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CINQUIÈME TRAVÉE

I. — - Deux lions provenant de l’église Saint-Jean-de- Latran à Paris et attribués, par A. Lenoir, à François Anguier (gravés dans les Souvenirs du Musée des monuments français ; de Brès et Biet, et dans les Vues pittoresques et perspectives des salles du Musée des monuments français ; de Réville et Lavallée).

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Iï. Trois ■mascarons (une rosace, une femme tenant

La deuxième travée (aile gauche).

Gravure tirée de l'ouvrage de M. Courajod.

une écharpe — Iris? — et un enfant nu et ailé, assis). Château de Gaillon.

III. — Pilastres provenant de la chapelle de Commines (ornements : pampres et raisins, autruche lançant une pierre, autruche cachant sa tête, pélican nourrissant ses petits, le lion de saint Marc et le bœuf de saint Luc).

IV. — Le soffite en pierre, incrusté au milieu de la travée, contient, dans sa partie inférieure, un masque de satyre, une rose, deux boucliers croisés, un aigle, un buste de jeune homme, un buste de pape (LéonX?) et un bucrane. Ce soffite, d’après M. Courajod, semble avoir fait partie du château d’Ecouen.

Dans la paroi qui fait suite aux travées disposées en hémicycle, sont incrustées trois dalles tombales, dont voici la description :

I. — Dalle de Michel de Troye^ grand prieur de l’abbaye de Saint-Denis (*{• 1517). Autrefois conservée à l’abbaye de Saint-Denis. Reproduite en gravure dans les Inscriptions de la France du ve au XVIIIe siècle de M. de Guilhermy (c. II, p. 188).

« Riche architecture gothique, dit M. de Guilhermy, Bans influence aucune du style alors nouveau de la Renaissance; emblèmes des évangélistes, anges, Pâme admise dans le sein d’ Abraham, figures d’apôtres, au nombre de huit, dans l’arcature des pieds-droits, tels sont les éléments de l’ornementation que reproduit notre gravure. La clef de saint Pierre, l’épée de saint Paul, la croix en sautoir de saint André, le bâton de pèlerin de saint Jacques le Majeur sont encore visibles. Le prieur, en chasuble, a la tête rasée, comme il convient à un religieux; ses deux mains tiennent un calice à large coupe. La fleur de lis est

La quatrième travée (aile gauche).

Gravure tirée de l’ouvrage de M. Courajod.

répandue à profusion sur les galons du costume. Le griffon des armoiries particulières du défunt se montre au milieu de chacun des deux grands côtés de la dalle. On aperçoit quelques traces d’incrustations colorées dans les plis du vêtement. »

L’inscription tracée autour de la dalle est conçue comme suit :

Sub lapide hoc quiescit F . Alichael de Troye ; Nobili généré nat . moribus ipse nobilior : Agente virtutum istius opulentia hujus Regii Cenobii magn . prior annis XL extitit : Eclesia quam j elo semp . çelatus corp . habet : dns animam excipiat. Spiraiit in dno anno salutis millesimo quingente (sic) X° septimo Junii septima.

II. — Dalle de Jean Disse (ou Caisse) du diocèse de Poitiers, chanoine de Notre-Dame de Noyon (-{- 1350). Cette dalle, qui provient de l’abbaye de Sainte-Geneviève, a été gravée dans la Statistique monumentale de Paris * de M. Albert Lenoir (t. Ier, Sainte-Geneviève, pl. xvm, texte p. 67, 68), dans les Inscriptions de la France du ve au xvme siecle; de M. de Guilhermy, t. Ier, p. 361, et dans l' Architecture du ve au xvme siècle de Gailhabaud (t. III).

« Disse tient en main un calice, il est très richement vêtu. A sa gauche une vigne, et à sa droite une longue tige de fleurs sortant de la gueule d’un animalqu’il foule aux pieds, l’entourent entièrement et remplissent l’arcade finement dessinée dans laquelle il est placé. Cette arcade est encadrée par de nombreuses lignes d’architecture formant trois étages, contenant les niches de six figurines avec inscriptions : ce sont un archange, un évêque, un abbé, un guerrier, un moine et une femme. Une zone formée de légères

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arcatures sépare cette partie de la composition de celle qui

Dalle funéraire de Jean Disse.

