‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 343 sur 451 · CHAPITRE XV. — DES MATIÈRES FÉCALES · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV. — DES MATIÈRES FÉCALES

cet animal, reproduite sur un grand nombre de points, rend compte de l’épuisement, de l’anémie et de la faiblesse, qui sont hors de proportion hvec la durée de la maladie ne datant que d’un mois. Le Dr Dounon, à la monographie duquel tous ces détails sont empruntés, a donné à ce parasite le nom de Strongylus sanguisuga.

La diarrhée peut être également produite par d’autres parasites, tels que les oxyures, les ténias et les ascarides, qui seront décrits dans un chapitre spécial..

Diarrhée produite par les larves du Carpocapsus Pomomana. — M. le Dr Dounon, dans un travail publié sur le traitement de la diarrhée en Gochinchine et sur les affections parasitaires, a signalé un cas de diarrhée produite par les larves des chenilles d’un lépidoptère appelé le Carpocapsus Pomomana. Le malade était un soldat qui mangeait des quantités considérables de fruits, poires ou pommes, de mauvaise qualité; la plupart étaient gâtés et piqués par les vers, ce qui n’empêchait pas ce soldat de les manger gloutonnement, sans prendre aucune des précautions d’usage. Le Dr Dounon trouva la cause de la maladie dans les déjections du malade. Voici la description de l’animal appelé chenille rase, à cause de la rareté de ses poils. « La mâchoire supérieure en forme d’U, ouvert en arrière, est constituée par une substance excessivement dure, chitineuse, qui résiste aux instruments les plus acérés; elle a tout à fait la forme de l’arcade alvéolaire supérieure de 1 homme. La mâchoire inférieure est formée par une languette, qui vient s’appliquer exactement sur la courbe alvéolaire supérieure : elle est munie à son sommet de trois appendices, qui portent des couronnes de piquants très aigus. A côté de la bouche, on trouve des appendices semblables, dont les piquants sont beaucoup plus longs. La bouche s’ouvre, comme celle des mammifères, par abaissement de la mâchoire inférieure. L’animal l’ouvre dès qu’on l’irrite, et on voit apparaître une bouche énorme, qui se continue paL une cavité pharyngienne, oblique en arrière, dont la paroi postérieure est manifestement cornée. Cet animal est très vorace. La présence de cette triple couronne de piquants qui se trouve appliquée contre l’arcade alvéolaire et des deux couronnes

GUIDE DE MICROGRAPHIE.

qui sont placées à côté de la bouche, rend parfaitement compte du pincement de la muqueuse, que l’animal saisit, pour ne pas être éliminé de l’intestin. Il s’aide aussi, pour se fixer, de ses pattes moyennes et postérieures, qui présentent à leur extrémité libre une surface concave, sur le bord de laquelle on voit une très belle couronne de piquants, dirigés de façon à attirer en dedans et à fixer le corps mou quelconque, dans lequel ils sont implantés. »

Ces larves, dit M. Dounon, ont pénétré avec les fruits dans la cavité digestive ; elles ont franchi l'oesophage et l’estomac sans s’y arrêter, puis, arrivées dans l’intestin, elles se sont fixées;

Fig. 383. — Œufs cTentozoaires. (Davaine.) — 1. Ténia solium armé (gr. 340). — 2. Ténia proglottidien, renfermant un embryon dont on aperçoit les crochets (gross. 350) — 3. Ténia inerme (gross. 340). — 4. Botryocéphale (gross. 340). — 5. Tricocéphale (gross. 350). — 6. Ascaride lombricoïde (non fractionné, gross. 250). — 7. Le même, plus développé, renfermant des cellules embryonnaires. — 8. Oxyure vermiculaire (gross. 400).

leurs morsures ont déterminé une inflammation de la muqueuse, d’où il est résulté une dyssenterie légère, suivie de diarrhée chronique. Quand la mastication est incomplète, ces animaux peuvent arriver intacts de l’estomac ; ils échappent à l’action des sucs digestifs et se fixent dans l’intestin.

Il nous resterait maintenant à parler des parasites qui produisent également de la diarrhée, tels que le ténia, l’oxyure, les lombrics, etc. Parmi ces parasites, il en est dont à chaque état on retrouve la trace, soit dans les tissus, soit dans les dé-

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