‹ Guide classique du voyageur en EuropeChapitre 263 sur 471 · NAPLES · texte numérisé non relu

NAPLES

En arrivant à Naples par la vapeur , le voyageur jouit d'un ravissant panorama. Une heure ou une h. 1/2 se passe avant qu'il soit permis aux voyageurs de débarquer ; pendant ce temps , votre passeport et vos bagages seront soigneusement examinés; les livres surtout sont l'objet d'une surveillance particulière.

Du débarcadère , une vetura da nolo (fiacre), vous coûtera , pour vous conduire à votre hôtel , pour 2 personnes , 3 pauls. Du steamer pour aller à terre , avec le bagage, 1 paul 1/2 par personne.

Du moment où vous débarquez jusqu'à celui où vous quittez Naples, votre montre, votre bourse et votre foulard doivent être rais en lieu de sûrelé , car les filous de Naples sont les plus adroits de l'Europe.

Hôtels : Délie Crécelle, faisant face à U baie; — Délia Vittoria, ayant d'un côté U baie et de l'autre la villa Reale (jardin royal) ; c'est un vaste établissement où l'on trouve une belle collection de peintures anciennes ; — de la Grande-Bretagne , en face de la villa Reale ; — des Etrangers , belle vue sur la baie ; — de Belle-Vue ; — de New-York ; — de Rome ; — de Russie ; — du Commerce ; — de Genève ;

la Speranza ; — la Croix de Malle, dans TArgo del Caslcllo, etc. (place du château). On paie, dans les hôtels de premier ordre, déjeuner au Ihé ou au café avec pain et beurre, 2 pauls ; avec des œuis, 3 pauIs; à la fourchette, 8 pauls. — Dans les grands hôtels il n'y a pas de table d'hôte ; un dîner dans son appartement coûte de 10 à 12p.

Notions Histofuques. — L'origine de Naples est si ancienne qu'elle se perd dans la nuit des temps, et qu'elle est enveloppée dans les fables de l'antiquité la plus reculée. On s'accorde cependant à en attribuer la fondatiou à quelques Grecs fugitife. Ce qu'il y a de certain , c'est que les habitants de Cumes , jaloux de sa prospérité croissante, la ruinèrent de fond en comble , et qu'avant de porter le nom de Neapoiis, elle avait celui de Parthenope qu'elle tenait, selon Strabon, de la sybille Parthenope et selon d'autres, du nom de la fille d'un roi de Thessalie qui y conduisit une colonie. Elle fut reconstiuile par les mômes habitants de Cumes, et lorsqu'innibal s^en approcha, elle n'était point la sujette des Romains , mais leur alliée ; car elle ne devint colonie romaine que sous les empereurs.

Géographie et sfntistique. — Naples {Parthenope, ensuite Neopo/ts), capitale du royaume des Deux-Sicileset du royaume de NapIeSf chef-lieu de province , de district et de canton , et située à 43 lieues S.-E. de Rome, à 490 lienes S.-E. de Paris , à 5 lieues O.-N.-O. du Vésuve , sous le 40o 51* de latitude N., et sous le ilo 57' de longitude orientale du méridien de Paris. — Ses jours les plus longs sont de 15 heures; quand il estmidiàiVaples, il n'est encore que 11 heures 13 minutes du matin à Paris. Naples est après Londres et Pans, la ville la plus grande et la plus peuplée de l'Europe ; elle a 20 milles de circonférence et contient 400,000 habitants. Elle est divisée en 12 quartiers: St-Ferdinand, Chiaja .Monte-Calvario, Àvocàta, Stella, St-Carlo alV Arena, Vicaria, St-LoreMo, Sl-Giuseppe, Maggiora, Porto-Pendino ei Mercato . C'est fa résidence du roi, le siège d'un arche- Têché , d'une cour suprême de justice, d*une cour civile d'appel, dont dépendent

les provinces de Naples, de Terra di Lavoro, de Principato-Citeriore, dePrmcipato-UUeriore, etc. Elle possède aussi une cour criminelle, un tribunal civil et de commerce.

Les rues de Naples sont en général étroites , mais régulières et pavées d'énonnes dalles de laves, volcaniques; elles sont aussi très bien éclairées. Les rues de Toledo et de Villa-Iieale dans le quartier de Chiaja, sont les plus belles et les plus fréquentées; la rue de Toledo surtout offre une promenade délicieuse qui a près de 2,000 met. de longueur, et est bordée de beaux édifices. Cette rue est séparée d'un jardin magnifique érigé en 1779, et orné d'une foule de groupes et de statues de marbre d'une belle exécution, imitant les meilleurs modèles antiques , comme le Gladiateur mourant, l'Apollon de Florence, etc. ; c'est le rendez-vous, toutes les après-midi, des personnes riches qui viennent se promener en voiture. Mais c'est à l'époque du carnaval que le Toledo est curieux et vraiment pittoresque pour l'étranger. C'est le 1 7 janvier à la St- Antoine qu'il commence ; alors les piétons, les gens en voiture, et les spectateurs placés aux balcons, se font une guerre acharnée dans laquelle les dragées , les fleurs et les oranges servent de projectiles , que l'adresse des Napolitains parvient à lancer jusqu'au quatrième étage.

Les voitures et les chevaux sont à Naples les principaux objets de luxe : la forme des voitures permet aux piétons de voir les femmes élégantes qu'elles contiennent.

Les maisons de Naples ont en général quatre ou cinq étages, sont bien bâties, et ont des toits plats sen'ant de terrasse. Presque tous les édifices sont garnis de balcons couverts de fleurs et d'arbustes, ce qui augmente encore l'obscurité des rues étroites.

Panorama général de Naples .

PLACES (Largo). — Les places de Naples sont nombreuses, mais peu spacieuses, irrégulières, et entourées pour la plupart d*édifices peu dignes d'attention.

Largo di Castello. Cette grande place, de forme irrégulière, tire son nom du

Château-Neuf ( CasteUNuovo ) , qni en est voisin. Elle est ornée de plusieurs fontaines avec jetsd*eau, parmi lesquelles se distinguent celles appelées fontaine Medi'na et fontaine Giismana.

Largo Ste-Lucie. Cette place est située dans la partie la plus agréable de la ville, entre le Pmo-Fa/coi»e et TÂrsenal. Elle sert de marché au poisson, et contient une fontaine dont Dominique Auria fut Tarchitecte. En laissante gauche le Casiel- Nuovoy on arrive par la rue dePlutamène khChiaja, Cette dernière n'est autre chose que la rue qui, longeant la mer, conduit à la grotte de Paurilippe.

Largo du Mont-Oltveto. Cette place se trouve dans la partie la plus commerçante de la ville ; elle renferme une belle fontaine avec jets d'eau, et est ornée de la statue en bronze de Charles II.

Largo dello Spirito-Santo. Cette place, Tune des plus belles de Naples^ est située près de la rue de Tolède Elle se distingue par un magnifique édifice semi circulaire , orné de 26 statues, lequel fut construit en Vhnnneur de Charles III.

Largo del Mercato (piace du Marché). Celle-ci est la plus grande de Naplesj et tire son nom du marché qui s*y tient les lundis et vendredis. C'est là que viennent affluer tous les approvisionnements de la ville ; c'est aussi là que se font les exécutions.

La place du Marché a été le théâtre de la révolution de MasaniellOt dont on voit encore la maison . Les grands événements qui se sont passés sur cette place ont été éternisés par les célèbres peintres Falconif Fracamaro , Spartaro et Salvator Rosa. Cette place , étant la plus animée de toutes celles de Naples, est par conséquent le lieu le plus favorable pour juger le peuple de Naples, et surtout pour étudier le laaarone.

Largo di Palazzo (place du Palais). Elle est située près du palais du roi ; à côté est une église sous l'invocation de Saint François de Paule, imitation du Panthéon de Rome.

