LES OMBRES NATURELLES
Les ombres naturelles sont celles qui appartiennent directement à l'objet, comme celles d'une boule ou sphère (fig. 39).
Les ombres naturelles, dans les objets se rapportant à la forme cylindrique, se divisent toujours en trois zones de colorations différentes, «'unissant parfaitement l'une à l'autre : 1° Vombre -proprement dite, B, qui est la partie la plus colorée et la plus directement opposée à la lumière ; 2° la demi-teinte, A, qui unit l'ombre à la lumière ; 3° le reflet, G, qui est la partie extrême fuyante.
Quand on sait bien modeler une boule, sur laquelle est fondé le principe du relief, on connaît le principe de l'effet, et l'on peut modeler tous les objets de forme tournante analogues au cylindre ou à la sphère et qui en dérivent, tels qu'une tête, un bras, une jambe, un arbre, etc.
Deuxième exemple. — Tasse (fig. 40). — Gomme complément aux explications qui précèdent sur les variétés de coloration de la boule, passons à l'analyse des ombres dans un objet de forme franchement cylindrique, tel qu'une tasse, choisie à dessein de couleur grisâtre, couleur qui se trouve expliquée par le ton local de notre modèle.
La lumière vient de gauche sur cet objet ; par conséquent, la partie de droite est dans l'ombre ; cette ombre occupe un peu plus de la moitié de la largeur de la tasse.
Dans cette ombre générale se trouve, en A, une zone verticale de coloration plus intense, qui indique la partie du cylindre la plus directement opposée à la lumière.
La zone montante G représente la demi-teinte, qui lie la lumière à l'ombre.
La zone extrême B représente le reflet ou partie tournante et fuyante, qui lie l'ombre à la partie circulaire du cylindre.
Gomme on le voit, le principe reste absolument le même ici que pour la boule : dans l'un et dans l'autre objet, les trois teintes s'unissent, se confondent de manière à n'en former qu'une.
Dans les parties tournantes de l'anse, les ombres suivent toujours le même principe : aux points 1 , 1 se trouvent les parties les plus colorées ; aux points 2, 2 prennent place les demi-teintes ; au point 3 se voit le reflet.
Le principe d'exécution est celui dont l'emploi est constant dans l'Alphabet: d'abord le rectangle, puis les horizontales 4,5, 0, 7 et 9, figurant les diamètres des cercles.
Dans l'intérieur de cette tasse se trouvent réunies l'ombre naturelle
INTRODUCTION
et l'ombro portée, qui se colorent de plus en plus ;'i mesure que la profondeur se fait sentir.
Fi"-. /|0.
Troisième exemple. — lîafai {ih^. 41;. — Nous donnons eneoi-e comme exemple afiirmatif du principe dn cylindre un hnini, objet formé d'un grand nombre de menues brancbcs d'arbres dt)nt l'assemblage prend la forme cylindrique. L'expression de l'ombre, très écrite sur cette composition, oflre un nouveau sujet d'(tbservation.
PRINCIPES ET METHODE
Malgiv l'aspect pittorosquo do rot onsomblo, lo principo du modolé
ou t'Xpiessiou du leliof ne change point.
Au point A se trouve la zone montante la plus colorée, formant une portion de la partie ombrée.
Au point C est figurée la domi-tointe, qui lie l'ombre à la lumière.
Le point B montre le reflet ou partie fuyante.
Le point D représente la zone verticale lumineuse ; lo point K, la teinte qui lie la partie tournante à la lumière.
Ainsi que tous les objets que nous donnons comme types dans le Guide, ce balai et les cercles qui l'entourent sont trouvés par l'application do notre principe, application dont nous présentons lo modèle.
Après avoir fait le rectangle G, H, Y, Z, conduire les diagonales et la voiticale centrale P, qui détermine la place du manche au centre du balai.
Tracer ensuite les horizontales 1, 2, 3, 4, donnant la proportion et la place des cercles.
Xous pensons que nos trois exemples, de forme et de nature bien difl'érentes, suffisent pour faire comprendre le principe du relief dans les objets cvlindriques.
Fis. 41.
INTRODUCTION
LES OMBRES PORTEES
Les ovibres portées ou projetées sont produites par linterposition d'objets entre la lumière et d'autres objets, les objets interposés ayant eux-mêmes l'une de leurs parties dans l'ombre.
La largeur des ombres portées correspond exactement à la largeur des ombres naturelles.
L'ombre portée est plus ou moins forte, selon la coloration de l'objet sur lequel elle tombe, et elle est plus forte près de 1 objet qui la produit, en diminuant graduellement d'intensité.
Les ombres portées, rampant sur les objets sur lesquels elles tombent, décrivent toutes les ondulations, montantes ou descendantes, droites ou courbes, que peuvent présenter ces objets, ce qui permet
Fifï. 42.
de dire que les ombres portées indiquent la forme de l'objet sur lequel elles sont projetées. Elles décrivent également la forme de l'objet qui les projette.
Dessin d'application (fig. 42). — Ce dessin représente deux livres posés l'un sur l'autre. Une règle pinte assez colorée s'appuie obliquement sur ces deux livres. La lumière vient un peu à gauche.
Comme on le remarquera, l'cmibre portée produite par la règle est très colorée à son point de départ A ; puis elle diminue en s'éloignant jusqu'au point 13 ; alors elle rencontre le premier livre, remonte verticaleuient au point C, et se colore de nouveau en s'approciiant de la règle au point 0 ; l;'i, trouvant le dessus du livre, elle se couche nl(li(jui'iut'nl poui' iminnltT sur lépaisseur du second livre au
PRINCIPES ET METHODE
point E, et rencontre le dessus de ce second livre au point F, où elle est très colorée, la règle touchant le livre à cet endroit ; enfin elle s'allonge en s' affaiblissant vers le point G. Elle a donc, en s'étendant sur ces livres, indiqué à la fois leur mouvement montant et l'obliquité de la règle.
Exécution. — Tracer le rectangle 1, 2, 3, 4, cadre de l'ensemble des livres ; la verticale 8, indiquant la proportion des deux côtés fuyants des livres et les séparant ; les horizontales 5, 6, 7, donnant l'épaisseur du dos des livres. Il est facile maintenant d'apprécier et de déterminer le mouvement fuyant des livres par l'ouverture des angles.