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Guerre sud-africaine [microforme]

M. HENRI BOURASSA (Labelle) : M. le | éloigné de la vérité. Aux yeux de ceux qui Président, je réalise nettement la position | ont observé fidèlement la conduite du secré-

désavantageuse où je me trouve placé en ce moment. Je viens, à une période avancée de la session, donner des explications que l’on attendait dès le début. Le sujet que je vais traiter a déjà suscité une longue discussion qui lui enlève beaucoup de l'intérêt qu’il comporte. De plus, je sais que mon attitude L'est pas populaire, à l’heure actuelle au moins. Mais ces inconvénients ne me touchent nullement. Plus se rapprochent de nous les résultats de la politique que je combats,

lus je me sens prêt à subir le jugement oyal et impartial de mes concitoyens de toute origine ; de ceux au moins qui me reconnaissent le droit d'être à la fois fidèle sujet britannique, Canadien avant tout et libéral constitutionnel, J'at déjà indiqué les raisons qui m'ont empêché de soumettre cette résolution avant ce jour. J’entre maintenant dans le vif de la question sans autres considérations préliminaires,

On a souvent prétendu que cette Chambre, en votant sa résolution transvalienne, au mois de juillet dernier, a donné Meu À l’Intervention du Canada dans la guerre de

l'Afrique australe, On a même affirmé que | ré

cette résolution confiait un mandat au gouvernement, l’autorisant, l’obligennt même À prêter le secours de ses armes à la Grande-

taire colonial dans cette affaire, la résolution que nous avons votée À la dernière session porte le cachet indiscutable de l'inspiration de M. Chamberlain. Cet appel au pouvoir suzerain de Sa Majesté sur le Transvaal sufiit à nous faire connaître la source de cette résolution. J'ai déjà expliqué comment M. Chamber'ain, seul parmi tous les hommes d'Etat britanniques, a reconstitué cette suzeraineté dans son imagination et par sa seule volonté, treize ans après que le gouvernement britannique l’efñt abolie. Une autre preuve de l’origne de la proposition, c’est l'approbation discrète mais entière de la politique de M. Chamberlain qu'on a fait voter par cette Chambre, Mais, quoi que l’on pense du motif secret de la résnlution et de son auteur authentique, je ne sais vraiment comment on peut affirmer qu'elle comportft notre assentiment À la guerre d’Afrique. $ile gouvernement soutenait cette prétention, il se départirait lui-même de l’une des excuses qu'il se donne pour n'avoir pas convoqué le parlement et pour s'être emparé de deniers publics sans l'autorisation des

nue du peuple: cette excuse est celle du cas fortuit, Si nous avions en juillet l'intention de faire la guerre, comment la guerre pouvait-elle être imprévue en octo-

Bretagne lorsque la guerre fut déclarée. | bre ? Je trouve dans le Globe de Toronto,

L'honorable leader de l'opposition Charles Tupper) nous a esquissé l'histoire intime de l’origine de cette résolution, Il nous a dit qu'un délégué des Uitlanders du Transvaal en avait pressé l'adoption par le parlement,

81 l'honorable député avait désigné ce délégué comme l'agent de la ‘“ South African Chartered Company ’’—autrement dit comme l’agent de M. Cecil Rhodes, envoyé ici par M. Chamberlain—je crois qu'il se serait moins

(sir | du 7 octobre dernier, la réfutation précise

de cet argument :

Le fait que le parlement «à été saisi de !a cause des Ultlanders dès la dernière session et qu’il a voté des résolutions de sympathies pour les Uitlanders, ne dispose pas de la question de la sanction parlementaire nécessaire à la levée des troupes destinées À l'Afrique du Sud. ,.. Rien n'a été dit, autant que nous pouvons le constater, qui indiquât l'intention de permettre au gouvernement d'agir sans le consentement du parlement.

Ensuite l’article développe la thèse historique que, jusqu’aujourd’hui, le Canada n’a pris part à aucune guerre de l’empire et il ajoute :

Il nous appartient sans doute d’inaugurer une nouvelle politique à ce sujet ; mais c'est vraiment un acte très grave de la part du gouvernement d'inaugurer cette politique sans consulter les représentants du peuple. Et le parlement n'a certainement rien dit qui autorise une telle démarche.

