CINQUIÈME SECTION
ïEntoiroit* 5e jFlovtnte.
Apres avoir visité les objets qui rendent la ville de Florence si intéressante , et la font admirer de tous les étrangers comme une des premières en Europe sous bien de rapports, les voyageurs jeteront avec plaisir un regard également curieux sur les Villas et les délicieux jardins qui l'environnent à une grande distance. Nous les accompagnerons constamment pour leur faire observer ces belles campagnes, afin qu'ils puissent conclure combien de mensonges a rapportés quelque écrivain étranger qui, peut-être ennemi de l'Italie, a voulu comme tel en faire la description. Néanmoins notre intention n'est pas de donner rénumération des sites variés, de 1 aménité des collines, de la fertilité des vallées ; ni d'en décrire minutieusement les Maisons , les Villas , les nombreuses Bourgades que l'industrie et le commerce rendent riches et peuplées, et qui, selon Clouvier, frappent d'étonnement et d' admiration toutes les nations de l'Europe; tant de beautés réunies, selon Arioste, semblent y germer de même que les jeunes arbrisseaux et les rejotons des plantes. Nous laisserons donc l'observateur judicieux admirer à loisir les tableaux riants; les scènes variées, et les perspectives que la Nature y présente; et nous nous limiterons à noter
uniquement les lieux qui ont relation à notre histoire, ou qui contiennent quelques Monumensdes be;uix Arts. Ainsi poursuivre V ordre que nous avons tenu jusqu'ici nous commencerons |>;ir la droite de lArno, en classant les objets par comunes.
La Comm M Ro vez/axo.
Dans le village de Ho vcz zano , il y a une Chapelle peinte par Fi°<irn ialiif/io.
Sc/tit/nano 9 ou la famille Settimia avait des possessions, esl célèbre pour avoir donné le Jour a des artistes habiles et notables. Son Kg lise esl ornée des peint ires à fresque de Pucini de Dantlini , de Tommaso dit S. Frediano, de Willori, de Ciirrurfi cl de Com/tdi. L'Autel du S. Sacrament est construit sur un dessin de l>tmnt a lent i .
Le Monastère de -v Suivi conserve, malgré les injures du teins et des hommes, le plus beau Monument peul-él re d*. -Indrea dcl S ir- /<>. que I ou admire dans le Réfectoire. Ou j voil les ligures de S. Benoit, de S. Jean Gualberto,deS. Saftri Ëvéque,de S.Bernard des Alberh; et au milieu, la Trés-Sainte Trinitéj et enfin le Cénacle (pu est si renommé.
La Coxgfe m Fiesolf
FieSOle dont l'origine se perd dans la nuit
des tems les plus reculés de l'histoire Etrusque, et qui conserve de grands souvenirs de ses ruines eparses , présente la perspective la plus belle el la plus riante que l'on puisse désirer.
L'Abbaye dei Roccettini , maintenant supprimée, était déjà la Cathédrale de Fiésole; dans Tannée 1028 elle fut rebâtie sur un dessin de Brunellesco j et est enrichie de plusieurs Monumens des Arts, parmi lesquels on distingue le Cénacle fait par Mannozzi.
L'Eglise de S. Domenlco a été construite en 1404; elle est ornée de plusieurs bonnes peintures.
Près de là , on voit la Villa Guadagni y bâtie par le célèbre Bartolommeo Seal a. La Fontaine, que 1 on trouve sur la route, a deux têtes de lion ; c'est l'ouvrage de Bandinelli.
La Villa Vitetti a été construite aux frais de Jean des Médicis.
Au dessus de cette dernière, est située une autre plus belle, la Villa Afûzzi j qui fut bâtie en 1 478 sur un dessin de Michelozzo ; elle avait été destinée pour servir à la conspiration des Pazzi et elle devint ensuite un asile paisible où se réunissaient les sa vans. C'est là que Ton forma la célèbre Académie Platonica.
L'Oratoire de S. Ansano est enrichi de peintures, par Botticelli , et' d'un superbe tableaux représentant les triomphes du Pétrarca par Pesello.
La Villa Jiicasoli est célèbre par la Congrégation dei Girolamini que le Béat Charles y fonda en 1400. Dans l'Eglise voisine, on conserve des peintures et des sculptures d'un grand prix.
