Chapitre Cinoueme
'{Jalato ï>c ttrot&rnrc Uopalc
Li Palau Royal Pitti.
C esl avec raison que plusieurs Ecrivains ont appelé cette magnifique Résidence Royale un grand monument des Arts, el onl ajouté qu'il a toujours fait t'&dmiration des Voyageurs instruits et impartiaux qui onl visité Florence j car sa construction rustique, ses pierres à bossage qui onl jusqu'i 12 braccia de longueur; la majesté du style el la manière étrusque-cyclopienne qui l'embellit , ne peut manquer d'attirer l'attention universelle. Il a été construit en 1440 par Luc Pitti, dont il tin* son nom, sur le dessin de Filippo M Ser Brunellesco Lapi% En 1 549 ^ ce beau Palais
devint la propriété de la famille des Médicis, vu que Eléonorc de Tolède Ta voit acheté de Bonaccorso Pitti pour le prix de 9000 florins d'or : il a été orné ensuite d'une grande quantité de statues en marbre et décoré d'une infinité d'objets de beaux Arts, sous la direction de VAmmannati. Corne II confia ensuite le travail à Giulio ParigL En 1620, il fit élever l'aile droite qui est au levant, et en 1631, sous la direction de ce même Parigi , on éleva Taile opposée; ce qui donna à la façade 250 braccia de longueur et 60 de hauteur.
Le Rondeau de gauche a été fait par Tordre du Maréchal Botta en 1 764; celui de droite fut commencé en 1783, continué parle Grand-Duc Ferdinand 11 5 , et fini sous le règne de notre Souverain actuel Léopold II , qui d'après la direction du Chevalier Poccianti a fait terminer les deux Rondeaux qui sont au dessous des deux premiers , en bossage rustique pour servir d'ornement et compléter ce Palais surprenant qui a 23 fenêtres par étage , et trois balustrades.
Dans le partie basse de la façade à sa droite, on voit une téte de lion qui jette de Teau excellente.
La porte d'entrée a 16 braccia de hauteur et 8 de largeur, les fenêtres ont la même dimension. Cette porte introduit sous un beau Péristile, et ensuite, dans une Cour vaste et magnifique , faite sur un dessin de X Ammannati; elle a en longueur 82 braccia et 60 en largeur. La hauteur du Palais dans l'intérieur de la Cour est de 65 braccia et 1 \2 compris la corniche.
En face de la porte d'entrée, il y a une
grande tarasse sur Laquelle an voit une fontaine élevée en 1641 ; elle est ornée de plusieurs figures en marbre. Les sculptures sont de Fmncescn dcl Tadda; les figures en stuc de Franccsco Susini. Au dessous de cette fontaine, il y a tme grotte, ou plutôt an ba*-
sin d'eau vive: les murs sont incrustes de mosaïque, et la voûte, sur laquelle est peinte la Kenoinincc, est supportée par 1(i colonnes en pierres.
Vis-à-vis de celte même porte, on voit un torse restauré représentant Moïse ; il fut sculpte par Rafîacllo Curradi et remis ensuite dans l'état où il se trouve par CoSUllO Salvestrini. Les statues, représentent : la Législation, d' Antonio Xnvelli ; le Zélé, de Giovan Bntista Pieratti \ et les deux autres sont de Dotncnico Pieratti. Antee étoullé par Hercule est une copie d'un groupe tfree ; et .M mêlas qui soutient Patrocle est un groupe antique: ces deux groupes sont places dans des grandes niches, ou il y a deux autres fontaines. L'Hercule est une copie du Farnesiarto. L'autre Hercule combattant Cerbère ne mérite pas d'él re observé, excepté dans Le torse qui est du bel anl ique.
a droite de la Galerie couverte , on entre
dans un .s.ilon au re/ de chaussée, ou I on admire plusieurs ftUeg -nés de Noces peintes à
Fresque par Giovanni dû S. Giovanni* Ces peintures sont considérées comme les meilleures de ce grand Artiste. On doit noterquela peinture de la muraille qui représente Laurent le Magnifique en babil ronce est l'ouvrage de Francesco Montelatici } surnommé Cecco Bravo\ que la Flore est d'Ottavio Fannij
surnommé// Vannino , ainsi que la Foi qui montre le Ciel à Laurent: que l'Académie Platonique avec les portraits de Ficino , de Pico délia Mirandola et du Poliziano , de même que la Philosophie , la Parque et Mars sont du Chevalier Francesco Fnrini. Néanmoins l'idée de ces peintures est de Giovanni cla S. Giovanni.