Palais et édifices publics. Le châ tcau St-Elme. 11 s'élève immédiatement au-dessus de la vUle, et parait destiné plu-

tôt è dominer la ville qu'à la défendre. Ses fondements sont creusés dans les rochers» et sa forme est à peu de chose près ecdle d*un hexagone régulier. De ce château, U vue s'étend sur tout le golfe, sur la ville et sur le Vésuve , formant un riche panorama. Â mi-côte de la verdoyante colUne au sommet de laquelle il est élevé, on remarque l'ancienne Chartreuse de St-Mortino , aujourd'hui maison des Invalides, qui doit sa fondation à Charles , duc de Calabre , fils de Robert ^ et à Jeanne, sa fille. Peu de maisons religieuses renferment autant de richesses. On y tronve d'excellentes peintures de Lanfrane, da chevalier à*Arpin , du Caravage et de VEspagnolet : un Christmort exécuté par ce dernier est un véritable chef-d'œuvre. Le Guide y a peint une Adoration des Bergers, qui fait l'admiration de tous les connaisseurs. Le cloître du couvent est orné de colonnes doriques et se distingue par l'élégance de son architecture. La Chartreuse de StrMarlin rivalise avec celle de Pavie ; mais elle a sur cette dernière un avantage immense, celui de h position, qui est sans contredit une des plus belles qii'U y ait en Italie.

Le Chateau-Neuf. Cette forteresse, élevée sur le bord de la mer, et derrière la résidence actuelle du roi, fut construite par Charles l^ duc d'Anjou, sur le plan de la Bastille de Paris. Ce château renfenne une petite église dans laquelle on remarque un beau tableau de la Vierge et de VEnfani- Jésus. V arsenal et Vécole d^artillerù que contient ce château, sont dignes d'être visités.

Château de l'Œuf , qui forme une presqu'île dans la mer , et commande et défend le golfe.

Château Capuano, appelé aujourd'hui Vicaria; c'est le siège des tribunaux stt> prémes et l'ancienne résidence des rois de Naples.

Château ou Tour del Carminb. Viea édifice fortifié, qui s'élève sur la partie S. du port.

Palais. — Palais de la Résidencb Royale. Il est bâti à peu de distance de la mer, et à l'extrémité de la rue de Toledo. Cet édifice, un des plus beaux de Naples,

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Ait élevé en 1600 , ptr le viee-roi don Fernando Rui% de Castro, comte de Létnos, d'après les dessins de Tarchitecte Fontana. Ce palais a près de 137 mètres de longueur, 21 croisées de foce, et 3 portes d'égale hauteur, avec des colonnes de granit qui supportent les balcons. Trois rangs de pilastres doriques, ioniques et corinthiens, placés les uns sur les autres, et couronnés d'une balustrade garnie de py< ramides et de vases, avec un clocher portant une horloge, forment la décoration de U façade. L'escalier est grand, commode et orné de deux statues colossales qui rcpré-

de plus initiés dans les arts et les sciences.

Palais Maddalene Un côté de ce palais a la vue sur la rue de Toledo. Il est remarquable par son arehitecture.

Palais Berio. U s'élève sur la rue de Toledo, et possède une superbe galerie de tableaux. On y admire entre autres choses un précieux groupe en marbre, représentant Vénus et Adonis , œuvre de Canova.

Palais Samgro II appartient au prince de St'Severo , et renferme une riche collection d'objets antiques et curieux.

Palais Cellahare. Il est bâti près du

sentent le Tage et VEbre, Les apparte- jardin de Villa Reale, et se fait remarquer

ments sont en général meublés avec autsint de magnificence que de goût, et décorés de très bonnes peintures de Raphaël, de Camucdnit etc.; mais la plus belle pièce du palais est la salle des vice-rois, où senties

Portraits de tous ceux qui ont gouverné Etat de Naples. Au premier étage, le long de l'aile qui regarde le midi, il y a une superbe terrasse pavée de marbre, embellie de plates-bandes et ombragée de berceaux, d'où Ton domine le Vésuve et une partie du golfe et des environs. On voit au rez de-chaussée , dans les vastes bâtiments de cet édifice , d'un c^té , Timprimerie royale et la fabrique de porcelaines, qui

Îj sont travaillées dans le meilleur goût ; de 'autre côté, vers le midi, la Fonderie de canons » et la Dantna , espèce de petit port , où sont les barques du roi. En sortant de ce palais, on remarque une grande statue de marbre , appelée le Giganle, trouvée à Pou%%oles du temps du duo de Médina : c'est un Jupiter en forme de therme. La place du palais est ornée de la jolie église de St-Françoi$ de Poule , et de deux palais élégants.

Palais de Gapo di Monte, situé sur une jolie colline près de Naples , rarement habité par la famille royale.

Palais ARCHIÉPISCOPAL, près de la cathédrale , contient de belles fresques par Lanfranc

AlrergoReale de Poveri. C'est l'édifice le plus vaste de Naples; il a été construit en 1755 sur les plans de Fuga; les orphelins des deux sexes y apprennent, non seulement des métiers, mais ils sont

par ses délicieux jardins.

Le palais des Finances , ceux des familles Pignatelli, Doria, Spinelli, Sti- GLiANO, Cavalcante, Dentici, Garaffa, Tarsia, et autres , méritent tous plus ou moins d'être visités par les amateurs des beaux*arts.

Monuments religieux — Naples renferme plus de 200 églises, dont les plus curieuses sont :

La Cathédrale ou le Dôme. Cette église est dédiée à St Janvier , protecteur de la ville de Naples, qui y fut décapité, et dont le sang, recueilli jadis par une dame, est exposé au public les 16 mai, 10 septembre et 16 décembre. Ces trois époques étant considérées comme solennités extraordinaires, le sang s'agite et bouillonne dans le vase qui le contienif lorsqu'on l'approche de la tête du saint , qui est

conservée dans un tabernacle On

prétend que cette église avait été construite par Constantin le Grand , sur l'emplacement où existait jadis un temple d'Apollon. Ce temple est le plus vaste et le plus riche de Naples ; son architecture est gothique ; sa principale entrée est ornée de deux colonnes de porphyre , et l'intérieur, do 110 colonnes de granit égyptien, restes de l'ancien temple d'Apollon. Dans une chapelle souterraine, richement décorée, on conserve le corps de St Janvier. Dans l'église, examinez, à droite du matUre-autel, quatre peintures, par Giordan, et sur la fenêtre opposée, quatre autres par Solimène ; remarquez surtout une Ànnoncia' (ton, de Pierre Perugino. Les peintu-

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res du plafond de la nef principale sont par Santa fede^ et les portraits, par Jean Vincent. Parmi les moDuments ou mausolées, OD remarque celui à* Innocent IV qui mourut à Naples en 1251; celui du cardinal Caracciolij d'un beau travail; ta statue du cardinal Olivier Caraffa , attribuée à Michel- Ange ; sur celui iV Andréas de Hongrie , mari de la reine Jeanne 4^ , ou lit l'épitaphc suivante :

Andréa Neap. Joannœ uxons dolo et laqueo necaius.

L'église de Ste Restitue tient à la cathédrale. Le plafond a été peint par Luc Giordan^ la coupole, par Lanfranc; le ta bleau représentant 5^ Janvier sortant de la fournaise, est de V Espagnole t.

Santa Maria del Carminé. Cette église renferme un monument sépulcral fort simple élevé à la mémoire des infortunés Conradin de Souabe et Frédéric d'Autriche, décapités devant cette église en 1S68. Le clocher de ce temple est le plus élevé qu'il y ait à Naples.

Ste-Clairc. Cette église est une des plus élégantes de Naples : on y remarque un sarcophage antique.

St-Paul Majeur. Cette église est ornée de colonnes qui faisaient partie d'un temple de Castor et Pollux.

St-Giovani-in-Carbonara des Augustins] là se trouve le mausolée du roi Ladisliu, qui s'élève jusqu'à la voûte; et dans une belle chapelle, les tombeaux de Jean CaraccioH , favori de Jean II , et ceux d'autres CaraccioH : celte église renferme en outre un tableau de Vasari.

L'Incoronata. Elle renferme de belles fresques de Giotto qui sont regardées comme les mieux conservées qu'il y ait de cet artiste.

La NuNZiATELLA. Ccttc église s'élève fiur la colline de Pii%o Falcone ; elle est ornée de marbres précieux et de stucs dorés d'une grande richesse. La voûte a été peinte par François de Mura d'une manière très distinguée.

St-Philippk-Nêri. On y admire des tableaux du Guide , de Pierre de CortonCy de Carrache^ ùeSolimène, et surtout aoe fresque représentant Jésus qui

chasse les marchands du temple , chefd'œuvre de Luc Giordan. La sacristie de cette môme église possède plusieurs tableaux de grands maîtres.

Ste-Marie-des-Anges desThéattns.

