CHAPITRE XX. ~ EXAMEN MICROSCOPIQUE DES EAUX
partie supérieure et par la partie inférieure de leur corps. Ils ont une tête amincie portant une sorte de rostre, muni de cirrhes en forme de crochets dont le rotifère paraît se servir pour se fixer aux objets qui l’entourent.
Sur la tête on remarque également deux points rouges qu’Erhenberg a décrits comme des yeux rudimentaires; le corps se renfle ensuite et au-dessus de la tête on voit passer, sur le côté, un petit appendice en forme de tube terminé par un bouquet de soies courtes qui peuvent rentrer dans l’appendice comme dans une gaine. Suivant que l’animal est dans un état plus ou moins complet d’extension, le corps est plus ou moins globuleux et se termine par une queue ou pied qui peut s’allonger d’une façon considérable, grâce à la propriété que possède son tégument, comme celui de tout le corps, d’être formé d’anneaux qui rentrent les uns dans les autres à la manière des tubes d’une lorgnette. Le dernier article de la queue porte deux petites pièces ou cornicules pointues parle bout qui peuvent se rapprocher ou s’écarter. Ces deux pièces ne paraissent pas servir à la fixation de l’animal, c’est grâce à une ventouse située à leur base qu’il peut se fixer aux objets environnants. Outre les cornicules et la ventouse, la queue porte encore un organe rétractile qui dépasse les cornicules et ressemble à une main formée de trois doigts, à l’aide desquels il palpe les objets avant d'y appliquer les cornicules. Les Actinurus ont la queue munie de trois longues baguettes divergentes; les deux cornicules situées plus haut sont elles-mêmes formées de trois articles placés bout à bout. Quand le Rotifère se met en quête de sa nourriture et qu’il nage, sa tête se renverse et s’ouvre pour laisser passer des organes circulaires bordés de cirrhes vibratiles, qui se mettent à tourner comme des roues dentées, avec une grande vitesse. Par l’action de ces
Fig. 481. — Rotifer vulgaris, contracté et desséché. (Long. 0mni,123.; larg. 0ram,094.)
mouvements vibratoires, le Rotifère détermine un tourbillon, qui amène les particules nutritives jusque dans l’œsophage garni de cils vibratiles. Le Rotifère se sert également de cet appareil pour nager avec vitesse.
Grâce au pouvoir contractile de leur tissu, les Rotifères peuvent
prendre une forme globuleuse ; c’est celle qu’ils affectent lorsqu’ils sont soumis à la dessiccation. La tête et ses appendices rentrent dans le corps; il en est de môme de la queue. Tous les Rotateurs ne sont pas contractiles au môme degré; il en est dont le tégument est solide et ne recouvre qu’incomplètement les parties saillantes de la tête et de la queue.
Les Brachioniens diffèrent des Botifêriens par différentes particularités anatomiques et en particulier par la disposition des disques munis de cirrhes vibratiles. Le corps de certaines espèces de Bra chions est recouvert d’une carapace sécrétée par l’animal et à laquelle restent agglutinés les corpuscules qui sont amenés à son contact par l’appareil rotateur. (Pour plus de détails, V. Pelletan, loc. cit ., p. 637 et suivantes.) Les Brachioniens se trouvent dans les mômes conditions que les Rotifériens.
Fig. 482. — Brachionus ovatus. — En haut à gauche et en bas à droite, animal vu de face et de profil ; dans les deux autres figures, l’animal est d’une part complètement développé, avec ses disques rotateurs, et de l’autre, presque complètement rétracté. (Longueur 0mm, 174.) (P.)
A côté d’eux on rencontre également les Tardigrcides qui ont comme les Rotifères la propriété de prendre la forme d’un globule sous l’influence de la dessiccation. Ils ont la forme de petits vers formés de cinq segments plus ou moins distincts. Le premier paraît constituer la tête, les quatre autres sont munis chacun