Nous avions d’ailleurs À ce moment un autre motif pour ne pas prévoir ni désirer la guerre. La république de l'Afrique australe avait offert à plusieurs reprises de soumettre toute la question à l'arbitrage. Et après et avant qu’il eût refusé ces offres, M. Chamberlain les avait acceptées À deux reprises. Le jour même où notre parlement adopta sa résolution de sympathie pour les Uitlanders du Transvaal, le secrétaire colonial donnait instruction à sir Alfred Milner, d'inviter le président Kruger à nommer des délégués à une conférence d'arbitrage. De plus, la conférence de La Haye venait de clore ses délibérations. Elle n'avait point atteint son but entier ; mais elle avait s0lennellement proclamé un principe—-grâce à l'influence considérable du délégué de la Grande-Bretagne, lord Pauncefote—et c'était le principe du règlement arbitral de tous les conflits internationaux n’engageant pas l'honneur des Etats. Le cas actuel était certainement l’un de ceux que l’on pouvait soumettre à l'arbitrage. Le conflit survenu entre l’Angleterre et les Etats-Unis au Véné-

guéla était précisément sur le point d’être ré- |

glé par des arbitres ; et, à la même époque,

nous nous efforcions d'obtenir un arbitrage |

pour régler notre différend avec les Etats- Unis au sujet des frontières de l'Alaska ; et, à l'heure actuelle, nous poursuivons encore ces efforts. Qui aurait cru, à la dernière

session, que M. Chamberlain dût revenir |

sur sa parole et refuser l'arbitrage à la république Sud-africaine. Pour moi, libéral convaincu de l’école britannique, il m'’eñt été impossible de croire que nous acceptions l'arbitrage lorsque nous étions en face d’un peuple puissant mais que nous n’hésitions pas À le refuser ou même à le répudier lorsque nous répondions aux avances d’une nation secondaire.

De plus, M. le Président, ce n'était pas la première fois que le parlement adoptait des résolutions de cette nature sans songer aucunement à les sanctionner par les armes, En 1882, cette Chambre vota à l'unanimité une résolution recommandant l’adoption du ‘“ Home rule” en Irlande ; et, si je me rappelle bien, cette résolution nous attirn du gouvernement britannique une réponse qui, en langue vulgaire, nous signifiait d'avoir À nous occuper de nos propres affaires, En 1886, M. Blake proposait une résolution analogue qui ne rencontra pas un appui unanime, On rappela ln réponse du gouvernement anglais de 1882, M, Blake prétendit avec raison que les citoyens britanniques

possédaient, dans tout l'empire, le droit de pétitionner et de se plaindre au pied du trône. Sir John Thompson répliqua que la thèse de M. Blake était juste mais que la question du ‘ Home rule” étant une cause de conflit entre les deux partis politiques anglais, nous devions éviter de faire le jeu de l’une ou de l’autre de ces factions. La résolution de M. Blake ne fut votée qu’après avoir subi un amendement dans ce sens.

En 1891, M. Devlin présenta une autre résolution favorable au ‘ Home rule ” ; mais cette résolution ne fut pas même soumise au vote de la Chambre. J’ai donné ces détails afin de prouver combien le sentiment impérialiste dont nous entendons parler si bruyamment aujourd’hui,-ce sentiment de solidarité ou plutôt de mélange confus entre les pays britanniques autonomes,—ne s'est pas manifesté d’une facon très apparente, À propos de la question irlandaise, au moins.

Quoi qu’il en soit, dans aucune de ces occasions, personne n’imagina que nous eussions l'intention de soutenir les armes à la main le principe qui avait inspiré ces résolutions— la question du ‘ Home rule ” eft-elle même entraîné la révolte ou la guerre dans une partie quelconque du Royaume-Uni ou de l’empire britannique . Oh ! je me trompe! Quelqu'un proposa de partir en guerre.

| Un membre du gouvernement canadien de l’époque offrit des secours militaires aux populations de l’Ulster si elles voulaient s'insurger contre le trône d'Angleterre, Je crois que ce fut le contrôleur des Douanes, ru- | jourd'’hui simple député de York-ouest (M.