Elle est située à peu de distance de la Nuniiatellaf et a été bâtie sur les ruines d'un temple de Mercure. Massîmo , Jordaens et Vaccaro l'ont embellie de leurs ouvrages. Les plafonds sont peints par Lanfranc.

Sainte-Lucie. Petite église dont la fondation est attribuée à une nièce de Constantin.

Ste-Marie de Pie di Grotta. Elle est située à l'entrée de la Grotte du Pausiiippe, et possède une image de la Vierge, dont on célèbre annuellement la fête le 8 septembre, avec la plus grande solennité. La cour assiste à la procession.

Ste-Trinité-Majeure. Elle appartient aux jésuites. C'est une des belles églises de Naples. On y remarque surtout la chapelle St'Ignace, qui renferme des statues de Cosimo, et une fresque admirable de Solimène.

Les Saints-ApOtres. Ce temple est d'une antiquité très reculée; il fut rétabli par Grimaldi. C'est une des plus riches et des plus somptueuses églises de Naples. Les fresques dont elle est ornée sont de Lanfranc , de Giordan , de Benasca de Turin et de Solimène. Le tabernacle qui s'élève sur le magniOque maitre-autel construit par Fuga , étincelle de pierres précieuses.

L'ÂNNUNZiATA.Cetteéglisea été reconstruite en 1782, avec une grande magnificence.

St-Louis du Palais. Couvent de minimes. L'église est fort belle et contient de bonnes peintures par Giordan.

St-Sauveur , construit sur le plan de St-Pierre de Rome, est un temple très remarquable. Le plafond a été peint parlât»franc et réparé par Matteis. Cette église possède des tableaux de Solimène, de Lue Jordan, du Dominiquin , de Raphaël^ d'Annibal CarrachCf et des statues d*an grand prix.

Le plafond de l'église de S ainte-Mame- Neuye a été peint par Santafede ; c'est

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un chef-d'œuvre : VaHiste a représenté l'Assomption de la Vierge ; le tableau où est peint Jésus sur la croix, avec la Sle Vierge, la Madeleine et saint Jean, est de Marco de Sienne ; on voit sous Porgue deux enfants qui sont, dit-on, les premiers essais du Giordariy qui n'avait que huit ans lor^u'il les peignit.

Nous citerons encore l'église de l'As- CENSiON , sur la voie de Chiaja, où I'od admire une superbe toile de Paul Veronèse.

Visitez le réfectoire du couvent de St- Laurent, salle immense, et Saint- Jacques DES Espagnols, où se trouve un tableau par André delSurto. N'oubliez pas non plus l'église Ste-Marie del Monte Oîiveio, où est un ancien sépulcre dont les figures sont autant de portraits de savants illustres.

Dans les faubourgs , on va voir St-Sévère, Ste-Marie de la Sania^ St-Gennaroal Cimetero, Ste-Marie de la Vita, par où l'on descend dans les fameuses Catacombes.

Saint-Jasvier-des-Pauvres. — On y voit un des plus anciens monuments de la primitive Eglise : ce sont des catacombes, qu'on appelle le Cimetière de Sain:- Janvier. Ces catacombes sont fort supérieures à celles de St-Sébastien de Borne. Elles sont creusées dans le roc , et divisées en trois étages. Chaque étage a plusieurs voûtes parallèles assez étendues. On trouve, en entrant , une petite église entièrement creusée dans le roc , au milieu de laquelle est un autel en pierre , et derrière cet autel , un hémicycle avec une chaire et dos banquettes , le tout taillé dans le roc vif.

Etablissements publics et de bienfaisance. — Outre son précieux Musée et son Université j Naples possède cinq ou six écoles secondaires , 55 écoles primaires, et près de 1,600 écoles publiques; S écoles militaires , une académie nautique, une école vétérinaire , un observatoire , un jardin botanique , des collections d'histoire naturelle , plusieurs sociétés savantes dont la principale est l'ylcadémte bourbonienne ; et plus de 60 établissements de bicnftisance , parmi lesquels se trouvent 1 1 grands hôpitaux , 8 civils et 5 militaires.

Le plus remarquable de tous ces établissements est sans contredit le

Palazzo degli Studi. (Palais des Etttdes) , situé dans Largo délie Pigne. — Ce magnifique édifice, commencé en 1587, d'après les dessins de Giulio Cesare Fontana , renferme aujourd'hui le musée; une bibiothèque et l'académie des beaux-arts.

Musée Borbonico. — Cette collection renferme tout ce que Naples a de plus rare , de plus curieux et de plus précieux en objets d'art et d'antiquité. En entrant par la grande porte, on trouve au rez-de-chaussée.

La ColUction des ancienr^es peintures trouvées à Herculamtm , Pompei et Slabia , dont le nombre se monte à â,000 environ.

La Collection des sculptures anciennes trouvées à Rome, Herculannm el Pompeï, etc., riche d'un grand nombre de statues précieuses , parmi lesquelles on remarque deux statues équestres ; l'une représente Marcus Nonius Balbus, jun., l'autre, Marcus Nonius Balbus, sen.; Vénus et IWmour , Ganymède el Jupiter; un Bacchus, une Flore, un Apollon colossal en porphyre , un Aristide , la Vénus Callipyge, etc.

La Galerie du Taureau Farnèse où l'on admire le célèbre groupe du Taureau trouvé dans les bains Caracalla , à Rome. On y voit aussi V Hercule colossal de Glycon.

La Collection des antiquités égyptiennes , étrusques et toscanes.

La Collection des sculptures de bronze.

Au milieu de l'escalier on trouvée droite

La Collection des objets d'art du moyen -âge provenant ae la poterie, commune de Pompeï. Parmi les premiers , il faut observer trois ouvrages de Benvenuto Cellini , et un buste du Dante en bronze , qui passe pour être très ressemblant.

La Collection des papyrus dont on a trouvé pins de 1 ,700 rouleaux , tous carbonisés à Ilerculanum.

La Collection des verres anciens dans une chambre pavée d'anciennes mosaïques.

La Collection des objets précieux. — Dans un cabinet pavé de mosaïques an-

ROUTB 474. — DB BOMB A NAPLES.

ciennes, parmi lesquels on observera le célèbre camée trouvé à Borne , dans le mausolée d* Adrien , et représentant d'un côté V Apothéose du premier Ptolémée , et de l'autre, une tête de Méduse.

Collection des ttstensiles de bron%e et de fer, au nombre d'environ 16,000. Dépôt précieux contenu dans plusieurs salles pavées de mosaïques de Stabia , Pompeï etUerculanum.

Collection des urnes sépulcrales Grecques , au nombre d'environ 1 ,500.

La Bibliothèque, riche de 150,000 vol., renferme aussi de précieux manuscrits , dont le nombre se monte k 5,000 environ , parmi lesquels on trouve les (Euvres de saint Thomas d'Aquin; VAminta , du Tasse ; la Vie des Apôtres , écrite dans le x« siècle ; la Flore, livre de prières avec des miniatures , etc.

Le Musée Bourbon est ordinairement ouvert au public tous les jours , excepté les fêtes et dimanches , depuis huit heures du matin jusqu'à deux heures après midi. — 11 pst d'us9^e de donner un pourboire aux gardions {custodi), de même qu'aux gardiens de chaque collection ou département.

