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(17 décembre 1862) au poste de bibliothécaire, dans lequel cet esprit si généreux, ce travailleur si ardent, a rendu les plus éminents services 1.

Le noyau de la Bibliothèque se compose, comme il a été dit, des livres et des gravures provenant du fonds de l’ancienne Académie de peinture et de sculpture. A cette collection, dans laquelle on remarque des séries de la valeur du Cabinet du Roy ^ de Y OEuvre de Rigaud; de Y Œuvre de JEatteau; sont venus s’ajouter les dons de l’Administration des Beaux-Arts, les dons ou legs des particuliers (collection de M. Schœlcher, 1879; de M. Gatteaux, 188 i, etc.), enfin des acquisitions très importantes, notamment la riche Bibliothèque de M. le marquis de Chennevières. Pour donner une idée de l'accroissement de la Bibliothèque, il suffit de rappeler quen 1834 elle ne

1. M. Ernest Vinet est né à Paris le ier mars 1804; il est mort dans la même ville le 10 février 1878. Après avoir débuté dans la magistrature, M. Vinet se voua aux études archéologiques et collabora à la traduction des Religions de l'antiquité de Kreuzer, au Dictionnaire de l'Académie des beaux-arts , au Journal des Débats , etc. Il a réuni en volume en 1874 une partie de ses études, sous le titre de VArt et l'Archéologie (Librairie académique), et publié de 1874 à 1877 une Bibliographie méthodique et raisonnée des Beaux-Arts , (Paris, Didot), dont deux fascicules seulement ont paru. Sa biographie a été retracée par M. Albert Lenoir dans une notice imprimée par l’École des beaux-arts, et par M. Pawlowski, dans le Polybiblion (mars 1878).

Deux portraits exposés dans la salle de la bibliothèque nous ont conservé la physionomie du premier bibliothécaire de l’École; l’un, dû au pinceau de M. Paul Flandrin (1841), le représente à l’âge de trente-sept ans; l’autre, peint par Mme Vinet, le montre à l’âge de soixante ans environ.

comprenait que cinq cent cinquante volumes, tandis qu’ aujourd’hui elle possède, en dehors des ouvrages imprimés, plusieurs centaines de mille dessins, gravures ou photographies .

M. Vinet a publié, en 1873, le Catalogue méthodique de la Bibliothèque de V Ecole nationale des beaux-arts ; un vol. in-8° de xm-256 pages (non mis dans le commerce). Mais, par suite des acquisitions, dons ou legs, qui depuis lors ont triplé ou quadruplé le fonds primitif, ce catalogue ne porte plus que sur une petite partie de la Bibliothèque.

M. Eugène Mouton a publié, en 1875, une notice intitulée la Bibliothèque de ï Ecole nationale des beaux-arts.

Le catalogue des manuscrits de la Bibliothèque est actuellement sous presse ; il paraîtra incessamment chez l’éditeur Champion.

Parmi les dessins modernes conservés à la Bibliothèque, il convient de citer ceux du baron de Triqueti (1804-1874), au nombre de près de trois mille, donnés par son gendre, M. Lee Childe en 1887-1888. Deux des spécimens les plus intéressants, deux manuscrits illustrés de nombreux dessins à la plume : la Vie de N. -S. Jésus - Christ j d'apres les saints Evangiles ; et les Paraboles et Récits extraits des saints Evangiles , sont exposés dans une vitrine.

Les dessins d’Alexandre Hesse (1806-1879), au nombre de 1,722, méritent également une mention, ainsi que ceux de Valerio représentant les types et les costumes des populations hongroises, slaves, valaques et tziganes de Hongrie, des frontières militaires ec de Bosnie (80 aquarelles

LA BIBLIOTHÈQUE. ,4i

et 100 croquis ; Exposition universelle de 1855, Salons de 1857 et de 1859).

Au premier rang des collections de la bibliothèque figure la série de dessins d’architecture. Cette série comprend les différents concours scolaires (Perspective, 1875-1889; Géométrie, 1870-1889; Stéréotomie, 1872-1889 ; Construction : Charpente, 1812-1868; Fer, 1820-1868; Pierre, 1811- 1869; Construction générale, 1821-1889; Concours d’émulation, 1700-1889; Projets rendus, 1724-1889; Histoire de l’architecture, 1884-1889; Concours Rougevin, 1857- 1889; Composition décorative, 1884; Diplôme des architectes, 1877-1880; Prix Labarre, 1881-1889; Prix Chaudessaigue, 1877-1889; Prix de fin d’année, 1878-1883; Prix Godebœuf, 1882-1889; Prix des architectes américains, 1889; puis les grands prix de Rome (depuis 1723, avec des lacunes), les envois des pensionnaires de l’Académie de France à Rome, consistant les uns en restaurations des monuments antiques de Pltalie, de la Grèce, de l’Egypte et de l’Asie-Mineure (depuis 1788), les autres (de 1828 à 1858) en relevés de monuments antiques (reliés en 30 volumes, dont le détail a été publié par M. Vinet dans le catalogue de la bibliothèque, p. 87-95).

Les restaurations de monuments antiques méritent plus qu’une simple mention. Cette collection, dont l’idée première remonte à une proposition1 faite par Peire jeune, le 23 février 1778, à l’Académie d’architecture, renferme aujourd’hui les relevés et les projets de restauration de la presque totalité des monuments antiques de l’Italie et

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