COMPOSITION CHIMIQUE
de petits tuyaux métalliques l'eau de la rivière et arrive ainsi refroidie dans le réservoir qui lui est destiné.) Les eaux sont conduites dans des réservoirs supérieurs au moyen d'une machine à vapeur, située près du Casino, ou d'une machine hydraulique, située près du bain National.
C'est de ces réservoirs que l'eau se rend dans les différents établissements pour y être employée en bains et en douches de toutes espèces.
Composition chimique des Eaux de Plombières.
La composition chimique des eaux de Plombières les a fait ranger assez arbitrairement dans quelquesunes des classes ou divisions admises pour les eaux minérales.
Certains auteurs ont placé Plombières dans les eaux bicarbonatées , d'autres dans les sulfatées sodiques. Nous croyons devoir tenir compte, avec M. le D'^ Lliéritier, de la présence de l'arsenic dans ces eaux. C'est à cet élément que l'ancien inspecteur des eaux de Plombières attribue exclusivement l'action thérapeutique de ces eaux. Dans un rapprochement ingénieux, cet auteur fait ressortir l'analogie qui existe, pour le champ de leur application, entre l'arsenic et les eaux de Plombières : fièvres intermittentes, rhumatismes, dermatoses, paralysies. Si les eaux de Plombières jouissent, abstraction faite de l'arsenic cju'elles renferment, des pro-
priétés des altérants généraux, elles doivent à l'arsenic une propriété altérante élective, laquelle a le système nerveux pour objet {Eaux de Plombières; du Rhumatisme, 18o3).
Depuis 18o3, cette question a été discutée plusieurs fois. Dans ses leçons cliniques de l'hôpital Saint-Louis, M. Bazin attribue aux eaux de Plombières les propriétés des eaux arséniatées sodiques et les range dans cette classe qu'il considère comme le spécifique hydrologique de l'herpétisme.
Mais il est difficile de séparer chacun des éléments qui entrent dans cette question si complexe des causes de l'efficacité des eaux. L'action des eaux de Plombières n'est pas due exclusivement à la présence de l'arsenic. La haute température de ces eaux, le calorique, ont une part incontestable. Le mode d'emploi , le mode d'apphcation surtout , jouent un grand rôle dans le succès que l'on obtient.
Mais, si l'arsenic n'est pas exclusivement l'agent thérapeutique des eaux de Pf^mbières, nous croyons qu'il est l'agent principal qui agit surtout dans nos eaux. Si Ton étudie les symptômes que l'arsenic détermine chez l'homme en santé lorsqu'il est administré à très-petites doses, on remarque les mêmes effets généraux chez les malades qui suivent le traitement hydrothermal à Plombières.
Quant au point de vue thérapeutique, qu'il nous suffise de rappeler l'efficacité des eaux de Plombières, comme de la médication arsenicale, dans la cachexie paludéenne, l'herpétisme, farthritisme, le
MODE d'emploi.
rhumatisme, les affections nerveuses générales ou localisées et les maladies chroniques du tuhe Idigestif.
I Mode d'emploi des Eaux de Plombières.
Nous ne pouvons pas entrer ici dans de grands détails sur le mode d'emploi des eaux de Plomhières en général. Nous renvoyons les lecteurs qui voudraient des détails plus nomhreux et faire une étude plus approfondie de cette question, à nos ouvrages sur les eaux de Plombières.
Les eaux de Plomhières se donnent en bains, en [douches et en boisson. Les étuves jouent également un rôle important dans le traitement de quelquesunes des maladies traitées dans nos thermes.
L'action des bains sur l'organisme dépend nonseulement de la minéralisation de l'eau, mais auss de leur durée et de leur température.
On divise les bains en trois catégories : les bains ifrais, les bains tièdes et les bains chauds.
Les bains frais sont calmants. Leur action diminue l'irritabilité de la peau et tempère sa trop grande excitabilité. La durée en est généralement courte : cela dépend de la constitution du malade et des j effets produits par le traitement.
. Les bains tièdes, un peu plus chauds que les précédents, exercent également une action sédative sur le système nerveux si l'on sait bien en régler la
PLOMBIÈRES
durée et les appropriera la constitution du malade.
Les bains très-chauds sont, quelquefois, trèsstimulants; leur emploi demande à être rigoureument surveillé.
On ne peut déterminer d'une manière absolue la température des bains ni poser de règles générales pour leur emploi, que le médecin peut seul indiquer en se basant sur la constitution du malade et sur sa maladie. Encore faut-il en surveiller les effets et modifier le traitement si les eaux sont plus ou moins bien supportées par le malade.
La douche est ce mode d'administration des eaux par lequel on percute ou lotionne une partie ou la totalité du corps. Les douches sont générales, locales ou partielles. La douche générale se divise en douche en pluie, douche en cercle, douche en couronne, douche écossaise. Les douches locales se divisent en douches intestinales ou ascendantes, vaginales et périnéales. Elles sont chaud'" s ou froides ou alternativement chaudes et froides.
Au point de vue médical, elles sont stimulantes ou excitantes. Elles peuvent encore être dérivatives ou résolutives. Nous ne pouvons ici entrer dans de plus grands détails. Disons seulement que, depuis la construction des nouveaux thermes , la ville de Plombières possède l'installation balnéo-tliérapique la plus complète et la plus admirablement organisée.
Les étuves ont joué de tout temps un rôle important dans le traitement de la goutte et du rhuma-