L'Oratoire de S.a Maria Primerana possède une image de la Vierge: on la croit la plus antique qu'il y ait en Toscane , ce qui lui a fait donner le nom de Primerana. Seion
l'opinion dè l'Ammirato> celte Eglise était au centre de Fiésole;
Le Sriniii.Vu c \ restauré depuis peu, fui fondé en 1637 par Itvéque delta Robina.
La Qafchédrak possède de bondes péintoN rcs m les seulplures admirables des artistes deila Itobkiayée ïfinûei âe FerruccjL
La Basilique de 5. Jlcssnndro est soutenue par des colonnes de eipoUin d'Egypte. On suppose que c'était un temple antique consacré à Bao lm^.
Pu s de la place j on voit les ruines d'un Teste amphil béàl re.
Le Couvent delta Doccià* maintenant
supprime, aé!é construil mit un dessin de Jiuo
narrol i. par Sattti dl I Ito*
ifajano était d'abord un chéteau et devint ensuite un Convent de Religieux qui est maintenant fermé] il est entouré de / ïllas tellement magnifiques qu'elles attirait I admi-
ral ion de Ions les vo valeurs.
La / //// Reale m Pratolino , où il y avait nne grande quantité de Monumens des Arts, ayaol été détériorée p;ir le lems, depuis
peu d'années S élé démolie. Le Pare dont on a fait un Jardin anglais esl magnifique et très intéressant à visiter.
Lv CoHUME nr.L PlLftÉGâlUO.
L'Egliâe du Noviei.it des Pères Scolopj conserve de belles peintures à fresque, de Bonechi] un tableau de S. Joseph Caîasansio, du célèbre Gip?iani\ et beaucoup d'autres ornemens.
Les Royales Cascinc qui font les délices des Florentins ont'une circonférence déplus de quatre milles; elles commencent des murs de la ville, se prolongent sur la rive de V Arno, et sont embellies par une grande quantité d'arbres touffus et rares, d'ornemens et de maison ettes des gardes champêtres qui sont chargéa de surveiller le gibier abondant qu'on conserve dans cette belle promenade publique. Au milieu de ce charmant endroit, il y a un Palais Royal, où le Grand-Duc donne quelquefois des fêtes.
Montughi conserve un grand nombre de mémoires historiques.
Careggi , autrefois Villa Reale , a été construite par Corne le Vieux sur un dessin de Michelozzo; elle a été la demeure de Marsilius Ficino qui fit renaître la philosophie Platonique. Corne le Magnifique continua à regarder ce lieu comme un illustre Licce, où se réunissait les plus grands génies de la Toscane. Le Fondateur de l'Académie y termina sa vie glorieuse , ainsi que le généreux protecteur Laurent. Cette belle Maison de campagne est ornée de peintures à fresque de Pontormo et de Bronzino. Elle appartient à la famille Or si.
Morulli ou Villa Bertolini , autrefois des Médicis, a un beau Portique d'ordre toscan.
La Villa Demicloff , construite depuis peu d'années , présente aux voyageurs des objets dignes d' admiration ; elle est considérée , non seulement comme un des beaux Monumens d'Architecture moderne, mais il y a de plus dans les Jardins et
dans le Palais un grand nombre d'objets des beaux Arts. On j a établi récemment une Manufacture d'étoffes en Soie.
La Coin ai di Sesto.
On voi\ dans l'Eglise paroissiale de Sesto la tombe d' kndrê Buoflapeârte qui y naquît en 1779:el des peintures à fresque, par Enipoli ci PoccettiAje Cloître qui èn dépend esl aussi orné de < p lelques peintures de Poccetti,
I Royale Villa di Castello \> qui aété agrandie |»;n Côme l.rr sur un dessin de fribolo el embellie «le peintures par Pontormo } possède dans le Jardin qui <'n dépend là célèbre FonfiaiM appéteefef TribolOjtX Hercule qui étouffe Aniir, par Àtrunirato\ le même Altiste a liiit aussi en bron2e la statue de l'Apennin que l'on voil dans l * grotte.
La Royale / illa délia Petraja a appartenu nu bra\ e guerrier Brunellescbl et lui embellie par BuoHtalenti. Elle possède dans Y Oratoire Intérieur une table superbe d\^///dra del Sarto. Falterrano a peint , dates la Galerie couverte, les faits les plus mémorables des ( rrands-Ducsqui ont gouverné la Toscane. C'est dans ce lieu que L'Ammirato à écrit l'histoirede la République Florentine.
La lu)} aie / illa dite la Topaja a élé habitée par le célèbre historien Yarcfci. On y conservé la statue de S. Fiacre ouvrage de Fiamouiini.
