LE JARDIN. 7I
deux statues de femmes assises, dans le style de Jean Goujon : l’une, celle de gauche, représente la Force ; l'autre,
celle de droite, la Paix } tenant une corne d’abondance dans une main, une torche renversée dans l’autre.
Plus bas encore, un bas-relief en marbre, en forme de frise, analogue à la face d’un sarcophage, représente le
Gouvernement français : sous le régné de Louis XIF; recevant la Paix des mains d‘ Hercule ; la Victoire le suit, ef près d'elle un génie debout tient Cerbère enchaîné ; plus loin, l'Envie, réduite au désespoir, dévore ses serpents. Les • Arts et les Sciences s'approchent de la France et semblent concourir à la félicité publique. Dans le bas est tracé le mot Quies . Ce marbre, dû au ciseau d’ANGUiER et exécuté pour le château de Vincennes, fit partie, pendant la Révolution et l’Empire, du Musée des monuments français1.
Les intervalles entre ces différents morceaux de sculpture sont occupés par cinq mascarons excessivement frustes, à têtes de satyres, et par quatre mufles de lion provenant soit de l’hôtel d’O, soit d'une maison du pont Saint-Michel2.
Le jardin contient en outre les arcades de l’étage inférieur de la façade principale de l’hôtel Torpanne, construit au milieu du xvie siècle dans les terrains voisins des Bernardins. Lorsque l’hôtel fut démoli, en 1830, l’entrepreneur céda ces fragments au ministère de l’intérieur. Le rez-dechaussée se composait de six arcades, sur les pieds-droits desquelles s’appuyaient de longues consoles surmontées de têtes de lion et soutenant un balcon. Une porte, auprès de laquelle s’élevaient des colonnes d'ordre dorique, occupait le milieu de la galerie. Sur l’entablement de ces colonnes reposaient deux Sphinx servant de support à la partie moyenne du balcon.