‹ Guide administratif et scolaire dans les facultés de médecine, les écoles supérieures de pharmacie et les écoles préparatoires de médecine et de pharmacieChapitre 2 sur 97 · A MONSIEUR G. ROULAND · texte numérisé non relu

A MONSIEUR G. ROULAND

DIRECTEUR DU PERSONNEL ET DD SECRÉTARIAT GÉNÉRAL AU MINISTÈRE DE l’instruction publique et des CULTES.

Monsieur le Directeur,

L’accueil que trouvent toujours auprès de vous les élèves de nos Facultés me porte à vous dédier un livre qui leur est destiné.

Parmi ceux qui exercent la profession de médecin, cette profession que M. le Ministre, votre père, a dit être la plus belle parmi les j^lus enviées, il en est qui auraient vu la carrière fermée longtemps encore à leurs efforts et à leur mérite si votre bienveillant intermédiaire n’eût aplani les difficultés de position qui les en tenaient éloignés.

Il m’a souvent été donné d’entendre l’expression de leur reconnaissance. Permettez qu’elle se rénouvelle et se confonde ici avec celle que je vous dois.

Agréez, Monsieur le Directeur, la nouvelle assurance de mon profond dévouement.

A. DE RESBECQ.

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INTRODUCTION

L’enseignement et l’exercice de la médecine et de la pharmacie en France ont été réglés, au commencement de ce siècle, par les lois des 19 ventôse et 21 germinal an XI, ainsi que par les arrêtés rendus pour leur exécution les 20 prairial et 25 thermidor de la même année (1803). Ces lois et ces arrêtés, que de nombreux statuts, notamment tes décrets du 9 mars 1852 et celui du 22 août 1854 sur le régime des établissements d’enseignement supérieur ont modifiés, dominent encore, il est vrai, les deux enseignements, mais plutôt en principe que par leur propres dispositions, le plus grand nomtoe se trouvant rapportées parla législation nouvelle (I).

Nous allons donner à ce sujet quelques détails qui serviront d’introduction à notre livre.

La réforme des lois du 19 ventôse et du 21 germinal an XI a été non-seulement sollicitée par les intéressés, mais elle a été tentée par le gouvernement lui-même dès 1825 et 1826. Sur la demande de M. de Martignac qui, comme ministre de l’intérieur, avait dans ses attributions la surveillance de l’exercice de la médecine et de la pharmacie (2), l’Académie de médecine nomma.

(1) Nous n’entendons parler ici que des modifications apportées au mode de nomination des professeurs, à l’enseignement et aux études, les prescriptions des lois relatives à i’exercice des professions de médecin, de pharmacien, etc., subsistant dans toute leur vigueur.

(2) Cette surveillance est actuellement dans les attributions de M. le inistre de l’agriculture, du commerce et des travaux publics.

INTUODUCnON.

dans les dernières années de la Heslauration, une commission dont les travaux furent interrompus par la révolution de Juillet et par le choléra. En 1833, M. Guizot provoqua la reconstitution de cette commission. Il adressa à l’Académie une série de questions qui donnèrent lieu à une discussion prolongée et à un rapport. L’étude de la grande réforme projetée fut reprise encore en 1836 par le môme ministre. En 1838, un ministre (1) dont le nom demeure attaché à toute idée généreuse et prévoyante en matière d’instruction publique, confia à une commission composée d’hommes considérables par leurs lumières la préparation d’un premier projet de loi qui n’était pas achevée lorsqu’il sortit du ministère. Deux de ses successeurs (2) se préoccupèrent cependant de l’œuvre commencée; l’annexion à l’Université, en 184'0, des Écoles supérieures de pharmacie ainsi que laréorgar nisation des Écoles secondaires de médecine en écoles préparatoires qui eurent lieu, la môme année, montrent l’intérêt qu’ils prirent à la question. Rappelé aux affaires en février 1845, M. de Salvandy se trouva quelques mois après en présence d’un Congrès médical qui s’était librement formé en vue d’éclairer, dans l’intérêt de tous, la réforme des deux lois. Le ministre encouragea les travaux du congrès; il désira en recevoir communication, mais déclara qu’il ne pouvait d’abord qu’observer la marche de cette assemblée, réservant la continuation de ses propres études jusqu’au moment où il pourrait apprécier la valeur des discussions qui allaient avoir lieu. Le résultat ne se fit pas longtemps attendre; reconnaissant le mérite des études approfondies du congrès, le ministre y vint officiellement, et, dans une allocution qui restera comme un monument de sa droiture do

(1) M. de Salvandy.

