‹ Guide a Chamonix et dans la chaine du Mont BlancChapitre 48 sur 71 · ENTRÉE DES BAINS DE SAINT-GERVAIS · texte numérisé non relu

ENTRÉE DES BAINS DE SAINT-GERVAIS

fer, à l’endroit où le torrent Bon Nant débouche sur la plaine de Sallanches ; elle ressemble à l’entrée d’un parc privé, ce qui quelquefois intimide les gens. On peut y pénétrer sans rien payer. Du pont du Bon Nant au Fayet, trois chemins conduisent au Village de Saint-Gervais. L’un traverse les propriétés des Bains, en passant par A., et C. et par le chemin en zigzag, marqué sur le plan en C. On peut aller par E., la vieille route étroite et raide ; elle prend 25 minutes pour monter et 15 minutes pour descendre. La nouvelle route ff est beaucoup plus agréable, mais beaucoup plus longue. Il n’y a aucune maison sur la vieille route ; à un tiers du trajet en f, se trouve I’hôtel et pension des panoramas. Je recommande de préférence aux autres le chemin passant par les terrains appartenant aux Bains.

A quelques trente mètres de l’entrée, en A, se trouve la construction des Bains ; c’est un bâtiment neuf et bien aménagé '. Les sources sont

1 « L’établissement thermal, construit sur les plans de M. Jory, est une merveille d’élégance sobre et de commodité. Impossible de rêver rien de plus parfait au point de vue hydrothérapique : cabines de bains, salles de douches de toute nature, salles de pulvérisations, d’inhalations, bains de vapeur du système Berthe si apprécié, massage savant, tout est réuni dans ces Thermes pour assurer l’emploi complet des propriétés thérapeuthiques de l’eau minérale, l’observation mathématique des ordonnances médicales, le bien-être et les aises des baigneurs. »

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en C. près de l’entrée de la gorge de Crépin, marquée par un astérisque. On prétend qu’elles furent découvertes en 1806 par un ouvrier de Servoz qui pêchait des truites. M. Gontard ou Gonthard, le propriétaire, se mit rapidement à les exploiter et créa l’établissement thermal. La source principale est nommée à cause de lui Source Gontard ; elle donne 140.000 litres par jour, à la température de 39° C. La source du Torrent

A. LES NOUVEAUX BAINS B. PONT DU BON NANT. C. HOTELS DES BAINS. D. PONT DU DIABLE.

E. VIEILLE ROUTE DE SAINT-GERVAIS. F. F. NOUVELLE ROUTE DE SAINT-GERVAIS .

G. STATION DU CHEMIN DE FER POUR CHAMONIX, MARTIGNY, SALLANCHES, GENÈVE, ETC.

donne 10.000 litres par jour à la même température, et la source de Mey 30.000 litres à la température de 42° C. Depuis plus de 90 ans, les eaux de ces sources sont réputées pour leurs propriétés salutaires 1. Qu’il prenne les eaux ou non, un piéton, avant de continuer sa promenade, aura tout avantage à se revivifier par un bain de vapeur du système Berthe , qui est garanti contre tout danger d’asphyxie.

Les hôtels des Bains sont à un kilomètre des Bains eux -mêmes, ils se trouvent à l’entrée de la gorge de Crépin. Primitivement, les

1 II est reconnu qu’elles sont bonnes pour les affections suivantes : 1. Maladies de la peau : eczéma, urticaire, psoriasis, pityriasis, éruptions furonculeuses, prurigo, lichen, herpès, acné, couperose, etc. ; 2. Maladies des voies digestives : dyspepsie, gastralgie, entérite, engorgement du foie, pléthore abdominale, constipation, etc. ; 3. Maladies des voies urinaires : gravelle, catarrhe de la vessie ; 4. Maladies de l’utérus : catarrhe utérin, engorgement du col, métrites liées aux affections de la peau ; 5. Maladies des voies respiratoires : angine granuleuse, laryngite, catarrhe bronchique, catarrhe nasal, ozène, etc. ; 6. Maladies nerveuses : névroses d’origine arthritique.

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Bains et l’hôtel ne formaient qu’un seul établissement ; la vue de la page 155, què M. Tairraz, de Chamonix, a eu l’obligeance de me permettre de reproduire, les montre, comme ils existaient en 1892. Pendant la nuit du 11 juillet 1892, toute la portion centrale, la plus ancienne, de ces bâtiments, et les extrémités des ailes, furent emportées par une inondation. Le réservoir inférieur du petit glacier de Tête Pousse creva subitement (voir p. 119). L’eau se précipita dans la vallée de Bionnassay, ruinant à son embouchure le village de Bionnay. Ensuite elle rejoignit le torrent du Bon Nant et ne fit plus grand mal jusqu’au moment où elle fut comprimée entre les parois de la gorge de Crépin, de l’extrémité inférieure de laquelle elle sortit avec impétuosité. En quelques minutes, les Bains furent détruits et la plus grande partie des pensionnaires furent noyés. Les voyageurs habitant la construction de gauche échappèrent, sauf quelques rares exceptions, mais tous ceux logés dans le milieu ou dans les ailes périrent. Le chiffre total des morts reste inconnu. On suppose que plus de 120 personnes disparurent, rien que dans les Bains. Les bâtiments à gauche et près de l’extrémité de droite ont été restaurés, mais un grand espace vide reste sur l’emplacement des autres constructions, dont il n’y a plus trace. Un autre hôtel, ouvert en 1900, appartient à la compagnie des Bains ; il est situé à l’entrée des terrains et se nomme le grand

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