CHAPITRE XV. — DES MATIÈRES FÉCALES. 5S
conium présente à peu près les mêmes caractères que ceux qufil aura au moment de la naissance (Gh. Robin).
Le méconium est brun, ou brun verdâtre, d’une consistance visqueuse. Il renferme surtout un mucus spécial, qui tient reliés ensemble tous les éléments anatomiques qui le composent. « Par lui-même, ditM. Robin, ce mucus ne présente rien de bien particulier.il est transparent, ses stries sont parallèles sntre elles, rectilignes ou onduleuses, rapprochées les unes des autres en certains points, s’écartant ensuite et finissant par disparaître. Cette particularité est détruite par la dessiccation. Dans ce mucus on voit beaucoup de granulations moléculaires, grisâtres et très petites, ainsi que quelques granulations graisseuses. Elles ont une coloration jaunâtre, un centre brilant et un contour foncé. On rencontre, en outre, soit des
Fig. 365. — Cellules épithéliales de l’intestin grêle, encore adhérentes les unes avec les autres (gross. 300 d.). — a. Membrane gonflée par l’eau (Kôlliker).
cellules isolées, soit surtout des gaines encore tout entières, eproduisant la forme des villosités dont elles sont détachées, >u bien encore des lambeaux de l’épithélium qui tapisse l’esomac et le gros intestin. » (Ch. Robin.)
« A l’époque de la naissance, les cellules prismatiques qu’on r trouve sont tantôt isolées, tantôt juxtaposées en nombre plus •u moins grand. Elles sont généralement peu régulières, à tords moins nets, que ceux des cellules prises à la surface nême de la muqueuse ; elles sont én même temps plus granuleuses, et peu laissent encore voir leur noyau ovoïde. On istingue pourtant leur extrémité adhérente, ou la plus étroite, e l’extrémité libre, un peu plus large, qui était tournée vers la avité de l’intestin. La plupart sont teintées en jaune verdâtre oncé, par la matière colorante de la bile. Il est facile de reonnaître la nature de ces cellules, lorsqu’on a déjà vu les cel-
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lüles semblables qu’on observe dans la bile prise dans la vésicule du fiel. » (Robin, Traité des humeurs.)
On trouve fréquemment de la cholestérine cristallisée dans le méconium. Les éléments qui le caractérisent surtout, ce sont des grains, ou grumeaux de matière colorante verte de labile (biliverdine). Pendant la vie extra-utérine, cette matière colorante, au lieu d’être en grains isolés, comme dans le méconium, est intimement mêlée au sérum biliaire. D’après M. Robin, ces «granules affectent des formes différentes: tantôt ils sont globuleux ou ovoïdes, tantôt ils sont polyédriques et à angles arrondis. Cette dernière forme est même la plus fréquente. Le diamètre de ces grains est très variable (de 5 à 40 p.) ; la plupart ont de 10 à 20 millièmes de millimètre. Ce caractère suffit pour empêcher qu’on les confonde avec des grains de chlorophylle.
L’acide nitrique produit sur ces grains la série de colora' tions que l’on observe, quand on le fait réagir sur les matières colorantes de la bile; cependant, la coloration violette est la seule nettement visible au microscope. Lorsque les enfants ont tété, le méconium conserve encore sa viscosité, mais il est devenu vert-jaunâtre. On y trouve encore des cristaux de cholestérine, mais les granules de biliverdine sont devenus rares. Cette couleur est due principalement, dit M. Robin, à la^ présence de cellules épithéliales pavimenteuses, pâles, la plupart sans noyaux, quelquefois plus foncées, par suite de la présence d’un grand nombre de granulations jaunâtres. Ces cellules sont généralement étalées, quelques-unes plissées; rarement elles sont imbriquées ; suivant M. Robin, elles proviendraient de l’œsophage et seraient entraînées par les premiers mouvements de déglutition.
Nous avons représenté en a (fig. 366) les granules de matière colorante verte, dont le volume est très variable, ainsi que nous l’avons dit, et qui passent par des colorations diverses sous l’influence de l’acide azotique. Les cellules épithéliales figurées en b sont, les unes incolores, les autres colorées en jaune, et beaucoup d’entre elles contiennent, dans leur intérieur, des corps très petits, tantôt isolés, tantôt groupés, de couleur jaune orangé, affectant soit la forme losangique, avec des
CHAPITRE XV. — DES MATIÈRES FÉCALES, arêtes très pures, soit la forme figurée en b à la figure 367. Disons tout de suite que nous avons également rencontré ces
petits corps dans l’enduit fœtal (1). Enfin, en c nous avons figuré les corpuscules réfringents, dont quelques-uns sont extrêmement fins.
Dans la figure 367 nous avons représenté, en a, des cellules épithéliales groupées et contenant de ces petits corps jaune orangé, dont nous venons de parler, qui sont représentés en b ,
à un fort grossissement. En c, on voit des cristaux de cholestérine ; enfin en cl et en e la racine èt la pointe de l’un de ces poils de duvet, que l’on rencontre si fréquemment dans le méconium.
Nous avons eu l’occasion d’observer un méconium peu coloré (fig. 368) dont l’aspect différait du méconium normal. Outre
(1) Y. la figure 304. Ces corps ont des dimensions très variables.
Fig. 366. — Éléments du méconium.
Fig. 367. — Éléments du méconium.
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des cellules épithéliales représentées en b et contenant de ces petits corps losangiques déjà décrits, il y avait des masses, probablement formées de matière grasse, groupées ou isolées, ainsi que de fines granulations réfringentes. En d on voit une agglomération de granulations jaune-orangé, granulations différant des corps losangiques, dont il a été parlé plus
haut. 11 y avait, en outre, des poils de duvet assez fortement pigmentés.
Tous ces éléments étaient invisqués dans le mucus intestinal.
Le méconium peut se conserver très longtemps, desséché sur un linge, ou dans un morceau de papier, sans exhaler aucune odeur. Au toucher il donne la sensation d’un corps gras; sa coloration n’est pas altérée : il peut se putréfier cependant, s’il ne se dessèche pas.
Les linges qui ont reçu du méconium sont colorés en jaune verdâtre, ou en brun verdâtre, suivant l’épaisseur de la couche de méconium, qui a été déposée à leur surface. Les taches sont rudes au toucher; en raison de sa viscosité, le méconium traverse rarement les tissus. Quand une couche de méconium assez épaisse s’est desséchée entre les plis d’un linge, il n’est pas rare qu’il s’en détache de larges écailles portant imprimées, sur chacune des faces en contact avec le linge, les reliefs du tissu; d’autres fois, il suffit de soulever légèrement l’un des bords relevés, de la couche desséchée du méconium, pour la détacher complètement du linge. Quand on examine au microscope, à un grossissement de 500 D., du méconium ainsi recueilli; on voit qu’il est formé, comme il a été dit plus haut, d’un mélange de granulations, de cellules, de cristaux et de
Fig» 368. — Méconium anormal.