‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 412 sur 451 · CHAPITRE XX. — EXAMEN MICROSCOPIQUE DES EAUX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX. — EXAMEN MICROSCOPIQUE DES EAUX

Stentor est un très gros infusoire, qui a une forme conique, évasé à son extrémité supérieure, lorsqu’il est à l’état d’extension. Grâce au mouvement de ses cirrhes, fixés sur les bords de son pavillon, il détermine un tourbillon violent, qui a pour but d’attirer les corpuscules environnants. Les plus petits pénètrent dans la cavité buccale du Stentor, tandis que les plus gros, s’ils ne conviennent pas à l’infusoire, sont rejetés par une fente qui interrompt la couronne à son milieu. Le corps tout entier est recouvert de cils vibratiles, dont les points d’insertion correspondent à ces mamelons musculaires, dont nous avons parlé plus haut, et qui deviennent saillants quand l’animal se contracte brusquement.

Ces insertions musculaires sont surtout visibles sur les vorticelles dont la forme élégante est en même temps très caractéristique.

Fig. 456. — Groupe de Vorticelles ( Vorticella convallaria ) à divers degrés de développement et de contraction.

Non seulement le corps de l’infusoire est contractile, mais le pédoncule l’est également. Formé par un prolongement du tégument, il aurait la forme d’un tube creux, dans lequel la myose serait disposée suivant une ligne spirale, de sorte que le pédoncule se contracterait comme un ressort à boudin.

La situation occupée par la bouche chez les Infusoires est variable : tantôt elle est située à l’extrémité antérieure de l’individu (' Vorticetliens ), soit obliquement, soit à la partie moyenne du corps.

Les Infusoires se servent avec beaucoup d’adresse des cirrhes buccaux pour saisir et palper les corps qui doivent servir à leur

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nourriture. On peut à l’aide de l’artifice suivant suivre dans l’infusoire la marche du corps absorbé. 11 suffit (Pelletan, p. 605) de mettre dans l’eau habitée par les Infusoires du carmin finement broyé ; ceux-ci avalent ces corpuscules colorés, qui teignent leur tube digestif; les organes de la digestion ne paraissent pas avoir des parois très distinctes.

Quant à. la vésicule contractile dont nous avons parlé plus haut, elle constitue un organe dans lequel on s’accorde à reconnaître l’élément principal de la circulation, une sorte de cœur. Cet appareil est surtout visible chez les infusoires de grande taille, comme une paramécie ou un kolpode.

D’après M. Balbiani, les organes de reproduction seraient représentés par un noyau contenant le plus souvent un nucléole, quelquefois distinct du noyau. Le noyau et le nucléole sont compris dans la masse sarcodique qui constitue l’infusoire. Pour M. Balbiani le noyau serait un organe de reproduction femelle, tandis que le nucléole serait un organe mâle. La reproduction se ferait de deux manières : par division binaire longitudinale ou oblique et quelquefois transversale, et enfin, chez quelques grands infusoires, par copulation, chez les Paraméciens par exemple (Pour plus de détails, voir Pelletan, loc. cit., p. 608 et 609).

Les Infusoires ont en général la propriété de s’enkyster, c’est-à-dire de sécréter autour d’eux une membrane dans laquelle ils s’enferment, formant ainsi une cellule close ou kyste, à l’abri duquel certains infusoires subissent des transformations, ou se mettent à l’abri des causes de destruction. Un marais vient-il à se dessécher, dit le docteur Gerbe, la plupart des infusoires qui le peuplaient s’enkystent, et attendent ainsi des circonstances plus favorables. C’est à cet état qu’on les trouve quelquefois dans les poussières emportées par les vents à de grandes distances. Lorsqu’ils trouvent des conditions d’humidité favorables, ils reprennent leur activité.

Les Infusoires sont doués de mouvements volontaires et leurs actions paraissent être la résultante de certains calculs, s’il nous est permis, à propos d’infusoires, de nous servir d’une semblable expression, au même titre que les actes volontaires d’animaux d’un volume plus considérable.

Après avoir indiqué succinctement les points principaux de l’histoire des Infusoires, nous donnons ci-après les caractères des espèces les plus communes, renvoyant pour les détails plus complets au livre de M. de Fromentel, et à l’ouvrage du docteur Pelletan.

A. Infusoires oscillants (/. nutantia, de Fromentel). Les Infusoires oscillants comprennent eux-mêmes les infusoires Flagellés , c’est-à-dire ceux chez lesquels on n’observe qu’un ou deux flagellions , mais pas de cils vibr utiles, et enfin les C il io- flagellés , ceux qui présentent à la fois des flagellions et des cils.

Le groupe des infusoires flagellés contient des individus excessi-

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