Musée Bourbon. A gauche et à droite de la porte, peintures à fresque trouvées à Herculunum , à Stabia et à Pompeï , sacrifices , cérémonies , inscriptions , meubles , ustensiles de ménage , objets de toilette , la vie domestique des anciens Romains, 1560 n« (\). ^Collection égyptienne : momies, statues, bas-relieCs, 257 n». — Statues en marbre : n* 53 , guerrier mourant ; 38 , guerrier combattant ; 50 , fille de Balbus; 59, buste de Celius; 65, Maicus Nonius Balbus fils, statue équestre ; 66 , Balbus ; 75 , Ganymède ; 79, Eumachia; 101 , Esculape , Bacchus indien ; 104 , Vénus victorieuse et Amour, chef-d'œuvre ; 125, Minerve ; 131 , Agrippine -, 156 , Papien ; 186, Auguste assis ; 186, Caracalla. — Chambre de Flore :

129, Flore , chef-d'œuvre; 195, torse Farnèse, célèbre; 196, Bacchus ivre; 197,

Psyché ; 259. Meléagrc. — Cftam^re des Muses : 271, cratère de Salpion; 272, les sept divinités ; 278, Mnémosyne; 298, Bacchus et les Grâces.— CAom^e de Fé- 502 , Adonis ; 505 , Vénus Anadyo-

mène; 504, Vendanges; 507, Vénus n»rine ; 523 , Satyre hermaphrodite ; 528 , Bacchus. — Passage au Jupiter; 341 , Jupiter assis ; 243, Brutus. — Ch.des hommes illustres: 351, Atlas, précieux monament; 553, Chien; 357, Periandre; 358, Gicéron; 361 Lycurgue; 366, Valérius Piiblicola; 370, Démosthènes; 377, Hérodote ; 380 , Euripide; 381 , Sopliocle; 588, Aristide , peut-être la plus belle statue antique qu'on connaisse. — Chambre d* Antinous : 392, AntinoUs , cratère bachique; 395, grand candélabre; 398, Retour de Proserpine; 403 , Vestale; 404, Aratus; 407, Bacchus barbu; 408, Sénèque; 409, Juba ; 427, Lycurgue; 444, Térence; 451, Homère. — Chambre de Vénus Callipyge : 456, Vénus Callipygc; 462, Gérés ; 489, Silène ivre. —Dans la cour: 454, Procession bachique; 490, Statues en brome , la plus belle collection do monde; 5 un daim; 5, fiuneivre; 7, Mercure assis; 12, actrice; 27, Bérénice; 28, Discobole; 45, actrice; 46, Aatinolis, 54, Platon ; 55, faune dormant; 59. Apollon ; 60, faune; 61, petit groupe; 66, Sénèque; 68, Ptolémée; 74, tête colossale de cheval; 85, statue équestre d'Alexandre; 88, Isis ; 89, Fortune ; 95, Amazone ; 103, cochon. — Salle des Inscriptions :

1 , Hercule en repos ; 2, Groupe du Taoreau.

Galerie des Tableaux (1). 1^ chambre , école napolitaine , 51 à 42 ; 2« chambre, 45 à 87; 5« chambre, 88 à 137; 1« cabinet, 158 à 140; 2« cabinet, école grecque des temps anciens , auteurs ignorés, 141 à 198; 4^ chambre, école firaoçaise et génoise , 199 à 215 ; 201 , Claude Lorrain , marine; 2^ paroi , école florentine, 216 à 236; 3' paroi, 237 èi 247; 4« paroi , 248 à 274 ; 5« chambre , écoles hollandaise et flamande, 275 à 331 ; 6*

(I) Par suite de quelques changements survenus dans rarrangement intérieur du musée , 1! se pourrait que nos numéros ne se trouvassent plus k la place indiquée.

(I) Voyez Guida per le Gallerie del Qoadri dei Musco reale Bort>onlco. Maples, 1831 , tD-I2.

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chambre , continuation des mêmes écoles, 532 à 571 ; 5« paroi , vieille école allemande , 572 à 594; Holbein, 575; Albert Durer f 592. — Ecoles diverses, !« chambre , école bolonaise, 1 à 4; 2» chambre , même école » 3 à 25 ; 5« chambre , même école , 24 è 52 ; 4» chambre , école lombarde, 55 à 106; 5« chambre, école vénitienne , 107 à 145 ; 6» chambre , même école , 146 à 181 ; 10 Canaletti ad mirables, 146 à 157; 7e chambre, école romaine , 1 fô à 21 7 . — Grande galerie, Iw chambre : 218 à 253. — Grande galerie, les Chefs-d'œuvre du Musée; 254, Jean Bellini, portrait; 235, VEspagnolet, Silène ivre; 256, le Titien, Sainte Mane-Madeleine ; 257 , Schidone, Sainte-Famille; 238, Parmigianino , portrait de sa maîtresse ; 259, le Corrége , le Mariage de sainte Catherine ; 241, Titien, portrait de Paul IV; 242, le Dominiquin , V Ame qui se réfugie sous les ailes d'un ange ; 245, Andréa del Sarto , portrait du duc d'Urhin ; 244 , le Correge , la Madonna del Coniglio ou ^2 Tingarella; 245, Titien, I^anaé; 246.

Schidone , la Charité; 247, Titien , por trait de Philippe II; 248, Schidone, la Charité; 249, Vélasquez, portrait d'un cardinal; 250, Aug. Carrache, Renaud et Armide; 251, Ânuibal Carrache , Hercule entre la Vertu et le Vice; 252, Benvenuto Garofolo , Jésus déposé de la croix; 255 , Sébastien del Piombo, portrait d'Alexandre VI\ 254 , Antoine Solario , la Sainte Vierge sur son trône; 255, Sébastien del Piombo, Sainte-Famille ; 256 , le Bassan , Jésus-Christ ressuscitant IÂi%are\ 257, Fra Barlolommeo da Santo-Marco, Assomption de la Vierge ; 258, Marcello Venusti, le Jugement universel; 259, Raphaël, la Sainte Vierge sur son trône ; 260, la Sainte- Famille, du même; 261, Jules Romain, Sainte^ Famille , connue sous le nom de la Madonna del Gatto; 262, Annibal Carrache , Vénus à demi-nue ; 263, Raphaël , Léon X; le même tableau est à Florence (Tribune); ce dernier est véritablement Toriginal; celui de Naples aune teinte vineuse qui dénote une copie ; 264 , Raphaël, portrait de Tibaldeo; ii65, le

même , portrait du cardinal Passerino;

266, Parmigianino, Christophe Colomb:

267, le Guerchin , sainte Marie^Madeleine; 268, Ann. Carrache , une Pietà;

269, Giov. Bellino, la Transfiguration;

270, TEspagnolet, saint Jérôme; 271 , Schidone , \ Amour.

Papyrus. — Une des salles les plus curieuses est celle qui renferme les manuscrits trouvés à H<#culanum et Pompeï , et qu'on est parvenu à dérouler. On montre aux étrangers le moyen ingénieux h l'aide duquel on détache les feuillets légers des manuscrits.

Bibliothèque de S.-Angelo à Nilo. — Elle est située à peu de distance du palais Sangro , et contient plus de 40,000 vol. — La bibliothèque annexée à Téglise des Pères de VOratoire de Saint-Philippe- Néri est riche en ouvrages rares , et a été récemment augmentée des livres de Tavocat Valetta , ce qui a produit une collection de plusde 150,000 vol.

La Bibliothèque Branaceia se recommande par le choix des ouvrages qu'elle renferme , et par quelques manuscrits prérieux .Le Musée Caraffa . Cette riche col lection mérite une attention particulière de la part des connaisseurs. — La collection du marquis Berio est aussi digne d'être visitée ; elle se compose de peiotures de bons maîtres et de diverses écoles. — Mais une des plus curieuses est celle de M. SanVAn^ gelo, riche en vases étrusques, presque tous de Nota; outre plusieurs objets précieux d'antiquité , on y comptée jusqu'à 65 mille médailles ou monnaies ; la galerie de tableaux est peu considérable : on y voit une toile de Van-Dgck et une de Rubens, très belles; une esquisse du Jugement dernier, de Michel-Ange . el<î. L'étranger est toujours admis gracieusement à visiter cette précieuse collection.

Institutions scientifiques et écoles publiques. — L'Université. Cet établissement , situé prés de l'éfflise du Sauveur, a été fondé en 1224; il est fréquenté par un grand nombre d'étudiants.

Naples possède , outre une Académie royale des Sciences et des Arts , divisée en plusieurs sections , et composée de 60 membres , une Académie dite Pontania-

ROUTB 474. — DE ROME A NAPI.ES.

na , une école polytechnique ; un collège royal d*éducatioa pour les jeunes nobles , une société royale d'agriculture , d'arts et de manufactures , une académie royale de marine , un lycée royal , une école de médecine et de chirurgie; un institut de sourdsmuets , une école vétérinaire , un musée royal d'ornithologie et de zoologie ; un cabinet de minéralogie et de physique, un laboratoire de chimie , un jardin botanique , un observatoire , etc.

Le Consaruatoire de Musique. Cet établissement a eu beaucoup de célébrité dans le monde musical, et y lient encore aujourd'hui une place des plus distinguées. Rien n'est plus solennel que d'entendre , les mercredi, jeudi et vendredi saints, le sublime Miserere de Zingnrelli, chanté dans l'église du Conservatoire par quatrevingts voix sans aucun accompagnement d'instnmicnts.

