ORGANES DES SENS
colle-carmin. Les injections réussissent le mieux sur l’œil cochon ou de chien.
d’homme, de
Quant à ce qui concerne l’examen des diverses membranes, on coupe la cornée perpendiculairement à sa surface en épargnant son épithélium, et on fait des coupes de face. (V. épithel. p. 41.) En traitant par l’hypermanganate de potasse ou son mélange avec l’alun, on peut isoler les fibres de la cornée.
On examine les corpuscules mobiles de la cornée chez la grenouille ou le triton, sur une cornée que l’on vient d’enlever et que l’on a étendue dans l’humeur aqueuse. On peut encore observer des mouvements pendant 15-50 minutes après l’extirpation.
Le commençant ne les découvrira pas facilement, parce que ce sont des éléments extraordinairement délicats. 11 est bon de mettre d’abord au point sur l’épithélium de la cornée, puis avec la vis micrométrique de faire descendre le tube, de manière à être sûr d’avoir la substance propre dans le foyer de la lentille. On a alors un plus grand champ de recherches.
Platine chauffante. L’épithélium récent de la cornée est très beau aux replis. Dans une vue de face, on aperçoit l’épithélium de la membrane de Descemet. On voit le mieux les nerfs de la cornée par la coloration avec le chlorure d’or. Dans ce but, on place la cornée dans une solution de chlorure d’or à 0,5 °/0.
Elle restera dans un endroit sombre, jusqu’à ce qu’elle soit colorée complètement en jaune; elle est ensuite placée dans de l’eau mélangée à une trace d’acide acétique et exposée à la lumière. Pour éluder au moins en partie les effets du changement de la lumière, au lieu de placer la cornée dans cet acide acétique on emploiera un liquide de réduction qui consiste en 100 volumes d’eau, 1 d'alcool amylique et i d’acide formique. Pour ce qui concerne en général la coloration par l’or, on remarquera qu’il est souvent avantageux de placer les préparations fraîches (coupes) d’abord dans de l’acide formique, ensuite dans la solution d’or et après l’imprégnation, de nouveau dans l’acide formique.
Quand la cornée est devenue faiblement violette, elle est placée dans la glycérine et est examinée. Les corpuscules de la cornée et les nerfs se colorent en rouge par l’or.
On peut isoler les corpuscules delà cornée avec leurs prolongements, en dissolvant la substance fondamentale dans une solution d’acide chlorhydrique, que l’on obtient en diluant de l’acide fumant avec le même volume d’eau.
Les préparations deviennent très belles, si l’on a fait précéder cette opération de la coloration par l’or. Si, par exemple, une cornée de grenouille ainsi colorée est placée pendant 2i heures dans cet acide, on obtient un limon rouge, qui consiste en corpuscules de la cornée et en nerfs. Si on le porte sous le microscope, il faut se garder, comme dans celte macération en général, des vapeurs acides qui attaquent les métaux ; on ne laissera donc suinter aucun acide de celte espèce du couvre-objet.
Par la coloration à l’argent, les corpuscules de la cornée restent blancs
Ifl. EXAMEN DES ORGANES.
et la substance fondamentale devient brunâtre. Dans ce but on place des cornées fraîches, autant que possible celles de grenouilles, pendant un temps très court, dans une solution d’argent à t/2 ou t/8 °/0 et on les expose ensuite dans l’eau à la lumière, surtout à la lumière directe du soleil.
On obtient de très belles préparations, si on combine sur la cornée les colorations à l’or et à l’argent : la cornée de grenouille est placée d’abord, pendant 2 minutes, dans un mélange de 95 volumes d’eau et de 5 volumes d’acide acétique du commerce, puis pendant 5 minutes, dans une solution à un 1/2 °/0 de nitrate d’argent. Elle est alors lavée dans le môme acide acétique, en outre elle est déposée, pendant 10 minutes, dans une solution de chlorure d’or à 1/5 °/0, puis de nouveau, pendant 5 minutes, dans cet acide acétique et enfin dans l’eau. Après quelque exercice on réussit au moyen du couteau à cataracte à diviser la cornée ainsi préparée en lamelles, dont les faces sont naturellement parallèles à sa surface.
