CHAPITRE XI. — DES SÉDIMENTS DE L’URINE
rencontre aussi dans les écailles cutanées des pellagreux.
La tyrosine cristallise en fines aiguilles, soyeuses et blanches, souvent groupées en étoiles.
Les cristaux de tyrosine sont peu solubles dans beau froide, plus solubles dans l’eau bouillante ; ils sont insolubles dans l’alcool concentré et dans l’éther.
La tyrosine est très soluble dans l’ammoniaque ; par éva-
Fig. 331. — Sphères de tyrosine hérissées de pointes et provenant de l’urine dans un cas d’atrophie aiguë du foie.
poration on obtient de petites sphères constituées par de fines aiguilles partant d’un centre commun.
La tyrosine se dissout dans les acides minéraux sans s’y altérer. Elle est soluble dans les alcalis. Les acides la précipitent de sa solution alcaline.
§ 27. — GLUCOSE.
La présence du sucre dans l’urine a été découverte en 1674 par un médecin anglais, Thomas Willis. En 1815, notre compa-
Fig. 332. — Cristaux de glucose et de chlorure de sodium s’étant déposés spontanément, dans une urine concentrée.
trioteM. Chevreul démontra que le sucre de l’urine différait du sucre de canne, et se rapprochait beaucoup du sucre de raisin.
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
Le sucre ne peut être considéré comme un sédiment de l’urine, mais quand on fait évaporer quelques gouttes d’une urine sucrée, ou que celle-ci s’évapore spontanément, on trouve des cristaux de glucose. Le sucre ne cristallise bien que dans le cas où l’urine est très riche en sucre et ne contient que peu d’urée, ou d’autres sels.
La forme cristalline la plus caractéristique est le prisme rhomboïdal ; parfois les cristaux sont disposés en touffes rameuses (Harley). Ce même auteur est d’avis que le sucre du diabète ne cristallise avec autant de régularité qu’à la condition d’être combiné avec le chlorure de sodium.
Quand l’urine contient une plus forte proportion de sels, le sucre cristallise en petites masses circulaires, offrant des saillies formées de cristaux microscopiques. Ces masses semblent être constituées par une aggrégation de petites tables de sucre. Examinées sur un fond sombre, elles ressemblent à des fragments de sucre d’orge (Gibb, d’après Harley).
Nous rappellerons que, dans les urines sucrées, se développent des végétaux inférieurs, sur lesquels nous avons antérieurement insisté (voy. p. 415).
28. — MATIÈRE COLORANTE BLEUE DE L’URINE. — INDIGOTINE (Schunck,
Méhu). — uroglocine (Heller).
On observe que, dans certaines maladies, l’urine prend une coloration bleuâtre ou violacée, soit à sa surface qui est irisée, soit à sa partie inférieure qui contient un dépôt coloré. Cette matière colorante est toujours en quantité très faible ; elle a été étudiée par M. Méhu (Bull, de thérapeute 1871). D'après cet auteur, la matière colorante violette est formée par un mélange, en des proportions variables, d’une matière colorante bleue et d’une matière colorante rouge.
La matière colorante bleue jouit des propriétés de l’indigotine et a été obtenue cristallisée par M. Méhu (fig. 333).
Elle tend à se déposer la première avec le sédiment, et comme elle apparaît surtout dans les urines putrides, c’est
vec les phosphates terreux qu’on la rencontre sur le filtre, sulfhydrate d’ammoniaque tend à détruire la matière co-