CHAPITRE YI. — STRUCTURE DE LA RACINE
Les caractères distinctifs des sont tirés de l’examen du faisceau libéro - ligneux axile très développé par rapport à la moelle dans les Salsepareille de la Vera-Cruz et Salsepareille rouge, par exemple, et au contraire ne formant qu’un mince anneau autour d’une large moelle dans les Salsepareilles Caraque (fig. 112] et du Para ; ou un anneau plus épais dans la Salsepareille de Honduras. — • Le nombre des assises cellulaires de l’hypoderme ( epiblema ), ainsi que la forme des ouvertures des cellules de la couche protectrice vues en section transversale, fournissent également de bons caractères distinctifs.
Ces cellules à ouverture carrée à peu près régulière caractérisent la Salsepareille Caraque (il g.
112, c ). Elles présentent des ouvertures polygonales dans la Salsepareille de Honduras (fig.
112, H'. Enfin, leurs ouvertures sont plus ou moins régulière-
principales sortes de Salsepareilles
Fig. 112. — Coupe transversale sur la racine de Salsepareille caraque. — Voir l’explicatiun dans le texte.
ment triangulaires dans la Salsepareille de la Vera-Cruz (fig. 112, Y). (Planchon, loc. cit.)
Racines aériennes des llonocotylétlonées. — Les racines
aériennes de certaines Monocotylédonées épiphytes et particulièrement celles des Orchidées et Aroïdées sont remarquables par la présence d’une sorte de manteau ( velamen ) de cellules spiralées ou trachéides qui les recouvre et est séparé du tissu parenchymateux cortical vert par une assise de cellules sur la nature desquelles deux opinions sont en présence. Suivant MM. Schleiden et A. Chatin (1), cette assise cellulaire représente l’épiderme et M. Chatin la nomme membrane épidermoïdale. — Pour MM. Oudemans (2), Leit-
(1) A. Chatin, Mémoires de la Soe. de Cherbourg, vol. IV, 1856.
(2) Oudemans, Ueber denSitz der Oberhaut bei den Luftwurzeln der Orchidée n ( Abhandl . d. K. Acad. z. Amsterdam , 1861. Math, phys., classe IX).
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
geb (1), de Bary ( loc.cit .), etc., cette couche représente V endoderme.
Quoi qu’il en soit, d’après Treub et de Bary, le vélamen des racines aériennes des Orchidées est une production du dermatogène. Rarement il est réduit à une seule assise de cellules {Vamllaplani folia, aphylla, Sarcopodium Lobbii) ; le plus souvent il comporte de 2 à 18 couches de cellules, pressées les unes contre les autres et qui ne laissent aucun méat entre elles (1).
Les cellules du vélamen renferment de l’air; ordinairement à parois incolores, elles forment une couche blanche luisante. — Plongées dans l’eau, elles absorbent rapidement ce liquide et laissent voir alors par transparence la matière verte du parenchyme cortical. D’après Leitgeb, dans les vieilles racines ( Vanda furva, Anselia africanà), dans l’intérieur des cellules spiralées, on trouverait de très petites cellules vertes d’algues qui donnent aux racines une couleur verte.
Toutefois, quelques racines présentent une coloration brune ; dans YEria stellata par exemple, cette coloration est due aux parois des cellules spiralées qui sont brunes ; dans le Trichotosia ferox , les trachéides sont remplis d’une substance colorée en rouge brun. Enfin Leitgeb a quelquefois rencontré, voire même en grande abondance dans le Renanthera coccinea, des granulations plus ou moins grosses formées d’une substance noire brunâtre, qui occupent de préférence les couches cellulaires les plus profondes. *
Chez les Aroïdées épiphytes on rencontre un vélamen semblable à celui des racines des Orchidées ; il est tantôt formé de quatre à cinq assises de cellules spiralées ou réticulées {Anthurium ac au le, ègregium , crassmervium , intermedium ), tantôt de deux assises seulement. Dansl’/Zowa/ottewa cærulescens, on trouve six assises de cellules, mais celles-ci sont lisses et à parois minces. Un pareil vélamen formé de cellules à parois lisses et minces se retrouve dans Y Anthurium violaceum, le Philodendron pedalum et autres Aroïdées. Les racines aériennes de YHartwegia comosa et celles du Iloya comosa présentent une organisation semblable.
(1) Leitgeb, Die Luftwurze/h.... Deutschr. cl. Wiener Acad. Math, naturw. Classe Bd 24, 1864.
(2) Voir encore : Fockens, Ueber die Luftvmrzeln. Diss., Gottingen, 1857-