INTRODUCTION
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Dans ce petit livre, je cherche à donner en pen de pages, des informations que quelques-uns de mes lecteurs peuvent désirer avoir chez eux et d’antres vouloir sur place. Il parle du passé et du présent. La partie historique est suivie par la topographique ; et à la fin, dans l’appendice, on trouvera les listes des guides, les tarifs des excursions, des tables de sommets et de cols (arrangés par ordre alphabétique) etc. Tout en visant à la concision, j’ai essayé d’éviter l’extrême condensation qui, dans quelques guides, produit une certaine perplexité. Voyez la note page 105 pour les abréviations.
Les illustrations, pour la plupart, n’ont pas encore été reproduites ailleurs et les permissions demandées pour elles l’ont toutes été à l’intention de cet ouvrage. Je dois les bases du plan de Chamonix à la compagnie du P. L. M. et j’ai dressé les listes des guides avec l’assistance des guides-chefs de Chamonix, Courmayeur et Saint-Gervais ; le regretté M. C. D. Cunningham et M. J. Eccles m’ont donné d’utiles informations. Sir Edward Davidson, feu MM. F. C. Grove et Horace Walker, M. J. H. Wicks m’ont aidé à tracer leurs routes respectives à l’Aiguille du Dru, à celle de Bionnassay, au Mont-Blanc, par le glacier de Brenva et le Pic Sans Nom.
Les remarques suivantes peuvent rendre quelques services aux personnes qui visitent Chamonix et le Mont-Blanc pour la première fois.
Dépenses. — La vie est d’un prix modéré dans toute la région du Mont-Blanc en général, de nombreux hôtels prennent des pensionnaires dans des conditions favorables. Il sera plus avantageux de se fixer pour quelque temps au même endroit que de changer constamment.
L’avis suivant est affiché dans la plupart des hôtels de Chamonix :
« Les personnes en pension sont priées d’annoncer leur départ au moins trois jours à l’avance. Les autres personnes quittant dans la journée devront aviser le Bureau avant midi, sinon la chambre sera comptée la nuit suivante. »
Argent. — Prenez quelques louis, une petite quantité de pièces d’argent pour les dépenses de route, le reste en billets de banque. Les billets anglais peuvent être changés à Genève, Cha-
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monix, Courmayeur et Martigny. L’or étranger passe partout, excepté dans les tout petits villages ; l’argent, par contre, ne passe pas. Faire attention aux petites pièces italiennes qui sont retirées de la circulation.
Vêtements. — Les vêtements de laine et de flanelle sont les plus pratiques. Il est préférable d’avoir beaucoup de vêtements légers et de les changer, que d’en posséder peu de très épais. On doit se servir de souliers de montagne , et il faut les avoir déjà portés avant de partir. On les ferrera mieux sur place. J. Ducrey de la rue Nationale, à Chamonix, ferre très bien. Le Puttee (d’origine indienne) est la meilleure forme de guêtres. Les Puttees sont confortables et pratiques, et on les fabriqne maintenant en Angleterre, mais on les obtient meilleur marché en Suisse.
La Corde. — Si on pense faire des excursions nécessitant la corde, il vaudra mieux en être pourvu. On n’en trouve point sur le marché de comparable à la « Corde de manille » spécialement faite à l’usage de la montagne.
Piolets. — On en trouvera de bonne qualité et à des prix modérés soit à Chamonix soit aux Bossons, à la fabrique des frères Simond. Voyez page 120.
Savon. — On trouve de nombreuses espèces de savon dans les régions alpines; maintenant on paye un droit d’entrée même pour un seul pain.
Bagages. — Le minimum de bagages veut dire quelqufois, le maximum de confort. Celui qui n’en a pas plus que ce qu’il peut porter, «voyagera plus vite, plus agréablement et plus économiquement que celui qui dépasse cette limite. D’un autre côté, les hôteliers regardent d’un œil soupçonneux les voyageurs ayant peu ou pas de bagages et leur donneront les plus mauvaises chambres.
Des passeports doivent être emportés, quoiqu’il se puisse, que vous fassiez de longs séjours en France, Suisse et Italie sans en avoir besoin, des cas peuvent se produire les nécessitant et il est préférable d’avoir tous les atouts dans son jeu.
Langue. — Le Français est la langue de Chamonix et de la chaîne du Mont Blanc. A Chamonix on reconnaît qu’il existe une langue appelée l’anglais, de nombreux Chamoniards la parlent même, mais leur modestie les empêche quelquefois d’exercer leurs talents. Dans l’appendice F. quelques-uns des guides parlant anglais sont indiqués. A Courmayeur on parle presque autant le français que l’italien.
