‹ Guide de l'alphabet du dessin, ou, L'art d'apprendre et d'enseigner les principes rationnels du dessin d'après natureChapitre 36 sur 161 · CERCLES CONCENTRIQUES · texte numérisé non relu

CERCLES CONCENTRIQUES

11 suffît d un coup dœil pour apprécier la simplicité de cette figure (fig. 81), qui, dans sa composition, participe des carrés concentriques (huitième leçon, et du cercle dixième leçon . L'élève connaît donc déjà le principe d'interprétation de ce motif, dont lensemble est seul nouveau pour lui, et il ne nous reste plus qu'à traiter la question matérielle de rexécution, qui n'est jamais sans quelque difficulté, même quand on a étudié et compris le reste.

Lecture de l'esquisse. — P'ormer un carré, avec les diagonales (exemple A" ; faire la croix et décrire le premier cercle (exemple B) ; dans ce cercle, aux points où il touche les diagonales, faire un second carré (exemple C) ; dans ce second carré, inscrire de même un second cercle (exemple C) et continuer à procéder de cette manière pour les cercles suivants (modèle D).

La couleur. — La couleur est peu de chose ici ; on remarquera cependant que, dans cette composition, formée de trois carrés, la recherche de la variété nous a conduit à trouver trois colorations différentes pour les fonds, afin que chacun de ces carrés ait un aspect qui lui soit propre et lui donne une valeur sur le carré précédent.

Les cercles et les carrés reçoivent la lumière à droite : toute cette partie est donc d'un ton léger, et la })artie opposée, qui représente l'ombre, est fortement colorée.

Fig. SI. — 6e cahier, planche 38.

i'ig. S-i. — 8" caliier, planche

Première application de la onzième leçon. — Rosace ornementale (fig. 82). — Le principe dos cercles successifs étant démontré et, nous l'espérons, bien compris, nous devons nécessairement donner quelques-unes de ses applications, qui sont fort nombreuses ; car le double et le ti-iple cercle sont très fréquennuent employés dans Fornementation, architecturale ou industrielle, et les fleurs même en offrent souvent un exemple naturel.

Xoti'o unique but, en publiant ce Guide, est dy présenter avec clarté des types dans des genres différents, pour bien faire comprendre Fautorité du principe que nous avons adopté comme générateur des formes des objets ; le maître et l'élève ne devront donc pas s'étonner si nous les faisons passer ici brusquement d une difticulté à une autre, si nous ne procédons pas dans cet ouvrage comme dans l'Alphabet du dessin, où n'existe aucune lacune, où tous les modèles, comme nous l'avons dit dans l'analyse de la méthode, sont parfaitement gradués et s'expliquent l'un par l'autre.

Lecture de l'esquisse.

— Etablir, eomme précédemment, h' can-é, avec les diagonales et la croix, jjuis décrire le cercle (exemple A);

LES SURFACES

inscrire dans ce cercle le carré intérieur (exemple B) : les quatre angles de ce deuxième carré deviennent les sommets du lobe central de chaque fleuron, et la courbe des lobes latéraux formerait un second cercle intérieur; faire le carré d'angle intérieur (exemple C), qui détermine les extrémités du fleuron central, de forme ogivale, dessiné par les ouvertures des fleurons principaux.

On verra sans peine que, cette première charpente une fois trouvée, la plus grande difficulté aura disparu, puisque la place de chaque détail sera indiquée.

La couleur. — Comme toujours, la couleur est ici calculée pour donner au détail sa place et sa valeur dans l'effet général. Le fond de la rosace, couvert par des horizontales, est assez fortement coloré, afm que les fleurons se détachent en clair ; le carré pris comme fond est coloré plus légèrement, d'un ton inférieur à celui de la rosace, et par des lignes verticales.

Deuxième application de la onzième leçon. — Porte à lilein cintre (lig. 83). — Le plein cintre ou demi-cercle, sévère dans sa forme dune

précision rigoureuse, se rencontre à chaque instant dans Tarchitecture monumentale ancienne et moderne, aussi bien que dans les constructions dun rang secondaire qui sont dun si heureux effet dans les croquis pittoresques. Il est donc indispensable d'étudier sérieusement, dès le début, le principe de construction du plein cintre.

Lectuue de l'esquisse.

