LES ARCHIVES
Le service des Archives a été organisé en 1878 ; le conservateur, M. Etienne Arago, ayant quitté en 1879, ces fonctions pour celles de conservateur du Luxembourg, le service a été réuni à la bibliothèque.
Les Archives sont surtout riches en documents sur l’ancienne Académie royale de peinture et de sculpture. Les procès-verbaux de cette Académie, qui y sont conservés, et qui s’étendent de 1648 à 1793 font l’objet d’une publication entreprise par M. de Montaiglon (1875 et années suivantes) .
A cette collection font suite les conférences des membres de l’Académie, les mémoires sur la vie et l’œuvre des membres de l’Académie, les pièces comptables, etc.
Parmi les pièces curieuses, on remarque les diplômes royaux, les lettres patentes sur parchemin, les lettres de noblesse de Le Brun, la collection des lettres de faire part des membres de l’Académie de peinture et de sculpture (publiées par M. O. Fidières en 1883), etc., etc.
LA GALERIE DES LOGES
(Galerie de gauche.)
La galerie ouverte qui s’étend au premier étage et qui donne accès à la Bibliothèque, à la salle Dubois de VEstang > à la salle de la Construction ; à la salle de la Charpente ,
LA GALERIE DES LOGES
et à la salle Schœlcher , contient sur les parois d'élégantes peintures ornementales dues à M. Chauvin, peintre décorateur de l’Ecole, et, sur les coupoles, les copies des fresques de Raphaël, dans les Loges du Vatican, l’Histoire de V Ancien et du Nouveau Testament ou la Bible de Raphacl: comme on l’appelle d’ordinaire. Ces copies, à l’huile, au nombre de cinquante-deux (l’autre moitié orne la galerie située à droite), ont été exécutées à Rome par MM. Raymond et Paul Balze (1835 à 1840) d’une part, par MM. Paul Flandrin, Comairas, Sourdy et Rousseau de l’autre. L’œuvre de MM. Balze comprend quarante-quatre tableaux, celle de leurs collaborateurs huit. L’ensemble de la décoration a été exécuté sous la direction de Duban, à partir de 1843.
Les peintures de Raphaël reproduites sur les six coupoles de cette galerie sont, en commençant par la gauche :
Première coupole : Dieu séparant la lumière des ténèbres . — Dieu séparant la terre de Veau. — La Création du soleil et de la lune . — La Création des animaux .
Deuxième coupole : La Création d'Eve. — Le premier Péché. — Adam et Eve chassés du Paradis . — Les Travaux dé Adam et d'Eve.
Troisième coupole : La Construction de F Arche. — Le Déluge. — La Sortie de l'Arche. — Le Sacrifice de Noé.
Quatrième coupole : Abraham et Melchisédech. — La Promesse de Dieu à Abraham. — U Apparition des trois Anges à Abraham. — La Fuite de Loth .
Cinquième coupole : V Apparition de Dieu à Isaac . — Isaac et Rébecca épiés par Abimélech. — Isaac bénissant Jacob. — Isaac et Esaü .
Sixième coupole : UEchelle de Jacob. — Jacob et Rachel. — Jacob demandant la main de Rachel. — La Fuite de Jacob.
Les quatre vitrines qui garnissent cette galerie contiennent principalement des moulages de statuettes ou de petits bas-reliefs, soit antiques, soit du moyen âge.
Dans la première sont exposés les moulages d’une infinité de statuettes grecques ou romaines, la plupart en bronze, ainsi que les pièces principales du trésor de Hildesheim (au Musée de Berlin).
La deuxième vitrine contient des moulages de figurines antiques en terre cuite.
La troisième vitrine est consacrée à une petite collection de terres cuites antiques originales : poteries et fragments d’architecture coloriés. Les vases, de formes très élégantes et très variées, proviennent pour la majeure partie de Naples, d’où les a rapportés M. Debacq, architecte, qui les a offerts à l’Ecole en 1884. Quant aux fragments d’architecture, ils ont été recueillis à Rome, sur la voie Latine, par M. Norblust, peintre, ancien pensionnaire de la villa Médicis (1796-1884), et donnés par lui à l’Ecole en 1877.
La quatrième vitrine contient des moulages de statuettes, de bustes ou de bas-reliefs appartenant à l’antiquité chrétienne, au moyen âge et à la Renaissance. On y remarque
LA GALERIE DES LOGES
la collection complète des moulages d’ivoires publiés par les soins de la Société d’Arundel à Londres, depuis les diptyques consulaires des 111e et ive siècles; depuis le célèbre ivoire des Symmaques, dont un fragment se trouve au musée de Cluny, et l’autre — une jeune femme debout — au Kensington Muséum; depuis les ivoires byzantins, provenant de trônes épiscopaux, de reliures de livres, de coffrets, jusqu’aux boîtes de miroirs français du xive siècle, jusqu’au Saint Sébastien sculpté par quelque maître italien du xve siècle. La vitrine renferme en outre les moulages des statuettes de Pleureurs — c’est le terme consacré — du tombeau de Philippe le Hardi ÿ duc de Bourgogne (-j- 1404), par Claux Sluter, au musée de Dijon, et du tombeau du Duc de Berry (-J- 1416), au musée de Bourges.