11 y a aussi qui mérite d'être remarqué les huit Statues en marbre; les deux en bronze et quatre Bustes antiques, ainsi qu'une Table marquetée en pierres dures.
jéngiolo Michèle Colonna a peint la seconde salle, et Ton croit que l'Homme qui y est représenté montant l'escalier est le portrait de ce même Colonna. Alexandre Magne que l'on y voit est l'ouvrage de Colonna etd' Jgostino Mitelli ; on y admire aussi quelques sculptures en marbre.
La troisième Salle, peinte également par Colonna et Mitelli, est ornée d'un aigle, et de 18 Bustes de sculpture antique et moderne , de quatre Groupes et d'une Table en porphyre sur laquelle il y a un bassin avec trois petits Amours endormis, et de deux Armoires antiques en marqueterie. La Charité , statue magnifique du sculpteur Bartolini est placée dans cette Salle.
A main gauche il y a une autre Salle,, ou Ton remarque la statue d'un Esclave et parmi les autres ornemens, quatorze petits tableaux de Giovanni cla S. Giovanni peints à fresque sur une grande table de pierre.
On voit dans la petite Cour contigue la statue de César sur un piédestal rond, le tout antique, une Vénus assise, dont la tête est
moderne; une Muse, une Nymphe et le buste d'un sujet inconnu. La voûte de la (jalerie couverte a été peinte par Bcrnardino Puccelti.
En rentrant dans la grande Cour , on trouve, à l'Est, la Chapelle du Palais ; l'Autel est enrichi de lapis-lazuli et d'autres pierres précieuses. Il y a en outre un Crucifix en ivoireque I on croit de Gidmbnluyna el deux Colonnes d albâtre oriental qui supportent V orchesl re.
Moulant ensuite dans le Palais, après quatre rampes d'escalier, on entre dans un Vestibule, ou Ton voit une Vénus antique; deux statues d'Hercule , aussi antiques ; cl la Dissimulai ion, par Fr&TiCe$CO S'tu/ii
Dans le second \estibule, on . trouve deux Faunes antiques restaures; Baeehus, de liaccio luuuluiclli ; et Mercure qui tue Argus de Frtuicus'il la.
Dans la Salle délie Guardie } onvoil un Mercure antique; un Faune antique, avec un petil Faune : un au ire Faune presque semblable ; un autre Mercure antique \ Hygias restauré avec le serpent d Esculape j une Pal las antique dont la téteesl moderne; un Gladiateur, antique restauré; un autre Gladiateur, ayanl la tête antique; el un Esculape antique , statue très estimée ; une Vénus antique ; le buste de Pierre Lèopold , de Spinazzi ; celui de Ferdinand Hl , de Giuseppe Belli : celui de 1 lôme L ; en bronze, et celui de Ferdinand II , en
marbre.
La Salle des Niches renferme six belles
statues antiques : une Venus , d'auteur inconnu; Flore; Vénus Gfiestej une Muse ; Apollon Musagete; les bustes antiques tant estimés re-
présentent Antonin , ou peut-être Puppieno ; un Buste inconnu ; Marc-Auréle , avec le buste moderne ; Commode ; Lucilla ; une Figure inconnue, dont le buste est moderne; Gallien; un Sujet inconnu, soupçonné Antonin. Les Peintures à fresque sont de Terreni et de Castagnoli.
Le Salon de la première Garde a dans la voûte un petit enfoncement peint sur toile , de Luca Giordano.
GaUVit I rt ii Du iJalai0 JJiM (i).