Ces lamelles sont alors mises sur le porte-objet, ou exposées encore à la lumière, dans un verre de montre, et examinées dans la glycérine.
A peine moins belles que les préparations par l'or, sont les cornées que l’on expose fraîches aux vapeurs d’iode dans une goutte d’humeur aqueuse. Il suffit de mettre le porte-objet, sur lequel repose la cornée, sous une cloche peu élevée, sous laquelle est déposé un petit morceau d’iode.
Pour empêcher le dessèchement de la préparation non couverte, on y dépose encore un verre de montre rempli d’eau. Cela suffit.
Après environ une demi-heure, l’épithélium est fortement coloré en jaune ; on le racle et on expose la cornée à de nouvelles vapeurs. Quand elle est devenue jaune après quelques heures, elle peut être couverte de la lamelle de verre et examinée.
De cette façon, on a appris à connaître les nerfs vus de face ; pour apprécier leurs terminaisons dans l’épithélium, la cornée colorée au chlorure d’or sera coupée dans le sens du méridien aussitôt après la coloration.
Naturellement cette coloration par l’or est d'un emploi fréquent. Le protoplasma et les nerfs principalement te trouvent toujours colorés. Beaucoup sc servent au lieu de chlorure d’or, du chlorure d’or et de potassium ; c’est la même façon d’agir.
Pour l’examen de la sclérotique , il n’y a aucune méthode particulière à employer.
On voit la choroïde et l'iris le mieux sur des lapins albinos, après injection. Vue de face.
Par la mise au point, on peut se convaincre de la situation des couches de vaisseaux dans la choroïde. On fait des coupes suivant le méridien, en y comprenant la rétine et la sclérotique. Le stroma se voit sur des yeux durcis incomplètement dans le
ORGANES des sens.
liquide de Millier; on peut alors facilement enlever l’épithélium au pinceau. Quant à ce dernier, il est examiné frais et d’après les méthodes ordinaires. Le pigment se dissout dans le liquide de Müller; plus vite dans l’acide chrômique(le temps se compte cependant encore par des mois).
On peut en tirer profit, s'il s’agit d’un examen plus exact des vaisseaux et autres sur les yeux pigmentés.
On ne réussit pas très bien à faire apparaître distinctement les muscles internes de l’œil par une double coloration au moyen de l’acide picrique et du carmin. Un autre moyen de durcissement et de coloration que l’on peut aussi employer ailleurs, et qui agit sur les tissus d’une manière analogue ù l’acide picrique, rend ici des services d’autant meilleurs. C’est une solution au 18 ou 1/10 °/0 de chlorure de palladium. La solution ne s’obtient qu’en ajoutant une trace d’acide chlorhydrique. Ce moyen colore aussi les muscles en jaune et laisse leurs noyaux, le tissu conjonctif, etc., libres pour la coloration au carmin, de sorte qu’il y a ainsi une double coloration, qui est bonne.
De la rétine on se procure d’abord des vues d’ensemble sur des préparations durcies dans le liquide de Müller avec les autres membranes. On fait les coupes et on les colore au carmin. On peut aussi couper la rétine seule. Dans chaque cas, elle doit naturellement être enlevée. On n’a pas recours ici aux méthodes ordinaires, employées avec des tissus moins délicats, mais on agit ainsi : un porte-objet est recouvert d’une couche de térébenthine, alors on y dépose un lit d’une masse de cire et d’huile liquide, qui durcit aussitôt.
Avec un bâton de verre ou une petite pipette, on dispose les gouttes de manière que cette couche ait un bord un peu élevé, comme un vase d’inclusion ordinaire. On y place alors la rétine qui, après le durcissement dans le liquide de Müller, a été mise dans l’alcool pendant un quart d’heure, et on y dépose de la masse à inclusion, jusqu’à ce que le tout ait 3-5 millim. d’épaisseur. On laisse refroidir, on pousse la masse bas du porte-objet, ce qui se fait facilement à cause de la couche de térébenthine, on enveloppe un papier autour de la partie que l’on tient en main, et l’on coupe. Le rasoir est trempé dans la térébenthine