CHAPITRE XI. — DES SÉDIMENTS DE L’URINE
préalablement une certaine quantité de liquide, dans un verre de montre ou dans une capsule, à moins que, l’urine se trouvant albumineuse, on provoque ainsi la formation de caillots albumineux. En raison même de l’origine supposée de ces urines chyleuses, il faudra toujours rechercher si le dépôt formé au fond du verre renfermant le réactif contient soit des tubes rénaux, des épithéliums, des hématozoaires, des œufs de parasites, etc. Dans ce cas, il sera prudent d’examiner le sang, afin d’y rechercher des parasites.
11 y a au sujet des urines renfermant des globules graisseux plusieurs observations importantes à faire. S’il n’est pas très rare de rencontrer des globules de matière grasse dans l’urine, il faudrait cependant se bien garder de leur attribuer une origine pathologique, surtout quand l’urine a été extraite à l’aide d’une sonde. On sait, en effet, que les sondes sont toujours imprégnées d’un corps gras, huile, cérat, beurre, etc. Le corps gras employé peut se retrouver dans l’urine, même un certain temps après que le malade a été sondé.
Dans quelques auteurs, il est fait mention d’urines laiteuses, c’est-à-dire contenant des globules de matière grasse du lait. Chaque fois que les malades dont provenaient ces urines pseudo-pathologiques étaient soumis à une étroite surveillance, on ne tardait pas à découvrir une supercherie. A ce propos, nous dirons, d’une façon générale, que chaque fois que l’on trouvera dans un liquide physiologique un élément tout à fait en dehors de ceux qu’on a l’habitude d’y rencontrer, il faudra se tenir sur la plus grande réserve et soumettre le malade à une surveillance attentive. Si quelquefois les malades peuvent tromper le médecin sans le vouloir, il en est un certain nombre, surtout parmi les femmes, hystériques ou non, qui mettent tout en œuvre pour induire le médecin en erreur. Dans tous les cas, le volume des globules du lait dépasse de beaucoup celui des globules gras des urines chyleuses.
Une urine riche en globules de pus peut parfois donner à l’œil l’aspect d’une urine chyleuse ou laiteuse. Un simple examen microscopique tranchera la question.
Beale est d’avis que les urines véritablement chyleuses, doivent cette particularité à une séparation du chyle parles reins.
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
Le même auteur, dans le cas de dégénérescence graisseuse du rein, aurait trouvé des cellules adipeuses dans l’urine. Dans le
Fig. 256. — a. Cellules épithéliales remplies de globules graisseux. — b. Moules tubuleux, contenant des cellules épithéliales présentant la même altération.
cas de dégénérescence graisseuse du rein, il se forme de la graisse dans les cellules épithéliales des tubuli. Ces cellules épithéliales se rencontrent dans burine, remplies de globules graisseux ; il en est quelquefois de même des tubes qui les contiennent. Claude Bernard a vu, et souvent nous avons pu le constater également, que lorsqu’on fait entrer dans l’alimentation d’un chien une grande quantité de matières grasses, on en retrouve par le microscope dans l’urine ; il ne serait pas impossible que, chez certaines personnes absorbant une grande quantité de matières grasses, ou d'huile de foie de morue, on pût également retrouver dans l'urine des globules gr aisseux.
Golding Bird décrit, d’après le docteur Florian Heller, une matière grasse particulière trouvée par ce dernier dans l’urine d’un malade. Ce patient, qui présentait tous les symptômes de la pierre, rendait de petites concrétions qui, à l’examen, se montrèrent composées d’une substance grasse spéciale. Ces concrétions, à l’état récent, étaient lisses, devenant par la dessiccation dures, jaunes, cireuses, amorphes; présentant à la lumière transmise une| couleur jaune sale. Cette substance fond à la chaleur, se boursoufle et s’enflamme, émettant une odeur particulière de gomme laque, de benjoin, en laissant une cendre volumineuse. On lui a donné le nom d 'uro-stéalithe.
§ 10. mucus de l’urine. — ÉNÉORÊME (Donné, Robin).
Lorsque l’on verse de l’urine normale, peu de temps après