‹ Guide critique du Salon de 1882Chapitre 41 sur 98 · DUBUFE FILS · texte numérisé non relu

DUBUFE FILS

Une immense composition de M. Dubute fils remplit presque entièrement un des côtés de ce grand salon carré.

Cette toile gigantesque, divisée en deux panneaux, oppose l’une à l’autre et rapproche en même temps : la Musique sacrée et la musique profane .

L’effet d’ensemble produit par cette grande double page, est harmonieux.

On est très favorablement prévenu au premier coup d’œil. Si l’on examine le détail ,de la composition, on voit, à droite, le péristyle d’une cathédrale byzantine, sainte Cécile, assise devant l’orgue, et des chœurs d’anges qui font une céleste musique.

A gauche, descend l’escalier d’un palais monumental, dont le style est assez peu défini. Des femmes nues descendent les marches ou se couchent sur le marbre, charmées par un joueur de flûte, qui s’est installé sur le piédestal d’un lion de métal. L’une d’elles est descendue jusqu’au premier plan, occupé pai une nappe d’eau, et elle s’offre aux baisers d’un cygne.

En général, ces figures de femmes manquent de solidité. Pour rendre son tableau plus doux, plus harmonieux, plus léger, M. Dubufe a traité ses chairs trop délicatement. Elles sont blanches et presque transparentes.

Quoi qu’il en soit, cette œuvre considérable atteste de sérieux et de louables efforts. Le tableau peut comporter certaines critiques ; il n’en fait pas moins grand honneur à l’artiste qui l’a conçu et exécuté.

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