(2) MM. Villcmain cl Cousin.

INTRODUCTION

cœur et de sa haute intelligence, il promit la solution prochaine par les pouvoirs publics des grandes questions qui, selon ses expressions, avaient été traitées en des délibérations pleines de dignité.

Immédiatement il provoqua une ordonnance qui nommait la haute commission des études médicales au sein de laquelle fut élaboré un secondprojet commun à ces deux enseignements, lequel a été présenté en 1847 à la chambre des pairs qui l’adopta avec quelques modifications après une longue et brillante discussion. Le projet retouché selon les vues de cette assemblée fut présenté au commencement de janvier de 1848 à la chambre des députés. Il n’eut d’autre sort, on le sait, que de disparaître avec le gouvernement sous lequel il avait été conçu. Le travail d’une nouvelle commission nommée pour le même objet en 1849, n’eut pas de suite non plus. Mais ce que nous avons à constater, c’est que l’autorité supérieure toujours vigilante (1), tenant compte des difficultés d’une réforme complète, a demandé et obtenu en 1854 du pouvoir souverain le moyen de satisfaire aux mesures que l’intérêt des études et celui de la santé publique exigeaient le plus impérieusement (2).

Il faut le dire d’ailleurs si les lois des 19 ventôse et du 21 germinal ont cessé d’être en rapport avec les besoins nouveaux, ces deux grandes lois ont donné pendant longtemps les meilleurs résultats. Il n’est aucun, des hommes qui ont eu à en surveiller l’exécution ou qui ont été chargés d’en préparer la réforme qui n’aient rendu hommage aux vues élevées de leurs auteurs.

(1) La loi du 15 mars 1850 a prévu (art. 85) une loi sur l’enseignement supérieur.

(2) La loi du 14 juin 1854 et les décrets et arrêtés qui ont été rendus pour son exécution contiennent, à l’égard des Facultés, des dispositions importantes que nous rapportons.

INTRODUCTION

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Dans l’état d’une législation dont les règles nombreuses ont été souvent modifiées, ainsi qu’on pourra le voir, nous avons pensé que ce serait faire une œuvre utile que d’offrir aux étudiants avec le tableau des Facultés et des Écoles un résumé aussi exact que possible des conditions scolaires imposées aujourd’hui aux aspirants, aux divers grades de docteur en médecine, d’officier de santé, de pharmacien, etc.

Notre travail pouvait se borner là. Nous ne l’avons pas cru cependant, ayant à cœur de publier sur la médecine et sur la pharmacie, ainsi que nous l’avons fait pour les Facultés de droit (1), une analyse chronologique des lois et règlements dont les deux enseignements qui nous occupent ont été l’objet. Nous remercions l’éditeur toujours dévoué aux intérêts de la science qui nous a luimême engagé à plaeer ici un document que l’on peut regarder comme le sommaire de l’histoire de la législation de l’Enseignement de la médecine et de la pharmacie depuis soixante-neuf ans (1791-4860). Cette nomenclature dans laquelle les statuts les plus importants et les plus courtes circulaires sont mentionnés avee un soin scrupuleux, intéressera sans doute les hommes dévoués au développement des études, et elle aidera peutêtre les législateurs futurs de la médecine et de la pharmacie dans les recherches qu’ils pourront avoir besoin d’ordonner.

