BOL'TE 341. — DE PARIS A CONSTANTINOPLE
la mer Noire , avec un bon port , qui peut contenir de grands vaisseaux. — Les nouvelles fortifications rendent cette ville très forte; après un court séjour à Varna, le bateau continue sa route dans la mer Noire en doublant le cap Eminch , qui termine la chaîne des Ballians.
De Varna, le voyageur peut louer un bateau à rames et suivre le rivage de la mer jusqu'à Conslantinople , ou bien louer des chevaux , ce qui est facile, et continuer la route par terre. Toute cette partie du littoral de la mer Noire est alpestre et pittoresque jusqu'à
BOURGàS . ville forte , située au fond du superbe golfe de son nom , sur la mer Noire. La forteresse tombe en ruines ; une belle vallée , bien cultivée , se prolonge entre deux branches des Balkans : c'est là que le général Disbitsch établit son quartier-général, pendant l'hiver de 1828, avant de prendre Andrinople.
Nous passons encore devant plusieurs autres petites places , telles que Si%eboli , Ignada , Mount Popias , Prom Media , etc., situées sur la côte de la mer Noire, que l'on aperçoit de loin du bateau à vapeur, lequel met 18 heures h faire le trajet depuis l'embouchure du Danube jusqu'à l'entrée du Bosphore.
LE BOSPHORE. Après avoir dé^ les îles des Princes et laissé à gauche le thâteau dos Sept- Tours , Constantinople apparaît dans toute son étendue. Les murs du sérail , bordés par la mer, sont sur le premier plan. Adroite, sur la côle d'Asie, se présente Scutari , faubourg méridional. Sur un rocher isolé , un phare s'élève au milieu de la mer agitée. Un panorama admirable s'offre alors aux yeux du voyageur. Au delà du port, une foule de jolis villages qui descendent jusqu'au Bosphore , ajoutent encore à la magie du tableau. Enfin , le bateau s'arrête au milieu du port , le plus beau et le plus vaste du monde; nous sommes dans l'antique By*ance et la moderne Stamboul , la reine des cités de l'univers !
A peine l'ancre jetée, un commissionnaire saisit vos effets et vous conduit soit à Constantinople , soit à Péra ; l'Européen choitit ordinairement ce dernier endroit, ha-
bité par les ambassadeun et les consuls de toutes les nations.
CONSTANTINOPLE, (andeone Byzance\ et que les Turcs appellent Stûm^ boni. — Hôtels. Le voyageur oe doit pas s'attendre à trouver à Constantinople tou* tes les ressources qu'offrent les autres grandes villes de l'Europe. Cependant le quartier de Péra , habité parles étrangers, possède de bons hôtels; nous citerons en particulier Vhôlel d'Angleterre près de l'ambassade russe et celui de VEuropê^ à la montée du faubourg de Péra , teoa par Destuoiano que Murray vante avec raaon.
Cet hôtel est bâti tout en pierre de taille, et les volets sont en fer, genre deconstmctien précieux dans une ville où les iaoeadies sont si fréquents. La table et le logement y coûtent par jour environ 1 0 fir. 80e. (2 dollars) et 3 dollars, au moins, ^l VhM d'Angleterre.
Lodements garnis. On en trouve Salement dans la rue de Péra, au prix de 2 à 3 fr. par jour ; mais pour les connaître il fiiut nécessairement s'adresser à quelque agent consulaire ou à quelque négociafll européen.
Cafés : du Grand Théâtre, grande rw de Péra, attenant au tliéâtre; d'Orient, même rue. Ces deux cafés sont tenos à la française. — Il y a beaucoup d'autres calés tenus par des grecs, des arabes, des turc^ le plus renommé est situé près de la Moêquée des Derviches-Tourneurs où las Européens sont admis gratis deux fois pusemaine. On laisse ses chaussures à la porte. — Dans ces établissements on sert le café à la manière arabe avec aooompignement de chibouck et de nargilhé » le tout pour 20 paras (12 c. environ). Le cefé est exquis. Des banquettes régnait «h tour de la salle; absencecomplète de tables.
Firman, On se réunit pour obtenir va firman qui coûte environ 250 (r. Uojmtnant cette précaution, on peut visiter tootes les mosquées, tous les établissements da gouvernement.
Les bains turcs , dont les détails ne plaôsent pas à tout le monde , mais qui pixK duisent réellement des effets très salutaires, se trouvent à chaque pas.
U n'est pas de petite ville en Orient qm
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BOUTE 341. — DE PAniS A CONSTANTINOPLB.
Jie poMède phisnors établissements de bains. Us sont ouverts en été comme en bifer, au lever du soleil, et se ferment quand la noit va tomber. Les hommes y sont admis le matin, les femmes dans IV prës-dt&er : od s*y baigne en commun.
