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CI1AP. IX

§ 7. sang a l’état pathologique.

On peut dire qu’actuellement, l’histoire du sang traverse une période de rénovation. Des observateurs très distingués, se sont mis à l’œuvre et chaque jour des travaux considérables viennent éclairer la question. Ces recherches ne conduisent pas toujours leurs auteurs à des résultats concordants, aussi serons-nous forcés de donner souvent des opinions différentes sur un même sujet.

Nous avons vu que les globules sanguins, s’altéraient avec la plus grande facilité, sousles influences diverses que nous avons énoncées, il faudra donc bien se mettre à l’abri des causes d’erreur et ne pas prendre pour des altérations pathologiques, de simples accidents de préparation.

Les globules du sang peuvent être modifiés :

1° Dans leur nombre;

2° Dans leur forme et dans leurs dimensions ;

3° Dans leur constitution chimique.

L’état pathologique dans lequel ces altérations ont été le mieux étudiées est l’anémie. C’est en particulier aux travaux de M. Hayem que nous empruntons ce qui va suivre :

1° Nous ne parlons pas des modifications dans le nombre.

2° En général, dit cet auteur, en raison d’un défaut de consistance probable, les globules éprouvent des déformations variables, qui portent surtout sur les globules moyens et petits. Lorsque ces déformations sont peu accentuées, les globules, au lieu d’être parfaitement circulaires, prennent une forme ovalaire allongée. Quand, au contraire, elles sont très prononcées, elles donnent aux hématies, des apparences très variables qui sont comparables aux formes d’un bâtonnet, d’une raquette, d’un corps ovalaire étiré en pointe, à l’une de ses extrémités ou aux deux.

Le sang des anémiques, dit M. Hayem, contient presque toujours un certain nombre de globules plus petits, que les plus petits globules du sang normal. Le diamètre de ces petits éléments, varie de 2;a,2 à 6 a; les petits globules ne mesurant que. 2a, 2 à 2a, o, sont rares et toujours peu nombreux, tandis

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qu’il est fréquent d’en trouver un grand nombre mesurant 3g., 3; 3g., 8; 4g.; 5a. Les plus communs sont ceux qui mesurent de 4g., 5 à 6g.

A côté de ces globules, il y en a d’autres, qui ont reçu le nom de globules géants en raison de leurs dimensions anormales. C’est ainsi, que M. Hayem en a rencontré qui avaient jusqu’à 14g; mais en moyenne, ils n’atteignent que 10 à 12g. Leur forme est régulièrement discoïde, comme celle des globules sanguins normaux, mais en revanche, ils sont moins nettement aplatis au centre et beaucoup moins épais que les globules sanguins, à l’état normal.

M. Hayem a résumé de la façon suivante, les altérations observées dans les dimensions des globules, sous l’influence de l'anémie chronique: dans tous les cas d’anémie chronique, dJune certaine intensité, la moyenne des dimensions globulaires, est toujours supérieure à la normale. M. Malassez a publié des observations dans les Archives de physiologie qui démontrent qu’il n’en est pas toujours ainsi.

Manassein, d’après Duval et Lereboullet, aurait constaté que la diminution dans les dimensions du globule sanguin est en corrélation, avec une suractivité pathologique de ses échanges, (fièvre) ou bien encore avec une moindre absorption d’oxygène, due à une réduction notable de l’activité respiratoire.

M. Gubler a constaté l’augmentation de volume des globules rouges, dans un cas de maladie d’Addison ; M.Vulpian a retrouvé la même particularité dans un cas de cyanose cardiaque ( loc . c#.,p. 47), et M. Malassez dans le sang des saturnins. On a décrit un grand nombre de variétés de déformation des globules sanguins, dans différentes maladies infectieuses. Nous sommes loin de nier ces déformations, mais en considérant que dans ces cas particuliers, les globules sont en général beaucoup plus altérables, qu’à l’état normal, nous préférons ne pas insister sur les descriptions données par les auteurs (1). Sous l’influence de certains agents toxiques, on a observé la diffluence des globules sanguins. 11 est très important de noter que lorsqu’il y a accumulation des acides biliaires dans le sang par le

(1) Coze et Feltz, Recherches sur les maladies infectieuses. Paris, IS72.