— Etablir un carré dans la proportion générale du modèle D, avec les diagonales, et former un carré intérieur (exemple A) ; faire la croix, dont la verticale donnera le centre du sommet de la Fig. 83. — 10- cahier, planche 66. porte, et l'horizoutalc la basc

du plein cintre, puisque le plein cintre est la moitié du cercle (exemple B) ; dans ce carré central inscrire un cercle (exemple C) ; diviser la partie supérieure de ce cercle, qui forme notre plein cintre, en autant de parties égales qu'il y a de pierres composant la voûte, et

rrr.

nSif '^

remarquer que les côtés de toutes ces pierres, jusqu'à la base du plein cintre, forment des rayons convergeant vers le centre du cercle (modèle D).

La couleur. — Les pierres qui entourent la porte indiquent, dans leurs contours, d un côté la lumière et de Tautre côté l'ombre. Le ton de ces pierres est varié par la différence de direction des traits séparés qui les couvrent : les unes sont colorées par des horizontales, les autres par des verticales. Le fond de la porte se compose d'un ton uni, serré, sans aucune expression, pour laisser à la porte toute sa valeur.

C'est ainsi, nous le ferons remarquer encore une fois, que le dessinateur doit chercher la variété dans la forme, dans le travail et dans la couleur, variété sans laquelle il est impossible de déterminer le caractère des objets.

Troisième application de la onzième leçon. — Fleiir tVhélkmthe OH tournesol (fig. 84i. — La fleur dliélianthe ou tournesol, cette grande composition de la nature à laquelle sa forme et sa brillante

couleur jaune dor ont fait donner le nom vulgaire de soleil y décrit un cercle parfait, et son centre, qui occupe une large place, est formé d'une masse de fleurons nom- ])r(*ux, offrant dans leur ensemble l'aspect dun cercle concentrique au premier. Si, comme le modèle la présente, on veut dessiner cette fleur de face , soit qu'on traduise exactement la nature, soit qu'il s'agisse d'en faire un motif ornemen-

Fig. 84. — \i' cahier, iilanche 81.

tal, elle offre de réelles difficultés, non jiar le cercle parfait qu'elle décrit, mais par la place et la forme de la partie centrale, ainsi quo ])ar la direction des fleurons en forme de pétales qui, se détachant du centre, ravonnent vers la circonférence.

LES SURFACES

L'application raisonnée du principe amène ce motif d'apparence déjà compliquée à une simplicité de traduction qui lui permet de prendre place ici parmi nos motifs les plus élémentaires.

Lecture de l'esquisse. — Déterminer Tensemble par les diagonales, la croix et le cercle extérieur, dans lequel on inscrira un second carré et un second cercle. Le contour général de la fleur étant indiqué, les diagonales et la croix serviront de lignes directrices pour l'attache des pétales.

La couleur. — Ici une légère teinte de lavis détache la fleur complètement en valeur. Dans l'Alphabet, au contraire, elle s'enlève en clair sur un fond légèrement coloré.

Quatrième application de la onzième leçon. — F/eut- de jiffrotiCig.Sô). — Etude à la plume et au lavis. — Autant la fleur de tournesol est accidentée par ses mille détails, autant le pavot est simple dans son

ensemble. Sa forme générale indique clairement Temploi de notre principe, et l'exécution en est des plus faciles, puisque son contour présente, comme le motif précédent, l'aspect d'un cercle presque parfait, et que le groupe des ét-amines forme de même un cercle concentrique au premier ; mais, si la forme générale du pavot est d'une grande simplicité, le dessin de ses pétales exige une recherciie soutenue, si l'on veut obtenir la forme caractéristique de chacun d'eux.

Lecture de l'esouisse. — Établir le carré, avec les diagonales (exemple A} ; former la croix exemple B) ; tracer le cercle inscrit dans le cari-é et le petit cercle intérieur (exemple C). Cette charpente étant l)ien établie, compléter l'esquisse en indiquant les contours delà fleur et des pétales selon le modèle D.

La colleur. — Ici la fleur est claire sur un fond légèrement teinté. Dans rAl|)li.ibet, elle se détache en vigueui- par um- faible teinte de lavis.

