RENCONTRER DANS L’URINE
Nous n’avons pas la prétention de passer en revue tous les corps étrangers qui peuvent être introduits volontairement, ou involontairement, dans-Turine ; ce serait une tâche audessus de nos forces. L’air ambiant, les vases employés, les instruments dont l’observateur se sert, l’opérateur lui-même, sont autant de véhicules aptes à introduire dans les préparations les corpuscules ou les objets les plus divers. Il résulte du nombre considérable de ces chances d’erreurs, ou de fausses interprétations, que l’opérateur doit mettre tout son soin à placer les objets destinés à être étudiés au microscope, à l’abri des substances qui peuvent être apportées par les différentes voies auxquelles nous faisions tout à l’heure allusion.
Nous ne parlerons pas des stries ou des bulles d’air, qui peuvent se trouver sur la surface même du porte-objet, et qu’un observateur inexpérimenté peut chercher vainement à caractériser ; cet inconvénient est propre à toutes les préparations microscopiques faites dans de mauvaises conditions. Il est facile de se mettre à l’abri d’un tel inconvénient, par le choix des plaques et par les précautions prescrites pour leur nettoyage et leur conservation (voy. p. 47 et4fi).
Le meilleur moyen, dit M. Robin, de se familiariser avec l’étude des poussières que peut contenir un laboratoire, c’est de laisser exposée à l’air libre une lamelle de verre et d'examiner ensuite au microscope* à l’aide d’une goutte de glycérine, les corpuscules qui s’y sont déposés. A côté de granulations calcaires ou siliceuses de volumes variables, de forme
généralement polyédrique, mais plus souvent irrégulière, on trouve des cellules d’origine végétale, des fragments de fibres ligneuses ou libériennes, des poils de plantes (voy. leur description), des cellules filamenteuses provenant des aigrettes de certains fruits ; toutes les variétés de grains de pollen, de fécules, de thèques ou sporanges diverses, de spores de cryptogames ; du noir de fumée et des fragments de charbon.
Fig. 257. — A. Écaille de papillon blanc ( S ai y rus janira ) vue dans l’eau et grossie 150 fois. — B. Écaille en cœur du Pieris rapæ, vue à sec ; grossie 200 fois. — C. Écaille de papillon blanc ( Pieris napi ) provenant de la tache noire de l’aile supérieure, vue dans l’eau gommée; grossie 160 fois. — D. Écaille d’insecte coléoptère ( Callichrorna alpina ) ; grossie 250 fois. — E. Écaille de papillon (. Polyommate argiolus) ; grossie 400 fois. — F. Écaille d’insecte (Dermeste des fourrures, Attagenus pellio ); grossie 200 fois.
On peut encore y rencontrer des éléments anatomiques entiers, ou brisés, ainsi que des fragments de tissus animaux, tels que : écailles de papillon, d’insectes divers (fig. 257 et 258); cellules épithéliales desséchées; poils, ou fragments de poils, des insectes (fig. 258) et des vertébrés; barbes et barbules de plume ; fragments d’animaux articulés, de très petit volume, tels que les acariens (fig. 260), squelettes d’infusoires siliceux et autres, surtout dans les temps de grands vents; corpuscules indéterminés de nature azotée, de formes variées, parmi les-