Seré, Moyen Age et Renaisiance^ miniature, pi. m
larenus^ Rex Judœorum^ écrit en hébraïque, en latin et en grec. Ce qui reste de ce titre dans l'église de Sainte-Croix m Jérusalem^ à Rome,
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Relique do Titre de la Croix, à Saiote-Croix m JêrutaUm.
est con&)rme à ces termes ; et l'on y voit que, dans lès trois langues, ils étaient écrits de droite à gauche. Les autres Ëvangélistes ne se sont pas astreints à donner ce texte avec la même précision, ils en ont seulement donné le sens, et de même, sur un grand nombre de croix, les formules qui s'y rapportent sont demeurées variables, jusqu'au moment où la forme abrégée INRI, — dont une mosaïque, due au pape Jean VII, aurait donné, dans la basilique du Vatican, un premier exemple (705-707) , d'après Ciampini et Curti *, — finit par prévaloir au xvi* siècle.
Selon les traditions les mieux assises^ comme selon toutes les vraisemblances, on ne peut guère douter que les pieds du Sauveur aient reposé sur un support, quand il fut attaché à la croix. Ce support est figuré dans presque tous les Crucifiements antérieurs au xni^ siècle, alors que les pieds étaient toujours séparés; et ce n'est qu'après les avoir attachés avec un seul clou, comme on a commencé à le faire alors, que le suppedaneum à lui-même graduellement disparu^ mais non pas à tel point que l'on n'en trouve encore beaucoup d'exemples.
i. Ciampini, Dé tacrû œdifidu a ConttanUno tofuiructia, pi. xxii; Corneille Curli, De Clam DominicU.
352 GUIDE pR l'art CHRETIEN.
CROIX VITANTËS.
Il n'est pas ordinaire, mais il n'est pas très-rare que la croix soit formée par le tronc d'un arbre brut. Il est difficile d'y voir quelque utilité ou quelque signification, quand rien, d'ailleurs, ne vient déterminer le sens de cette disposition; mais lorsqu'avec cela la croix est coloriée en vert, comme dans la verrière du Bon Samaritain^ à Bourges, il est probable que c'est déjà avec l'idée de la représenter comme un arbre vivant. Celte idée est évidemment exprimée, et d'une tout autre manière, dans la mosaïque de l'église Saint-Clément, à Rome, œuvre aussi du xiii^' siècle. La croix y conserve ses formes équarries, mais elle ne s'en élance pas moius d'une touffe de palmier, comme si elle en était la tige principale, tandis que d'autres rameaux sortis de la même racine s'élancent en jets vigoureux pour former d'abondants rinceaux qui remplissent tout l'espace et se terminent en fleurs et rn fruits, donnant l'idée d'un jardin de délices, où des animaux variés, des groupes d'hommes et de femmes trouvent la paix et le bonheur. La croix alors est vraiment considérée comme l'arbre de vie de ce nouveau paradis.
A Aquilée^ dans les dépendances du Baptistère, on voyait une peinture elle-même du xiii^^ siècle, où, du pied de la croix sur laquelle reposait Notre-Seigneur, s'élançait un cep de vigne qui embrassait dans ses contours le corps tout entier du divin Crucifié, et qui se terminait par une ligne de pécheur, laquelle, dirigée par la figure allégorique de l'Église, prenait un poisson, image, à nos yeux, du fidèle, arraché, par le «baptême, à la mer du péchés Ce cep de vigne ne s'identifie pas rigoureusement avec la croix, mais il s'y associe tellement qu'il n'est pas superflu de le mentionner à propos des croix vivantes.
La manière de représenter la croix comme un arbre vivant et productif, qui a été la plus usitée, est celle qui revient aux dispositions d'un arbre généalogique. La première idée de cette composition a probablement germé au xiiP siècle, mais nous n'en connaissons pas d'exemples qui soient antérieurs au xiv*.
Le plus important de tous est donné par une fresque attribuée, sur l'autorité de Yasari, à Giolto, et qui se trouve dans le réfectoire du couvent
1. Berlho1i,i,e AnUehita d'Aquileja, in-fol. Venezia, 1739, p. 406; Mil if*Artà. Nom essaierons, dans la suite, de justifier notre interprétation, qui n*ett pas celle du P. Martia.
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de Santa Croce,à Florence (pi. xix), au-dessus de la Cén^ dont Texécution ne lui est pas contestée. Cette peinture offre la plus grande analogie avec la miniature d'un manuscrit conservé au British Muséum et jugé de 4310, par lady Eastlake *. A l'extrémité des brandies qui partent de la croix, se dessinent de part et d'autre douze prophèles, six de chaque côté, avec des textes tirés de leurs écrits et applicables soit au Sauveur, soit aux fruits de son sacrifice. Chacune de ces branches porte en outre deux séries de sen. teoces ou d'invocations , formant comme une double litanie , et embras. sant la vie de Notre-Seigneur, depuis son engendrement éternel au sein de Dieu le Père, et son incarnation au sein de Marie, jusqu'au jugement dernier et à son règne sans fin. Les deux monuments diffèrent peu quant aux termes de ces sentences, un peu plus quant au choix des prophètes et de leurs textes, et beaucoup plus q,uant' aux autres accessoires. Les quatre évangélistes, qui ne figurent pas dans la miniature, viennent s'ajouter aux prophètes dans la fresque, immédiatement auprès delà tige delà croix dans le bas et au sommet des branches. Dans la miniature, on voit en plus quatre prophètes, quelques-uns répétés de la série précédente, avec saint Pierre et saint Paul, tous six détachés dé la croix et debout à ses pieds; et encore, posés sur les traverses de cette croix, le bon larron et le centurion, dont la conversion fut le premier fruit du divin sacrifice. A la place des quatre prophètes et des apôlres, ont été représentés dans la fresque, d'un côté, la pâmoison de la sainte Vierge au milieu des saintes Femmes, avec saint Jean en avant ; de l'autre, saint Antoine de Padoue, saint Dominique et saint F^ouis de Toulouse. Plus immédiatement au pied de l'arbre sacré, on observe ici saint François à genoux, qui l'embrasse, saint Augustin assis, pour recueillir tous les enseignements que Ton peut en tirer, et une femme à genoux, qui semblerait être là à titre de donatrice. Tout l'espace correspondant, dans la miniature, est occupé par saint Jean l'Évangéliste, non plus à raison de son rôle dans le drame du Calvaire, mais en sa qualité d'auteur de l'Apocalypse et pour en rappeler ce passage : Vidi lignum vitœ afferens fructus duodecim per menses singulos^ et folia ligni ad sanitatem gentium: «Je vis l'arbre de vie, rapportant douze fruits tous les mois,etles * a fettilles de cet arbre servent à guérir les nations^ » : texte qui résume toute la pensée de la composition. L'un et l'autre de ces monuments sont terminés au sommet par la figure du pélican-^.