CHAPITRE XXII. — EXAMEN DES CHEVEUX ET DES POILS
scope (Chevallier et Baudrimont). On ne peut découvrir dans la cassure des filaments de soie aucune fibrille élémentaire.
Traitée par l’acide azotique, l’ensemble des filaments jaunit un peu, chacun se gonfle au point d’acquérir un diamètre de
Fig. 566. — Coupe transversale du réservoir séricifique, (Grossissement 60 diamètres.)
0mm,0o et plus. Cette expérience peut être faite dans la lumière polarisée. On voit alors chaque filament s’assombrir au fur et à mesure qu’il se ramollit en se gonflant et finir par disparaître. D’après Robin et Coulier, l’emploi de la lumière polarisée n’a pas grande valeur au point de vue de la distinc-
tion des fibres textiles; cependant l’examen à la lumière polarisée pourrait au moins servir à différencier les variétés commerciales les unes des autres. (Chevallier et Baudrimont,
D'après Hager, la soie se compose de fils doubles, brillants
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
compacts, cylindriques, sans structure intérieure, ne possédant pas de cavité, à réflexion égale. La coupe d’un fil de cocon présente des contours anguleux. La soie teinte paraît en certains endroits comme aplatie ou inégale. L’absence de cavité intérieure distingue la soie de toutes les autres fibres textiles. Le mélange de sucre et d’acide sulfurique colore la soie en rose, plus vite que la laine et la dissocie rapidement. La couche extérieure, en se gonflant, montre un contour sinueux et denté. Tant que la solution n’est pas complète, on y remarque un fil longitudinal extérieur encore solide, qu’il ne faut pas confondre avec une cavité et qui est de la substance encore intacte. La soie nommée Yama-may montre une rayure longitudinale très prononcée et une coupe poreuse.
Soie marine. — On appelle encore la soie marine , poil de nacre. Elle est constituée par le byssus, faisceau de filaments soyeux, à l’aide duquel certains mollusques bivalves, tels que les jambonneaux, adhèrent aux corps'sous-marins. (Pennetier, p. 387.)
Cette matière est sécrétée par des glandes cutanées situées à la base du prolongement contractile de l’abdomen nommé pied et est filée par une rainure de celui-ci.
Voici, d’après Pennetier, les caractères microscopiques et microchimiques de ce produit. L’examen du byssus d’un Pinna vexülum (Born) montre des filaments jaunes aplatis, à bords droits, à cassure nette, à surface lisse ou très finement striée longitudinalement, à diamètre variable et fort irrégulier. Ce dernier mesure de 0mm,013 à 0mm,055 et présente dans un même brin de très grandes variations, passant successivement par exemple, de 0,033 à 0,048, 0,054, puis redescendant à 0,048, 0,042 pour remonter à 0,044 et 0,051.
L’ammoniure de cuivre rend très apparentes les stries de la surface des brins qui sont très fines et fort nombreuses. Son action prolongée détermine des sinuosités sur les bords et une foule d’éraillures à la surface; il suffit même d’une légère pression pour isoler complètement les stries en des points multiples (fig. 568).
L’acide sulfurique gonfle les brins et dissocie également,