur la plaine noire, Si, heurtant de leur cœur la gueule du canon, Ils sont morts, Liberté, ces braves, en ton nom, Béni soit le sang pur qui fume vers ta gloire !

(Le Soir d'une Bataille.)

Malgré l'horreur du présent, cet amant de la vie garde en elle une confiance inébranlable : si le monde de la guerre s'effondre

PBEFACK

aujourd'hui en ruines ensanglantées, c'est pour fertiliser

de ses restes immondes Les sillons de l'espace où fermentent les mondes,

c'est pour faire place à une humanité meilleure, au monde de la paix et de la civilisation.

Tel est, à ces deux égards, l'esprit du livre. Rien de plus net.

On y relèvera cependant encore le souci d'équité qui induit l'auteur à noter çà et là ce qu'il croit discerner de louable chez nos adversaires ou de critiquable chez nous. D'aucuns, peut-être, estimeront que cette délicatesse de conscience l'entraîne quelquefois un peu loin. Mais pareil scrupule d'impartialité ne donne que plus de force au terrible réquisitoire qui se dégage clairement de ces pages émues, — pour éclater dans le transparent symbole de l'avant-dernier chapitre, — contre les empereurs du mensonge et du meurtre, contre les c Ratberts » et leur suite, ces ennemis de la vie.

Paul Verrier,

Chargé de cours à la Sorbonne.

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