SUR L’EXAMEN MICROSCOPIQUE DES EAUX
Les eaux, surtout celles qui sont stagnantes, renferment une foule d’organismes vivants, soit végétaux (algues diatomées, etc.), soit animaux. Nous ne nous occuperons pas ici des végétaux proprement dits ; ils ont été étudiés dans les premières parties de ce livre, nous nous bornerons à donner quelques indications sur les microzoaires et les infusoires que l’on trouve dans les eaux.
Sous l’influence des matières organiques, empruntées surtout au règne végétal, les eaux stagnantes ne tardent pas à se peupler d’une foule d’animalcules, dont le rôle au point de vue de l’hygiène est très important. C’est ainsi, pour ce qui regarde les animaux domestiques, que l’on a attribué certaines épidémies à l’infection des animaux par les organismes qu’ils absorbaient avec les eaux non potables. Le rôle des eaux dans la contagion des maladies n’est pas encore absolument connu, néanmoins les faits acquis à la science sont de nature à faire de l’étude de cette question une des plus importantes pour l’hygiéniste et le médecin. C’est ainsi que, pour ce qui regarde la diarrhée de Cochincbine, il a été démontré que c’était par l’usage de l’eau, que l’on absorbait les embryons et les œufs des parasites qui, par leur développement ultérieur, causaient chez l’homme une affection d’une gravité extrême. Dans un travail publié en 1874, intitulé : Trois ans en Cochinchine , le Dr Sourrouille avait appelé l’attention sur les dangers qu’il y avait pour nos soldats et pour les Européens en général, de faire usage de l’eau des fleuves de la Cochinchine, et il conseillait avec raison d’imiter les indi-