PETIT MICROSCOPE DE M. VERICK
Cet instrument comporte toutes les pièces essentielles des microscopes.
Il se compose d’un pied de fonte en forme de fer à cheval, sur lequel est fixée une colonne rigide qui porte à sa partie inférieure un miroir surmonté d’une platine pour placer l’objet à observer, et à sa partie supérieure une branche horizontale terminée par un anneau où se visse un tube creux eu laiton. Ces diverses parties, pied, colonne, platine et tube creux ou canon , constituent le corps du microscope auquel il faut ajouter le tube qui porte l’oculaire à sa partie supérieure et l’objectif à son extrémité inférieure.
Tube. — Le tube en laiton mesure de 20 à 23 centimètres. Il se compose de deux tubes qui rentrent l’un dans l’autre, ce qui permet d’augmenter à un moment donné la ^longueur totale de l’instrument et par suite d’amplifier l’image.
A l’extrémité supérieure du tube se place l’objectif qui y entre à frottement doux; à son extrémité inférieure il porte une pièce conique, c’est le cône muni d’unejyis pour l’objectif. Ce tube glisse à frottement doux dans le canon. Avec la main on le fera glisser en bas ou] on le tirera en haut jusqu’à ce qu’on ait obtenu la mise au point approximative. Cela fait, pour avoir la mise au (point exacte, on usera d’un mouvement lent obtenu au moyen d’une vis micrométrique logée dans la colonne du microscope et que l’on manœuvre à l’aide d’un pignon que porte son extrémité supérieure. Chaque tour de cette vis fait monter ou descendre d une quantité très-faible le tube qui porte l’appareil optique.
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
Platine. Miroir. Diaphragme. — La platine est ici une plaque de cuivre noirci, et percée en son centre d’une ouverture pour le passage des rayons lumineux réfléchis par un miroir articulé placé au-dessous. Cette platine porte en outre deux valets ou ressorts en laiton qui servent à maintenir les
préparations.
Enfin, au-dessous de la platine est fixé un disque en métal noirci, percé d’un certain nombre de trous circulaires de grandeurs variées. Par un simple mouvement de rotation on peut amener successivement chacun de ces trous au-dessous de l’ouverture de la platine. Cet accessoire ou diaphragme permet donc de rétrécir à volonté l’ouverture pratiquée au centre de la platine, et de modifier ainsi l’intensité de l’éclairage produit par le miroir.
Le microscope petit modèle droit de Nachet, qui avec le précédent a été adopté dans les laboratoires de l’École de pharmacie, en diffère d’une manière peu sensible. Le pied en laiton est plein (fig. 4). Il est accompagné en outre d’une loupe (L) pour l’examen des objets à la lumière réfléchie.
§ 7. PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS AUX DIVERSES PARTIES MÉCANIQUES DES MICROSCOPES.
1° Colonne. — La colonne des microscopes que nous venons de décrire est rigide et par conséquent maintient le tube dans une position verticale. On fait pour les microscopes plus compliqués des colonnes articulées de manière à pouvoir prendre une certaine inclinaison en entraînant la platine, le miroir et le tube (fig. 5).
Cil AP. I.
D’autre part, dans les grands modèles, le mouvement rapide du tube ne s’exécute pas seulement par tirage, il peut encore être obtenu au moyen d’une crémaillère fixée dans la colonne (fig. 6). Un pignon met en mouvement cette crémaillère qui entraîne avec elle de haut en bas ou de bas en haut tout le système optique. C’est là d’ailleurs un perfectionnement d’une importance secondaire, car avec un peu d’habitude on arrive à mettre au point avec une grande précision en ne faisant usage que du glissement.
2° Platine. — Dans les microscopes grand modèle , on remplace la platine fixe décrite plus haut par une platine dite tournante (fig.
7). Ces platinés, par un mécanisme particulier, sont susceptibles de tourner dans tous les sens autour de leur centre. Cette disposition peut rendre de réels servicés lorsqu’on veut par exemple dessiner un objet dans un sens déterminé , sans être obligé de déranger la plaque qui porte la préparation.
On construit aussi pour certains modèles de microscopes des platines dites mobiles destinées à permettre de déplacer l’objet de très-petites quantités à la fois. Ces platines d’une utilité contestable ont en outre l’inconvénient grave de manquer de stabilité. Aussi l’observateur exercé préfère-t-il manœuvrer lui même l’objet avec les doigts.
Cette platine mobile paraît cependant nécessaire dans certains cas où l’on a besoin de varier avec une grande préci-
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
sion, la situation de l’objet examiné, ainsi que cela a lieu par exemple dans la méthode indiquée par M. Fouqmé pour la détermination des formes géométriques des cristaux par l’intermédiaire de la lumière polarisée.
Ajoutons enfin que dans la plupart des microscopes la platine de métal est recouverte d’une plaque de glace noire qui
la met à l’abri de l’action des acides et réactifs divers dont l’emploi est si fréquent dans les recherches microscopiques.
Diaphragme. — Le
diaphragme que nous avons décrit plus haut a l’inconvénient de déplacer l’orifice par lequel arrivent les rayons projetés par le miroir sur la préparation. Cet orifice se trouve reporté en effet un peu au-dessous du plan de l’orifice de la platine. De là, perte de lumière sensible, surtout lorsqu’on emploie les petits trous du dia phragme. Pour obvier à cet inconvénient, on construit ce qu’on appelle le diaphragme à tube. Le modèle adopté par M. Verick nous paraît des plus simples (Voir fîg. 6). C’est un tube en laiton muni à sa partie inférieure d’un collier moleté. Son ouverture supérieure représente le plus large orifice du diaphragme ; si l’on veut diminuer cet orifice, on peut y introduire de plus petits tubes noircis dont
Fi?. 6.
l’orifice varie de grandeur. Pour maintenir cet appareil audessous de la platine, une plaque de laiton, portant un anneau où l’on fixe le diaphragme, s’engage entre deux portants disposés à cet effet sous la platine. Un piton sert à tirer ou à
enfoncer l’appareil ; lorsque le tube est arrivé au-dessous de l’orifice de la platine, on le pousse en haut dans l’anneau où il glisse à frottement doux, et l’on amène l’orifice du diaphragme au niveau môme de l’orifice de la platine. Le but est atteint.
§ 8. MICROSCOPE BINOCULAIRE ( fig . 8).
Ce microscope construit pour la première lois par M. Nachet met en évidence les creux et les reliefs et donne par conséquent des images absolument exactes de l’objet, en
meme temps qu'une idée vraie des contours, de l’épaisseur, du volume, etc. On comprend toutes les conséquences pratiques que l’on peut tirer de cet instrument (pour les détails, voir Robin, loc. cit., et J. Pelletan, le Microscope , son emploi et son application. Paris, 1876).
CliÀP. I. — DES MICROSCOPES ET DE LEUR EMPLOI-