III. EXAMEN DES ORGANES
chaude (de bœuf ou de veau) coupée en tranches longitudinales aussi linos que possible. Elles sont placées immédiatement dans une solution d’une partie de chrômate double d’ammoniaque pour 5 à 10,000 parties d’eau, où elles séjournent 2 à 3 jours, dans un endroit frais. Colorées, pendant 24 heures, dans du carmin très dilué. Les coupes sont lavées avec de l’eau, dissociées sous la loupe, cl conservées dans la glycérine.
Moelle épinière de l’homme, moelle allongée, etc. ; on les durcit le plus commodément dans un mélange à parties égales d’acide chrômique à 0,25%, et de chrômate double de "potasse concentré.
Avant la coloration, les coupes doivent être lavées dans l’eau.
Cerveau. — Durcissement dans le liquide, qui vient d’être nommé. Coloration comme pour la moelle.
Comme il est important ici, h cause de l’étude de la direction des fibres, de faire de très grandes coupes, on devait penser à trouver des méthodes, qui rendent possible le fait mécaniquement, et telles qu’elles permettent de durcir de grandes parties du cerveau ou des cerveaux entiers.
Pour ce qui concerne la coupe, c’est en grande partie le fait de l’habileté et de l’exercice. Mais il faut donner ici quelques indications. On choisira un rasoir plat et large, dont la lame ne présente sur le dos aucune saillie, pour que la coupe puisse y être suspendue.
On coupera sous un courant d’eau, dirigé sur le rasoir, de façon que la partie libre de la coupe flotte toujours, et soit tenue dans la situation que l'on désire. On peut dans ce but se servir d'une bouteille à injection. Au tube se terminant dans celle-ci au-dessus du niveau d’eau, on a ajouté un tube en caoutchouc, que l’on lient en bouche, pour rendre à volonté le jet d’eau faible ou fort. De cette manière, il est possible de faire des coupes à travers des hémisphères entiers.
Avec les appareils que l'on emploie depuis ces derniers temps, il est possible, même sans avoir acquis une grande pratique, de faire des coupes microscopiques qui ont toutes les dimensions voulues. Ces microtômes sont construits différemment; aussi est-il impossible de donner une indication sur leur emploi.
Leur construction repose sur ce fait que les préparations incluses dans les niasses ordinaires sont fixées, et que le couteau glissant dans une direction peut être conduit avec une grande sûreté à travers l’organe. Le traitement de toute la préparation doit aussi se faire ici naturellement d’après les règles données. Pour les grandes coupes du cerveau, les microtômes, construits d’après Gudden, par le mécanicien Katsch, k Münich, sont la plupart à recommander.
Pour d’autres buts, des plus petits (et k meilleur compte) rendent aussi des services.
ÛHGANES DES SENS.
S’il ne s'agit pas de coupes absolument trop grandes, on procède à la manière ordinaire.
Pour le durcissement de cerveaux entiers ou de grandes parties, on emploiera l'alcool absolu auquel on donne une couleur de vin, en ajoutant quelques gouttes de forte teinture d’iode. Après un jour, l’alcool pâlit ordinairement ; on ajoutera de nouveau de la teinture d’iode, et cela jusqu’à ce que la coloration se maintienne. Alors la préparation est portée dans une solution aqueuse de chrômate de potasse, où elle reste jusqu’à ce qu’on puisse faire des coupes.
On est souvent dans le cas de devoir démontrer macroscopiquement sur des cerveaux durcis dans l’alcool, les ganglions, les traînées de substance blanche à travers ceux-ci, etc. Sur ces cerveaux, la différence de coloration de la substance blanche et de la substance grise est habituellement très minime. Si l’on colore avec le bleu d’aniline soluble dans l’eau (page 65) un morceau de cerveau ou des coupes épaisses de plusieurs millimètres, laites parla partie du cerveau à examiner, la substance grise devient d’un beau bleu, par un degré exact de coloration, tandis que la blanche n’est presque pas colorée.
Pour pouvoir employer en très peu de temps, c’est-à-dire rendre transparentes les coupes du système nerveux central, on les placera de l’esprit de vin dans l’éther, et de là dans le chloroforme, où elles deviennent de suite transparentes. Du chloroforme, la coupe peut venir dans le baume de Canada ou la résine d’Ammar.
Pour représenter le réticulum des fibres nerveuses de la substance corticale du cerveau, découvert récemment par Rindfleisch et Gerlach, on peut employer la méthode par l’or exposée page 79, ou l’on peut laisser macérer, pendant 10— li jours, un petit morceau de cerveau dans de l’acide osmique à 1/10 °/0, et conserver ensuite pendant une semaine dans la glycérine. Un petit morceau de la substance cérébrale devenue cassante est déposé sur un porte-objet, dans une goutte de glycérine, et couvert d’une lamelle de verre, qui est pourvue de petits pieds de cire. Le couvre-objet doit toucher la goutte, mais non le petit morceau de cerveau. Il est comprimé dans son milieu pour se relever de suite ; de cette façon, la préparation nage dans le courant du liquide qui est ainsi produit, et l’observation est plus facile.
Les vaisseaux sanguins du cerveau sont injectés par les vaisseaux du cou ou mieux par le cœur. Les vaisseaux lymphatiques se remplissent par places comme espaces périvasculaires et péricellulaires, si l’on enfonce la canule dans l’espace épicérébral, (sous la pie mère) et si l’on y injecte du bleu de Prusse contenant un peu de colle. On réussit déjà par une pression de 20—50 mm. à remplir les voies lymphatiques. On peut aussi enfoncer la canule directement dans la masse du cerveau et injecter.
Organes des sens.
Œil. On durcira dans le liquide de Müller des globes oculaires frais, proprement préparés, en ayant eu soin, pour faci-