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LES FEUILLES ORNEMENTALES

Pour terminer cette série dV-tudes sur les surfaces, nous allons

revenir un moment aux feuilles ornementales.

Ce n'est pas l'attrait toujours renaissant de ces modèles qui nous

porte à en remettre quelques-uns des plus gracieux sous les yeux de

l'élève, mais leur rapport direct, en tant que surfaces, avec les ligures de géométrie déjà connues, et surtout avec notre moyen pratique d^exécution. En outre, ces feuilles sont un des principaux éléments du dessin (Tornement, et ce genre de dessin, ne l'oublions pas, est une partie inséparable et importante du dessin en général et du dessin industriel en particulier.

Feuille eVariun, f/ouet ou jyied- (le-veaii {Hg. 101). — Cette feuille, au limbe largement déployé, aux bords d'une courbure simple et régulière, })résente l'aspect d'un ovale presque complet; elle se trouve encadrée dans un rectangle assez allongé, sa hau-

Fig. 101. — 90 cahier, planche 58. |,.„i. étant à pCU près dcux fois

éi>ale il sîi lara'f'ur et s(» ])rolongeant en outre; de la loneciK^ui' d'une partie (\r la tige (modèle C).

Lkctii'.h ])E i/KSonsSK. — Faire; d'abord le rectangle total, y conduire une horizontale à hi hauteur des angles rentrants des côtés de la feuille et dans h; nouveau rectangle ainsi obtenu conduire les diagonales et la croix, dont la verticale donne précisément le milieu de la feuille (»;xemple A) ; du sommc.t de cette verticale conduire à

droite et à gauche des lignes courbes qui touchent le cadre sur l'horizontale centrale et dessinent ainsi le contour de la feuille (exemple B); compléter le dessin d'après le modèle C.

La couleur. — Cette feuille se détache en clair sur un fond coloré; c'est le trait seul qui en fait valoir la forme.

Feuille (le houx ifip. i()2\. — C'est avec intention, on le comprendra par ce qui suit, que nous donnons la feuille de houx immédiatement après la feuille d'arum. Autant le contour de celle-ci est d une simplicité presque rudimentaire, autant celle-là offre un type pittoresque et tourmenté.

Si la feuille d'arum, à la ligne anq)le et simple, fut plus souvent reproduite dans l'architecture romane du iv" au XI" siècle), la feuille de houx, aux contours déchiquetés, inspira plus fréquemment les ornemanistes de 1 art gothique, dont le ciseau se plut à fouiller le bois et la pierre, jusqu à tomber parfois dans l'exagération des détails. Aujourd hui nous admirons encore ])resque également ces deux types conservés sur nos vieux mrinuments, et nos artistes, siuspirant do leurs devanciers, vont en chercher d'après nature des interprétations nou-

Fijc. 102. — 11' cahier, planche 72. u

° ^ velles.

Lecture de l'esi^UISSE. — Comme on le voit, non peut-être sans quelque étonnement, la feuille de houx, malgré l'opposition si ac<*entuée de son aspect et de ses détails avec ceux de la feuille d'arum, emprunte, pour son contour d'ensemble, un cadre de proportions à peu près semblables a celles du cadre du motif précédent, et, comme ce dernier, s'enferme dans un rectangle dont la verticale centrale détermine la nervuro principale. On établira donc ce rectangle-cadre (exemples A et B', on tracera les courbes du contour (exemple C), et l'on terminera la feuille en cherchant l'accent pittoresque de ses nombreux détails d'après le modèle D.

La couleur. — Le contour est ferme et solide, et la feuille se détache en clair sur un fond coloré faiblement d'abord, puis augmen-

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Otts

tant de force gTaduellement en descendant, ce qui tend, comme effet, à rapprocher du spectateur le bas de la feuille en lui donnant l'accent d'un premier plan.

Feuille de hec-de-grne ou fféranium des bois fig. 103 . — Cette feuille n"a aucun rapport avec la feuille d'arum, d'une fière simplicité de lignes, ni avec la feuille de houx, à l'aspect agressif. La feuille de bec-de-gru.e, humble plante des bois, se contente d'être un chefd'œuvre de construction et d harmonie végétales dans ses détails et dans son ensemble. C'est pour nous le type le plus parfait de rornemcntation et le plus beau modèle que puisse étudier celui qui veut se livrer à cet art,

A ce type si complet de grâce ornementale se rapportent les feuilles de AÛgne, de figuier, ainsi que beaucoup d autres également employées et se prêtant aux mêmes motifs.

Lecture de l'esquisse.

— Faire le carré dans lequel la feuille s'encadre et conduire les diagonales (exem- [)le A' ; former la croix, dont la verticale donne la nervure médiane de la feuille et riiorizontalo hi place des lobes latéraux i^exemple B) ; indiquer la forme extérieure d'ensemble (exemple C) ; sur cette forme bien arrêtée établir les divisions et les détails selon le modèle D.

La couleur. — Nous avons choisi pour cette feuille un elfet de coloration claire sur un loiid assez vigoureux, alin de rendre plus distinctes les nervures et les lignes de proportion ; mais il ne serait })asnuiuvais que l'élève s habituât de lui-même à faire quelques transpositions : il pourrait ici, par exemple, établir le fond clair et colorer la feuille. Nous laissons au maître le soin de conseiller et diriger ces transpositions.

Fig. 103. — 13' cahitr. i)lanclie Ss.

l'iL'. 10'..

LE RELIEF

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