x °U 4.400000 CCA
* = -âiô5 — 550-
Ce qui revient à dire que pour 550 globules rouges, il y a 1 globule blanc, ou encore que les globules rouges sont 550 fois plus nombreux que les globules blancs.
M. Hayem, a fait à l’appareil de M. Malassez quelques critiques que nous devons signaler. Ges critiques portent toutesr sur le rôle important que joue la capillarité dans l’appareil que nous venons de décrire. Le mélange sanguin étant consti-
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tué par une partie solide et par une partie liquide, il en résulte qu’il doit pénétrer inégalement dans le tube capillaire, le sérum ayant une ascension plus rapide que les globules, l’homogénéité du liquide est ainsi détruite. De plus, dit M. Hayem, les parois elles-mêmes de l’espace capillaire, repoussent les globules du sang, de sorte qu’il se forme une zone claire analogue à celle qui se produit dans les capillaires naturels. L’expérience a démontré que, en raison de la dilution du sérum et du petit nombre des globules , l’inconvénient signalé par M. Hayem n’existe pas ou du moins est plus théorique que pratique. Quant à la répulsion qu’exerceraient les parois du tube capillaire, elle tient tout simplement à la forme elliptique du canal, en vertu de laquelle les globules ont une tendance à gagner les parties déclives. Pour nous, ce que l’on peut reprocher à cet appareil, c’est sa perfection même ainsi que la délicatesse des manœuvres, qui nécessitent un certain temps d’apprentissage.
MM. Hayem et Nachet ont imaginé un appareil basé sur le même principe que celui de M. Malassez, mais reposant sur une méthode différente ; sans repousser le mélangeur Potain, M. Hayem conseille de faire le mélange de sang et de sérum par la méthode suivante : il se sert de deux pipettes graduées, une pour le sang, une autre pour le sérum ; la pipette destinée au sérum porte des divisions permettant de prendre de 100 à 500 millimètres cubes. Le sérum dont on se sert ne doit pas avoir une composition quelconque pour conserver aux globules leur aspect physiologique et faciliter leur dissémination régulière. M. Hayem donne la préférence aux sérums naturels, physiologiques ou pathologiques. Cet auteur dit avoir retiré de grands avantages du liquide obtenu par une ponction chez un malade atteint d’hydropneumothorax. C’était un liquide très riche en albumine et ne contenant que des traces de fibrine; sa densité était égale à 1019. La sérosité de l’ascite, que tout médecin peut, dit M. Hayem, se procurer facilement, fournirait également un excellent véhicule. Nous ne pensons pas que l’usage des sérosités naturelles puisse se généraliser, attendu que ces liquides n’ont pas tous la même densité ni la même composition, et que de plus, en supposant que ces
liquides remplissent parfaitement les indications nécessaires, on n’en a pas toujours à sa disposition (1). Suivant M. Hayem, le sérum iodé de M. Schultz, préparé avec du liquide amniotique de vache, permet de faire un mélange très homogène ; ktoutefois il rétracterait les globules, et par conséquent ne saurait servir à la mensuration de ces éléments. Ce dernier véhicule ne nous paraît pas non plus très pratique, et en attendant que l’on trouve un sérum artificiel qui ne déforme pas les globules, nous conseillons l’emploi de celui dontM. Grancher, professeur agrégé à la Faculté de médecine, a donné la formule, qui est la suivante :
Sulfate de soude cristallisé 1 gramme.
Eau distillée 40 —
Ce sérum gonfle les globules et les rend sphériques, mais il ne les décolore pas ; de plus, grâce au peu de densité du liquide, les globules gagnent rapidement le fond de la préparation.
Quelque sérum que l’on choisisse, voici comment il faut opérer. On prend par exemple 500 millimètres cubes de sérum à l’aide d’une pipette qui a été graduée de façon à tenir compte du mouillage du verre ; ce sérum est déposé avec soin dans une petite éprouvette. C’est alors que l’on prend le sang par la méthode que nous avons indiquée précédemment. L’aspiration d’une quantité déterminée du sang se fait à l’aide d’une pipette parfaitement calibrée et graduée qui ressemble à celle de M. Potain. Les divisions que porte le tube permettent de prendre 2 millimètres cubes, 2mm,5 ou 5 millimètres
Fig. 216. — Cellule de MM. Nachet et Hayem.
cubes de sang. Supposons, dit M. Hayem, qu’on en prenne
(1) La présence fréquente des globules blancs et même des globules rouges dans des liquides pathologiques peut encore modifier le résultat obtenu.
