HUGUES
Œdipe à Colonne. — Plaignons Œdipe. Aucun malheur ne lui est épargné. Les dieux jaloux ont métamorphosé son Antigone en une statue de bois, raide et sèche. M. Hugues a consacré un groupe à la représentation de cette cruelle transformation.
LEYSALLE
M. Leysalle, élève de Carpeaux, n’avait pas exposé aux deux derniers Salons. Il se présente aujourd’hui avec un groupe important, l’œuvre très étudiée d’un artiste et d’un penseur.
Une femme, chastement nue, s’avance en tenant le miroir delà science.
Sous ses pieds, râle une chimère foudroyée qui personnifie l’erreur. Un vieillard robuste, portant la faulx traditionnelle, protège la jeune femme.
Les attributs, en indiquant clairement ce que sont les personnages allégoriques, dégagent l’idée du sculpteur qui a voulu montrer le Temps assurant le triomphe de la Vérité et qui a, du reste, intitulé son groupe V Avenir.
Voilà donc une idée très moderne, largement rendue dans un beau style.
Par la science héraldique des attributs, par le caractère imposant de la composition, par la qualité de l’exécution qui s’affirme puissamment dans le torse noueux du Temps, et qui se fait caressante et presque noyée pour donner plus de chasteté au corps delà femme, ce groupe s’impose à l’attention.
Je remarque unbeaubusteen bronze, le buste de M. C..., du même artiste.
Il y a de la vie et de la couleur dans ce portrait.
ALLOUARD
Très bien, le Molière mourant, étendu sur son fauteuil, la tête renversée sur un oreiller, la chemise ouverte, une jambe cachée sous une couverture qui forme des plis longuement décoratifs.