On entre d'ibord dans une vaste salle souvent ï ciel ouvert; on se déshabille un des garçons prend les vêtements qu'il enveloppe dans une serviette, etplacedans unétagesapérieuroàveillentdespréposés.Si Ton a de Tufent avec soi, on peut, on doit le compleret le remettre k un agent désigné par le miHre de Têtablissemeot. Du reste, on ^t se fier à la probité turque.
Lne fois déshabillé, vous êtes enveloppé d'une snvietle qu*on vous attache autour des hanches. On chausse vos pieds d'espèces de patins qui vous empêchent de glisser sur le marbre humide. Cela bit, un des garçons vous donne la main et TOUS introduit dans une seconde salle ehaolfêe à la température de 25 k 30 degiés.Vous y restez assis sur une dalle pen dant quelques minutes ; quand la peau est hnprégoée d'une chaleur suffisante, vous entrez dans la 3« salle où règne une cba leur de 50 à 60 degrés : en un moment TOUS êtes couvert de sueur.
Là , vous déposez vos patins, vous vous étendez sur le marbre , et vous laissez , pendant un quart d'heure , un libre cours à la transpiration : elle est abondante, l'eau coule à travers les pores, les cheveux mène nnssellent.
Un homme alors , vous étend sur le dos , TOUS frictionne la peau, de la main as souplit les memlMes ; c'est l'opération du ménage; puis aimé d'une brosse de crin , 0 proâde à une friction de Tépiderme , enlevant toute espèce de souillure qui aurait pu s'attacher è la peau. Tout n'est pas fini reste l'ablution qui s'opère à l'aide d'eau ehaode mflée de savon.
Ainsi frictionné, lavé, massé, épongé, on vous ramteê dans la seconde salle , où l'on voos entoure le corps de linges chauds , la tCle d'un turban de coton, et l'on vous condmt k un lit tout préparé, où vous vous coudiez et reposez pendant Alt h. Vient alors le calB, etan cafesuccède la pipe. Un bain toit eoûte en Orient de 1 à5fr.
GoNSTANTiNOPLE (1). Cette capitale de l'empire ottoman, nommée par les Grecs et les Turcs la Mère du monde et la Reine des mers, est placée par les il» 1' 27" de latitude nord, et 26» 35' de
Sa distance de Paris est de 660 lieues , de Vienne 285, et de St*Péter8bourgi75.
Elle s'élève en amphithéâtre sur te canal de Constantinople , qui sépare l'Asie de l'Europe.
Sa population est évaluée è 500,000 âmes, la moitié Turcs; le reste se compose de Grecs , Arméniens, Juifs et Francs. Le commerce est entre les mains de cette seconde moitié, et chaque branche d'industrie a son quartier dont il fout visiter les bazars.
On y fiibrique des lames renommées , cuirs, draps, soieries, fils d'or et d'argent; épiceries, etc., etc. Son port, qui communique avec les mers Noire et de Marmara , peut contenir 1,200 bâtiments.
On compte à Constantinople 88,000 maisons, presque toutes construites en bois.
Cette ville renferme un grand nombre de monuments antiques et de beaux édifices. Les rues sont généralement étroites et tortueuses. Il y a cependant quelques quartiers remarquables ; tels sont ceux du Sérail, de Sainte-Sophie, du Sultan-Achmet, de Souleïmanigé, de Bajaxet II, de Sélim I«r, et de Mohammed.
Cette vaste capitale est défendue, du cêté du sud, à Touest et k Test, par la mer, et au nord par trois murailles crénelées et flanquées m tours qui, pour la plupart, tombent en ruines.
Avis dwen. Le climat de Constantinople est très variable. L'hiver est long et pluvieux. La belle saison ne commence ordinairement qu'en mai et se prolonge jusqu'en août. C'est vers cette dernière époque que le Sirocco ou vent du sud devient insupportable, llfaut alors se priverd'eao glacée et ne pas s'exposer aux courants d'air. La peste se montre assez souvent dans les
( I) Cette description est tirée en partte de rexcelleot ourrage de M. Frédéric Lacroix (de rite de France), Intitulé : Guide du Foyageur à Constantinople et dans ses environs, Paris.
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COUTE 341. — PE PABIS A CONSTAKTINOPLE.
fooU d*M>Ot et de sqyiembre. Il arme pourbot que la ville est épargnée par ce terrible fléau pendant plusieurs années de Huitc,
Le moment le plus favorable pour visiter Constanlioople est , sans contredit , l'époque du Ramadan , ou au moins celle du Kourban-Baïram. — Le mois de rainazan est le j<;ûne exigé par le Coran. Pondant 29 jours, tout bon Musulman doit s'abstenir de boire , de manger, de fumer et de respirer des parfums , depuis k lover du soleil jusqu'à la nuit.
le Petit Baïram dure trois jours ; c'est «a PAque des Turcs.
Le Grand Baïram (iostitué en commémoration du Sacrifice d'Abraham), dure quatre jours. Cette fête a lieu pendant la luno de %ildidgi. Le Grand-Seigneur va \ isiter les mosquées , qui retentissent de prières du matin au soir.