Cinquième application de la onzième leçon. — Ffeiir de eleniatite eomiuutte, f/randie et orneinanisee. — Dessin à la plume ll'ig. 86). — Le tracé de la //eur do cléiiiatlle, par le cerclf dans lequel elle est inscrite, appartient bien au présent chapitre ; mais il se rattache aux

9" cahier^ planche 57.

chapitres précédents par le carré d'angle qui s'y trouve indiqué, et que l'œil décrit de lui-même sur l'extrémité des quatre pétales affectant chacun la forme d'un ovale très allongé. Ces pétales, qui s'attachent en croix au-dessous d'un groupe d'étamines assez important pour avoir la valeur d'un cercle concentrique au premiej-, ne présentent d'autres détails que quelques accents vigoureux destinés à indiquer les ombres et à donner du relief au groupe central. Cette composition,

<■ d'un ensemble à la fois simple et

/X^\''\\\ gracieux, dû à une combinaison \ T^^^tI de formes tout à fait élémeny\l X/i taires, s'apjjlique bien à l'ornementation en relief, par exemple à une sculpture sur bois.

Lecture de l'esquisse. — Former le carré et conduire les diagonales (exemple A}; faire la croix (exemple B) ; décrire le cercle, y inscrire le carré d'angle et indiquer le petit cercle central exemple C).

Exécution. — Chercher sur les branches de la croix, prises comme centres, les pétales de la fleur, et dessiner les accessoires, cVst-à-dire le groupe central des étamines et le pétiole modèle D),

Fig. 86. - 13' cahier, planche SC. q^^^^ -^^jg J^J^ ^,^,,p CXéCUtée à

la plume d'après les indications que nous avons données à la page 46.

La COULEUR. — Le premier carré s'enlève en valeur par des traits horizontaux régulièrement espacés, pour donner une coloration uniforme et légère. Le cercle se détache en clair, et le carré d'angle est assez fortement coloré par des lignes verticales. Les contours de la fleur, qui doit dominer la composition, sont fortement dessinés, cl l'accentuation particulière du centre donne bien à cette partie principale la valeur du premier plan.

Sixième application de la onzième leçon. — Feuilles de jierreuche. — Dessin à la plume et au lavis (fig. 87). — Nous avons déjà signalé l'utilité de l'étude des plantes au point de vue du dessin d'ornement, et nous avons dit que toutes peuvent offrir de gracieux motifs. Nous en donnons, comme exemple, l'extrémité d'un rameau de pervenche. Rien n'est plus simple et en même temps plus ornemental pour caisson, bordure en bois, etc., que ces quatre feuilles opposées deux à deux et présentant l'aspect d'un losange allongé.

LES SURFACES

Nous espérons que cet exemple engagera le maître à chercher d'autres groupes également simples de composition et d'une exécution aussi facile parmi ceux que fournissent en nombre infini la flore de nos

jardins et surtout celle de nos champs.

Lecture de l'esquisse. — Etablir un rectangle dans la pro- ])ortion générale du modèle D, avec les diagonales et la croix exemples A et B; ; tracer un losange, qui guidera pour la largeur des feuilles, et conduire deux horizontales à égale distance de la ligne horizontale centrale, pour avoir la largeur égale des deux petites feuilles exemple C) ; tracer de même deux verticales, figurées ici par des points, pour avoir la largeur égale des deux grandes feuilles (modèle D\

La couleur. — Le trait des Fig. S7. — 12» cahier, planche 78. contours doit être fortement accen-

tué, afin de détacher les feuilles en clair sur le fond coloré. Dans le modèle de lAlphabet, ces feuilles se détachent en valeur, par une teinte de lavis, sur un fond plus clair figuré par des lignes horizontales sur le losano'o.

DOUZIEME LECOX

LE TRIANGLE EQUILATÉRAL DÉTERMINE PAR LE CERCLE Hg. 88)

Nous avons jusqu'ici étudié particulièrement les figures géométriques, c'est-à-dire les surfaces aux formes précises, qu'on exécute habituellement avec le compas ; mais, pour le dessin d imitation de la nature qui nous occupe exclusivement, nous devons, ainsi que nous l'avons déjà dit, remplacer cet instrument de précision par le compas de l'artiste, c est-à-dire par le crayon dirigé suivant les indications que nous avons données à la page 31. Nous arriverons sans doute forcément ainsi à une exécution moins strictement exacte ; mais, ne traitant pas ici du dessin purement linéaire, notre but est une exac-

titiide aussi approximative que possible, et non une précision absolument mathématique.