Wallace), qui suggéra cette attaque à main armée contre la Couronne, Je comprends à merveille le zèle impérialiste dont l’hono- |rable député (M. Wallace) fait preuve aujourd’hui. Il veut réparer les œuvres de sa déloyauté d'autrefois. Mais il devrait ac- | corder plus d’indulgence aux opinions de citoyens paisibles qui, n'ayant point à ex- | pier un tel crime, ne se proposent pas de [l'accompagner dans son pélerinage à la Mecque de l’impérialisme,

Le cas de l'honorable député (M. Walluce) fut soumis à la considération de la Chambre, [1 s’en suivit un débat au cours duquel plusieurs députés, entre autres le dé6puté d’York-est (M. Maclean), un homonyme du député actuel du même comté (M. Maclean), déclarèrent que le parlement canadien avait assez de traiter des affaires cana- | diennes sans intervenir désormais dans la | question irlandaise ou dans tout autre con- | fit étranger. Je ne suis pas, sans doute, le | gigantesque ‘“ Britisher ” dont le député ac- | tuel de York-est est le modèle, mais je n'ai | jamais 6t6 le Canadien minuscule que son | prédécesseur figurait dans cette Chambre, iJe dis son prédécesseur, bien qu'on m'ait affirmé que le même député représentait alors et représente encore aujourd'hui le

com‘6 d'York-est, Je ne puis croire que le

même homme ait prononcé le discours que je viens de rappeler et qu'il écrive aujour- {d'hui les articles impérialistes et ultra-bri-

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À Toronto.

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tanniques qui flamboient dans le World, de une Fe gg) Lie sépara longtemps ; \ | le toryisme et le libéralisme, en Angleterre Une VOIX: C'est absolument le même | comme au Canada, Inut.e de dire de quel | côté j'inclinai, Dix jours plus tard, le gou- M. BOURASSA : Est-ce vraiment ? Ob ! | vernement céda et décréta l'envoi des trou-

È quel scandale ! Quelle conversion ! Le pro- pes.

verbe dit: ‘In medio stat virtus’. Je ne! Dois-je me laisser qualifier de sujet dépose pas à la vertu mais je préfère rester loyal, de traître à mon parti parce que je où je suis. Je crois, avec M. Blake, que | refusai de suivre le gouvernement dans son nous avons le droit, dans ce parlement et | évolution ? Je restai au point où mon chef, ailleurs, de manifester notre sympathie pour | qui est celui du ministère, s'était placé dix une classe ou un groupe quelconque de nos | jours auparavant, s'appuyant sur la loi et sur concitoyens britanniques demandant justice | la constitution et sur les traditions les plus dans n'importe quelle partie du monde. Mais saines du parti libéral, britannique et canaje crois aussi avec sir John Thompson que dien. J'aftirmai dès le début qu'on devait nous devons éviter de faire le jeu d’une fac- | convoquer le parlement avant de prendre tion politique quelconque en Angleterre, Et, | une décision aussi importante et c'est encore je l'avoue franchement, je me sentis hu-|ma prétention, On se moqua de moi dans milié, à titre de libéral de l’école britannique, | plusieurs journaux; les géants et les pyglorsque je lus le discours retentissant que | mées se mirent de la partie, Le Free Press M. Chamberlain prononça à Leicester et qui de Winnipeg écrivit que les gens de Labelle lui valut tant de commentaires et de rebuf- | @evraient me laisser chez moi afin de me fades dans la presse anglaise et de la part | permettre d'étudier les lois constitutionnelmême de ses collègues. Je me sentis humi- les. Une autre gazette me pardonna d'ignolié, je le répète, lorsque je vis que M. Cham- |rer la constitution parce que j'étais Canaberlain se glorifiait d'avoir à sa suite, contre | dien-francais. Je dois dire, cependant, que le parti libéral anglais, non seulement la ma-|ma prétention fut bien accueillie et qu’on jorité du peuple anglais, mais aussi l'appui | en reconnut la justesse et le mérite dans le unanime de toutes les colonies britanniques. | Globe de Toronto, le Times de Hamilton, le

Quant à moi, M. le Président, j'aurais voté | Seatinel de Woodstock, le Weekly Sun de contre toute résolution d’apothéose à M. Toronto, La Patrie, le Monde Canadien, le Chamberlain ; j'aurais appuyé toute expres- | l'elegraph de Québec, le Pionnter de Shersion de sympathie pour les Uitlanders du |brooke et dans un grand nombre d’autres