Un hommage complet ne serait pas rendu cependant aux lois de ventôse et de germinal, si nous n’insistions pas sur cette remarque, qu’on leur doit, ainsi qu’aux

(1) Notice sur le doctorat en droit avec un tableau de l’enseignement et des études dans les neuf Facultés de droit et une analyse chronologique des lois, statuts, décrets, règlements et circulaires relatifs à cet enseignement de 1791 à i857, etc., un vol. grand in-8. Paris, Auguste Durand, 1857.

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décrets qui ont suivi la forte organisation de cet enseignement, dont les chaires ont été enviées, disputées et remplies par des hommes qui ont été ou qui sont encore la gloire de nos Facultés et de la science elle-môme (1). 11 faut ajouter que nous n’ignorons pas quelsesprits distingués par la science et par le dévouement ont honoré renseignement donné par les Écoles préparatoires. Ne savons-nous pas encore que, ainsi qu’il arrive dans les Facultés, il a été donné à plus d’un des professeurs de ces Écoles de guider les premiers pas, de déterminer la carrière de ces jeunes gens plus riches de bonne volonté et d’amour du travail que de fortune, qui deviennent, les uns l’honneur de leur profession, les autres les soutiens de l’enseignement public. Voilà ceux que le chef actuel de l’Université de France,qui a rétabli récemment , aux applaudissements universels, la condition du baccalauréat ès lettres à l’entrée des études médicales, s’est plu, en s’appuyant sur un grand exemple, à encourager eneore. C’était le jour où, en présenee des illustrations de nos Écoles, réunies au pied de la statue de Bichat (2), il faisait remarquer, dans des paroles qui montraient sa sollicitude eonstante pour les étudiants laborieux, que « Bichat, si largement doué qu’il fût des plus vastes facultés, a dû ses succès à l’étude la plus opi-

(1) Ain.si ont professé, à Strasbourg ; Fodéré, Lobstein, Gerhardt;;

A Montpellier ; Bordeu, Sauvage, Barthez, Delpech, Lordat, Lallemand ;

A Paris : Desgenettes, Corvisart, Vauquelin, Cabanis, Richerand, Laennec, Boyer, Chaussier, Dubois, Dupuytren, Bioussais, ürfila, Dumas, Soubeiran.

(2) La statue de Bichat a été offerte à la ' acuité de médecine de Paris par le Congrès médical. La séance d’inauguration de cette statue a eu lieu le 16 juillet 1857, sous la présidence de M. Rouland, qui a prononcé à cette occasion le discours dont nous donnons un extrait.

INTRODUCTION

niâtre, k une foi profonde dans la puissance du travail et à l’alliance des recherches positives de l’observation avec tout ce qui développe l’esprit elle goût.» «Il me semblé, « ajoutait M. Rouland, qu’en inaugurant la statue de ce « physiologiste éminent, de ce hardi et intelligent anato- « miste, qui, dans la part si courte de sa vie, a pourtant « fondé tant de découvertes et de progrès, il me semble, « dis-je, que nous adressons un appel aux espérances et « aux efforts de tous ceux qui se destinent à la carrière si « difficile, mais si utile et si honorée, de l’art de guérir. « Qu’ils méditent ces grands exemples du passé !

« A ceux qui se lasseraient des rudes épreuves du lace heur, et qui, s’arrêtant en chemin, douteraient du suc- « cès couronnant toujours le dévouement studieux ;

« A ceux qui croient que la science médicale est tout « entière dans le réalisme des observations matérielles, « et qu’elle peut se passer, pour être large et féconde, « du secours des études générales et littéraires ;

« A ceux, enfin, qui manqueraient de confiance dans « les résultats sociaux de la profession la plus belle parmi « les plus enviées, il semble encore que nous pouvons ré- « pondre : « Lisez les œuvres de Bichat et regardez sa sta- « tue ! Il est mort à l’àge où d’autres commencent à peine « à vivre, et pourtant, avec le courage, le travail, l’amour « ardent de la science et le goût pour les belles-lettres, il cc s’est fait immortel, et déjà la postérité vient à lui et sa- « lue ses images. »

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