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CHAPITRE V. — STRUCTURE DES TIGES

compte aisément de cette disposition. Tandis, en effet, que chez les Dicotylédonées normales tous les faisceaux, après être sortis des feuilles, viennent se ranger en un cylindre autour de la moelle et descendent parallèlement entre eux dans la tige, chez les Monocotylédonées qui nous occupent, les faisceaux ont un trajet beaucoup plus irrégulier.

Chaque faisceau en sortant de la feuille correspondante se dirige d’abord, en décrivant une courbe à concavité inférieure, vers le centre de la tige. Puis il revient en décrivant une seconde courbe vers la périphérie, et enfin descend verticalement en se plaçant au dehors des faisceaux des feuilles plus âgées. Ce trajet se répétant pour chaque faisceau, il en résulte dans ' la partie centrale et moyenne de la tige des Palmiers un entre-croisement de faisceaux tel que sur les coupes transversales on ne peut s’attendre à trouver des anneaux vasculaires réguliers, mais bien la répartition irrégulière qui devient caractéristique (fig. 105).

D’autre part, si l’on jette un coup d’œil sur la coupe, on voit que la répartition des faisceaux n’est pas la seule particularité intéressante qu’elle présente. La structure des faisceaux [faisceaux feiinés) se montre, en effet, bien différente suivant que l’on étudie ceux du centre ou ceux de la périphérie.

Plus on se*rapproche de l’épiderme, plus les faisceaux deviennent minces et pauvres en vaisseaux. Ceux qui sont placés tout à fait au voisinage de l’épiderme ne sont composés que de fibres épaisses

(fig. 106, a). Ils forment une couche fibreuse d’un développe¬

ra

Fig. 106. — Les faisceaux fibreux du bord de la coupe précédente, vus à un plus fort grossissement.

— a. Faisceaux de fibres. — b.

Fibres. — v. Vaisseau.

Fig. 105. — Coupe transversale d’une tige de Dattier. — a. Faisceaux de fibres. — b. Faisceaux libéro-ligneux.

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ment variable, peu dense dans les tiges des Calamus, Geonoma , Desmoncus , etc., et au contraire très dure dans celle des P/iœnix , Jubæa spectabilis, et surtout dans celle .des Cocos , Eliæs , Syagrus , etc. D’après Molli (!), ces faisceaux fibreux représenteraient les extrémités inférieures des faisceaux ûbro-vasculaires venus des feuilles, dont la structure se modifierait ainsi à mesure qu’ils s’éloignent de leur point de départ. Cette opinion est très-vraisemblable, surtout si l’on considère que les faisceaux voisins plus internes (fig. 106, b) renferment le plus souvent une ou deux trachées, et représentent en réalité, à un niveau plus élevé, les faisceaux venus des feuilles plus jeunes. On peut donc sur une seule coupe transversale observer toutes les modifications qui s’opèrent dans le parcours des faisceaux, puisque dans la partie centrale de la coupe se trouvent les sections des parties les plus élevées et en même temps les plus complètes des faisceaux foliaires.

Quoi qu’il en soit, certains des cordons fibreux delà périphérie ne seraient pas les extrémités des faisceaux libéro-ligneux, mais la continuation des faisceaux sclérenchymateux que l’on * trouve sous l’épiderme des feuilles ; ils seraient alors indépendants du système vasculaire de la tige.

2° Tiges des Graminées. — Dans les tiges (chaumes) à longs entre-nœuds des Graminées et de quelques Palmiers ( Calamus , etc.), la marche des faisceaux n’est pas absolument identique à celle que nous venons de décrire. Dans toute la longueur des entre -nœuds, les faisceaux descendent verticalement dans la tige et parallèlement entre eux. Les courbures et les entre-croisements qu’ils forment à leur sortie des feuilles se localisent auxnœuds, et de leurs intrications résultentdesplanchers ou diaphragmes (2) durs qui cloisonnent la tige souvent devenue fistuleuse par déchirement du parenchyme central.

(1) Mohl, Structura Palmarum , Verm. Schrift ., 18 45.

(2) Dans les nœuds du Maïs on voit même un réseau de faisceaux horizontaux qui concourent à former les diapliragnns.

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