CHAPITRE IV
TISSUS
Ces fibres caractéristiques du bois des Conifères se retrouvent avec quelques modifications dans le bois des faisceaux des Cycadèes (. Zamia , Brongniart). Ici encore, les trachées et les vaisseaux annelés constituent les seuls éléments incontestablement vasculaires. Tout le reste du bois est formé de fibres aréolées ponctuées, dont les marques sont généralement étendues transversalement et se répartissent de manière à donner à la fibre un aspect plus ou moins comparable à celui qui distingue les vaisseaux scalariformes (ravés-aréolés). Aussi ces fibres, ainsi d’ailleurs que celles des Conifères, sont- elles souvent considérées comme des formes vasculaires spéciales.
Cellules ligneuses. — Aux éléments vasculaires et prosenchymateux du bois, viennent s’ajouter fréquemment des cellules à parois minces, à ponctuations simples ou aréolées, quelquefois lignifiées et qui se mêlent en proportions diverses aux autres éléments.
Ces cellules, qui forment 1 q parenchyme ligneux , peuvent renfermer en hiver de l’amidon ; souvent aussi elles contiennent de la chlorophylle, du tannin ou des cristaux d’oxalate de chaux. Leur répartition dans le bois des faisceaux est variable. Dans le Hêtre et le Chêne, par exemple, elles forment des assises simples entourant chaque vaisseau comme d'une gaine propre (Vigne); dans les Tilleuls, elles forment des bandes plus ou moins irrégulières qui se portent transversalement d’un bord à l’autre du faisceau.
Issues du cambium par division transversale de ses cellules avant leur épaississement, elles peuvent parfois se développer en quantité considérable et former un tissu très dense dans lequel ne se trouvent que de rares vaisseaux. Les racines charnues du Radis, de la Carotte, du Dahlia, les tubercules de la Pomme de terre, offrent de bons exemples de cette richesse du bois en tissu parenchymateux. La moelle apparente de ces organes répoïid en effet, en réalité, par son origine au corps ligneux d’un arbre dicotylédoné, seulement les éléments du bois, à l’exception de quelques vaisseaux, n’y sont pas lignifiés.
§ 18. RAPPORTS DE POSITION ENTRE LES DIFFERENTES PARTIES DES FAISCEAUX.
Dans le précédent chapitre, nous avons déjà dit quelques mots de la position relative des divers éléments dans le fais-
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
ceau. Cette question nous paraît avoir assez d’importance pour mériter quelques développements.
Si l’on envisage la position réciproque des parties cribreuse (liber) et vasculaire (bois) dans les faisceaux, on peut reconnaître trois manières d’être distinctes ; Russow (de Bary, loc. cit.) distingue alors les faisceaux en collatéraux , concentriques et r admires ou rayonnants.
A. Faisceaux collatéraux (Collaterale Bündel ). — Ces faisceaux se composent, dans la majeure partie des cas, d’une portion libérienne (cribreuse) et d’une portion ligneuse (vasculaire), qui se touchent par une de leurs faces, le reste de leur surface confinant aux divers tissus du voisinage. Cette forme est caractéristique des faisceaux des tiges et des feuilles de la plupart des Phanérogames; on la rencontre également dans les tiges des Equisetum , des Ophioglossées, de VOsmunda , etc.
Dans les cas normaux, la partie libérienne et la partie ligneuse d.e chaque faisceau sont alors orientées de telle sorte, que la dernière est tournée vers le milieu et la première vers la périphérie de l’organe qu’il parcourt (voir fig. 95). Les éléments de chacune des parties du faisceau sont eux-mêmes disposés comme nous l’avons déjà indiqué, savoir : sur les coupes transversales, les fibres libériennes en arcs tout à fait à la périphérie (/) ou réparties diversement au milieu des autres éléments (voir page 210). Dans le bois, les vaisseaux ponctués occupent la périphérie et les trachées la partie du faisceau la plus voisine du centre de l’organe. Entre ces deux points extrêmes, se répartissent les autres formes vasculaires, rayées, réticulées, annelées, de dehors en dedans (fig. 95). Ajoutons que les trachées, proéminant le plus souvent à la face interne du faisceau, se reconnaissent par suite aisément sur les coupes transversales.
Fig. 95. — Coupe transversale d’un faisceau extérieur d’une tige d’A- <ralia rcicemosa. — 1. Fibres libériennes. — c. Quelques rangées de Cambium persistent, au voisinage du bois. — — v. Vaisseaux.
— m. Moelk.