4 Transvaal demandant la réparation d'injus- | journaux, anglais et français, conservateurs

tices réelles ; j'aurais voté également pour |et libéraux. J'eus le témoignage du sollitoute mesure favorisant l'établissement du |citeur général (M. Fitzpatrick), qui avoua “ Home rule” en Irlande. Mais, ce que le | que la conduite du gouvernement, au point Canada n’était pas disposé à faire pour les | de vue légal, était inexcusable, L’honorable tenanciers irlandais, réclamant un régime | député approuva d'ailleurs l’action du cabihumain, des impôts supportables et un gou- net en se plaçant sur le terrain du sentivernement libre dans leur pays natal, par- | ment et de la religion, Si nous abordons ces tie du Royaume-Uni—j'étais moins résolu en- | régions, je crois pouvoir discuter avec lhocore à le faire pour des hommes de tous les | norable député sans qu'on puisse m'accuser pays du monde s'en allant sur un sol étran-| d'une trop grande présomption. Sur le ger, mus par le seul désir de ramasser de | terrain de la loi, je reconnais sans conteste l'or et de faire fortune. sa grande supériorité et d'autant plus volon-

Après que le parlement fnt prorogé, les |tiers qu'il partage absolument mon opinion. événements suivirent leur cours jusqu'au J'eus ensuite l’aveu du premier ministre, moment où le premier ministre déclara que | lui-même, qui admit que son gouvernement le Canada n'était pas en guerre avec la | était hors la loi; mais peut-être que lui aussi, république Sud-africaine: que la loi de la étant Canadien-français, ne comprend pas milice interdisait l'envoi de nos troupes à l’6- |la constitution. J'ai trouvé encore ma justranger, à moins que le territoire canadien |tification complète dans le discours remarne fût menacé: et, de plus, que le parlement | quable prononcé par le ministre du Commeravait le contrôle souverain de cette question, | ce (sir Richard Cartwright) et contenant un et que sans l'assentiment des Chambres, le | si grand nombre de vérités exprimées en si gouvernement ne pouvait rien faire. Je crois peu de mots. Mais l'honorable ministre que c'est là un résumé équitable de la posi- | n'est pas à l'abri des soupçons. Je l'ai ention prise par le premier ministre lorsqu'il tendu un jour dire À cette Chambre que fit publier dans le Globe sa déclaration si l'Angleterre devait plus au Canada que le souvent citée depuis. Le leader de la gau-|Canada à l'Angleterre, Je suis même étonné che prit position en face du premier ministre, | qu'on ne l'ait pas encore dénoncé comme un Dans une dépêche qui n'arriva pas à desti- agent secret de M. Kruger, J'ai entendu nation mais qu'il publia avec tapage, l’ho- | aussi l'honorable député de Trois-Rivières norable député consellla au gouvernement | (sir A. Caron) déclarer, À une assemblée pud'envoyer des troupes sans délai 2! de ne |blique à Saint-Jérôme, qu'on aurait dû conpoint s'inquiéter du parlement, Ces deux | voquer le parlement; mais iui aussi apparattitudes étaient nettement tranchées. Elles | tient À la catégorle des ‘“ Mocassins" et,