2 millimètres cubes. En les portant dans la petite éprouvette, qui contient 500 millimètres cubes de sérum, on aura un mélange au 251e. On comprend qu’il est facile d’obtenir de même des mélanges au 201e ou au 102e, soit en faisant varier la quantité de sérum, soit en prenant une quantité plus grande de sang. Il suffit de souffler dans le tube en caoutchouc que porte la pipette pour faire tomber le sang au fond de l’éprouvette. En aspirant deux ou trois fois de suite un peu de sérum qu’on repousse aussitôt, on vide facilement tout le tube capillaire. On introduit alors dans la petite éprouvette contenant le sérum et le sang un agitateur terminé par une petite palette à l’aide duquel on fait un mélange aussi intime que possible.
L'appareil de MM. Nachet et Hayem se compose d’une petite cellule formée par une lamelle de verre mince perforée à son centre de manière à former une ouverture d’environ 1 centimètre de diamètre et fixée sur une lame de verre porte-objet parfaitement plane. L’épaisseur a été diminuée d’une quantité déterminée à l’aide du sphéromètre, et on a ainsi une cavité dont l’épaisseur est mathématiquement connue. En déposant au centre de la cellule une goutte du liquide sanguin, et en la recouvrant immédiatement par une lamelle de verre très plane qui vient reposer sur les bords de la cellule, on obtient ainsi une couche de liquide, à surfaces parallèles, dont l’épaisseur est égale à un cinquième de millimètre. Si l’on a soin, dit M. Hayem, de bien placer la goutte de liquide à examiner au milieu de la cellule, et de ne pas la prendre assez volumineuse pour qu’elle remplisse la cavité tout entière, on n’aura pas à craindre le soulèvement de la petite lamelle par le liquide, phénomène qui se produit facilement lorsque la cellule contient une quantité surabondante de liquide.
Il ne reste plus maintenant qu’à recouvrir la cellule à l’aide de la petite lamelle. Pour empêcher celle-ci de glisser et pour s’opposer en même temps à l’évaporation du liquide san-
guin, M. Hayem conseille d’humecter les bords de la lamelle avec de la salive.
On n’a plus alors qu’à compter les globules. Cette numération se fait par un procédé analogue à celui de M. Malassez. Dans l’oculaire, on a placé une glace sur laquelle est disposé un carré, et le tube rentrant du microscope est enfoncé dans sa monture, jusqu’à un trait calculé de façon que, le côté du carré ait, avec l’objectif dont on se sert, (n°2 Nachet), une valeur d’un cinquième de millimètre, soit celle de la hauteur de la cellule. On a ainsi sous les yeux la projection d’un cube d’un cinquième de millimètre de côté. De plus, ce carré de l’oculaire est divisé en seize carrés égaux, dans lesquels on a placé des lignes réciproquement perpendiculaires qui n’arrivent pas jusqu’aux bords des petits carrés et qui sont desti-
Fig. 218. — Appareil de MM. Nachet et Hayem.
nées à faciliter la numération, (fig.218). Au bout de quelques minutes, les globules sont tombés par leur propre poids au fond de la cellule. En comptant ceux qui sont compris dans les seize petits carrés, on a très exactement le chiffre des globules contenus dans un cube d’un cinquième de millimètre de côté. Il suffira donc, de multiplier ce chiffre par 125 pour savoir ce que
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renferme 1 millimètre cube de mélange, et, pour connaître la valeur d’un millimètre cube de sang, de multiplier le dernier chiffre trouvé par le titre de ce mélange (*Hayem). Dans l’exemple choisi par l’auteur, c’est-à-dire, avec un mélange au 251e, soit x , le nombre de globules comptés dans les seize carrés, il faudra multiplier . x par 125, puis par 251, soit 125 X 251 = 31 ,375. Si lo mélange avait été fait au 201e, on aurait à multipliera? par: 125 X 201 = 25, 125; avec un mélange au 101e par 125 X 101 = 12,625.
Pour obtenir un résultat plus rapproché, M. Hayem, comme M. Malassez, conseille de faire la numération plusieurs fois de suite (1).
Quand on veut faire la numération des globules blancs, il faut faire usage d’un mélange sanguin au 101e. On comprend que dans ce cas les globules rouges sont si nombreux qu’il devient difficile de les compter, on fait alors un second mélange au 251e à l’aide duquel on compte les globules rouges.
Nous ne voulons pas donner ici les résultats qui ont été obtenus par les différents expérimentateurs qui se sont servi de ces deux méthodes. Les chiffres ne concordent pas toujours, il est sage d’attendre que des expériences plus nombreuses aient été faites. En général les chiffres donnés par la méthode de M. Hayem sont supérieurs à ceux obtenus par le procédé de M. Malassez. On a supposé que l’addition d’un peu de salive pour faire adhérer la lamelle de recouvrement, en soulevant la plaque, augmentait la hauteur du cylindre et la rendait supérieure à f de millimètre ; pour cette raison on aurait une augmentation dans le nombre des globules. Une objection plus sérieuse a été faite par M. le Dr Esbach, chef du laboratoire de clinique médicale à l’hôpital Necker. M. Esbach a bien voulu nous communiquer le résultat de ses recher-
(1) Nous trouvons dans un travail de M. le Dr Albin Meunier, intitulé : « Étude parallèle des globules rouges et blancs du sang et des principaux éléments de l’urine, dans quelques maladies aiguës », une observation touchant l’appareil d’Hayem. Elle nous a paru avoir un intérêt pratique. Pour rendre cet appareil plus parfait, dit l’auteur, il conviendrait d'ajouter au microscope un petit niveau d’eau qui permettrait d’avoir l’instrument toujours dans un plan horizontal; s’il dévie de ce plan, on a, par exemple, 1 50 globules dans un champ et 200 dans un autre. Il y a donc nécessité d’établir l’horizontalité.
