Tombe de Miiili-Mant
De chaque côté les éléphants, les chevaux et cinq statues de pierre g-ardent lensemble du tombeau dans le calme et le silence qui les caractérise tous.
La stèle qu'abrite le pavillon fut éri§^ée par Thièu-Tri, fils de Minh- Mang, le douzième mois de la première année de son rèo^ne en janvier 1841. Il y chante les louanges du grand empereur défunt ; la stèle est un monolithe de plus de 2 mètres de hauteur sur 1 m. 30 de largeur.
HUE
LES TOMBEAUX
Trois cours en gradins mènent ensuite k lescalier qui, par une porte monumentale, conduit à la pagode où sont déposés les objets familiers du défunt et où le culte de sa mémoire est pieusement entretenu. On y voit encore des plateaux d'ivoire ajourés avec les coins en or sculpté, quelques services en beau bleu, des cuillers d'écaillé et d'argent et|deux sceptres de jade.
Clicliê Chan.
Fitt. ô7. — La coui- dhonneur.
De chaque côté de ces bâtiments, deux étangs étalent en courbes gracieuses leurs eaux limpides et mortes : derrière la pagode elles se réunissent en un canal étroit que franchissent trois ponts de pierre. Celui du milieu mène à un pavillon à étage ; on y voit encore le lit de camp où venait se reposer le roi Thiêu-Tri pendant la construction du tombeau ; les vases rituels dans lesquels très religieusement brûlent des baguettes parfumées à la mémoire de Minh-Mang ornent une table laquée rouge et or.
HUÉ
LES TOMBEAUX
Ce pavillon est flanqué de deux petits belvédères qui se mirent dans l'eau des étangs et par derrière, descendant en gradins vers la dernière pièce d'eau .
une série de petits jardins sont encadrés à la manière chinoise de minuscules murs de briques en un dessin compliqué et bizarre.
Un grand pont de pierre est jeté sur létang et à chaque extrémité un portique de bronze élève ses fines colonnes ovi se tordent des dragons et que couronnent des motifs fleuris en émaux ajourés.
On a devant soi, après avoir franchi le pont et tout en haut d un escalier
de pierre, une porte Fig. 59.
de bronze qui s'ouvre
dans un mur imposant enserrant le mamelon sacré où repose le corps de Minh-Mang.
Les allées qui encadrent les monuments sont plantées de letchiers et
Cliclië Eberhardt.
Pavillon de repos.
Guide de l'Anxam.
(il iiii': i)i; L A.\.NA\i
lie Irang'ipaniers ; presque louL le reste est envahi par les pins dont le feuillage léger jette dans Tensemble une note grise qui s'harmonise adinirahlenient avec la ti'istesse naturidle des lieux.
Une chose frappera l'œil des visiteurs, c est la ressemblance entre le tombeau de Thiêu-Tri et celui de Minh-Mang, et l'on sera tenté de trouver dans l'un trop de ra[)pels de l'autre. Cela n'a rien cependant
Clichù Eberhardt.
Fui. 00. — Le iiianu'Iun sucré uii repose le corps de Minh-Manjj.
(\u\ doive étonner si l'on songe (pie ces deux tombeaux ont été exécutés sous le règne du même empereur et selon toute probabilité par les mêmes artistes. Minh-Mang en efTet n'a pas fait exécuter son tombeau sous son règne, et ce n'est qu après sa mort, dès le premier mois de la première année du règne de Thiêu-Tri et sous la surveillance de celui-ci c{ue les travaux commencèrent pour être terminés deux années plus lard.