Thê\tres. Le théâtre St-Char les pAssid pour le plus vaste de tousles théâtres d'Europe; cependant, du tableau comparatir des dimensions de ce théâtre et de celui de la Scala de Milan {v. r..l5i), il résulte que l'avantaîjc est du côté de la Scala. Le théâtre Sl-Charles fut construit en 1737 et consumé par un incendie en 1816; mais il fut rebâti, avec plus de magnificence , par l'architecte Nicoliniy et l'ouverture eût lieu le 12 janvier 1817.

Théâtre St-Ferdinand . Il s'élève sur le Ponte-Nuovo (Pont-Neuf) ; C'est le plus grand théâtre de Naples après St-Charies.

Théâtre de/ Fondo. Celui-ci est construit avec beaucoup de goût, et fait le principal ornement de la place Castello - Nuovo (Château-Neut). Il dépend de l'administraiion de Saint-Charles.

Théâtre Nuovo. Ce théâtre, situé dans b voisinage de la rue de Toledo , était principalement destiné pour la représentation de la comédie ; mais aujourd'hui on y donne de préférence des opéras , exécutés le plus souvent par des artistes distingués.

Théâtre Fiorentino. Il tire son nom de sa position près de l'église Saint-Jeandes-Ftorenlins. Son architecture est assez remarquable : on y représente des drames lyriques.

Théâtre S.-Carlino. Sa situation, au-

près du grand théâtre Saint- Charles , lui

fait donner ce nom. Il est réservé pour la comédie joyeuse dont la représcatation attire toujours de nombreux spectateurs .

Théâtre Fenice. Ce petit théâtre s'élève sur la m3me place que S,-Carlino , et est aussi très fréquenté par les amateurs de la comédie.

Théâtre des Pulcinelli (des Polichinelles). Dans ce théâtre an représente , comme à S.-Carlino , des comédies joyeuses dans lesquelles Polichiuelle joue le principal rôle.

Commerce. — Les manufactures d'étoffes de soie forment une branche très importante du commerce de Naples ; on y fabrique principalement ces étoffes noires si connues en Europe sous le nom de Gros de Naples , des taffetas moirés qui sont très recherchés dans le Levant, et des gants. Les fabriques d'armes à feu, de porcelaine , de glaces et de tabacs occupent le second rang par leur importance. — Il s'y travaille aussi des bas, des linons, des dentelles , des toiles de coton , du linge damassé , du savon, des chandelles, des rubans , des fleurs artificielles , des essences , des velours unis , des mousselines , des mouchoirs , des couvertures de coton et de laine , des pâtes de toute espèce , et entre autres les maccaroni , dont le peuple de Naples fait une immense consommation.

Il y a aussi beaucoup d'activité dans la fabrication des instruments de musique, et surtout dans celle des cordes de violon , connues en Europe sous le nom de Cordes de Naples.

Mœurs. — L'indolence forme le fi>nd du caractère du peuple napolitain ; il aime la joie et le plaisir, mais il lui faut de la joie et du plaisir sans fatigue. Il passe volontiers son temps dans les rues , sur les quais et au théâtre. Panis et circenseSf telle est sa divise.

RENSEIGNEMENTS DIVERS

On dîneà2 f., 2 f. 50, à TF^pcrd »«•//?, rue del'Espéranzolle; chambre, 1 fr 50; mômes prix à VHotel du Commerce et dans les divers autres hôtels. — La iabled'hôte de Martin , bien servie , ne coûte

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BOUTE 474. — DR AOME A NAPLBS.

qne 2 fr. 50 c— Les gens riches logent à la Chiaja , hôlel de la Victoire : dîner, i piastre; déjeuner, 6 cari.; chambre, 8 cari. — On doit y compter sur 12 fr. par jour de dépense.

Restaurateurs. l'Albergo Reale, place du Palais ; la Ville-de-Paris, strada Toledo; hôtel de Rome , à Santa>Lucia : dans ces diverses maisons , bonne cuisine française. — Café d'Italie , rue de Tolède : tasse de café, 15 à 20 cent.; café au lait , 40 à 50 cent.; granité, 40 cent.; glace, 50 cent. — Bains , ï la Villa Reale , au Largo Castello , 1 fr. U fr. 25 cent. La Villa-Reale est un magnifique jardin, sur les bords de la mer. — Théâtre Saint-Charles, 60 grains au parterre ; Fonda ^ 40 grains. — Pharmacie de la légation anglaise , rue de Villa-Reale. — Glaces exquises au palais del duco d'Amirando — Ministères divers : Largo-Caslelh). — Ambassades :

rivière de la Chiaja.

Prix du visa des Passeports : h la police, 52 grains (1); au ministère des affaires étrangères , 120 grains ; au nonce du Pape , 60 grains ; ambassade de France , 70 grains; Sardaigne, 96 grains; Toscane , CO grains ; et si Ton prend les bateaux à vapeur, à l'agent, 50 grains.

Moyens de locomotion. — Omnibus.

— La principale ligne aboutit de la Villa- Reale au Sérail : prix d'une course, 5 gr.

Chemin de fer de Naples ë Capua, par Àcerra et Caserta , six fois par jour. Prix : pour Ca pua, premières, 60 gr., deuxièmes, 48 grains , pour Caserta , 36 grains et 45 grains.

Prem. Denx.

De Naples è Portici. 15 gr. 10 gr.

— TorredelGreco. 20 15

— Torre Annunciata. 40 25

— Castellamare. 50 35

— PompeïouScafeti. 50 35

— Angri. 60 40

— Pagani ou Nocera. 73 50

Trajet pour Portici , 15 minutes; Pompeï et Castellamare , 60 minutes ; départ toutes les heures.

(I) Lt grain ou grano^ vaut à peu près I soa de France.

Vetturini Se louent ordinairement 8 ducats par jour, 18 carlins pour une demijournée ; par heure, 3 carlins , et 24 gr. la course.

Diligences pour Rome , 5 fois par semaine , en 36 heures ; prix : 10 scudi 75 bajoques, et 11 scudi 55 bajoques.

Navigation à vapeur pour Civita-Vecchia, Livourne, Gènes, Marseille, Malte et la Sicile.

Nous prévenons le voyageur qu*on ne tolère aucune espèce d'armes k Naples; que ses papiers doivent être en règle, visés par Tambassadeur de sa nation avant de quitter la ville.

Excursions aux ueux les plus remarquables DES environs de NAPLES.

Le Vésuve. — Portici. — La Grotte du Pausilippe. — Le Tombeau de Virgile. — Lac d'Agnano. — La Grotte du Chien. — Pouzzoles. — LacLucrin. — LacAverne. — La Grotte de la Sibylle.— Baies. — Le cap Mysène. — Cumes.'— Torre di Patria. — Bauli. — Piscina Mirahile. — Les Champs Elysées . — Herculanum. — Stabia . — Pompeï. —Torre del Oreco. —Torre dcll* Annunziata. — Iles principales environnantes.

Capri. — La Grotte d'Azur. — Ischia. — Procida.

De Naples à Portici, au Vésuve, h Herculanum et à Pompeï , les voyageurs prennent aigourd'hui le chemin de fer de Nocera.

En sortant de Naples , la route , pour aller au Vésuve , ne quitte guère le littoral du beau golfe de Naples , dont les rivages sont bordés de jolies maisons de campagne et de riants villages. De Naples , 15 minutes nous conduisent à

PORTICL Avant de continuer notre excursion au Vésttve ou à Herculanum , arrêtons-nous un instant pour visiter le Palais royal , édifice magnifique , constniit par Charles lll en 1738 , sur les plans de Anthoni Cannovari. La situation est des plus belles; la principale façade, donne sur la mer et commande un riche panorama qui s'étend du Golfe de Sorrente, aux îles de Cofri et de Procida , au sommet du Pausilippôt etc.; les appartements royaux sont richement décorés ; le public peut les visi-

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HOUTE 474. — DE BOME A NAPLES.

ter, quand aucun membre de la &mille royale ne les habite. Les jardins sont ouverts tous les jours. Ici nous quittons la voie ferrée pour atteindre

