Chapitre Second
Etablissemens de pieuse Institution.
Ce n'est pas notre intention de parler ici de ces pieuses Institutions qui ont un but particulier, tels que les Couvens , les Monastères de Religieux ou de Soeurs ; nous ne parlerons que des Maisons de Piété qui ont des rapports avec le bien être de la Société.
Le premier Etablissement de ce genre qui existe dans le quartier de S,a Cruce, est ;
Obbatello , qui fut fondé en 1372 par Nicolas Alberti; et notablement agrandi -en 1811- Il est destiné à recevoir pour un tems indéterminé les victimes de la séduction, afin de conserver la vie des créatures innocentes qui sont condamnées dès leur naissance à la dure privation d* invoquer le doux nom de père.
L' Hospice della Maternita^ fut ouvert en 181 5 ; il est destiné à recevoir les femmes pauvres mais honnêtes pour y faire leur couches, et aussi pour servir d'étude et former les jeunes élèves qui se destinent à la profession de sages-femmes.
L'Hôpital degi/Innocenti , construit en 1421 d' après le dessin de Brunellesco , est destiné aux innocentes créatures, qui sont les fruits des amours illicites.
L'Hospice del Bigallo fut ouvert dans le treizième siècle pour donner asile aux Pèlerins. Corne I.cr le destina ensuite , dans un but beacoup plus utile, aux enfans abandonnés, ou accablés de misère. On admire sur la façade quelques peintures de Taddeo Gaddi; une entre autre qui représente S. Pierre. Dans T intérieur , on voit une Vierge avec V enfant Jésus, d' Andréa Pisano; et plusieurs autres fresques de quelque mérite.
La Pia Casa di S. Filippo Neri construite ■en 1659 est destinée a renfermer les enfans livrés à une oisiveté pernicieuse. Cette Institution était située au lieu appelé La Quarconia ; maintenant Théâtre del Gigllo,
La Pia Casa di Lavoro fut ouverte en 1815, elle est destinée aux malheureux, afin d'empêcher autant que possible la mendicité
ou au moins y remédier. Les pauvres qu'on y renferme sont employés à différais métiers.
LInstitution dei Buonomini di S. Martino fut fondée par S. Antonin pour soulager par des secours opportuns les pauvres honteux, Ces Bons-hommes étaient d'abord au nombre de douze, maintenant ils sont trente-deux. Leur principal règlement est celui de n'avoir aucune rente régulière.
La Congregazione di S. Giovanni Battista est composée de 72 députés ; son but est de prévenir la nécessité de demander l'aumone en distribuant du pain, des habillemens et des lits aux familles les plus indigentes.
Le Monte di Pieta* est divisé en trois Presti (bureaux), un dans chaque quartier de .la ville; il fut fondé en 1 495, dans le but de sauver les indigens de l'usure des Préteurs sur gages. On y conserve les effets laissés en nantissement pendant deux années , au bout de ce terme ils sont vendus s' ils ne sont pas dégagés.
L'Hôpital di S.a Maria Nuova a été fondé par Folco de'Portinari en 1287, et agrandi en 1657; mais notablement augmenté dans ces derniers tems ; il peut contenir maintenant plus de 1100 malades, et il n'y manque rien de ce qu'on peut désirer pour le soulagement des pauvres infirmes. L' architecture de la façade et du portique est de Buontalenti et de Giulio Parigi son élève; on doit y observer la Charité, par Giovanni da S. Giovanni ; le Jugement dernier, par Fra Bartolommeoj et la Samaritaine, à! Alesmndro AU lori.
Dans l'Eglise contigue à l'Hôpital on voit
de belles peintures , de Bicci délie Pomarance y d 'Andréa del Castagno j à'Alessandro Allori, de Domenico Feneziano, (¥Empoliy et un Crucifix de Gianbologna.
I/Hôpital di S. Bonifazio, fondé en 1377 par Boniface Lupi de Parme , a été agrandi à diverses époques; enfin le Grand-Duc Pierre Léopold Ta fait restaurer et orner magnifiquement. On tient les aliénés dans une partie de sa vaste enceinte ; on traite les maladies de peau dans une autre partie; une troisième portion sert d'hôpital militaire; et enfin la quatrième sert pour les invalides et les incurables. On a ajouté à cet établissement le Couvent de S.« Lucia qui a élé supprimé.
L'Hospice delle Convertite fut fondé en 1330 dans le Couvent de S.,e Elisabeth sur la gauche de l'Arno, et fut transféré ensuite à S. Ambrogio. Cet établissement a pour objet de rappeller la vertu dans le coeur des femmes vicieuses qui y sont renfermées.
A l'aide de la générosité de deux Dames très pieuses, on a maintenant fondé deux Couvens semblables au précédent Hospice ; l'un rue S. Gallo , et l'autre à S. Barnaba.
Enfin la Confratermta della Misericordia fut fondée en 1244 , et établie ensuite en 1491. C'est peut-être l'institution la plus philantropique que l'on ait pu imaginer. On voit dans sa chapelle deux tableaux qui sont d'un des trois peintres Bronzinij et un bas-relief en terre cuite, de Luca della Bobbia.
Chàpithe Troisième.
Institut* $cientt'ff gure tt fUttmfri*.
Nous ne voulons pas faire 1 enumération des Instituts privés, dont plusieurs mériteraient d'être cités pour les résultats heureux qu'ils produisent ; outre les nombreuses So ciélés littéraires, telles que la Crusca les Georgofili y YAteneo ltaliano la Colomba ria , le Liceo , etc. On doit seulement remarquer :
1. ° Les Ecoles élémentaires fondées en 1820, une à S. Jacopo rue Ghibellina j et l'autre à S. Giovannino rue S. Gallo.
2. ° Les Pérès Scolopi, Clercs réguliers j qui possèdent un des instituts religieux les plus utiles, et ont été substitués aux Jésuites de S. Giovannino en 1275. La jeunesse florentine de toutes les classes est instruite gratuitement dans cette Ecole , depuis les premiers élémens jusqu'à un cours complet de mathématiques,
3. ° Les Ecoles de Médecine et de Chirurgie; celle de Médicine à Florence a été une des plus célèbres en Europe. Elle est tenue dans l'Hôpital de ,5. Maria Nuo va, Des Professeurs d'un très grand mérite y enseignent la médecine, la chirurgie et la pharmacie.
4. ° Les Ecoles des Beaux Arts, qui sont réparties dans l'Hospice de S. Mathieu et dans les Couvens supprimés de S. JNiccolo et de S. te Catherine. Cette Institution peut être justement appelée la première en Italie.