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AMPHITHÉÂTRE ET LE MUSÉE D'ANATOMIE

A l’intersection de la première et de la seconde cour, s’étend le bâtiment renfermant T amphithéâtre et le musée d’anatomie.

L'enseignement de l’anatomie, professé avec tant d’éclat depuis 1873 par M. le docteur Mathias Duval, professeur à la Faculté de médecine de Paris1, a pour complément une collection anatomique des plus complètes et des plus instructives. Cette collection, fondée en 1869 par M. le docteur Huguier, alors professeur à l'École, s’est enrichie considérablement, depuis sa fondation, par des pièces provenant de dons particuliers, par des acquisitions successives, enfin par de nombreuses pièces préparées notamment par M. Cuyer, prosecteur de l’École, au laboratoire d’anatomie dépendant du cours.

La galerie, à laquelle a été donné le nom de son fondateur (musée Huguier), renferme un grand nombre de squelettes destinés à l’étude de l’ostéologie, non seulement

1. Depuis la fin du siècle dernier, la chaire d’anatomie de TEcole a successivementété occupée par Sue (Jean-Jacques), adjoint à professeur le 3 mars 178g, nommé titulaire au mois de décembre 1792, mort le 21 avril i83o; — Eméry (Édouard- Félix-Étienne), nommé le 16 octobre i83o, mort le 6 mars i856; — Robert (César-Alphonse), nommé le 26 avril i856, mort le ier décembre 1862; — Huguier (Pierre-Charles), nommé le 12 février i863, mort le 12 janvier 1873; — Duval (Mathias-Marie), nommé le Ier février 1873.

LA PREMIERE COUR

de l’homme, mais encore des animaux. L’étude de ces derniers rentre, en effet, dans le programme de M. le professeur Mathias Duval. Ces squelettes, destinés à l’étude de l’anatomie comparée, se rapportent aux espèces que les artistes peuvent avoir à représenter : lion, chien, ours, mouton, chat, cheval, etc.

Comme complément à l’étude des squelettes, le Musée possède encore de nombreux écorchés ; d’abord les écorchés classiques de Michel-Ange, Bandinelli, Caudron, etc., puis des pièces exécutées au laboratoire de l’École, où des régions disséquées sont reproduites par le moulage. C’est ainsi qu’ont été exécutés des moulages du dos et des membres, un écorché de chien, une jambe de cheval.

A côté de ces derniers, d’autres moulages tiennent une large place, non seulement à cause de l’intérêt qu’ils présentent, mais encore à cause du nom de l’artiste qui les a exécutés ; ce sont des moulages d’animaux, lion, tigre, panthère, chiens, que l’École a pu acquérir à la vente qui eut lieu lors de la mort de Barye. Ces moulages, exécutés sur nature, ne furent pas les seuls souvenirs du maître que l’École eut la bonne fortune d’obtenir pour le musée Huguier; de nombreux dessins du même artiste furent acquis et servent quotidiennement aux élèves qui s’occupent de la représentation des animaux.

La galerie d’anatomie est ouverte les lundis et vendredis (jours de cours), de deux heures à quatre.

LA DEUXIÈME COUR

Cette cour comprend : i° une série de travées disposéesen forme d'hémicycle et ornées d’une foule de bas-reliefs originaux; 2° la grande vasque de Saint Denis; 30 des copies en marbre de statues antiques ; 40 deux galeries donnant accès, Tune dans la cour des Loges, l’autre dans le jardin de l’École; 50 le palais proprement dit ou musée desétudes.

Beulé, dans son Eloge de Duban, lu en 1872 à l’Académie des beaux-arts, a tracé de cette cour un tableau que l’on me saura gré de reproduire ici : « Qu'y a-t-il de plus complet que la place intérieure qui commence à l'arc de Gaillon et s’étend jusqu’au bâtiment central? D’un côté, les détails exquis du château du cardinal d’Amboise; de l’autre, la façade de Duban, avec la série de statues de marbre exécutées d’après l'antique par les pensionnaires de la villa Médicis.

« Avec les fragments de Gaillon, deux cours ont été composées et déterminent les deux autres extrémités, tout en laissant la perspective du jardin. Ces quatre points cardinaux sont reliés par des constructions circulaires sur lesquelles les fragments des xve et xvie siècles sont appliqués comme des tableaux. Au milieu de la cour, une vasque est le centre d'une décoration écrite sur le sol par les ingénieuses combinaisons des dalles de marbre et du pavé. Il faut être là le matin, quand le soleil darde des rayons

LA DEUXIEME COUR

obliques et fait projeter de grandes ombres. La cour esc encore solitaire ; aucun bruit ne trouble le recueillement du visiteur, pour qui bientôt ce n’est plus une cour. Tantôt il se croit à l’entrée d’un palais italien, car tant de belles copies annoncent les abords d’un musée; tantôt il entrevoit une place de l’Icalie du nord, ornée par un de ces habiles Lombards que les papes appelaient à Rome. »

Les statues exposées dans la seconde cour sont toutes, sauf une, des copies d’après l’antique, exécutées à Rome, par les pensionnaires de la villa Médicis.

Les trois statues placées devant l’arc de Gaillon sont, en commençant par la droite :

Le Discobole au repos . Musée du Vatican. (Copie de Barthélemy, 1863.)

Mars assis et l'Amour . Rome, villa Ludovisi. (Copie de Goddk, 1842.)

Le Discobole de Miron. Musée du Capitole. (Maillet,

Dix autres statues décorent la façade du palais ; ce sont, en commençant par la gauche :

Sophocle . Rome, musée de Latran. (Diébolt, 1843.)

La Vénus du Capitole. (Maréchal, [845.)

Démosthéne. Musée du Vatican. (Louis Briam, 1834.) Danaïde. Musée du Vatican. (A. Husson, 1831.)

Le Gladiateur mourant . Musée du Capitole. (Sim art,

Le Torse du Belvédère . (Ottin, 1838.)

Le Faune de Praxitèle. Musée du Capitole. (Gruyère, 1841.)

Zenon . Musée du Capitole. (Chambard, 1830.)

Le Discobole au repos. Musée du Vatican. (Fagel, 1881.)

Hermès. (Connu sous le nom de Phocion; la tête est rapportée.) Musée du Vatican. (Bonnassieux, 1838.)

Les deux autres statues, placées sous l’arcade, sont :

Antinous. Musée du Capitole Copie de Bourgeois, 1866. L' Apoxyomenos. Musée du Vatican. (Signé : Ch. Soulacroix. Rome, 1854.)

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