‹ Guide de l'alphabet du dessin, ou, L'art d'apprendre et d'enseigner les principes rationnels du dessin d'après natureChapitre 45 sur 161 · L'HORIZON · texte numérisé non relu

L'HORIZON

La ligne qui, dans le tableau, correspond exactement à la hauteur des yeux du spectateur est appelée ligne d'horizon; elle est toujours parallèle au niveau de Feau dormante.

Cette ligne, qui n'est sensible à lœil cpiau bord de la mer, se détermine au moyen d'une règle mince, ou mieux d'un fil qu'on tend

(1) Parmi les innombrables points mathématiciues que présente la surface des objets, le dessinateur ne peut et ne doit considérer que les plus importants, c'est-à-dire ceux qui, formant arête, suffisent à diriger les-.lignes des contours.

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devant les yeux, en observant quelles parties du tableau sont traversées par ce fd.

La ligne d'iiorizon suit les difîéreuts degrés d'élévation du spec-

tuteur. Il importe d en dét(?rminer la hauteur dans des proportions harmoniques avec le sujet.

Dans le tableau ABCD (fig. 109), la ligne d'horizon se trouve en

X'X, correspondant au point O, œil du spectateur; la ligne AB, qui orme la base du tableau et qu'on suppose placée à terre, est appelée

lignes

Fi-. 110.

ligne de terre; enfin, l'espace compris sur le tableau entre les AB et est appelé terrain -perspectif.

Application d'après nature de la vingt-deuxième leçon. — Trois quilles vues (le face. — Les règles immuables de la perspective démontrent évidemment le mouvement

perspectil des lignes ; mais, pour être appliquées avec exactitude, elles exigent tout un arsenal d'instruments.

Le dessinateur, qui voyage <'t qui souvent interprète la nature à rimproviste, ne saurait emprunter le secours de ce matériel gênant.

L'artiste a besoin de plus de liberté, sans qu'il cesse cependant d'être maintenu et dil'^'o- 111. rigé par les vrais

principes, auxquels il doit constamment se rapporter.

La difficulté, dans létude du dessin, c'est lïmitation, devant la

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nature, des carrés et des rectangles fuyants, servant de bases ou de façades au cube ou aux objets rectangulaires.

Les mouvements apparents des lignes composant les objets font que ces lignes se modifient selon leur élévation par rapport à l'œil du spectateur, et, comme elles se présentent souvent en assez grand nombre, même dans un seul objet, il est très difficile de juger immédiatement, à Faide dun principe clair et possible devant la nature, des proportions relatives données par ces divers mouvements : c'est ce principe que nous pensons avoir trouvé. Nous allons, en conséquence, expliquer aussi clairement que possible, à laide de la règle précédente, par quel moyen prati([ue le dessinateur peut, devant la nature, apprécier rapidement les mouvements des lignes dont l'apparence varie dès que la tète ou le corps se déplace.

Supposons qu'il s'agisse de dessiner trois quilles vues de face et à égale distance Tune 'de l'autre (fig. 110). On établira d'abord le carré ABGD, dont les verticales AD, BC donneront la place de deux des quilles. On trouvera facilement la place de la troisième, qui est au centre, en employant les diagonales. La place des trois quilles étant trouvée, on tracera la ligne d'horizon, puis on dessinera aussi juste que possible, et avec tous ses détails, la quille BC, en ayant soin de régler le mouvement de ses contours et ses grandes divisions,

1, 2, 3, selon la place de l'horizon. On tirera ensuite de légères horizontales, qui indiqueront exactement sur les autres quilles la place de ces mêmes divisions. Il ne restera plus alors qu'à dessiner ces autres quilles, qui ont les mêmes proportions et la même hauteur que la première, toutes les trois étant vues de face.

La figure 1 1 1 représente ces trois mêmes quilles en perspective, il est facile de remarquer, en appuyant, comme dans la figure 110, le côté du carré-cadre sur le centre de la première quille, BC, que l'espace limité par la troisième, AD, paraît s'être raccourci, puisque l'œil la voit, en A'D',àla fois plus courte et plus rapprochée du centre. Si dans ce nouveau carré réduit en proportion l'on place la ligne d'horizon, ainsi qu'il a été dit, en HM, un peu au-dessous du centre, on verra tout de suite que la ligne A'B, placée au-dessus, descendra un peu })lus que ne s'élèvera In ligne CD', placée au-dessous. C'est ce ([ui est indiqué par l'angle 1)', moins ouvert que l'angle A'.

Dans ce carré perspectif, conduire les diagonales, pour trouver au centre la place de la troisième quille ; puis procéder comme précédemment, c'est-à-dire dessiner la première quille, et des points 1 et

2, donnant les deux grandes divisions, tracer deux obliques en perspective. Cette mise en place étant faite et ces proportions étant obtenues, dessiner les deux autres quilles en observant que l'épaisseur des objets diminue proportionnellement à hnir hauteur.

LE CUBE, SES DÉFORMATIONS ET SES APPLICATIONS ilt

VINGT-TROISTÈME LEÇON

LES CORPS OU VOLUMES. — LA POSITION DU SPECTATEUR. LES FUYANTES. - LE POINT PRINCIPAL

Les corps ou volumes. — Tout corjos ou volume, c"est-à-dire tout objet présentant un relier quelconque, a toujours, par rapport au tableau et au spectateur, plusieurs surfaces ou côtés fuyants. Les surfaces étant limitées par des lignes, c'est de ces lignes seules que nous avons à nous occuper.

Une surface fuyante peut présenter des lignes horizontales parallèles au tableau, et nous avons dit dans quel cas ces lignes deviennent des fuyantes. La ligne verticale est toujours parallèle au tableau et, partant, reste toujours verticale dans la représentation du sujet,

La position du spectateur. — De la place occupée par le spectateur pour dessiner les objets dépendent la situation relative de ces objets et les déformations variées qui en dérivent; c'est dire toute l'importance que présente, au point de vue du tableau pris en général, le choix de cette place.

Nous allons examiner rapidement les points sur lesquels l'attention du dessinateur doit d'abord se porter.

Les fuyantes. — Les lignes horizontales fuyantes paraissent se diriger vers un })oint quelconque de l'horizon : celles qui sont placées au-dessus de l'horizon paraissent s'abaisser en s'éloignant ; celles qui sont au-dessous paraissent s'élever. Les lignes fuyantes parallèles entre elles se dirigerit toujours vers le même point.

Les horizontales perpendiculaires au spectateur, telles que les lignes EF, HG (fig. 109), sont dites fuyantes à angle droit et se dirigent vers un point de l'horizon placé précisément en face de l'œil du spectateur et a\)\)e\é jooint de vue ou point principal.

Le point principal. — Le point principal est l'extrémité du rayon visuel central. 11 change donc de place, ainsi que l'horizon, selon la situation du spectateur. Il importe également d'en bien déterminer la position par rapport à l'ensemble du tableau. Nous allons d'ailleurs démontrer, par le tracé perspectif de quelques figures d'un emploi fréquent, l'influence que le choix des points de fuite et de la ligne d'horizon peut avoir sur 1 aspect général des objets.

La figure la plus sinq)k' au point de vue de la représentation perspective, celle qui sert de base à presque tous les tracés, c'est le carré.

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