| Es

par conséquent, il peut n'être pas une auto- erney), invoqua l'indépendance future du rité légitime sur les questions constitution- | Canada comme l’un des motifs qui devaient uelles. Mais comment puis-je douter davan-| pousser notre pays à se donner une milice tage de la force incontestable de ma position et à organiser la défense de son territoire. h lorsque je lus les paroles suivantes de l’ho-| On a beaucoup appuyé sur le fait qu’au norable député d’York-ouest (M. Clarke Wal- | lieu d'envoyer 2,000 hommes déjà enrôlés 4 lace) qui déclara à un reporter de la Ga- le gouvernement a enrôlé 2,000 hommes etff zette de Montréal le 21 décembre: les a envoyés dans l'Afrique du Sud. ei Je voudrais que le parlement fût convoqué | VoOUe que cette distinction est trop subtilé sans délai. En réalité, 60 aurait 40 convoquer pour mon grossier esprit de paysan. Oh: le parlement depuis longtemps afin d'entendre mais, dit-on, nous ne payons pas nos soldats la voix du peuple sur cette question. en Afrique ; ils sont fondus dans l’armée | anglaise et recoivent la solde du gouverne Assurément, on ne dira pas que c'est là nent britannique. Très bien. Mais le par une opinion de “ Mocassin. lement a rendu cette distinction illusoire er Examinons maintenant en quelques mots | Gécidant de parfaire la différence entre laure les excuses sous lesquelles on s’est mis À solde britannique et la solde canadiennelle ; l'abri pour ne pas convoquer les Chambres. On m'a accusé de mesquinerie méprisablé D'abord, on a dit que, grâce aux termes j5rsque j'ai proposé de retrancher cet excéi de la lettre de M. Chamberlain, réquisition- jant de solde et de laisser nos volontairedf nant nos troupes, on avait évité les restric- an mûme rang que les soldats anglais. Celle tions de la loi de la milice. Qu'on ait éludé hendant on a invoqué cette différence de leurs, ce n’est point la lettre qui impose Ces | 1n moyen d'éluder la loi de la milice at de ne restrictions, Il n’est aucun article parti- pas convoquer le parlement. Si la différencei culier de nos statuts qui interdise l'X- &tajt si minime lorsque je proposai de lili péäition de nos milices à l'étranger ; supprimer, pouvait-elle être assez considél l'esprit même de la loi. J'avais préparé commettre ce qu'il a reconnu lui-même@nn b: un dossier assez complet pour prouver constituer une illégalité dont il n'aurait pa‘ que l'intention de nos lois militaires, sans 56 se rendre coupable sans l'existence dé excepter la loi actuelle, était d'organiser la Gette différence ? La seule distinction qui défense exclusive du territoire canadien. Et soxiste maintenant entre l'expédition actuellel cer dispositions furent prises non-seulement &t envoi d'un régiment canadien, c'est lil de l’aveu, mais sous l'inspiration même des side du gouvernement britannique; c’est autorités militaires et coloniales de la ire une contribution moindre que cellidfe Grande-Bretagne, A cette époque de la que je voulais supprimer. F vieille politique égoïste de la “Petite Angle- Puisque j'en suis à parler deniers, jé terre” et du “Petit Canada,” on croyait voeux répondre dès maintenant À ceux quA encore, ici comme en Angleterre, au prin- hrétendent que la convocation du parlemenf cipe vrai de la décentralisation et de l'auto- sut trop obéré nos finances. Mon honorablei nomie absolues ; c’est ce principe qui a fait ami le député de Terrebonne (M. Chauvin l'Empire britannique. Mais tous les hom- ; Géjà réfuté cet argument. Je crois comme mes sensés admettront ce fait—je fais grace ]n; que la plupart des députés qui se van à la Chambre de ma démonstration. Je Tap- tent si hautement dé leur loyauté et de leui@hbles : pellerai seulement que le parlement rejeta jatriotisme se seraient empressés de se ren!@vec 80 dérait que l'Angleterre avait un plus grand une session régulière, Eux qui sont prête la intérêt à conserver le Canada sous sa domi- à taxer le pays à millions et à imposer auvMetton:

nation que le Canada n’en pouvaît avoir À paysans et aux ouvriers canadiens le farfe sont rester britannique. On disait aussi que la eau du militarisme, auraient sacrifié san@u'ils s Grande-Bretagne pouvait entraîner le Ca- | Goute avec bonheur un peu de leurs loisir@obéiss

rada à la guerre, tandis que le Canada ne afin d'étudier les problèmes où l'on nous et pouvait et ne voudrait pas être une Cause | jette sans nous en faire connaître les donfiesure

de guerre pour l'Angleterre, Le même es-| n6es et les résultats, Mais supposons mêmelfe devi rit combattit avec une moindre ardeur les | {w'l nous en eût coûté les frais d’une sesllec le projets analogues de 1863 et de 1868. La | sion supplémentaire ; peut-on mettre ce dei Main:

