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MALADIES DE LA PEAU

et l'on comprend que le succès du traitement est subordonné à la nature de la maladie primitive.

les paralysies reconnaissent des causes différentes, suivant que la lésion a son siège dans le cerveau, dans la moelle épinière et les nerfs, ou bien dans les épanouissements nerveux. C'est dans les paralysies qui ont leur siège dans la moelle et ses enveloppes que les eaux de Plombières agissent le mieux. Nous avons vu des paralysies et des paraplégies d'origine rhumatismale guéries à Plombières. Ces eaux sont spécialement indiquées quand les phénomènes d'hyperestliésie démontrent que l'action excito-motrice des nerfs sensitifs n'est pas entièrement abolie et tend plutôt à s'exagérer sous des influences morbides.

Maladies de la peau.

On traite à Plombières un certain nombre de malades atteints d'affections de la peau. Un illustre dermatologiste , Biett , les recommandait dans les formes papuleuses, dans les psoriasis diffusa et dans certaines formes eczématiques. Ces expressions ont vieilU, mais les dermatologistes actuels affirment également les propriétés des eaux de Plombières. Voici comment Bazin s'exprime à ce sujet : « Les applications de Plombières sont nombreuses. En première ligne, nous plaçons, comme étant leurs tributaires, les manifestations curatives de l'herpétis {Leçons sur le traitementdes maladies chroniques). »

PLOMBIÈRES

Le défaut d'espace ne nous permet pas d'entrer dans de grands détails sur l'hygiène que les baigneurs doivent suivre à Plombières. Nous avons traité ailleurs (1) cette importante question. Nous rappellerons seulement que le climat des montagnes entraîne des changements assez brusques de la température et que les soirées et les nuits y sont assez froides. Le baigneur qui quitte le climat brûlant de Paris fera bien d'apporter des vêtements chauds afm de se prémunir contre la fraîcheur des soirées. La saison des bains s'ouvre officiellement le 15 mai et finit à la fin de septembre; mais l'époque à laquelle on peut s'y rendre pendant ces quatre mois, n'est pas indifférente. Pour les rhumatisants, les goutteux, les personnes atteintes de névralgies, nous conseillons de préférence les premières saisons, afin que les froids de l'automne ne les saisissent pas à leur sortie des eaux, pendant qu'ils sont encore sous l'influence de l'excitation thermale. Il y a grand avantage pour eux à ce qu 3 l'efiet des eaux s'ac-; complisse pendant les chaleurs de l'été. Pour les personnes atteintes d'aifections nerveuses de l'estomac et de l'intestin, il n'y a pas d'inconvénients à venir quand la saison est plus avancée. Quant aux alfections utérines et aux atlections cutanées, le choix de la saison est sans importance.

D'" BOTTENTUIT. 1

(1) Guide des Baigneurs aux Baux de Plombières, par MM Bottentuit et Hutin.

PLOMBIÈRES

DESCRIPTION

A l'extrémité méridionale du département des Vosges, au fond d'une vallée profonde, on rencontre, dans la position la plus charmante, la jolie petite ville de Plombières et le précieux établissement de ses eaux minérales (1).

Sans ses eaux, dont l'efficacité est incontestable et incontestée, il est certain que Plombières n'existerait pas ; toutefois, la ville a son histoire qu'il est intéressant de connaître.

L'origine de Plombières, ou plutôt de la connaissance qu'on a eue de ses eaux bienfaisantes, remonte à l'ère romaine ; les vestiges des travaux qui ont été exécutés à cette époque existent encore et ont été signalés par M. Jutier, dans son savant ouvrage pubhé en 1863, et dans Pintéressant ouvrage de MM. Lemoine et Lhéritier, publié en 1867.

Plusieurs chroniqueurs ont voulu faire remonter cette origine au delà; mais tous les monuments, toutes les inscriptions, les médailles, les travaux, sont des témoins irrécusables qui nous ramènent à l'époque de l'occupation romaine, entre le i"^^ et le iv*' siècle. *

Ce qui paraît certain, c'est que, pendant cette occupation, il existait des travaux eti ciment destinés

(1) Guide des Baigneurs à Plombières, par le D'' Hutin et le Bottentuit.

DESCRIPTION

à capter les eaux thermales, en les détournant du cours de l'Eau gronne, petite rivière qui traverse Plombières ; on voit encore des traces de ces travaux, notamment aux Étuves i^omaines. Il existait aussi, à cette époque, au milieu de Plombières, une vaste piscine (qui pouvait, dit-on, contenir cinq cents baigneurs) dont une partie a été employée pour construire l'élégant bain romain qui a conservé une dénomination rappelant son origine.

Les Romains ayant abandonné cette ville d'eaux, ses sources thermales retombèrent dans l'obscurité et l'oubli jusqu'au xiv° siècle. Il est bien question, dans divers ouvrages, de Lothaire II, roi de Lorraine. de Yabhaye de Remiremont et de faits qui se seraient passés en 880 ; mais il n'y a rien de certain à cet égard.

C'est en 1292 seulement que l'on trouve, dans un document historique, qu'un fils de Ferry III, duc de Lorraine, prend le titre de Feiry de Plombières et commence, sur une des montagnes qui dominent cette ville, près de l'ancienne source savonneuse, un château qui devait protéger contre toute attaque les baigneurs de Flombières. A partir de cette époque. Plombières a une existence peu brillante, mais certaine.