RESINA (Re^tfia). Bourg construit sur la lave qui recouvre Retina. En cet endroit , la route elle-même est creusée dans le vif de la lave. À peine hors de Résina^ la présence du volcan s'annonce par la lave de couleur sombre sur laquelle on marche: là commence une nature triste et morte. À mesure qu'on monte , les couches de lave apparaissent plus épaisses et plus ou moins sombres, suivant leur degré d'ancienneté. Enfin , on arrive au Piano délie Ginegire , plateau aujourd'hui silencieux , triste et désert , et qui fut jadis un séjour déli cieux. Â peu de distance de là , on rencontre S.-Salvatore, ermitage construit sur une petite plate-forme , se composant d'une petite chapelle et de quelques chambres qui servent d'habitation à un ermite. Â mi-côte de la montagne , on fait ordinairement une pause pour reprendre haleine. Après une marche pénible , en arrive enfin au sommet de la montagne et auprès du cratère. La hauteur du Vésuve , prise du pied du pic , vis-à-vis de Résina et de Pfaples, est calculée à environ 433 met. Depuis la dernière éiuptiou, lecralèi'ea encore changé sa forme , qui , uvant cette époque, était celle d'un vaste entonnoir. On trouve à Résina des ânes, des mulets et tout ce qui peut ôtre utile pour Tascen- «on du Vésuve , mais il est bon que le voyageur se munisse de quelques provi àons de bouche et d'un guide sûr. Nous engageons beaucoup les vo>'ageurs à donner la préférence à la famille des Salvatori de Résina y près de laquelle ils trouveront autant de zèle que de fidélité. Ils pourront aussi se procurer chez eux des collections de minéraux du Vésuve à des prix très modérés.

PAUSILIPPE se trouve à 1 poste a. de Naples. C'est une montagne couverte de riantes habitations et de jardins. La base est percée par une grotte ou chemin , coupé dans la roche vive , et ayant près de 900 met. de longueur, 1 0 met. de largeur sur 50 mètres de hauteur.

Le Tombeau de VirgUe est âtué au-

dessus de l'entrée de la grotte du cdté de Napies.

Au sommet du PausiHppe se tronve V Eglise des Servites , que le vovageur doit visiter. De cette haute station, la vue de la mer est magnifique.

En sortant de la grotte de PausUippB , du côté de Powaoles, on trouve on besa chemin qui conduit à cette ville ; mais m l'on se détourne à droite pour prendre Tancienne voie, on ne larde pas lencootrer le lac d'Àgnano^ dont la forme circulaire a un mille de tour. Tout près de ce même lac sont les bains de vapeur de San - Germano , très propres , ait-on , à gsérir oa à soulager la goutte , etc.

Grotte du CinRif . A environ eent |m»

de ces bains, près du hc et sur le revers de la montagne, est la Grotte du Chien; sa hauteur est d'en\iron 3 met., sa largeur est d'un mètre 33 cent., et sa profondeur de 3 met. 53 cent. ; elle est creusée dams nn terrain sablonneux. Une vapeur légère, sensible à la vue et semblable à celte du charbon , s'élève à six pouces au-<lessas du sol et agit d'une manière très active sur le système musculaire du chien.

PouzzoLES {Puteolana ^iCumana regna) . Cette ville , autrefins célèbre , est située à 10 ktl. de Naples, sur le golfe appelé Sinus puteolanus. Les arts et la iia> ture ontconcouruà l'envie pour en rendre la siluation délicieuse. — La CalhédraU est bâtie sur remplacement du TêmpU d'Auguste , et décorée de belles colonnes corinthiennes , restes d'un autre temple qui devait ôtre d'une grande beauté. Mais , de toutes les antiquités que renferme Pouakioles , l'amphithéâtre est sans contredit ce qu'elle offre de plus remarquable. On l'appelle le Colosseo (Colisée), et ses dimensions étaient égales à celui de Rome. L'arène , qui avait 83 mètres de long , est aujourd'hui (M)nvertic en jardin. On distingue encore les portiques qui servaient d'entrée , et les caves où étaient enfermées les b6tes féroces destinées aux combats. — Le Lahyrinthe de Dédale était un bêliffleal souterrain destiné à conserver les eaux pour l'usage do la ville. Sur les bords du golfe de Pouzzoles , on montre encore les restes de la maison de campagne de Cioé-

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ROUTE 474. — ^ DE BOME A NAPLBS.

roD. Les flots ont couvert ane grande quan tilé de ruines qu*ils rejettent quelquefois. C'est aussi sur ce golfe qu'on voit les restes du fameux pont de CcUigula. Ces restes se composent de treize gros piliers et de plusieurs arches , qui étaient au nombre de 25 lorsque le pont était sur pied. — Pou*- %oles renferme une population d'environ fi ,000 habitants. En sortant de celte ville et en côtoyant le golfe, on arrive à Tendroit où était autrefois le Lac Lucrin , si célèbre par les huîtres vertes que les Romains y faisaient nourrir. Co lac n'existe plus.

Le Lac Avcrne communiquait autrefois avec le Lucrin. Sa forme est ovale et présente une circonférence d'environ 6 kil . ; il est bordé de hautes montagnes ; ses ri^ ves, jadis si redoutées, sont aujourd'hui délicieuses. Près de c^tte pittoresque nappe d'eau , un peu à l'E., on voit les restes d'un temple consacré à Apollon. — Sur la rive opposée , se trouve 1 eatrée de la fameuse

Grotte de la Sibylle. Pour y pénétrer, il faut se courber, mais ensuite la grotte s'élève et on peut aller jusqu'à 200 pas environ ; elle est encore telle que Virgile l'a décrite.

BAIES (Baïa ) Cette ville , qui méritait la célébrité qu'elle avait chez les anciens , est située à peu de dislance du lac Fusaro, sur la partie occidentale du golfe àePotn- Mles. C'est dans cette ville , couverte encore des ruines de l'antiquité , que Pompée ^ Sylîdy Marins, César et Néron avaient de somptueux palais. Sur la droite de Baies se trouve un édifice qu'on appelle le Tombeau d*Agrippine , où on ne peut pénétrer qu'avec des torches ; le touriste prend ordinairement une barque à Baies pour visiter ces ruines.

Le Cap Mysëne occupe la pointe S. du golfe de Pouzzoles, c'était la principale station de la flotte romaine chargée de garder les côtes, depuis le détroit de Messine jusqu'aux Colonnes d*nercule. Le voyageur peut , du Cap Mysène , retourner ii Naples par mer; traversée fort agréable et qu on feit en peu d'heures.

GUMES. En sortant de la grotte , on gntit une colline sur laquelle on trouve le

chemin qui conduit à Cumes, Cette ville fut bâtie par des Grecs venus de l'île d'Eubée , ainsi que nous l'apprend Virgile. Les monuments antiques qu on voit encore aujourd'hui à Cumes et dans le voisinage sont assez bien conservés. Avant d'arriver à la ville , on trouve un arc de triompha bâti en gros blocs de marbre et qui a beaucoup de ressemblance avec le temple de Janus , à Rome. À une petite distance des anciens murs qui formaient l'enceinte de la ville , on remarque un édiûce de 8 met. de long sur 10 de large , dont la voûte est encore entière. Cet édiGce majestueux était appelle le Temple du Géant , parce qu'on y trouva le buste colossal de Jupiter Stator. Ce buste est aujourd'hui au musée de Naples.— [Se Naples , le prix d'une calèche pour Cumes est de trois ducafcs ; un bateau pris à Pounkoles, avec 4 rames, coûte l ducats. Â 1 lieue au N. de Ctimes , est la Torre di Patria (jadis Liter^' ne) y lieu où s'élève le tombeau de Scipion l'Africain. La statue dont il était surmonté a été renversée par une tempête ; mais sur la table du sarcophage , on lit encore, eu latin, cette inscription :

Ingrate patrie , tu n'auras pas mes os.

BAULI , aujourd'hui Baccola. C'est un petit village d'environ 500 âmes, situé entre Baies et lo cap Mysène. La tradition mythologique désigne ce lieu comme celui où aborda Hercule en revenant d'Espagne. Visiter les ruines du tombeau que les domestiques d*Agrippine élevèrent à leur infortunée maîtressse , ainsi que d'autres antiquités qu'on rencontre dans les envi' rons de ce village.

Auprès ds Bauli , s'élève le monument magnifique, appelé avec raison Piseina Mirabile. La constructien de cet édifice remonte jusqu'à Pison. — 11 est de forme carré-long , et repose sur quarante-huit pilastres disposés en quatre files d'arcs quadruples d'une hauteur extraordinaire. Sa longueur est d'environ 39 mètres.