Nous avons déjà dit (page 6.5) quelques mots sur le triangle en

général. Ici, nous nous trouvons en face du triangle ëqiiît/aiëra?,c'est-

f, ^ c à-dire de celui dont les trois

côtés sont égaux ; qui, pour cette raison, est d'un emploi plus fréquent dans le dessin ornemental, et dont le type se retrouve dans les modèles les plus primitifs.

Lectcre de l'esquisse.

— Le cercle étant décrit d'après les exemples A et B, conduire la diagonale du rectangle inférieur du grand carré : Tendroit où cette oblique touche la verticale détermine la base du triangle (exemple B) ; réunir cette base au sommet par deux obliques (exemple C).

La couleur. — Le sujet principal, le triangle, se détache en clair sur le fond, 8s. - 6e cahier, planche 4L coloration toutc de Conven-

tion, puisque dans l'esquisse, à Toxemple G, le triangle se détache en vigueur. Le fond prend ici une valeur colorée par des lignes verticales. Sur le triangle, la lumière A-ient à droite ; l'ombre est par conséquent à gauche et en dessous.

Première application de la douzième leçon. — Feuille de trèfle (fig 89) — Si, dans la nature, les ileurs présentant la forme triangulaire sont en petit nombre, les feuillages, au contraire, prennent souvent cette forme dans leur contour d'ensemble.

Le modèle qui fait Tobjet de cette application du triangle équilatéral est une composition ornementale se rapportant à la feuille de trèfle ; mais le champ de l'interprétation est très élastique, et bon nombre de feuilles peuvent, sans trop dévier du type naturel, être ornemanisées suivant cette forme.

Ce trèfle ainsi présenté, d'un aspect agréable à Tœil et formant à lui seul un motif bien complet, se rapporte, par l'angle aigu de ses feuilles, au genre dit gothique flamboyant, qui caractérise le quinzième siècle.

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LES SURFACES

SX

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Fig. S9. — d' cahier, jilanclie 4 2.

l-'i''. 90. — 7° ciiliier, planche 4C.

Lecture de l'esouisse.

— Execution. — Sur le triangle déterminé comme précédemment (fig. 88) indiquer la forme du fleuron (exemple C: et terminer le dessin d après le modèle D.

La couleur. — La teinte légère du fond du carré, sur lequel le cercle se détache en clair, et la coloration ferme et vigoureuse du triangle concourent à mettre en relief l'ornementation du fleuron central qui, par la fermeté de ses contours et Taccent voulu de son côté d ombre, devient bien la partie dominante du motif.

Deuxième application de la douzième leçon. — Étoile à six pointes (fig. 90). — L'entrelacement de deux triangles équilatéraux, dont notre modèle offre l'aspect simplement linéaire, se prête aux plus élégantes, aux plus riches créations ornementales. L'art gothique et la Renaissance Tont souvent employé. Comme intéressante composition inspirée par le double triangle, l'Alphabet en présente une 'IT cahier, planche 184) prise sur un meuble Renaissance au Musée de Cluny.

Parmi les fleurs, toutes les liliacées offrent dans l'arrangement de leurs pétales l'aspect de ce double triangle : telle est la fleur de

narcts.se qui fait lobjet do la planche 5B (8" cahier) de l'Alphabet. La forme primordiale que nous donnons ici laisse Tornemaniste maître absolu de sa création, dans laquelle pourtant !•■ contour primitif doit toujours rester bien lisible.

Lecture de l'esquisse. — Faire Tesquisse en procédant comme pour les deux figures précédentes et ajouter le triangle opposé. On remarquera que les extrémités des deux triangles déterminent la forme régulière de l'hexagone (exemple C).

La couleur. — Ici encore la couleur a été cherchée dans sa variété. L'objet qui doit être le plus en relief est naturellement Tétoile ; aussi est -elle encadrée par un trait large et ferme indiquant l'opposition de la lumière et de l'ombre. L'hexagone est détaché par une légère teinte composée de lignes verticales sur lesquelles les pointes de l'étoile s'enlèvent en clair.

Le fond est formé d'une teinte serrée où le travail du crayon disparaît pour n'offrir qu'un ton uniforme.

Troisième application de la douzième leçon. — Feuille de lierre (fig. 91). — La feuille de lierre est essentiellement ornementale et semble créée tout exprès pour embellir les murs

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