D’après l’ouvrage de M. Courajod.

la domine, et sur laquelle sont trois niches richement ornées ; dans celle du milieu est figuré le Christ, saint Jean-

Baptiste est à sa droite et saint Jean Tévangéliste à sa gauche. De nombreux clochetons et des arcs rampants accompagnent ces niches; sous les arcs sont figurés des morts sortant de leurs tombeaux. Deux anges portant des trompettes descendent des régions supérieures et remplissent les vides ménagés entre l'encadrement des trois niches et les clochetons qui les avoisinent1, »

III. — Dalle de Jacques Longuejoé; grand prieur de l’abbaye de Saint-Denis. « Ce personnage, revêtu du costume sacerdotal, est placé debout, dans une chapelle gothique tracée en perspective. Le visage et les mains jointes, rapportés par incrustation de marbre ou de métal, n’existent plus. De la prière inscrite sur une banderole qui semblait sortir de la bouche du défunt, on ne lit plus que les deux derniers mots... memento mei. A peine reste-t-il quelques traces des personnages, au nombre de douze environ, qui peuplaient l’arcature. On voit mieux, à la pointe du pignon, Abraham et les deux anges qui l’accompagnent. Le père des croyants, debout sur un socle, reçoit dans son sein l’âme suppliante. Près de la tête de l’effigie du prieur, à sa droite, on remarque l’écusson de ses armes, de gueules au cep de vigne d’or chargé de trois grappes de même.

L'épitaphe est gravée sur les deux grands côtés et sur le bord inférieur de la dalle. La fracture qui nous prive d’une partie de la date existait déjà du temps de Félibien. Le texte donné par le savant bénédictin ne nous fournit à introduire dans l’espace demeuré vide que les deux mots... anima ejus^ qui précédaient le Requiescat .

i. Albert Lenoir, Statistique monumentale de Paris f p. 67, 68. L’inscription est donnée par M. de Guilhermy.

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L’inscription- tracée autour de la figure est ainsi conçue :

Hic jacet Religiosus vir et devotus f rater Jacobus Longuejoe quondam magnus prior hujus ecclesie . qui obiit octava die mensis decenbris , anno dom,ini millesimo quadrin gentesimo Requiescat in pace. Amen .

Jacques Longuejoé vivait encore en 1423. Cette année même, sa courageuse résistance aux dilapidations des agents de l’abbé Jean de Bourbon provoqua un arrêt par lequel le parlement de Paris mit en mains sûres la gestion du temporel de l’abbaye *. — Cette dalle provient, comme la première, de l’abbaye de Saint-Denis.

Au-dessous des trois dalles sont exposées trois consoles provenant du palais des Tuileries.

Ces consoles alternent avec trois chapiteaux entiers et deux moitiés de chapiteaux, de style roman, d’une exécution excessivement grossière, appartenant, d’après M. de Guilhermy, au xie siècle ; mais cette date paraît trop reculée (ancienne église Sainte-Geneviève, à Paris). On remarque sur ces chapiteaux les ornements suivants :

I. — Rinceaux. Le Taureau et les Poissons (signes du zodiaque) ; gravés dans le Musée des monuments français d’Alexandre Lenoir (pl. 233) et dans Y Atlas des monuments des Arts libéraux } pl. XIV.

II. — La naissance dé Eve. — Adam et Eve tentés par le serpent (gravés dans la Statistique monumentale de Pans ;

1. De Guilhermy, Inscriptions de la France du v® au xvme siècle , t. II, p. 186-187.

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de M. Albert Lenoir; Sainte-Geneviève, pl. XI). Adam et Eve chassés du Paradis ; Oiseaux fantastiques affrontés.

III. — Le Verseau (signe du zodiaque) et des Animaux fantastiques. Au-dessus, un chapiteau de dimensions plus petites et d'un style différent.

Les arcades qui séparent, de ce côté, la seconde cour de la cour des Loges proviennent du château de Gaillon (gravées dans la Renaissance au temps de Charles VIII. p. 437). Elles contiennent deux statues, une d’homme et une de femme, drapées à l’antique, qui ont la même origine. Ces deux statues sont reproduites dans les Voyages pittoresques de Taylor et Nodier (Normandie } t. II, pl. 217- 218. Cf. p. 222 et suiv.).

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