CHAPITRE XI. — DES SÉDIMENTS DE L’URINE
lorante violette, mais celle-ci se reproduit lorsque Turine est agitée en présence de l’air. L’oxygène paraît donc être nécessaire au développement de la matière colorante bleue.
La matière colorante rouge existe en dissolution ; son pouvoir colorant est très intense ; elle n’a pas été obtenue à l’état cristallisé.
La matière colorante bleue cristallisée affecte la forme de prismes droits, dont les extrémités sont assez fréquemment taillées en biseau ; leurs arêtes sont quelquefois remplacées par des facettes. Tantôt ils sont isolés, tantôt groupés en masses irrégulières , ou bien ce sont de longues aiguilles prismatiques disposées en rayon (Méhu, Chim. méclic., p. 325).
Ces cristaux sont bleus, presque noirs, s’ils sont un peu épais. La matière colorante bleue est à peine soluble dans l’alcool concentré, qu’elle colore nettement en bleu ; l’éther, le chloroforme, n’en dissolvent que des traces.
La matière colorante rouge (indirubine) est au contraire très soluble dans ces véhicules (Méhu).
Ces matières colorantes bleue et rouge de l’urine dériveraient, d’après Schunck, de Yindicane , qui se dédoublerait sous l’influence de la putréfaction en indigotine et en indirubine.
L’indigotine se rencontre rarement dans les sédiments urinaires à l’état de cristaux s’étant spontanément formés. D’a-
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
près M. Méhu, les formes cristallines, quoique différentes decelles ■ de l’indigotine cristallisée artificiellement , peuvent néanmoins se rapporter toutes au même système cristallin. Parfois aussi, dit cet auteur, l’indigotine se trouve dans le sédiment urinaire, à l’état de granulations amorphes, transparentes, d’un beau bleu, mélangées çà et là à des masses d’une teinte rouge ou orangée.
Celles-ci contiennent la matière colorante rouge (indirubine) et souvent aussi le pigment urinaire normal.
M. Méhu fait une remarque très importante sur certaines plaques de formes irrégulières, de couleur bleue, tantôt claire, tantôt foncée, qui semblent être des détritus épithéliaux teints par de l’indigotine. Ces plaques ne paraissent désigner aucun état morbide ; elles ne sont jamais en assez grand nombre pour qu'il soit possible d’en faire une étude chimique. Ces fragments d indigotine ou de matière organique colorées par de l’indigotine se voient également dans les urines des individus en bonne santé, comme aussi chez les malades ( loc . cit.r p. 330). Nous pensons que l’origine épithéliale de ces débris organiques colorés en bleu est l’exception.
D'après Golding Bird, lorsqu’on administre de l’indigo par les voies digestives, on en retrouve dans l’urine.
On a également signalé (Julia de Fontenelle) la présence du bleu de Prusse dans l’urine. Dans chacun de ces cas, du fer avait été absorbé volontairement ou involontairement. Les auteurs ont émis cette hypothèse, que le cyanogène proviendrait de la décomposition de l’urée.
Des urines diversement colorées peuvent être rencontrées, mais la détermination du principe colorant est plutôt du ressort de la chimie que de la microscopie.
Il résulte d’une communication faite pàr le Dr Albert Robin,, à la Société de biologie, en mars 1879, qu’il y a trois espèces d’urines bleues, dont nous décrivons simplement les sédiments au point de vue de la matière colorante qui les caractérise.
1er Type. Urines émises bleues. — Sédiment amorphe de cyanourine (Braconnot et Alb. Robin) qui rougit par l’acide chlorhydrique et redevient bleue par l’ammoniaque. — Très rare.