DICOTYLÉDONÉES A TIGE ANORMALE
De nombreuses anomalies, qui altèrent plus ou moins profondément le type de structure que nous avons décrit, se rencontrent chez les Dicotylédonées. Tantôt l’altération provient d’un développement singulier de l’écorce par rapport au bois (Bignoniacées, Aristolochiées, Malpighiacées), tantôt, de l’existence pour une même tige de plusieurs centres générateurs, de telle sorte que la tige paraît formée de faisceaux de petites tiges soudées (Sapindacées), tantôt encore, chez certaines Dicotylédonées aquatiques, d’une telle simplification de structure, que le bois n’est plus formé que par un seul faisceau qui occupe l’axe de la tige ( Hippuris , Aldrovandia, Ceratophyllum , Trapa). Enfin d’intéressantes anomalies consistent dans la formation de faisceaux surnuméraires p?‘opres aux tiges , qui viennent s’ajouter aux faisceaux ordinaires communs aux feuilles et à la tige et que l’on nomme, par opposition aux précédents, faisceaux foliaires . Les faisceaux surnuméraires pouvant se placer en dehors ou en dedans des faisceaux foliaires, nous examinerons successivement ces deux cas.
1° Les faisceaux surnuméraires sont intérieurs par rapport aux faisceaux foliaires.
a. Tous les faisceaux sont isolés au milieu du tissu fondamental, la structure de la tige se rapproche de celle des Monocotylédonées. A ce groupe se rattachent les tiges des Cucurbitacées sarmenteuses(6’wc«réfto, Cucumis , ttryoma), chez
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
lesquelles les faisceaux forment plusieurs cercles concentriques (dans les Cucurbitacées non sarmenteuses, comme YEcbalium Elaterium , il n’y a qu’un seul cercle de faisceaux). Sur la figure 103, qui représente une coupe transversale de la
tige du Cucurbila maxima , on peut voir que les faisceaux foliaires, extérieurs [a, a), se tiennent en face des angles de la tige et sont en même nombre (5 chez les Cucurbita , Cucumis sativus , Cyclanthera pédala; 7 dans la Bryonia dioicn). Les faisceaux du cercle intérieur (é, b) alternent avec les précédents, leur région extérieure venant se placer dans
Fig. 103. — coupe transversale les espaces qui séparent les faisceaux d’une tige de Cucurbita ma- foliaires. Toutefois leur nombre n’est
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pas toujours égala celui de ces derniers faisceaux (sur notre coupe, les faisceaux surnuméraires sont au nombre de 4, tandis qu’il y a 3 faisceaux foliaires).
Les tiges des Nymphæacées rentrent dans le même groupe. b. Dans certains cas, les faisceaux foliaires, extérieurs, forment un anneau fermé, tandis que les faisceaux surnuméraires sont épars dans la moelle. Le Piper medium , dont nous donnons (fig. 104) une portion de coupe transversale de la tige, en est un exemple. Dans la région A, on voit les faisceaux foliaires réunis, comme dans les cas typiques des Dicotylédonées, en un anneau fermé inter-
Fig. 104. — Coupe transversale sur une tige lOllipu Seulement par lôS
de Piper medium . — Bois extérieur et rî,vnric m orl nll nirnc Faisceaux dans la moelle t. — b, v. Vais- c } ^ ^ ITlGQUllâirbS yftj Wlj*
seaux. —wi. Rayons médullaires. — c. Cam- LanS la région médullaire B, bium. — f. Fibres libériennes. o ’
se trouvent les faisceaux surnuméraires (d, v ) disposés en cercle d’une façon plus ou moins régulière. A ce type de structure se rattachent diverses