Si nous devions Imiter un à un les cinq cents tableaux et les autres objets précieux que renferme celte m;i£nilique < inlcrie, il nous faudrait étendre de beaucoup les limites que nous nous sommes proposées } vu qu'ils sont tous les produel ions des plus célèbres <u I istcs, et (pie pour détailler toutes leurs be.iutrs, je leraifl obligé de donner sur chacun de < es
riches tableaux un article long el détaillé, je me limiterai donc à dire (pie celle précieuse
Collection ;i élé commencée par la l'ami Ile 'les Medicis, el augmentée ensuite considérable** ment parla dinastie d'Autriche, actuellement régnante* Je nommerai avec exact ilude 1rs grands artistes dont les admirables productions ont enrichi ce Temple des beaux Arts, en cptanl les taMeaux qu'il renferme.
L'époque la plus certaine, où la Collecf ion des tableaux commença à se convertir eh Galerie, dans ce palais royal, semble postérieure aux peintures â fresque de Pietroda Cortona et de CirO Ferri qui furent terminés en 1640 ; elles itécorenl cinq grandes pièces d'un des plus beaux apparlemens,
i La bièaveilJauce de Son Atteste Impériale el Royale le Grand-Duc *lo Toscane Leopold II permet aux Amateurs des bcattX iris de la visiter tous lis jours ouvrables, depuis neuf htureB dll matin jusqu'à trois de l'a près midi.
Les premiers tableaux furent ceux de 77ziano et de quelques autre s pei 1res fameux , qui échurent au Grand-DucFerdinand II, comme héritier de la Maison ducale de la Rovére. Ensuite on y ajouta ceux que le Gran- Duc Corne III avait achetés. On fit graver sur cuivre environ cent des plus beaux dont on puhlia les gravures.
Depuis cette époque la Galerie a élé constamment augmentée. Ceux de T Ecole flamande sont dûs à la générosité de la Princesse , veuve de l'Electeur Palatin, et sœur du Grand-Duc Jean Gaston, dernier Souverain des Médicis.
On destina d'ahord cinq grandes Salles pour cette Galerie ; peu à peu on a augmenté le nomhre jusqu'à quatorze que Ton compte aujourd'hui; chacune tire son nom du sujet peint a fresque dans son plafond.
Les cinq premiers Salons dont nous avons déjà parlé furent décorés en 1640 par le génie créateur de Pietro Berretlini, surnommé de Corlona^ sa Patrie ; c'est delà que le commencement de la Galerie a pris le nom deYappartamento di Pietro da Cortona.
Chaque Salon porte le nom dJ une Planète, avec les Allusions relatives aux cinq principales vertus du Grand-Duc Corne I.er à qui on dédia cette Collection.
Le 1.«c Salon de Vénus fait allusion à la Bonté.
Le 2.<i , d'Apollon, à la Magnificence.
Le 3.e , de Mars, à la Force des Lois. Le 4.e , de Jupiter, à la Majesté royale et à la Récompense du mérite.
Le 5.e, de Saturne, à la Prudence et à
l;< profonde Connaissance des hommes et des choses.
Ainsi, l'observateur recoimàttra chaque Salon par le peinture ci le sujet du plafond.
1 1 con\ ienl de commencer le tour de la Galerie à droite en entrant . en obeervsfal les tableaux d'après leurs numéros progressifs, qui suif enl de liant en bat.
$alon Dr Fritttf
En entrant dans 6 t Salon, on voit d'à* bord au milieu du plafond une peinture qui représente Minerve enlevant un jeune homme dû mains de Vénus el le présentant à Hercule; belle allégorie de la Raison qui détotirne la jeunesse de (Incontinence et l.i dirige vers
l 'activité et le I rai ail.
Dans les huit lunettes, on a représente Crispus ; Antiochus • Alexandre ; Séledcus ; Massiniss.i ; Scipion : C} rus et Auguste: personnages qui ont tous su vaincre leurs passions.
La voûte est soutenue par des Kaunes : les huit Bustes en .stuc, ouvrage de Satvc-
striniy placés aux parois représentent les portraits de la famille des Medicis. Sur la première paroi sont ceux de Ferdinand Leret de Côme il; sur ta seconde, ceux des Pontifes Léon \ et Clément \ il, sur la troisième, on voit Ferdinand IL ayanl à ses côtés Côme III encore enfant : sur la quatrième sont les portraits de Côme ï.eret de François son fils.
Maintenant [nous suivrons tes tableaux dans l'ordre numéral suivant: