‹ Guide critique du Salon de 1882Chapitre 90 sur 98 · A. MILLET · texte numérisé non relu

A. MILLET

M. Millet a exécuté pour l’Observatoire de Nice, fondé par M. Bishoffsheim, une figure qu’il appelle : la Physique.

L’embarras doit être très grand pour un artiste, quand on lui commande de représenter une science par une statue de femme. Il n’y a pas d’allégorie qui tienne, les femmes et les sciences n’ont rien de commun. Si l’on ne prend pas la précaution d’écrire en lettres capitales ou en attributs parlants, le noirn de la science que l’on a voulu figurer, peivsonne ne devinera l’énigme sculptée. La conclusion de ceci, c’est que le titre de la statue que j’examine n’a aucune importance, et que je puis ne pas m’en préoccuper.

Je.reste alors en présence d’une belle et fiëre statue décorative, bien plantée sur sa base et parfaite d’équilibre. Elle représente une femme dans l’épanouissement d’une beauté robuste ; ses hanches larges promettent la fécondité, son abord parait facile et la franchise de son expression impressionne le

spectateur de la manière la plus favorable. Ce qui plaît encore en elle, c’est l’originalité simple avec laquelle elle est drapée. M. Millet a donné à ses étoffes une disposition heureuse, qui exclut toute idée de coquetterie ; mais qui n’exclut ni la grâce ni le bon goût.

Le même grand artiste expose une statue en plâtre : le Portrait du jeune Robert H... Avec son col matelot, sa ceinture, sa culotte et ses guêtres, le jeune Robert H., est un charmant enfant qui promet d’être un homme énergique et vaillant, Voyez déjà son attitude résolue. Tu Marceilus ei'is.

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