La douane. — En allant à Chamonix, vià Annemasse, on évite la visite qu’on subirait en passant par Genève. Betournant directement de Chamonix, via Annemasse, les bagages des voyageurs sont examinés à Bellegarde, ceux enregistrés pour Paris sont visités à Paris. Quand on va de Chamonix en Suisse par la Tête Noire ou via Salvan, on peut rencontrer un douanier au Châtelard. Les touristes traversant le col de Balme, les cols du Bonhomme et de la Seigne, ou les cols élevés échappent à la visite.
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Les cartes. — La carte pliante de la Chaîne du Mont Blanc, à la fin du volume, jointe aux plans du texte suffira. Ceux qui désirent de plus amples détails peuvent consulter :
1° la carte du capitaine Mieulet, à l’échelle 1-40.000. Elle donne la portion centrale de la chaîne, et, dans toute la partie enclose, comprend le côté italien aussi bien que la partie française, mais elle ne s’étend pas jusqu’aux derniers plans de la chaîne. Elle est bien exécutée, exacte et se trouve être une des cartes les plus utiles qui soient mentionnées.
2° La carte de l’Etat-Major français, échelle 1-80.000, feuille 160, bis et 160, ter. Ces feuilles comprennent la route d’Annemasse à Chamonix et donnent le côté français de l’extrémité de la chaîne du Mont-Blanc non comprise dans la carte de Mieulet. Mais elles ne mentionnent aucune partie des versants suisse ou italien. Ces feuilles ne sont pas bien exécutées et les exemplaires en circulation sont mal imprimés.
3° La pointe suisse de la chaîne est donnée dans la feuille XXII de la carte Dufour, échelle 1-100.000. Cette feuille est admirablement exécutée, mais se trouve maintenant presque remplacée par :
4° l’Atlas Topographique de la Suisse (Topographischer)Atlas der Schweiz échelle 1-50.000 publié sous la surveillance du col Siegfried. Une carte (formée de plusieurs planches de cet atlas) en est dérivée, elle est intitulée Martigny-Grand-Saint-Bernard-Combin, et embrasse toute la partie suisse terminale de la chaîne. Prix, cinq francs.
5 Pour le versant italien de la chaîne du Mont-Blanc, consultez les feuilles 27-28 de la Carta Italia, échelle 1-50.000. Cette carte est mal exécutée ; beaucoup de noms et d’altitudes peuvent à peine être déchiffrés.
6a La chaîne du Mont-Blanc. Carte au 1-50.000 dressée sur l’ordre d’Albert Barbey, par X. Imfeld, d’après les relevés, les mensurations et la nomenclature de Louis Kurz et d’après les documents existants. Cette carte, publiée en en 1896 donne tout le massif ; elle est très-nettement exécutée et bien imprimée. Prix, 10 fr. non montée sur toile. Une carte, plus grande que toutes celles plus haut citées, du massif entier 1-20.000 est élaborée par MM. Joseph et Henri Vallot, de Paris, mais à présent on ne peut encore fixer la date de sa publication.
Toutes les cartes que je viens de nommer se trouvent à la librairie A. Jullien, 32, Bourg-de-Four, Genève.
Pour le choix des guides. — Quoique je ne donne aucune recommandation dans ce livre, je ne puis m’empêcher d’en référer à deux de mes plus anciens amis de Chamonix, Frédéric et Michel Payot. M. Frédéric Payot a gagné ma reconnaissance en 1865, en m’offrant volontairement son assistance un jour où je me trouvais dans un moment difficile. Depuis lors, il s’est élevé trois fois au rang de guide-chef et a escaladé plus de cent fois le Mont-Blanc. Son frère Michel fit voir sa capacité dès son jeune âge, et a, je crois, fait plus de « premières ascensions » dans le massif du Mont Blanc que n’importe quel autre Chamoniard vivant. (Voyez page 57 et le chapitre XIV). Comme ils ont dépassé l’âge, les noms de ces deux guides excellents ne figurent plus sur le registre.
Il y a un bon personnel parmi les guides de Chamonix, mais, cela va sans dire, dans un corps comptant plus de trois cents membres et comprenant la majeure partie des Chamoniards bien constitués de 24 à 60 ans, il y a des sujets de force et de caractère différents. Les recommandations que je puis faire à propos du
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choix d’un guide à Chamonix et à Courmayeur, sont les mêmes que celles que je ferai pour n’importe quel guide dans n’importe quel autre endroit. 1° Avant d’engager un guide, informez-vous de ses antécédents auprès de ceux qui sont au courant. 2° Evitez les hommes connus pour leurs accidents. 3° pour les courses longues ou difficiles, donnez la préférence aux hommes d’un âge moyen plutôt qu’à ceux trop vieux ou trop jeunes.