Pssité tait 11 Inuti u'on a os tr

majorité les vota néanmoins, sans que per- njer en ligne de compte avec les question soune émît l'opinion que le Canada pâût pren- | yjtales que soulève l'action du gouverne dre part À aucune autre guerre que celles | ;nent? À une époque où de monstrueusef qui menaçalent son territoire. Sir Georges | jées impérialistes gonfient notre orguell Etienne Cartier apaisa les méfances des | lorsque nous sommes prêts à conquéri Bas-Canadiens en leur affirmant à maintes | toute cette petite planète, terres et mers Afriq reprises qu'on organisait la milicè cana- lorsque nous projetons même de hisser lemues 1 dienne pour la défense du Canada seule-| {rapenu britannique jusque dans la luneloldats ment. Lorsque sir G. Cartier présenta le bill | c'était prendre un point de vue par trories 1 de 1862, sir Hector Langevin, l'un des adep- étroitement canadien ! Imaginons Onrtiergomme tes de cette école de loyauté dont a parlé] MacDonald, Brown et tous les “ Petits Onlnème, l'honorable député de Kent, N.-B. (M. Meln- nadiens ” qui ont fait la Confédération, pré hille si

lance future du tifs qui devaien!

mner une milice e son territoire. À sur le fait qu’av!

es déjà enrolési 2,000 hommes et

ue du Sud. J’a est trop subtil

de paysan, Oh!

s pas nos soldats us dans l’armée ide du gouverne

en. Mais le par!

ction illusoire er fférence entre 14 olde canadienne nerie méprisable ‘ancher cet excéi r nos volontaires lats anglais, Cei tte différence del u légère, comme la milice at de ne!

. Si la différencei > proposai de lai e assez considé:

rouvernement deïdfe

connu lui-même nt il n'aurait pa ns l'existence dei > distinction quA rpédition actuellel anadien, c’est 1la ritannique; c’est

irler deniers, je nant À ceux qui ion du parlement#

Mon honorablel ine (M. Chauvin]

utés qui se van oyauté et de leuil ressés de se ren!

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et à imposer aux“ anadiens le far:

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de leurs loisiri es où l’on nou onnaître les don supposons même frais d’une ses!

on mettre ce del rec les question bn du gouverne# de monstrueusef nt notre orguell êts à conquéri terres et mers ème de hisser le e dans la lune de vue par trof aginons Cartier s les ‘ Petits On bnfédération, préi

larant la charte nationale du Canada par |nements? Le premier ministre lui-même, dans

n échange de lettres confidentielles et l’en- | son discours à Sherbrooke, et au parlement, oyant par la poste au bureau colonial afin | s'est refusé avec raison à diffamer l’armée épargner à notre pays les dépenses de la anglaise en disant que la Grande-Bretagne pnférence de Québec et d’un voyage à avait besoin de notre secours. Et ce serait, ndres! | certes, une diffamation sanglante que d’affr-

On nous donne ensuite l’excuse du caslimer qu'une nation de quarante millions

brtuit, Je reconnais volontiers que le gou-| d'habitants, pouvant mettre sur pied une ernement peut se “voir obligé, dans cer-| armée d’au delà de six cent mille hommes, ins cas de nécessité urgente, de recourir à | jouissant d’un revenu annuel de plus de e moyen d'action financière qu'on appelle | cent millions de livres sterlings, ne pouvait, mission de mandats spéciaux—mais pourvu sans notre aide, écraser deux pays minusoujours qu'il s'agisse d’une action qui ne cules dont la population totale d'origine holépasse pas les limites des pouvoirs ordi- | landaise est inférieure à celle de la ville de aires du gouvernement, Mais voici que | Montréal—au moins d'après toutes les autoargit une question aussi grave que la guer- |rités reconnues, y compris le député de Nore; le cabinet est poussé à commettre folk-nord (M. Charlton). Ceci dispose, je n acte qui constitue une orientation nou-|crois, de cet argument inspiré par le sentielle äans la politique du pays, qui nous | ment: lorsque le feu dévore la maison de onduit même à une révolution constitution- | notre mère, ce n'est plus temps des théories lle—de l'avis au moins de plusieurs auto-|subtiles et du formalisme de bureaux. Je tés parmi lesquelles je compte le Secré-| crois avoir lu cette jolie phrase dans une letaire colonial, le Gouverneur général du tre de mon excellent ami, le second député anada, plusieurs ministres de la couronne, d'Ottawa (M. Belcourt) ; et je saisis cette n Angleterre et ici Assurément personne | occasion pour le prier de me pardonner si e prétendra qu'il s'agit d’un de ces cas for- je ne lui ai pas répondu plus tôt. Le clique-

oindre que celle qu'une simple réunion de conseillers person- Les deux grands pou-| dent.