ches encore inédites. Lorsqu’après avoir agité le mélange sanguin, avec la petite spatule, on transporte à l’extrémité de celle-ci une goutte de liquide dans la cellule, il arrive que les globules suivant la densité du sérum gagnent plus ou moins rapidement l’extrémité de la goutte du liquide sanguin. En effet, dit M. Esbach, prenez du sérum constitué par une solution de sulfate de soude d’une densité de 1008, les globules se déposent très rapidement, dès qu’on a cessé d’agiter le mélange, ils gpgnent les parties inférieures du liquide. Un phénomène identique a lieu dans la goutte du sérum sanguin. Or, comme on dépose précisément dans la cellule la partie la plus inférieure de la goutelette, il se trouve qu’on y introduit en même temps, une quantité anormale de globules.
Si maintenant on prend un sérum de composition analogue, mais de densité plus élevée, et se rapprochant davantage de la densité du sérum du sang, le phénomène est bien moins accentué, et la numération subséquente donne un chiffre notablement moindre de globules. Enfin si l’on emploie un sérum visqueux, comme celui de M. Potain, par exemple, mais sans addition de carbonate de soude, les variations seront encore moindres, parce que la répartition des globules sera plus égale.
Ainsi donc, avec la méthode de M. Hayem, moins le sérum est dense, plus l’erreur est grande et plus on est exposé à compter un trop grand nombre de globules.
Voici par quel moyen le Dr Esbach propose de se mettre à l’abri de cette cause d’erreur. Le mélange étant opéré, on y plonge la pipette capillaire que l’on emploie pour le sang, on aspire et on repousse plusieurs fois le liquide.
Enfin on pratique l’aspiration une dernière fois, et l’on emporte l’instrument chargé du mélange. L’extrémité est essuyée avec soin, et on laisse écouler la première goutte hors de la cellule, puis, touchant le fond de la cellule avec la pointe de la pipette, on y laisse tomber une quantité suffisante de liquide que l’on recouvre immédiatement avec la lamelle. M. Esbach conseille l’emploi d’un sérum dont la densité varie entre 1020 et 1024.
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Avec cet esprit à la fois si ingénieux et si pratique qui le caractérise, M. Esbach a apporté un notable perfectionnement aux méthodes de MM. Malassez et Hayem. Nous devons également à l’obligeance de l’auteur, la communication de cette importante modification, à laquelle il a donné le nom de numération à la chambre claire. Au lieu d’un oculaire quadrillé on se sert d’une chambre claire, munie dans son intérieur d’une glace quadrillée. On règle le tirage du microscope comme d'habitude. Sur une surface plane, un morceau de marbre par exemple, on pose une feuille de papier, puis sur celle-ci le microscope qui, par son poids, en assurera la stabilité.
Si l’instrument, étant au point, on regarde dans la chambre claire, on aperçoit la préparation comme si elle était sur le papier lui-même ; de plus on voit très bien une plume ou un crayon à l’aide duquel on trace des lignes ou des points. A mesure que M. Esbach compte un globule, il le marque d’un trait à la plume. Arrivé au bas de chaque colonne de petits carrés, il inscrit le nombre des globules, et il fait de même pour chaque colonne. On voit que, grâce à cette méthode, on compte facilemeut les globules et qu’on ne risque pas de compter deux fois le même ni d’en oublier un seul qui, n’étant point marqué d’un point, s’offrirait de lui-même à la vue.
Pour rendre cette numération plus rapide encore, M. Esbach remplace la feuille de papier par une plaque de zinc ; celle-ci est mise en rapport par un fil avec une pile au bichromate, à laquelle est également reliée la plume de l’opérateur, par un fil souple. Sur le trajet de l’un des fils, est interposé un petit compteur électrique, dont la construction est des plus simples, puisqu’il consiste en un disque de bronze, portant 300 petites dents numérotées, de telle sorte qu’à chaque globule marqué, le compteur avance d’une unité. La seule préoccupation de l’ opérateur consiste donc à faire des barres sur les globules, sans avoir à compter et sans erreur possible. Il y a de plus, une grande économie de temps quand il s’agit de compter 300 ou 400 globules.