En 1498, la ville fut complètement détruite par un incendie, et, à peine relevée de ses cendres, un second sinistre en détruisit une partie en 1517 ; mais ce désastre fut bientôt réparé, et, au xvi^ siècle, Plombières était dans tout son éclat et avait con-

PLOMBIÈRES

quis une juste renommée; de nombreux écrils mentionnent ses sources d'eaux chaudes et vantent leur efficacité.

Depuis vingt ans, Plombières a subi une véritable transformation tout à son avantage.

De nouvelles routes et de nouveaux chemins ont été créés, on a amélioré considérablement les anciens ; les rues et les places de Plombières ont été élargies et embeUies; de magnifiques constructions, destinées à des maisons de logeurs ou à des hôtels, ont été élevées ; une église splendide y a été construite; une belle salle d'asile et un nouvel hôpital ont été également créés, et, enfin, on s'est occupé, dès 1856, de la création des nouveaux établissements et de l'amélioration de ceux qui existaient alors.

L'empereur Napoléon III, qui était venu, dès cette dernière année, chercher à Plombières du repos et un adoucissement à ses souffrances, prit l'initiative de toutes ces constructions et améliorations, dont il fit, du reste, les frais en grande partie.

C'est alors et sous cette môme initiative qu'il se créa à Plombières une société anonyme, à laqueHe l'État fit une concession de quatre-vingts ans, portée à quatre-vingt-dix-neuf depuis, de tous les établissements et sources qui étaient exploités jusqu'alors par lui; le capital, formé par actions et obligations, qui était alors de 1,600,000 francs, et qui fut porté jusqu'à 2,200,000 francs, servit non-seulement à l'amélioration de ces établissements, mais à des constructions nouvelles.

DESCRIPTION

Sous la direction habile de M. Jutier, ingénieur des mines, la recherche et la découverte des sources et le captage de celles-ci mirent à même la nouvelle administration de porter le rendement total des sources minérales de 346™*= à 655 mètres cubes en vingt-quatre heures; et le degré tliermométrique de ces différentes sources réunies, qui était autrefois de 52° 98, au lieu de s'abaisser, s'élève aujourd'hui à 54° 43.

Un aqueduc qui traverse la ville aménage et conduit les eaux de ces sources dans les divers bains anciens et aux nouveaux thermes construits à l'ouest de la ville.

La Compagnie' fermière a fait construire à cet endroit deux vastes hôtels comprenant, avec les chalets qui sont placés vis-à-vis, une grande quantité d'appartements, et, au milieu, un vaste établissement servant d'établissement thermal. Ce bain, dont l'architeclure est l'objet de l'admiration de tous les étrangers, a 55 mètres de longueur, 15 mètres de large et 1 1 mètres de haut ; une galerie, large de 7 à 8 mètres, traverse le rez-de-chaussée; elle communique de ce bain aux deux hôtels et donne accès à un grand escalier qui conduit au premier étage.

Les Établissements.

BAINS

1° Grand Bain ou Bain Napoléon :

Ce nouvel établissement, le plus grand aujourd'hui de tous ceux de Plombières, est situé en aval de la ville, et construit

l' L 0 M B lÈ R E s .

parallèlement à l'axe de la vallée, en regard de la route d'Aillevillers.

Placé entre les deux hôtels, avec lesquels il communique, ce bain se comiiose : d'un sous-sol, d'un rez-de-chaussée, d'un premier et d'un second étage. Dans le sous-sol, on a disposé tout le système de tuyautage destiné à l'alimentation et à la vidange des divers compartiments balnéatoires. Il y a, en outre, au même étage, un assez grand nombre de cabinets destinés à des appareils d'inhalation et à des étuves.

On trouve au rez-de-chaussée 4 piscines, 21 cabinets, ayant chacun leur vestiaire, et une installation de douches Tivoli, 8 douches écossaises, 6 douches en pluie, 2 douches en cercle et 2 douches en panier.

Tous ces cabinets donnent sur une vaste nef qui a 55 mètres de longueur et 11 mètres de hauteur. Cette nef forme une sorte de salle des Pas-Perdus, et offre un lieu de promenade pour les jours de pluie.

Le premier étage se compose d'une galerie faisant le tour de l'établissement et sur laquelle s'ouvrent 31 cabinets, avec baignoires, douches Tivoli et ascendantes. Le second étage est encore actuellement inoccupé, mais au besoin il pourrait être disposé comme le précédent.

2"* Bain romain :

Situé au milieu de la chaussée de la rue Stanislas, en soussol, avec hollandaise et vestibule chautfé par un réservoir d'eau; contenant 24 cabinets de baiii,

3° Bain des Dames :

Rue de Luxeuil et rue Stanislas, à étage unique; — un vestibule entouré de 14 cabinets de bains.

Au sous-sol il y a 2 piscines et quelques baignoires consacrées aux pauvres de l'hôpital.

4» Bain National :

Au milieu de la ville ; le plus fréquenté de la station ; contenant au sous-sol : 4 piscines en marbre réglées à 28" et 29" R; cabinets de douches, vestiaires ; une étuve avec douche appelée l'Enfer. — Au rez-de-chaussée : 15 cabinets de bains avec 18 baignoires, 2 douches écossaises, dont une au bain des Princes pour les femmes, et 2 douches ascendantes.

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