‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 1 sur 451 · M DCCC LXXX · texte numérisé non relu

M DCCC LXXX

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Monsieur A. CIIATÏN

DIRECTEUR DE L’ÉCOLE DE PHARMACIE, MEMBRE DE L’iNSTITUT, ETC.

Le temps n’est pas encore loin où deux ou trois élèves réunis dans une serre de l’École de Pharmacie, en plein été et sous les rayons ardents du soleil, s’exerçaient péniblement au maniement du microscope.

Si l’on compare le présent au passé, on peut mesurer le chemin parcouru.

À la place d’une serre chaude on voit de vastes laboratoires inondés de lumière; au lieu des rares élèves d’autrefois, deux cents jeunes gens, munis chacun d’un microscope et de ses accessoires, travaillent sous les yeux diligents de maîtres aussi instruits que bienveillants.

C’est grâce à votre initiative qu’un si grand progrès a été réalisé. Convaincu que l’instruction des élèves serait incomplète, si l’on ne mettait en œuvre au laboratoire l’enseignement théorique reçu au cours, vous avez voulu qu'en sortant de l’école, un pharmacien fût armé de toutes pièces, pour faire face aux exigences multiples de sa profession ; non pas de la profession pharmaceutique envisagée seulement dans son acception la plus res-

treinte, la préparation et la vente des médicaments, mais dans ses nombreux points de contact avec les sciences naturelles, physiques, chimiques et biologiques.

Grâce à ces réformes utiles, grâce aussi au zèle et à la science de vos collaborateurs, le temps est venu où un pharmacien pourra porter sans faiblir devant les tribunaux, les lourdes responsabilités de l’expert et rendre les plus grands services aux comités locaux d’hygiène, par la multiplicité de ses connaissances.

Trois années passées dans les laboratoires d’application des Écoles de pharmacie auront suffisamment discipliné la main et l’esprit, pour donner au pharmacien une place souvent prépondérante dans ces réunions administratives où sont débattues des questions si importantes pour l’hygiène des villes et des individus.

C’est pourquoi vous avez voulu que le microscope, qui est d’un si grand secours au chimiste, au naturaliste, au médecin, devînt, pour ainsi dire, l’auxiliaire et le compagnon de chaque jour du pharmacie?.'.

Pour réaliser cette pensée éminemment pratique, une organisation, peut-être unique au monde, est sortie de vos mains; aujourd’hui chaque élève est exercé à faire des coupes microscopiques, à les monter, à les dessiner.

Cette réorganisation de l’enseignement devait avoir pour conséquence l’apparition de besoins nouveaux, au point de vue des ouvrages que les élèves consultent. Déjà des lacunes ont été comblées, d’autres le seront demain.

Nous avons pensé, en ayant maintes fois constaté la nécessité par nous-mêmes, que les élèves des travaux pratiques de micrographie avaient besoin d’un traité spécial, en raison de la multiplicité et de la diversité de leurs sujets d’étude.

C’est pour répondre à ce desideratum que nous avons écrit ce manuel.

Dans la première partie, consacrée à l’histologie végétale, nous avons dû nous borner à un exposé de nos connaissances sur la structure des végétaux, nous préoccupant davantage de mettre sous les yeux du lecteur les idées ayant cours dans la science que de discuter leur degré d’exactitude.

Nous étions certains que cette distinction serait faite, avec l’indépendance et l’esprit scientifique qui caractérisent votre enseignement, par ceux qui ont charge de professer la Botanique.

Il nous aurait été impossible de résumer en un volume les applications multiples de l’histologie végétale à la matière médicale, aux falsifications, et nous avons dû nous borner à des exemples généraux. Ces applications ont été l’objet de traités spéciaux qui sont entre toutes les mains. Il nous a suffi de mettre les élèves en situation de contrôler au laboratoire (nous conformant en cela à la direction imprimée par vous aux travaux pratiques) les notions théoriques développées dans les cours.

Il n’en était plus de même lorsque nous avons abordé les questions qui sont du domaine de l’histologie animale. Tandis que, dans la première partie, on suit le développement du végétal, dont chaque organe devient l’objet d’un chapitre spécial, formant ainsi avec les précédents un enchaînement naturel ; dans la seconde, au contraire, à chaque division correspondent des connaissances spéciales, empruntées à l’anatomie, à la zoologie, à la physiologie, à la pathologie ou à la météorologie, etc. Il ne serait pas possible d’exiger des élèves la lecture ni même la possession de tous les ouvrages ou mémoires spéciaux, où ils devraient étudier chacune de ces questions si complexes.

Ce travail, nous l’avons fait pour eux.

Aucun lien n’existe entre les différents chapitres de cette seconde partie; il ne pouvait en être autrement pour rester dans les limites que nous nous étions tracées.

Chacun de ces chapitres forme un tout où l’état de la science est exposé aussi exactement que possible.

Comme nous l’avons dit maintes fois dans le cours de cet ouvrage, notre but a été de rendre exercées les mains entre lesquelles le microscope est appelé à rendre de si grands services à l’hygiène, à la médecine, à l’industrie .

Chaque fois que nous avons signalé une cause d’erreur, nous avons indiqué les moyens de l’éviter, mettant ainsi le lecteur en garde contre des accidents redoutables, surtout en médecine légale.

De nombreuses figures intercalées dans le texte serviront de points de repère, mais, nous voulons le répéter ici, on ne connaît bien que ce qu’on a étudié soi-même. C’est pourquoi nous avons tant insisté sur les méthodes générales de préférence aux cas particuliers dont la variation est infinie.

Nous avons voulu être utiles aux élèves et aux praticiens, l’avenir dira si notre but a été atteint.

Quel que soit le jugement que vous portiez sur ce manuel, nous espérons que vous voudrez bien en accepter la dédicace, certains que vous n’avez pas oublié, qu’à l’heure difficile où il fallut tout organiser, tout improviser, les auteurs, vos élèves, vous ont secondé de toutes leurs forces et de tout leur dévouement.

Dr H. Beauregard. Dr V. Galippe.

Paris, novembre 1879.

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