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fait d’ictère grave, par exemple, il y a pour ainsi dire dissolution des globules sanguins, et formation très rapide d’après Duval et Lereboullet, de cristaux d’hémoglobine.

Le globule sanguin peut encore subir des modifications, dans sa composition chimique, par la fixation de certains gaz toxiques, tels que l’acide cyanhydrique; on reconnaît ces altérarations par la spectroscopie.

3° Certains de ces globules sont également altérés, dans leur constitution chimique ; c’est ainsi que les globules rouges des anémiques, sont souvent décolorés fl). Chose importante à noter, cette décoloration porte de préférence sur les globules dont les dimensions sont normales. Nous avons vu que les globules géants perdaient en épaisseur ce qu’ils avaient gagné en étendue ; au point de vue de la coloration, ils sont également très inférieurs aux globules normaux. Quelquefois, dans des cas d’anémie très profonde, la décoloration porte indistinctement sur tous les globules. Ces observations ont conduit les auteurs à étudier le pouvoir colorant du sang, c’est-à-dire la richesse du globule en hémoglobine. Ces recherches ont été faites à l’aide d’instruments spéciaux appelés Calorimètres , dont la description ne rentre pas dans notre sujet.

§ 8. DE LA MÉLANÉMIE.

On désigne généralement sous ce nom, un état particulier du sang, contenant soit des granulations pigmentaires libres, soit des globules blancs, renfermant des particules pigmentaires, ce qui est le cas le plus général.

Un grand nombre d’observateurs, font dériver les globules rouges des globules blancs, qui ne seraient pour ainsi dire que des globules rouges en voie de formation. Le professeur Rouget a observé(2), que chez la grenouille, par exemple, la matière colorante des globules, se dépose à l’état de granulations fixes, dans les globules blancs, lorsque ceux-ci vont se transformer en globules rouges. Cette matière colorante se dissolverait ensuite et colorerait uniformément le globule rouge. Cet état

(1) Donné, en 1844, avait fait une remarque semblable.

(2) Duval et Lereboullet, p. 57.

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intermédiaire du globule blanc, ne se rencontre ordinairement pas chez l’homme à l’état normal, et il faut que la nutrition soit troublée, par une cause quelconque, pour qu’on l’observe dans le sang. MM. Gornil et Ranvier ont observé cette particularité, à Paris, chez des sujets atteints de fièvre pernicieuse, d’origine palustre; Virchow a fait la même observation. Brown- Séquard a de nouveau retrouvé ces globules pigmentaires, dans un cas de maladie d’Addison. Kelsch, 22 fois sur 24, a trouvé ces globules pigmentés dans le sang de malades atteints de fièvre paludéenne.

Voici, d’après MM. Duval et Lereboullet, le procédé à suivre pour mettre ces globules nettement en évidence. Après avoir recueilli une goutte de sang, il faut la délayer dans une faible quantité de sérum artificiel, afin de bien isoler les globules rouges et d’éviter ainsi les amas qui masquent les globules mélanifères.

Ges particules pigmentaires, d’après Gornil et Ranvier, sont arrondies ou anguleuses, d’un noir intense, d’un diamètre variant depuis une extrême petitesse, jusqu’à 8 ou 9g.. Les auteurs ne parlent ici que des particules seules et ne comprennent pas dans leur mensuration, le globule blanc, qui les renferme. Ges globules, le plus souvent sphériques, mesurent de 7 à 15;x, renfermant de trois à six granules arrondis de ljx. (Duval et Lereboullet). On comprend que ces mensurations n’ont rien d'absolu et qu’elles subissent une foule d’exceptions.

Le globule blanc se comporte vis-à-vis du pigment pathologique, comme en général il le fait en présence d’une matière colorante pulvérulente et inorganique. C’est ainsi que si l’on injecte dans le sang d’un animal, du vermillon en poudre impalpable, suspendu dans l’eau, les globules blancs s’emparent de ces fines granulations et les transportent dans les organes.

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