Je crois comme

1x qui sont prête

fAfrique australe,

hits qui entraînent chaque année l’émission

mandats spéciaux, tels que: l'incendie nn bureau de poste, des réparations aux paux, un accident sur le chemin de fer

htercolonial, ou même un contrat comme |

Plui conclu avec MM. Maun et Mackenzie.

11 se manifeste de nos jours, dans les ays où règne le régime parlementeire, une ndance marquée à exagérer ies pouvoirs

l'exécutif. A l’origine, le cabinet n'était

els de la couronne.

oirs étaient le souverain et le parle- Peu à peu, le pouvoir du cabinet est accru aux dépens de la couronne et du nrlement, Jusqu'à un certain point, cette olution était bonne; les pouvoirs exécutifs ant ainsi confiés à des hommes responbles au parlement. Mais on devrait éviter ec soin de tendre à l'excès contraire et de isser le cabinet prendre à la fois la place

la couronne et du parlement, bettons pas à nos ministres d'oublier qu'ils

e sont qu’un comité exécutif du parlement. |

u’ils se gardent d'escompter trop largement obéissance servile d'une majorité de partians et d'adopter par décrets de cabinet des

e devraient voir le jour et s'exécuter qu'’aec le concours du parlement !

Maintenant, étions-nous en face d’une néessité urgente? Où était la nécessité? Où tait l'urgence ?

Inutile de répéter tous les arguments u’on a fait valoir ici même, établissant que os troupes n'étaient point requises dans Les autorités britannives ne comptaient que sur ces cinq cents

oldats canadiens, Qui prétendra que le sort:

es armes anglaises reposait sur cinq cents ommes ? Qui osera affirmer qu'aujourd'hui nôme, la présence ou l’absence de nos deux hille soldats peut modifier le cours des évè-

lavant le 31 octobre.

Ne per:

tis des armes, le roulement des tambours et l'éclat des trompettes m'asoumlissaient tel-

[lement que je n’ai guère entendu sa voix

douce et sympathique.

La seule indication d'urgence que je puisse retracer se trouve dans la dépêche

: de M. Chamberlain, en date du 3 octobre,

reque ici quelques jours plus tard—les télé- {grammes de M. Chamberlain ne semb'ent | pas voyager plus vite que ceux du chef de l'opposition. Je crains que les fils télégraphiques ne soient pas encore au diapason du nouveau mouvement. Cette dépêche demandait que les troupes fussent expédiées

Il y avait alors, et il y eut encore pendant plusieurs mois, des mil-

Iliers et des milliers de régiments anglais |cantonnés en Angleterre. Je ne puis accep- | ter la théorie que les désirs ou les ordres de M. Chamberlain suffisent

à constituer un plaidoyer d'urgence que les faits contredisent, Notre gouvernement n'aurait-il pu, à l'exemple de M. Lyne, premier ministre des Nouvelles Galles du Sud, expliquer à M.

Chamberlain que nous vivons sous un régime constitutionnel et que les troupes se-

besures de la plus haute importance qui |raient expédiées dès que le parlement aurait

décrété leur enrôlement ? Si la présence de nos soldats n’était point requise alors en

| Afrique, si l'Angleterre n’en a pas besoin ‘aujourd'hui encore, quelle urgence pouvait-

il y avoir de les expédier avant le 831 octobre? Mais M. Chamberlain et plusieurs de ses collègues, et notre gouvernement luimême, ont disposé plus nettement encore de ce prétexte de besoin urgent. Je pourrais dire que tous les hommes publics et tous les journalistes qui ont approuvé ou condamné l'expédition de nos troupes ont fait la même démonstration lorsqu'ils ont proclamé que ce déploiement fastueux de militarisme impérial n'était pas organisé pour les besoins de cette guerre; mais qu'on voulait par IA

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donner au monde un exemple et un avertis- | sement. J'admets volontiers que cette idée n'est pas dépouvue de grandeur; mais n’aurait-on pu donner cet exemple et cet avertis- | sement un mois plus tard? Quant à nous. la | leçon n'aurait-elle pas été aussi frappante et aussi profitable, si le parlement l'avait donnée lui-même au lieu de la laisser signifier par un simple décret ministériel?

