‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 362 sur 451 · CHAPITRE XVI. — DES PARASITES · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI. — DES PARASITES

est exactement terminale et portée sur une sorte de cou, la ventouse abdominale est peu éloignée de la précédente et triangulaire, tandis que celle-ci est arrondie. Dans l’intervalle de ces deux ventouses, un grossissement faible, permet de distinguer un pénis et un orifice sexuel, intimementrapprochés l’un de l’autre.

L’intestin est ramifié, c’est-à-dire que ses deux branches principales donnent naissance à de nombreux cæcums latéraux, qui peuvent se subdiviser et dessiner d’élégantes arborisations, que leur contenu brunâtre fait aisément distinguer. L’examen de cet appareil digestif présente une grande valeur, puisqu'il suffit à caractériser la Douve hépatique et permet de la distinguer de la Douve lancéolée, avec laquelle on la rencontre ordinairement. L’oviducte, très flexueux, renferme des œufs jaunâtres, ovoïdes, munis d’un opercule mesurant de 0mm,12 à 0mm,14, suivant leur grand axe et de 0mm,06 à 0mm,09, suivant leur petit axe (fig. 407). De ces œufs naît un embryon

Fig. 407. — Ovule du dislome hépatique grossi 107 fois et traité par la potasse

caustique pour séparer l’opercule.

cilié ( proscolex ), mais nous ignorons encore où se développent le scolex et le proglottis de cette espèce et des divers parasites de l’homme.

La Douve hépatique , facile à reconnaître à l’aide des caractères précédents, peut être déterminée, soit à l’œil nu, soit à l’aide d’une simple loupe. Cependant l’étude de l’intestin et des œufs exige l’emploi du microscope. Un grossissement de ^ suffit dans le premier cas, un grossissement de 180 diamètres est nécessaire dans le second. L’examen des œufs est d’ailleurs fort aisé, le seul réactif nécessaire est la potasse, qui permet de séparer leur opercule. Les dimensions et la couleur de ces ovules doivent être notées avec soin, surtout si on les observe dans les fèces, dans une tumeur, etc., où ils

GUIDE DE MICROGRAPHIE.

peuvent être mélangés d'œufs appartenant au D. lanceoiatum.

La douve hépatique habite des hôtes très différents (hommes, quadrumanes, carnivores, rongeurs, ruminants, solipèdes, pachydermes, marsupiaux, etc.) On l’observe presque constamment chez le mouton, dans l’organisme duquel elle détermine une grave maladie, se généralisant souvent, et causant de redoutables épizooties (cachexie aqueuse). Chez l'homme on l’a observée dans les conduits et dans la vésicule biliaire, dans l’intestin, la veine porte, la veine cave, les veines sous-hépatiques, etc. On s’explique comment ces helminthes pénétrant dans les vaisseaux et entraînés avec le sang dans les diverses parties de l’économie, ont, pu s’arrêter dans les capillaires de telle ou telle région (Yoy. Sang), et y causer des tumeurs semblables à celles qui ont été observées sur divers points du corps (parois thoraciques, région occipitale, face plantaire du pied, etc.)

Le distome hépatique s’introduirait dans l’organisme sous forme de cercaires , qui se développeraient surtout dans certains mollusques, et en général, chez quelques animaux inférieurs. Ce serait donc sous cette forme et à l’aide des boissons que les cercaires pénétreraient dans l’intestin, et de là, dans les canaux biliaires.

Ces cercaires peuvent également s’introduire par le tégument externe, de là, ces tumeurs siégeant, comme on l’a vu plus haut, en différents points du corps, sans que le foie présente la moindre altération.

Les cercaires ont été rencontrés à l’état de liberté dans l’eau de mer et dans les eaux douces (fig. 405).

Il sera facile de distinguer les distomes observés dans de semblables conditions, sans les confondre avec des lambeaux de tissu cellulaire, des vaisseaux, des nerfs, etc. ; en effet, lorsque les douves se montrent dans ces habitats nouveaux, leur intestin gorgé de sang est rouge et non plus brun, comme lorsqu’on observe le trématode dans le foie, où la bile distend les branches de son appareil digestif et leur communique sa couleur propre. Cette modification jointe à la couleur caractéristique du ver doit toujours rendre sa détermination facile.

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