Champs-Elysées. Entre les lacs Ftisa^ ro (VAchéron des anciens) et Mare^ Morto , s'étend une petite contrée appelée Mercaio del Sabbato. Là existaient jadis de délicieux jardins arrosés par de belles

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fontaines I et embellis par des arbres toujours verts. L'aspect de ce site enchanteur et la douceur du climat doonèrent aux poètes l'idée d'en faire la demeure des justes.

Massa , jadis célèbre , est aujourd'hui une petite ville délicieusement située. Elle s'élève sur le flanc d'une colline toute couverte d'oliviers et de vignes. Massa ne conserve d'autres restes d'antiquités que quelques débris d'un aqueduc ; mais on y remarque la Cathédrale , dans laquelle il se trouve une petite peinture , la Sainte- Famille, attribuée à Raphaël; le Palais épiscopal et une autre petite église.

De Naples , chemin de fer pour HEfiCULANUM (Herculaneum , Herculanittm ou Herciilium) .Cette ville que Pline et Horace mettent au rang des plus florissantes cités de la Campante, fut par une éruption du Vésuve , détruite entièrement. Ce fut sous le règne de Titus , l'an 79 de l'ère chrétienne , que ce terrible événement arriva. Pline le jeune , témoin oculaire de cette grande catastrophe, nous en a laissé une description touchante. Herculanum fut ensevelie soUs les cendres et les laves du Vésuve , vers la partie qui se trouve entre la maison royale de Portici et le village de Résina. La matière qui couvrit cette ville était fine , grise et brillante. Les rues à' Herculanum sont droites, munies de trottoirs pour les piétons ; elles sont pa vées de laves du Vésuve. Plusieurs maisons ont un pavé en compartiments de marbres de différentes couleurs ; quelques autres se font remarquer par leur mosaïques en pierres naturelles mais de couleurs habilement variées. On a observé qu'au tour des chambres existe une sorte de gradin de 33 C4înt. environ d'élévation , et on a supposé qu'il servait de siège aux esclaves. Parmi les objets qu'on a successivement découverts , il faut citer en première ligne : un édifice public , entouré d'un portique , pavé de marbre et orné de peintures ; un théâtre de forme rectangulaire, avec belles façades et colonnes de marbre; un tombeau i\cc piédestaux, etc. le Fo rum était un carré rectangulaire de 77 met. de longueur, entouré d'une place soutenue par iO colonnes; l'entrée de cette

place était formée par cinq arcades ornée s de statues équestres ; les deux plus belles , représentant Ha^ôus et son fils, sont maintenant dans la salle des modèles de TÂcadémie de Naples. Si le voyageur veut avoir une idée exacte de toutes les richesses que renferme Herculanum , nous rengageons à consulter les belles collections de gravures et de dessins qui se publient aux frais du roi. — On .trouve à l'hôtel du Commerce , à Torre del Annunziata , de quoi se restaurer. C'est ordinairement le soir qu'on visite Herculanum , et aux flambeaux, puisqu'elle est située sous une lave dure de 20 mètres d'épaisseur.

Stabia. C'est une petite ville d'importance secondaire , qui , comme Herculanum et Pompeï , fut la victime de la fatale éruption de 79. Jusqu'à présent, on n'a fait que peu de recherches pour la découvrir.

Pompeï , l'un des villes plus importantes de la Campanie , était située sur le golfe de Naples , au pied du Vésuve , du côté du S. Elle possédait un port assez commode sur le Sarno. Les anciennes éruptions de son terrible voisin lui avaient fonr^ ni le pavé de ses rues. Le tremblement de terre de 63 lui causa de grands dommages. Pipidius en avait reconstruit le temple d'Isis avec la plus grande magniûcence ; il l'avait enrichi de peintures et de statues , lorsque la trop fameuse éruption de 79 Tensevelit tout-à-coup sous ses laves brûlantes. Comme à Herailanum , les victimes furent peu nombreuses, si l'on en juge par le petit nombre de squelettes qui ont été trouvés. Depuis 85 ans environ ,.on a beaucoup travaillé ; mais tout porte à croire qu'on n'est pas arrivé à la moitié de l'ouvrage. Cependant , le voyageur peut y parcourir plus de trente rues , larges , pavées de lave , avec des trottoirs de chaque cdté; il peut visiter plusieurs maisons , observer toutes les parties qui les composaient ; il peut se promener sur deux Forum, visiter deux théâtres , neuf temples , un amphithéâtre , un cimetière , une caserne militaire ; fhire le tour des murailles , qui ont deux milles de développement. Les principaux objets servant aux usages de U vie , ainsi que les objets d'art , ont été transpor-

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tés aux musées royaux de Naples et de Portici ; mais un décret du roi a prescril que tous les objets désormais découverts seraient laissés à leur place. Dans Timpossililé où nous sommes de donner ici une description détaillée de Pompéi , nous renvoyons le voyageur aux ouvrages que nous lui avons indiqués pour Herculanum ainsi qu'à rexcellcnt Guide du Voyageur en Italie t par Richard et Quétin. L. Maison, éditeur, Paris. — De Naples à Pompeï , le chemin de fer nous fait traverser

ToRRE DEL Greco (Turris Oclavi), village le plus peuplé de tout le territoire de Naples , renommé par son vin et son macaroni. L'air en est très sain et la terre très fertile. On y remarque un fleuve souterrain. Ce village fut considérablement endommagé par l'éruption du Vésuve de 1 731 . L'église paroissiale possède de bonnes peintures de Giordan.

TORRE DELLA NUNZI\TA..— ITd/c/ : du

Commerce. Ce village est situé , comme le précédent, sur le versant oriental du Vésuve, mais il est plus riche» plus industrieux et plus commerçant. 11 nous reste encore quelques excursions à faire dans les environs de Naples, principalement aux îles de Capri , Ischia et Procida. — De Naples, pour allerà Caprif il faut se pourvoir d'un passeport, sans quoi l'on court le risque d'éîre arrôté. C'est ordinairement à Sorrento que l'on s'embarque pour cette Ile , où le touriste est assuré de trouver deux bons hôtels. Les vins blancs et les jolis coquillages de Capri sont renommés. Un cicérone se paie 1/2 piastre, et un âne, pour excursions, 6 carlins. — De Naples à Caslellamare, chemin de fer; prix : 50 grains et 35. — Temps de parcours , iii peu près 1 heure.

C.\STCLLAVARE (Castrum maris Slabiœ). — Hôtels : d'Italie; Impérial; de Londres. — Ville construite sur les ruines de Stabia. Son église renferme des pein tures remarquables de Gtordan. On y voit aussi une maison royale de plaisance. Les eaux minérales de Castellamare ont de la réputation et sont très fréquentées dans la saison. Au débarcadère du chemin de fer, les voyageurs trouvent des voitures

pour les conduire , en 2 heures , à Sorrento. Prix pour une voiture à quatre personnes, 1 piastre à 1 piastre 1/2. Li route qui suit le littoral du golfe est excellente » et le paysage qu'elle offre admirable.

SORRENTO. — Hôtel : La Sirena.— La situation de cet hôtel est charmante , dominant loutlegolfe de Naples; les(-hambres en sont bien meublées et la cuisine confortable. A cet hôtel est attaché une petite embarcation à rames pour conduire les voyageurs à Capri , à Àmalfi , au temple d'Hercule, et autres lieux intéressants du voisinage. Le prix d'un bateau à six rames pour Capri , est de i piastres ; à quatre rames, 5 piastres. La distance , qui est de 15 milles géographiques , peut être franchie en 5 heures. Le touriste qui veut étudier le pays . loue des mules jusqu'à Massa , qu'on atteint en 2 heures. Ce trajet se fait au milieu de montagnes pittoresques ; là un bateau vous conduit à Capri.

SoRENTO {Surrentum} , est bâtie sur une colline , dans une situation délicieuse. Elle fut , dit-on , fondée par Ulysse; d'autres, au contraire, affirment qu'elle doit sa fondation à des aventuriers phéniciens. Quoi qu'il en soit , il est certain qu'elle fut colonisée par Auguste^ et qu'elle avait, sous le règne de ce prince et de son successeur, une grande importance. — Le voyageur trouvera à Sorrento de nombreuses antiquités ; mais ce qui ne l'intéressera pas moins , c'est une petite maison délicieusement située sur le revers d'une montagne. Un simple buste en terre cuite orne la façade de cette maison ; mais ce buste est celui du Tasse. Cette maison fut son berceau et sa propriété.