C'est dans eelte Comune qu'est située la Fabrique de Porcelaine du Marquis deGinorij elle est célèbre par la finesse et la beauté des ouvrages qu'on y exécute.
La Comune di Brozzi.
Cette Comune est riche en grandes et belles Bourgades où l'industrie et le commerce fleurissent, particulièrement celui des chapeaux de paille. Le territoire a ètè longtems le théâtre des guerres qui eurent lieu entre les Pisans et lesFlorentins.
La Comune di Legnaja.
L'Eglise de S. Angiolo existait en 1275.
L'Eglise de 5. Quirico remonte à une époque très ancienne, puisqu'elle existait déjà en 1038.
Le Château de Scandicci ne conserve que peu de vestiges de son ancienne existence.
Dans ce District il y a eu une Villa de Bartolommeo Scala.
Dans la Villa Martelli , mourut le célèbre Piero Crinito.
L'Eglise de S. Francesco di Paola conserve de bonnes peintures et la belle tombe de Federichi , Evêque de Fiésole. La Statue que Ton voit en face de l'Eglise est de Piamontini.
L'Eglise du Monastère de Monte Oliveto possède une entrée du Sauveur dans Jérusalem, par Santi di Tito] le B. Bernard Tolomei, du Pignoni] une assomption, du Passignano ; la statue d'une Vestale, par Caccini\ et dans la Chapelle qui est au dessus de l'Eglise, on voit une Résurrection, par Jta/faellino del Garbo. On y admire encore quelques bonnes peintures à fresque du jPoçcetti.
La Magnifique Villa Strozsi au dessous du Monte Oliveto a des dépendances qui attirent l'admirât ion de tons les curieux.
Le Monastère de èfonticelli «Mail habité par des Bënédid ins en 1 06 1 .
La Comune dkl Galluz/.o.
Le Monastère de la Cerf osa 'Chartreuse) a été fon<l<: en 1341 par Nicolas !icciajô* h. C'est un édifice très vaste è( riche en monumens. Le de-- in de' ce monastère est de VOrcagna, Les peintures de la voûte de r Eglise sont à'Orazio ftdani\ ainsi que les tableaux qui ornent les parois, il j avait beaucoup de peintures de PotUOMÊO . que le lems
a détruites ; mais quelques tableaux île (>iustppe Sacooni se sont bien conservés. La
Piéle avec deux Ancres , et S. Laurent que
l'on voil sur la porte de l'Eglise sont du Bronzino. Dans la Salle dû Chapitre , on admire le Crucifix, la \ ierge au pied de la Croix
et Tobio, de Miiriotto A lhcrtinclU\ le S. Jean
avec beaucoup d'autres figures est de Locto-
viCO Cantcci ; In Chute des Ancres rebelles, d* (sabeltû Sirani ; la séparation de S. Pierre
et dé S. Paul , «le BOSCM : et les peintures sùï bois (pie l'un \ oit dans une des Chapelles SOill
du Beato Angelico.
Dans Une chambre souterraine, sont pla-
eées lès bombes de la famille Aeeiajoli.
L'Eglise de s. Gaggioy on plut (US. Cajo a été construite ai ri^ que le Monastère annexé en 1 > r>. Cette Eglise a de remarquable sur le Maître-Autel un tableau de Cigoli et le sa-
perbe tombeau du célèbre Thomas Gorsini 9 sculpté par Silvani.
La Villa d'Arcetri est très célèbre pour avoir possédé le grand Galilée qui y passa ses derniers jours. Elle appartient à la famille Bonàjuti.
L'Eglise de S. Maria delVImpruneta, où les Florentins tiennent en très grande; vénération une Vierge peinte sur bois, a é'é édifiée par la famille Buondelmonti , et est encadrée par les peintures de Purjtleschi , de Jiedi et de Sagrestani. On y admire aussi un très-joli tableau représentant la vocation de S. Pierre , par Jacopo da EmpolL
La Comune del Bagno a Ripoli.
Il y a dans cette Comune quelques anciens Edifices construits , en grande partie , par les Alberfi, pour servir d'asile et d'habitation à des ordres religieux.
