CHAPITRE VI. — STRUCTURE DE LÀ RACINE
•chez les Dicotylédonées une période secondaire qui les caractérise essentiellement. De nouvelles productions apparaissent, et prennent leur origine dans un cambium qui se développe à la face interne des faisceaux ou rayons libériens. Ces assises de cambium, se rejoignant bientôt au dehot's des faisceaux ou rayons vasculaires au moyen d’un dédoublement des cel-
Fig. 111. — Sections transversales d’une racine adventive de Capucine ( Tropœolum ma jus. — A. Avant l’apparition des productions secondaires. — B. Après la formation des deux faisceaux libéroligneux secondaires. (D’après Van Thiegem.)
Iules de l’assise rhizogène, forment bientôt un anneau générateur continu (Yan Thiegem, loc. cit.). Cette couche génératrice se comporte alors comme le cambium de la tige et développe en dedans, par formation centrifuge, des éléments ligneux, et en dehors, par formation centripète, des éléments libériens. Ces productions secondaires peuvent prendre naissance sur toute l’étendue de la zone génératrice ou se localiser aux parties de cette zone qui .correspondent aux faisceaux libériens primaires. Dans ce dernier cas, les arcs générateurs extérieurs •aux faisceaux vasculaires primaires ne produisent que des cellules parenchymateuses.
Quoi qu’il en soit, par suite de ces formations, le liber primaire est repoussé au dehors (fig. 111, /), tandis que le bois primaire (r) reste en dedans des nouvelles couches. Les coupes que nous reproduisons d’après M. Yan Thiegem montrent les changements qui se sont opérés depuis la période primaire (A), où la section transversale est comparable à la
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
coupe de la racine de Monocotylédone figurée plus haut (fig. 110), jusqu’à l’entier développement de la racine du Tropœolum mojus. On peut voir quel important développement prennent les formations secondaires.
En même temps que ces modifications se produisent dans le cylindre ligneux, la membrane rhizogène se transforme en zone génératrice et produit en dehors une couche subéreuse et, en dedans, du parenchyme cortical secondaire. — Il en résulte une écorce secondaire qui fréquemment persiste seule, l’écorce primaire venant à s’exfolier.
Telles sont les formations secondaires qui seules établissent une distinction entre les racines des Dicotylédonées et celles des Monocotylédonées, puisque d’autre part ces racines sont absolument comparables tant par le mode d’origine de leurs radicelles que par l’orientation des faisceaux de ces radicelles (Van Thiegem).
On pourra prendre comme exemple des différences de structure entre les racines développées des Dicotylédonées et celles des Monocotylédonées, les racines connues sous le nom d’Ipécacuanhas et les racines des Salsepareilles .
Ipécacuanhas. — Dans toutes ces racines les formations secondaires produisent un corps ligneux central, qui acquiert une grande densité et que l’on nomme méditutlium. Ses vaisseaux, à large ouverture dans les Ipécas ondulé et strié mineur , sont au contraire d’un calibre relativement étroit dans les Ipécas annelé et strié majeur. De plus, dans ce dernier le parenchyme cortical est complètement dépourvu d’amidon, tandis qu’il en regorge dans les trois autres espèces. A la périphérie de ce parenchyme cortical se trouve ordinairement un périderme formé de plusieurs assises de cellules subéreuses.
Salsepareilles. — Dans les racines de Salsepareille on retrouve l’organisation propre aux racines des Monocotylédonées, qui conservent, nous l’avons dit, leur strùcture primaire. Sur les coupes transversales, en effet, on voit (fig. 112, l) les faisceaux libériens alterner avec les faisceaux vasculaires (v) qui se réunissent par deux et prennent ici, comme cela est fréquent d’ailleurs chez les Monocotylédonées, la forme d’un V dont l’ouverture tournée au dehors embrasse la partie libérienne.
Ces racines présentent encore à la périphérie du parenchyme cortical un hvpoderme très développé (h), et à la face profonde du même parenchyme un endoderme, ou couche protectrice, sous forme d’une assise de cellules dont les parois sont considérablement épaissies (fig. 112, p).