Je n’essaie pas de décider si un touriste doit se servir de guides. Quelques personnes sont assez compétentes pour mener à bien d’elles-mêmes toutes les courses mentionnées. La grande majorité, néanmoins, ne sont pas de cette force. Pour le peu que je connais mes lecteurs, je suis incapable de dire s’ils ont ou non besoin de guides. Chacun doit savoir cela par lui-même h
L’heure. — L’heure de l’Europe occidentale est l’heure légale à Chamonix et dans la portion française de la chaîne du Mont- Blanc. En Suisse et en Italie, on a l’heure de l’Europe centrale, qui avance d’une heure sur celle de Paris. Voyez l’annuaire des Longitudes. En passant et en repassant la frontière, il est bon de se souvenir de cela.
La Société suisse des hôteliers publie un petit livre contenant les remarques suivantes, il montre les idées des hôteliers suisses sur plusieurs matières d’intérêt général 1 2.
Retenir des chambres à l’avance. — Il est dit : « Une confusion règne dans les idées du public qui voyage, à propos de cette question ; au moment de la saison surtout, elle cause des discussions nombreuses et désagréables ».
Ceci provient en grande partie d’un conseil contenu dans les guides des voyageurs, conseil donné de bonne foi, nous sommes prêts à l’admettre, et dans l’intention d’arranger le touriste et l’hôtelier. Ce conseil consiste à faire retenir les chambres à l’avance, surtout si on pense arriver à une heure tardive. Mais grâce au fait que dans les notes des guides à ce sujet, ni la question de droit, ni celle d’intérêt commercial n’ont été discutées, l’opinion a grandi dans l’esprit des voyageurs, qu’en retenant sa chambre à l’avance, le touriste aura un droit sans s’imposer aucune obligation.
Examinons les considérations suivantes :
1° Quel est le voyageur qui a le plus de droit à un accommodement : (a) celui qui arrive de bonne heure à l’hôtel, ou b) celui qui, par lettre, par télégramme ou simplement par téléphone, fait connaître son intention de venir et qui arrivera tard dans la nuit ou bien n’arrivera pas du tout ; tandis que le premier par sa seule présence semble être le meilleur client.
2° Un arrangement, un contrat, dans lequel les droits des deux parties sont stipulées, doit être conclu au moins des deux côtés. Une proposition ne regardant qu’un seul des intéressés ne donne pas au voyageur le moin-
1 II est supposé que mes lecteurs sont au courant des termes techniques employés. S’ils ne le sont pas, je les renvoie aux « Scrambles amongst the Alps ».
2 Ce livre intitulé : les Hôtels de la Suisse, a été publié en anglais, en français et en allemand. Prix 50 cent. Il donne de nombreuses informations et discute des sujets variés, exemple : le manque de réflexion en exigeant des plats chauds la nuit, en amenant des singes à l’hôtel. Il y est dit que les chambres sont souvent salies et abimées par ces habitants bizarres. La dernière édition est modifiée.
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dre droit, car dans ce cas il y manque quelque chose : (a) une déclaration de la seconde partie (l’hôtelier) qu’il peut et veut accepter l’ordre ; (b) la garantie que le voyageur remplira l’obligation qu’il prend en donnant l’ordre.
L’augmentation du nombre des voyageurs correspond à celle de ceux qui pensent lier V hôtelier en retenant des appartements à V avance, sans être eux-mêmes engagés d'aucune façon par un tel ordre.
Ainsi l’efficacité de tels ordres diminue journellement et l’hôtelier ne doit pas être blâmé s’il cherche d’abord à satisfaire les premiers arrivants et refuse les ordres de personnes inconnues, à moins qu’elles ne lui soient recommandées.
Une réponse payée paraît, dans une certaine mesure, augmenter la probabilité qu’on s’occupe favorablement de vos oidres ; elle peut, selon la réponse plus ou moins définitive de l’hôtelier, lui impliquer, sinon une obligation légale, au moins une obligation morale. Néanmoins, on ne peut dire que cela lie absolument l’hôtelier, car le voyageur n’accorde pas une garantie nécessaire de sa part pour donner une obligation que cette garantie seule pourrait imposer en donnant à l’ordre la forme d’une convention.
Chambres retenues pour arrivées matinales.