Outre le chemin de fer, une belle route^ carrossable conduit aujourd'hui de Naples à Sorrento en i heures. — Le voyageur ami des belles scènes de la nature ou des souvenirs historiques , devra consacrer quelques heures à visiter les environs de Sorrento. — En sortant de Sorrento, nous suivons les rives pittoresques du golie de Naples , jusqu'à

MASSA {Massa Lubrensis) construite sur le sommet du promontoire appelé jadis Prenusso , et aujourd'hui Capo ai Miner-

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DB ROMB A NAPLBS.

va t h cause du temple qu*on y avait élevé à cette déesse. Cette ville renferme une petite cathédrale , dans laquelle se trouve une Sainte-Famille , attribuée k Raphaël.

CAPRI. Cette He offre une masse pittoresque de roches calcaires d*environ neuf milles de circonférence, avec une population d'environ 12,000 hab. Ctfpn, la ville capitale , contient un palais appartenant à l'archevêque de Sorrento. La seconde localité est Ànacapri , où on ne peut arriver que par une espèce d'escalier de 500 marches. Les habitants de cette île sont des fermiers , des artisans et des pécheurs. Le climat est des plus salubres , et la population parait active et heureuse. L'objet le plus intéressant qu'offre VtU de Capri c'est la

Grotte d'Ànur, située k l'O. de Tendroit oti Ton débarque , à 1 mille environ , mais l'entrée de cette grotte , si digne d'être visitée , est d'un accès difficile , par le pou d'élévation de la voûte extérieure ; on y trouve un lac tranquille d'environ un

3uart de mille de circonférence , au milieu uquei tout est bleu : les rochers , l'eau , le sable , se nuancent de cette couleur qui, loin de blesser la vue , arrive douce et tendre à l'œil émerveillé. L'eau a environ S aiètres de profondeur; mais elle est si pure, si limpide , qu'H semble qu'il n'y a qu'à tfendre la main pour y ramasser les coquillages qu'on aperçoit dans le fond. La voûte est très élevée ; elle est formée par un ro cher tout hérissé de stalactites.

De Naples h Ischia. Des barques font journellement le trajet de Naples à cette Ile en 7 ou 8 heures, et prennent 10 grains par personne ; il faut 2 jours pour bien visiter cette île. On paye les ânes, y compris le guide, 8 carlins.

Hôtels : la Sentinelle ; la Maison de Don Tommaso, réputée pour son vin blanc et rexcellencc de sou pain.

Ischia , autrefois appelée Pythécuse , est la plus grande des Iles du golfe de Naples. Virgile et Homère font nommée Inarima.

Ischia off're au voyageur beaucoup (finiétêt. Quoique sa superficie ne dépasse pas dix-huit milles carrés , environ 29 kil . , elle

contient une ville de plus de 4,000 habitants, et dix villages dont la population totale s'élève à 20,000 ftmes. Le feu souterrain dont cette tle est animée communique à la végétation une activité extraordinaire, et donne à ses eaux thermales de grandes vertus salutaires. L'air, l'herbe, les fruits, le lait, tout y est d'une qualité rare. Les poissons de ses eûtes ont aussi une supériorité incontestable sur ceux de la mer d'alentour. Le volcan du Mont-Epomeo^ att> jourd'hui St-Nicolas , est le plus remarquable de tous ceux qu'on voit dans VUe. La ville d'ischia est bâtie sur un rocher de basalte de 200 mètres de hauteur ; mais elle n'offre plus que le fantôme àeV Ischia du moyen -âge , qui fut détruite en 130% par l'éruption de l'^pomée.

Les objets les plus dignes d'être visités sont : V Ermitage de St-Nicolas ^ d'où la vue est Diagnifique ; le champ de lave de VÀrso , le Lac d'ischia , les Etuve^ de Castiglione, les bains renommés de Canmie, la fnmeuse fabrique de chapeaux dé paille, etc.

pROCiDA (Proehyta). Cette île est située entre le Cap Mijsène et l'île d'ischia ; elle a une âuperllcie de 5 milles carrés, et se fait remarquer par sa fécondité ; elle est peu montueuse et abonde en perdrix et en faisans. On y voit beaucoup de restes antiques, plusieurs jolies maisons de campagne, et on y compte environ 14,000 habitants.

Tarif des voitures et des barques pour les environs de Naples.

Caneslra à quatre chevaux , pour une journée entière, 4 d.

Cauestra à deux chevaux, pour Portici, Pouzzoles et les campagnes voisines, par jour» 2 d. 40 gr.

Corricolo, pour la journée. 1 d. 60 gr.

Barque avec quatre rameurs, pour traverser le golfe et visiter les antiquités, par jour, 2 d.

Barque avec deux rameurs, pour aller l Portici, 60 gr.

Une place dans les barques ordinaires qui vont k Castcllamare, Sorrento, Capri, Ischia et k Torre del Greco, se paye 10 gr.

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ROITTB 475. — DB RAFLES â AlfCONB.

0E TSÉJnUBB A âJSeOTVEy

Par AscoLi et Ferho, 55 p. ^/2.

Averaa.

Gapna.

TorriceUa.

Pagliarone.

Venafro.

laeraia.

Vmdm.

Gi6iel di Sfliigro.

Roccaraso.

Roeca Vanoscora.

Sulmona.

Populi.

CWita di Penoe.

Teremo.

Aseoii.

D'AscoK h Fenno, les relae

ne sont pas établis.

Fernio.

Da Fermo \ Macerata.

Da Macerata à Sambucheto.

Recanati.

Ijoreto.

Oaimo.

Akconb.

p.iyî

De If aptes k Capoue par Caser ta ; cbemin de fer; 6 départs par jour.

Prix pour Caserta 45 grains 56 gr.

— Capotte 60 — 48 —

Non loin de Capoue, la route se bifurque , la branche de gaucho conduit à Rome et à Gaële; celle de droite que nous suivons conduite rornce//a.

De TorriceUa, la route suit une direction N.-O, à travers une contrée alpestre jasqu*ii

VENAFRI [Yenafrum), villedela province de Terra di Lavoro^ située au pied d'une montagne, dans un territoffe sain et fertile. On a trouvé dans la ville ctsur son territoire une assez grande quantité de monuments antiques, de vasAs, d'inscriptions, de médailles, de débris d'anciens édiâccs, etc.

TORRICELLA. Cette ville renferme une belle cathédrale et six ^Uses paroisnales,

six couvents, un vaste hôpital, un séminaire , deux écoles et un mont-de-piété. La population est de 4,000 ftmes environ.

En quittant Venafro, la route suit pendant quelque temps la rive droite du Voltumo, traverse ce fleuve et atteint bientôt

ISERNIA (jEsernia), ville épisoopale de la province de Molisey et qui renferme environ 5,000 habitants ; elle est passablement fortifiée, et possède plusieurs monuments antiques fort intéressants qu'on re* garde généralement comme des restes de Telesta.

De cette localité, une route inclinant k l'E. conduit à 3 postes 1/2, à

Campo-Basso (peut-être le Corfinium des anciens), ville bien fortifiée, et qui contient 8,000 ftmes de population.

Apr^ avoir quitte Isernia, nous rencontrons au milieu d*un pays montagneux, Vandria , Rionero , Castel di Sangro, RoccarasOyRoccaValoscura, Pettoranu, et enfin

SULMONA f5tt/mo) , patrie d'Ovide, qui prétend qu'elle fut fondée par le Phrygien Solemus. Cette jolie petite ville, de 8,000 habitants , est placée sur les bords de la rivière Sore, et possède une jolie cathédrale ; elle est la patrie des papes Cèlestin V et Innocent VII.

A PopoHy la route se divise en 3 branches : celle de gauche conduit à Âquila, celle du centre que nous suivons, à Civiia di Penne, et celle de droite à Chieti, 3 p., et à Pascara; sur le golfe adriatique, 1 p.

Sur la route de Chieti , à 4 milles de Popoli, le lone de Pescara, on trouve la grosse terre de Tocco, où se febriquent les meilleures huiles des Àbru%»e» , et un peu plus loin les villes de St-Valentino, de rorrict de Valva. Auprès do cette dernière on gravit la colline sur laquelle s'élève

CHIETTI (Teate Marrudnorum), jadis capitale des peuples Marruciniens, aiqeir-

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