Cette lecon, d'aïleurs, est susceptible d’un

une portée qui n'est point dépourvue de dangers pour le prestige de l'empire futur.

Vous pouvez donner à cette leçon la signification qui vous plaît ; mais le monde à qui vous la donnez peut l'interpréter à sa guise. | Le résultat final de cette guerre n'est point douteux; mais ses débuts ont été lents et pénibles; et ce monde que vous défiez se réjouit à la pensée que les deux petites républiques Boers ont tenu en échec pendant quatre mois ‘le plus vaste empire qui ait été.”

Mais quelles que soient les conséquences de cette lecon pour l'Angleterre dans ses relations avec les autres puissances, sa portée actuelle au Canada est une accusation directe contre notre gouvernement qui n’a | point convoqué les Chambres. Si nos ministres voulaient réellement donner une leçon et un avertissement, ils désiraient sans doute que la lecon fût fructueuse et l’avertissement sérieux. Quelle est la conséquence ? Si nous envoyons deux mille hommes et si nous dépensons deux millions pour combattre deux peuples dont la population totale s'élève à deux cent f#inquante mille | âmes, combien d'hommes armerons-nous et | combien de millions dépensc:ons-nous pour | combattre une puissance de premier ordre | ou une coalition internationale ? Et c'est. | n'en doutons pas, aux grandes puissances et | aux coalitions éventuelles qu'on adresse | cette leçon et cet avertissement, Si nots | avons jugé À propos de prendre part à l'en- | seignement, il doit s'ensuivre que nous som- | mes prêts à participer à l'action lorsque le | temps ser: venu d'appliquer la lécon. Alors, | c'est le point de départ d’une politique nouvelle qui nous donne de sérieux apereus sur l'avenir de notre pars. Ces aperçus peuvent être glorieux pour ceux qui ont soif des honneurs militaires. Ils peuvent | inspirer aux rhéteurs de belles périodes sono- | res et des stances lyriques aux rimallleurs.

Mais on prépare par Ià une sombre destinée aux classes agricoles et travaillantes de notre pays. On les menace du fardeau insurportable qui écrase les paysans et les ouvriers d'Europe. C'est ce fardeau que les “Little Englanders ” et les ‘“ Petits Cnanadiens” avaient épargné jusqu'ici à l'Angleterre et au Canada.

On ne saurait s'étonner que le gouvernement ait hésité À nous ouvrir les portes de ce noir inconnu. Mais n'aurait-fl pas é6t6 À propos d'hésiter davantage et de faire connaître au peuple le résultat possible de cet

avenir incertain avant de nous y pousser |

par un simple décret de cabinet?

Or m'cpposera, sans doute, la clause du * décret déclarant que cette action n'est pas”

un précédent. J'avoue volontiers que cette clause est tout ce que je puis approuver

dans la conduite du gouvernement. Mais #

je crains que ce soit un obstacle bien fragile

à mettre en travers du courant de militarisme tapageur qui entraîne en ce moment!

double résultat. Elle a donné à cette guerre | toutes les possessions britanniques. C’est! cette crainte que j'exprimais dans ma lettre % au premier ministre, lorsque je disais: ‘ Le #

précédent, monsieur, c'est le fait accompli.” Voyons maintenant sous quelle lumière

ont placé l'acte du gouvernement ceux qui

l'ont approuvé et ceux qui l’ont condamné.

J'avais préparé une collection complète!

d'articles de journaux et de revues pour éta-* blir que la voix presqu'unanime de la presse # anglaise, canadienne et étrangère na jugé comme moi l'action du gouvernement. Quel-!

ques accents discordants mais faibles sont venus des journaux libéraux de Québec, dé-*

sireux de calmer l'anxiété du peuple.

L'Outlook de Londres, a résumé la situntion sous la forme la plus nette et la plus

brève—tout juste quatre mots :

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