Si la chambre a été réservée pour un touriste matinal, selon son ordre, on ne lui comptera la chambre qu’une fois, pourvu qu’il ne l’occupe que dans le jour et la mette, en avertissant à l’avance, à la disposition de l’hôtelier pour la soirée. Si ce dernier est empêché d’en disposer pour la nuit suivante, le voyageur doit, surtout pendant la saison, ou quand il y a une grande affiuence, être prêt à payer la chambre pour deux nuits, même s’il n’a occupé la chambre que pendant 24 heures.
La responsabilité des hôteliers.
Le voyageur fera bien, pour éviter les pertes et les recherches de la police, de suivre l’avis des guides et à la requête de l’hôtelier de lui confier personnellement ses valeurs.
Quelques hôtels sont ouverts toute l’année à Chamonix et il y a maintenant une saison d’hiver. «Dans l’hiver 1905-1906, pour la première fois, le chemin de fer du Fayet a marché tout le temps, en facilitant ainsi l’accès. Il est rare que la neige atteigne un mètre à Chamonix, tandis qu’elle a fréquemment trois ou quatre mètres à Argentière et au Tour. Il tomba si peu de neige en 1893-94, que tout l’hiver on se servit de véhicules à roues au lieu de traîneaux. Mais la saison commence à Chamonix en juin et se termine en septembre, quoique le temps permette quelquefois de faire la plupart des excursions dans le milieu de mai et une partie d’octobre. Certaines années, il y a de nombreux visiteurs en mai ; la Tête Noire est ouverte aux voitures à cette époque, et on peut faire plusieurs des ascensions les plus modestes. Habituellement les touristes diminuent encore en octobre ; au milieu du mois il ne reste plus que les habitués et les traînards. On voit les chefs, les portiers et les garçons dans des endroits inaccoutumés, ils envahissent [même les bancs « sacrés » réservés aux voyageurs. C’est la fin de la saison.
Edward Whymper.
Mai, 1910.
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Notes de la quinzième édition anglaise
Observatoire du Dr Janssen. — Au dire d’ascensionnistes ayant fait récemment le sommet du Mont-Blanc, cet édifice a, actuellement, complètement disparu. Voyez pages 71 à 83.
Une liste des guides d’Orsières est donnée dans la présente édition, page 190.
Le nombre des voyageurs arrivant par chemin de fer à Chamonix, pour l’année 1909, à fin novembre, s’est élevé, selon le chef de gare, à 130, 170.
Le chemin de fer du Montanvert a été construit entièrement pendant la « Saison » de 1909, de Chamonix jusqu’à peu de distance de l’hôtel bien connu situé en face de la Mer de Glace. Les trains cessent de circuler le 15 octobre. Voyez page 105.
Le tramway du Mont-Blanc est très fréquenté durant le cours de la saison jusqu’au Col de Voza. Il part du Fayet, à proximité immédiate de la station du P. L. M. et a un arrêt à St.-Gervais. Aucun prolongement de la ligne au delà du Col de Voza n’était en exécution à la fin de l’année dernière.
Un chemin de fer allant jusqu’au sommet de l’Aiguille du Midi a été projeté et sa construction commencée, près du village des Bossons, à la fin de l’an dernier. Il paraît que cette ligne atteindra le sommet via Pierre-Pointue et Pierre à l’Echelle. Un hôtel sera construit sur l’Aiguille du Midi au point terminus de la ligne. Le billet double course coûtera 27 fr. 50..
La multiplication de ces chemins de fer de montagne a produit son effet chez les Guides de Chamonix. Sept noms ont disparu de la liste donnée dans la précédente édition. Plusieurs ont été supprimés comme ayant dépassé la limite d’âge et d’autres par suite de d^cès ou pour divers motifs. En résumé cinq noms nouveaux seulement ont été ajoutés et en fin de compte, c’est une diminution nette de douze guides.
Les accidents en 1909 n’ont présenté rien de nouveau. En septembre, un touriste nommé Eugène Ribaud, architecte de Lyon, s’étant appuyé contre une balustrade dans les gorges du Trient, celle-ci céda et l’infortuné tomba au fond du ravin où son corps fut retrouvé.
La saison des sports d’hiver a commencé en 1909 fin décembre et s’est prolongée jusqu’à fin février. Le 14 janvier quatre dames anglaises prenaient part à une course de bobsleighs : l’une d’elles fut tuée sur le coup et les autres plus ou moins gravement blessées.
Les améliorations à Chamonix comprennent l’achèvement du sentier conduisant au sommet de la Montagne de la Côte. Un nouvel hôtel a été ouvert près de la station de chemin de fer de Mon troc, près de l’entrée du tunnel sous l’Aiguillette.
Index. — Les montagnes et les pics ont été portés au mot Pics les glaciers à Glaciers et les passages à Cols.