La Basilique de S. Miniato al Monte est un des plus anciens et des plus célèbres Monastère de la Toscane. Elle a été bâtie et ornée comme on la voit à présent par TEvêque lldebrando, en 1013. Cet Edifice a été ensuite réduit en petite Forteresse par Corne I.er et se trouve situésurles ruines d'un temple antique; l'Eglise- a trois nefs, on monte au Presbytère par deux escaliers en marbre, selon le goût des anciennes Eglises. Derrière l'autel, il y a cinq grandes fenêtres dont les carreaux sont en marbre transparent. Outre les superbes mosaïques et les sculptures, parmi lesquelles on dislingue le grandiose Monument du Cardinal Jacques de Portugal, ouvrage de Bas-
sellitiC } on doit y observer plusieurs productions d6 Luca delta Robbia , Antonio et de Piètre Pollajolo^ de Spinelli ainsi que d*
;iul res peintures très aneiennes dont le> auteurs sont inconnus.
L'Eglise de S. Franoesco al Honte dette Croct, que Buonarroti appelait: labella Fitlanella [lu belle Bergerette ), a été bâtie aux frais de Castello Quaratesi, sur un dessin du Cronaca. On 3 voit ane Annonciation peinte pat Beato Angelico . h une Nativité, par So-
(jliani : il \ ;i encore (Huîtres peintures parmi lesquelles on distingue celles «lu Botticelli\ ainsi qu'une Piété en terre cuite, par Luca delta Robbia.
Le Poggio Impériale est line des plus grandioses el magnifiques FtlUu des Grands* Ducs dé Toscane.
A peine est on sorti delà porte Romaine que I un aperçoit à gauebe une grande allée plantée dés deux côtés de vieux ebénes verts et de ciprès épais et élevés, elle se prolonge en ligne droite i la distancé <l*un nulle ci termine à la \ asta placé du Pilais,
l 'n entrant dans cette allée , on voit quatre statues en itoarbrequi représentent: Homère, Virgile, le Dante el Pétrarca;e1 à l'autre bout, on trouve , également en marbre, la stâtue d'Alhlante et de Jupiter.
Quant aux nombreuses beitutés de différent genres que présentent cette délicieuse demeure et les jardins qui en dépendent j c1 est en vain qu'on prétendrait les citer toutes; les personnes qui ont le goût des Arts les sauront apprécier. Il ést bon de noter cependant qué ce lieu enchanté a appartenu à la famille
Baroncelli, ensuite à celle des Salviali , et enfin à Madeleine d'Autriche épouse de Corne II. L' Archiduchesse Vict oire, le Grand-Duc Léopold et Ferdinand III ont agrandi cette magnifique Villa et Tont, tour-à-tour , décorée admirablement. Parmi les ornemens des beaux Arts qu^on y admire, il y a un Adonis blesse' , par Micheïangiolo ; une voûte peinte par Matieo Rosselli ; et d'autres productions de Gherardini y de Traballesi » de Gricci , de Del Moro, de Fabbrini et de Terrent.
Quoique // Poggioa Cujano9 ^appartienne à aucune des Comunes susdites, et qu'il ne soil pas dans le rayon de cinq milles autour de la ville, distance dans laquelle nous nous étions renfermés; il convient néanmoins d'en parler, vu que c'est une des plus magnifiques Villas qui embellissent le territoire de Florence.
Cette belle habitation fut bâtie par Laurent le Magnifique, et agrandie par le Grand- Duc François.
Le Salon est de l'architecture de Giuliano da S. Gallo. Les peintures sont à' Andréa del Sarto, de Franciabigio , de Jacopo da Pontornio et û? Alessandro Allori\ elles représentent quelques sujets allégoriques à la famille des Médicis.
De ce Salon on passe dans un autre orné de stucs, où l'on admire d'autres peintures allégoriques très estimées du Gabbiani. Il y a en outre beaucoup de tableaux, peints par des Artistes célèbres.
Ce Palais , où mourut la belle Bianca C appelle* et où se sont passés d'autres évènemens qui intéressent au plus haut point Y hi-
Btoire, S été célèbre dans les vers du Poliziano,
Kiifin la Vil Id (1 ylrtim'mo: eonsl mile diaprés 1rs ordres de Ferdinand I.r sur un dessin de HcrnardoBitoiitalenti es! situé dans une pOSll ion délicieuse.
.Nous espérons que l'étranger amant des beaux Arts, qui vienl visiter notre riche Italie pour connaître les beautés immenses qu
elle renferme j Bera satisfait de noire travail; et qu'après avoir admiré tous les Moulinions que nous lui avons fait observer, tant dans Florence que dans ses environs, il dira avec nous que lu Cite des Fleurs est la Fleur des Cites.