‹ Guide critique du Salon de 1882Chapitre 37 sur 98 · BOUGUEREAU · texte numérisé non relu

BOUGUEREAU

M. Bouguereau reste dans la tradition classique, qui permet cle représenter toutes les choses par des femmes nues. Cette année, c’est le Crépuscule qu’il a voulu peindre. En conséquence, il a posé au-dessus d’une vague, où son pied blanc se reflète, une femme idéale, qui hanche le plus académiquement du monde, cependant qu’un voile de gaze bleu s’enroule autour de son corps et vient former une auréole derrière sa tête. Il ne faut pas demander à cette idéale personne, qui flotte entre ciel et mer, la consistance des chairs, ni la vérité des tons. Si elle avait un peu de sang dans les veines, et une carnation plus robuste, au lieu de voler au-dessus des eaux, elle s’y noierait.

M. Bouguereau expose encore un tableau : le frère et la sœur. La sœur se penche sur son petit bambin de frère qui est rose et gracieux ; mais l’exécution de l’ensemble est toujours maigre.

Page 1